La Réunion :  Pour le pouvoir d’achat, une lutte d’ensemble pour imposer l’échelle mobile des salaires

Communiqué
19/11/2018

Le 17 novembre, des centaines de milliers de manifestants en France et à La Réunion, dont des travailleurs, des retraités et des chômeurs ont exprimé leur colère contre la dégradation de leurs conditions de vie. Ce ne sont pas seulement les taxes sur les carburants qu’ils dénonçaient mais le fait que tous les prix augmentent, le gaz, l’électricité, les loyers, la nourriture, et que les salaires, les retraites et les allocations sont eux, en revanche, bloqués. Quand les prix augmentent il faut imposer l’augmentation automatique des salaires, c’est l’échelle mobile des salaires.

Lors des opérations de filtrage, qui ont en partie bloqué l’île samedi, nombreux étaient les automobilistes solidaires.

Loin de se faire les relais de ces revendications les media, en droite ligne de la propagande gouvernementale, font leurs choux gras d’un tragique accident et de dérapages occasionnés par ces manifestations.

Dans l’île, deux nuits de suite, des exactions de type petite crapulerie, ont été rapportées via radio Freedom. Leur localisation montre que la plupart se passent dans des quartiers déshérités ou des jeunes ou des moins jeunes, laissés sur le carreau de l’économie, peuvent avoir perdu les repères de la lutte sociale au profit d’une dérisoire revanche dans des feux de poubelle ou des jets de galets, quand ce n’est pas dans le vol d’un portable.

Tous ceux qui se dévouent à la cause de la défense des conditions d’existence des classes laborieuses peuvent être choqués, déçus, voire dissuadés de continuer leur lutte à la vue de ces dérapages.

Ce serait tout à fait dommage et cela renforcerait nos véritables ennemis, les prédateurs XXL que sont les capitalistes et les gouvernants à leur service, fauteurs de chômage, de précarité et de misère.

Pour sortir de la société indigente, injuste, qu’ils nous concoctent, nous devons évidemment mettre en place plus que des barrages. Nous devons user de notre force collective et de l’arme de notre classe, celle des travailleurs, la grève générale. Seuls les travailleurs renouant avec leurs formes d’organisation collective et démocratique pourront imposer des formes de lutte visant à gagner ensemble et pas à seulement défouler des frustrations.

Il n’y a pas d’autre issue pour faire reculer Macron et Philippe.

 

 

Jean-Yves Payet porte-parole de Lutte ouvrière La Réunion