Nathalie Arthaud : "Cette élection ? Un match truqué !"

Article de presse
17/03/2017

Nathalie Arthaud est candidate pour Lutte ouvrière. Ph. Xavier Léoty

Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière, a présenté jeudi soir à Bordeaux son "programme de lutte".

Longtemps incarné par Arlette Laguiller, le mouvement Lutte ouvrière sera représenté à cette élection présidentielle par Nathalie Arthaud, 47 ans, professeur d’économie et gestion en lycée. Déjà candidate en 2012, elle avait recueilli 0,56 % des suffrages. Qualifiée, avec 623 parrainages, pour cette nouvelle campagne, elle était hier soir en meeting à Bordeaux.

« Sud Ouest » Que représente pour vous l’élection présidentielle  ?

Nathalie Arthaud Une duperie, un match truqué ! Les électeurs sont appelés matin, midi et soir à départager Fillon, Macron, Le Pen, Hamon : aucun d’entre eux n’est dans le camp des travailleurs. Ils sont tous dévoués à la bourgeoisie, et feront le service après-vente des politiques décidées par les grands patrons du CAC 40. Quant à Mélenchon, c’est un illusionniste !

Pourquoi, en étant candidate, participez-vous à cette « duperie »  ?

Aujourd’hui, dans la société, une guerre sociale sans relâche est menée contre les travailleurs. Je suis là, dans cette campagne, pour le dénoncer et pour dénoncer la mascarade que représente cette élection. Mon objectif, ce n’est pas l’Élysée, mais c’est de porter un programme de lutte.

Quelles en sont les mesures phares  ?

Interdire les suppressions d’emplois et les licenciements dans les entreprises qui font des profits, mettre en place un salaire minimum de 1 800 euros, imposer le contrôle des travailleurs sur les décisions qui sont prises et sur l’argent qui circule dans les grandes entreprises. On nous explique qu’il n’y a plus d’argent pour les retraites ou la santé, et, dans le même temps, on trouve des milliards pour les dividendes, des millions pour les PDG.

Le revenu universel, qu’en pensez-vous  ?

Cette idée a fait couler beaucoup d’encre, mais cette encre a été gaspillée ! Aujourd’hui, le revenu universel est enterré. Habituellement, le PS renie ses promesses une fois au pouvoir. Là, il la renie avant même l’élection. Nous militons pour que chacun ait un emploi et un salaire. Cette idée d’accorder une aumône à ceux qui n’auraient pas de travail, nous la dénonçons comme une résignation.

Quelle sera votre attitude au second tour  ?

Mon combat s’arrête au premier tour. Pour moi, seul le premier tour peut être utile aux travailleurs. Le second tour ne fait pas partie de mon horizon.

Même en cas de qualification de Marine Le Pen  ?

Dans cette campagne, je mène combat aussi contre Le Pen, contre l’imposture que représente cette héritière qui prétend parler au nom du peuple. Mais ce n’est pas en s’alignant au second tour derrière untel ou untel contre Le Pen que nous ferons progresser les combats collectifs des ouvriers.

Sud Ouest Publié le 17/03/2017 à 7h28 par Julien Rousset.