Libourne (Gironde) :  « Être les oreilles et les yeux des travailleurs »

Article de presse
01/03/2020

Hélène Halbin, originaire d’Épernay (51) et ayant vécu en région parisienne, est arrivée en Gironde il y a deux ans environ. © Crédit photo : photo Jean-Charles Galiacy

Une cinquième liste, estampillée Lutte ouvrière et conduite par l’institutrice Hélène Halbin, se présente.

Certains l’ont peut-être aperçu dimanche dernier, sur le marché de Libourne, distribuant des tracts, informant sur son projet politique. Hélène Halbin, une institutrice de 53 ans, prend la tête d’une liste estampillée Lutte ouvrière (LO). Elle sera la seule tête de liste féminine à être candidate au fauteuil de maire en mars prochain. Depuis 2008 et la présence de Josette Daniel (sa liste centriste avait obtenu un peu plus de 4 % des suffrages), plus aucune femme n’avait conduit une liste dans la bastide.

Comme à Bordeaux, Bègles, Mérignac ou Langon, Lutte ouvrière, parti d’origine trotskiste classé à l’extrême gauche de l’échiquier politique, sera donc présente à Libourne, alors que la France insoumise, notamment, sera elle absente du scrutin. Le travail sur l’élaboration d’une liste a débuté en décembre dernier. Deux mois ont été nécessaires pour la boucler. Les militants de LO ont sillonné les quartiers populaires de la ville : Peronneau/Peyregourde ou les Charruauds, par exemple.

« Nous avons fait du porte à porte, explique Hélène Halbin. Et les 35 noms n’ont pas été difficiles à rassembler. Notre seul obstacle, finalement, a été de se retrouver face à des personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas voter : des personnes d’origine étrangère ou celles qui ne s’inscrivent plus sur les listes électorales, écœurées par les politiques successives […]. Mais des gens qui ne votaient pas se sont aussi inscrits pour pouvoir faire partie de notre liste. Ils veulent vraiment que les choses bougent. »

« Des collectifs de quartier »

Des personnels du centre hospitalier Robert-Boulin, des retraités, des ouvriers, des employés dans l’aide à domicile doivent notamment faire partie de cette liste qui a été déposée la semaine dernière. Hélène Halbin milite à LO depuis vingt-cinq ans et celle qui fut enseignante en Seine-Saint-Denis durant plusieurs années (à Argenteuil notamment) ambitionne de ravir l’hôtel de ville pour « être les yeux et les oreilles des travailleurs ».

« Nos candidats ont été engagés depuis le 5 décembre dans la mobilisation contre la réforme des retraites, explique dans un communiqué, Guillaume Perchet, porte-parole de Lutte ouvrière en Gironde. Ils se présentent pour s’opposer non seulement à Macron, mais au-delà, au pouvoir sans limite des capitalistes. Ils ne se présentent pas comme de meilleurs gestionnaires de la commune mais diront que les communes devraient être des points d’appui pour les luttes des travailleurs. »

À l’échelon communal, Hélène Halbin s’étonne notamment de la surenchère des candidats sur les questions de sécurité. « Libourne est la deuxième ville de Gironde où on compte le plus de caméras de vidéosurveillance et de policiers municipaux (en fait sur ce deuxième point, Libourne est troisième, NDLR) mais c’est loin d’être la deuxième ville de Gironde pourtant ! Selon nous, la première insécurité, c’est le chômage, dit-elle. Et ce n’est certainement pas en installant des caméras et en multipliant les policiers que les choses s’arrangeront. Chômage et misère restent les racines du mal. »

Elle le répète, si elle est élue, elle veut se placer « au service des travailleurs ». Quelles seront ses priorités pour la commune au cours de son mandat ? Pour l’heure, elle n’en cible aucune hormis celle d’aider les travailleurs dans leur lutte. Pour le reste, elle fait confiance à une démocratie participative large. « Nous mettrons en place des collectifs de quartiers, les citoyens décideront eux-mêmes de leurs priorités, explique-t-elle. On fait croire aux gens qu’ils ne sont pas capables de prendre des décisions mais, nous, nous leur disons : si, vous en êtes capables. »

Alors que les membres de la liste doivent reprendre le porte à porte d’ici la fin de la campagne, une réunion publique aura également lieu le 13 mars prochain (18 h 30) à la Bourse du travail de Libourne, rue Giraud.

Par Jean-Charles Galiacy
Publié le 29/02/2020

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