La Réunion :  À propos de la disparition de Paul Vergès

Communiqué
12/11/2016

Les hommages pleuvent depuis le décès de Paul  Vergès; hommages de circonstance, hommages empreints d’hypocrisie mais aussi hommages sincères de la part des classes populaires pour qui Paul Vergès et le PCR ont incarné un espoir pendant des décennies. Espoir de plus de justice sociale, d’un avenir meilleur, de plus de respect dans une île à peine sortie de la colonisation où ses habitants, hormis la couche privilégiée, subissaient toujours le mépris et les répressions de l’État français.

Vergès, et son parti, a su canaliser la colère et le sentiment d’injustice que ressentaient les classes populaires de La Réunion. Mais pour leur offrir quelles perspectives ?

Malgré les luttes que le PCR a mené aux côtés des travailleurs et des petits planteurs, Vergès n’a jamais caché que le parti qu’il a fondé en 1959 se voulait un parti de rassemblement le plus large possible dans la droite ligne du CRADS (Comité républicain d’action démocratique et sociale) créé par son père.

La politique qu’ont défendu Vergès et le PCR a toujours été la même, c’est-à-dire une politique de collaboration de classes qui les a amenés à se faire accepter par les possédants de l’île au service desquels ils se sont mis, en particulier à la tête de la Région.

Cette politique illustrée par la formule « Union des Réunionnais », sans distinction de classes, a contribué à semer le trouble dans la conscience de nombreux travailleurs, leur laissant croire que leurs intérêts sont confondus avec ceux de leurs exploiteurs.

Même si Vergès était un révolté, ses indignations ne l’ont pas amené à s’engager sur la voie de la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière, afin que soit mis fin au joug du système capitaliste, sur la base des véritables idées communistes telles que les avaient formulées et défendues Marx, Lénine ou Trotsky.

Jean-Yves PAYET