La Réunion :  Hamon et Valls, deux faces d’un PS aux ordres du grand patronat

Communiqué
23/01/2017

À l’issue du premier tour de la primaire, on nous dit que le PS sera scindé en « deux gauches irréconciliables ». Une mascarade !

Si la sanction infligée à Valls se confirme au second tour, aucun travailleur ne le regrettera. Valls incarne depuis longtemps l’aile droite du PS, qui voudrait que ce parti ne fasse plus semblant d’être « socialiste ». Depuis 2012, il s’est posé en champion de l’ordre et du conservatisme. Avec arrogance, Valls a mené une politique entièrement dévouée au grand patronat qui, de la loi Macron à la loi Travail, et à toutes les aides accordées aux entreprises, n’a eu qu’à se louer d’un tel serviteur.

Avec un discours qui se veut plus à gauche, Hamon a touché nombre d’électeurs PS déçus par le quinquennat. Mais il en est tout autant responsable. Comme Valls, Hamon est au PS depuis 30 ans. Comme Valls, Hamon a fait campagne pour Hollande en 2012. Comme Valls, il est devenu ministre. En 2014, il a fait partie de ceux qui, au sein du gouvernement, ont soutenu Valls pour qu’il remplace Ayrault.

Dans sa campagne, Hamon a cherché à se singulariser avec la proposition d’un revenu universel de 750 euros en 2022. Mais ce dont les classes populaires ont besoin, c’est d’un travail avec un salaire décent, qui ne devrait jamais être inférieur à 1800 euros nets. Hamon explique que le travail va se raréfier en raison de la robotisation, mais pourquoi le machinisme et le progrès technique ne pourraient-ils pas servir à diminuer le temps de travail, sans perte de salaire, en prenant sur les profits pour financer les emplois.

Si le second tour confirme le succès de Hamon, peut-être mordra-t-il sur l’électorat du dissident Jean-Luc Mélenchon. En tout cas, avec Macron, l’autre dissident, tous trois incarneront la gauche gouvernementale, passée, présente et à venir. Cela fait très longtemps que cette gauche, dans ses différentes nuances de rose, ne veut rien faire contre les intérêts du patronat, et se condamne ainsi à trahir ses électeurs des classes populaires.

Ce dont les travailleurs ont besoin, c’est d’un parti qui défende vraiment leurs intérêts. Un parti qui s’en prenne à la bourgeoisie. Un parti qui prépare les travailleurs à la seule issue : se battre pour défendre leurs intérêts de classe, par la grève et les mobilisations de masse.  

C’est pour affirmer cette nécessité, pour que tous ceux qui en sont conscients puissent l’exprimer, que Nathalie Arthaud, au nom de Lutte ouvrière, sera la candidate à l’élection présidentielle.

Jean-Yves PAYET