Communiqué de Pascal Le Manach - Lutte ouvrière

Communiqué
14/12/2015

Le Front national n’a pas conquis la Normandie ni aucune autre région. Car il y a eu, dans toutes les régions, un réflexe de rejet du Front national.

Dans l’éventail des partis bourgeois, le FN est le plus réactionnaire qui soit. Il distille le poison de la division dans le monde ouvrier et une fraction importante de l’électorat en est consciente. Ceux qui craignaient que le FN prenne une région, sont soulagés. Mais cela risque d’être de courte durée. Car si le Front national ne l’a pas emporté, il atteint des scores très élevés.

La montée du FN pèsera sur la vie politique et sociale. D’autant plus que la droite, comme le PS, en amplifieront la pression, en reprenant son discours sécuritaire et réactionnaire.

De trahison en abdication, la gauche a fini par déboussoler et écœurer son propre électorat. Une majorité de cet électorat populaire a pris l'habitude de se réfugier dans l'abstention.  Mais une minorité croissante a remplacé ses illusions dans les partis de gauche par celle, plus grave, du FN.

Les partis qui ne combattent pas le pouvoir du grand patronat et de la finance ne peuvent que trahir les promesses qu'ils font aux classes populaires : c'est le cas des partis de gauche, de droite et d’extrême droite. C'est ainsi, plus encore en cette période de crise de l'économie capitaliste où la minorité bourgeoise ne peut prospérer qu'en poussant encore plus les exploités dans la pauvreté. 

Alors, il n'y a ni à se réjouir ni à s’attrister de ce énième épisode électoral. La force des travailleurs n'est pas dans les urnes, mais sur le terrain, dans les entreprises qu’ils font fonctionner, dans les quartiers populaires. Le sort des travailleurs ne dépendra que de leur capacité à se battre collectivement avec leurs armes : les grèves et les manifestations.