À propos de la vente des Chantiers de l’Atlantique à Fincantieri :  Communiqué d'Eddy Le Beller

Communiqué
25/01/2021

Le MSC Bellissima dans un des bassins de Saint-Nazaire

La possibilité d’une vente des Chantiers de l’Atlantique à Fincantieri, a suscité  l’unité nationale derrière l’idée que les Chantiers devaient rester « français ». Les partis qui se déchirent habituellement quand il s’agit d’accéder au gouvernement sont tous d’accord sur ce fait : il ne faut pas que les Chantiers passent entre les mains d’une entreprise italienne, Fincantieri, derrière laquelle ils devinent l’ombre de la Chine.

Certes, les propriétaires de Fincantieri n’arrivent pas porteurs de nouvelles positives pour les travailleurs des Chantiers. Comme tous  capitalistes, ils viennent dans l’espoir de faire du profit, toujours plus de profit comme ils le font sur le dos des travailleurs de leurs sites italiens.

Mais un  patron français ne se comporte pas autrement. Le fait que Michelin, Sanofi, PSA ou Renault soient des entreprises estampillées françaises, protège-t-il les travailleurs de ces entreprises contre les fermetures d’entreprises, les plans de licenciement et la dégradation de leurs conditions de travail ?

Quant à l’idée que l’État (aujourd’hui détenteur majoritaire de l’entreprise) serait un meilleur patron que des actionnaires privés, c’est un leurre. L’expérience actuelle et passée des travailleurs du site où je travaille, le dément tous les jours : cette entreprise qui, officiellement, ne dégage que très peu de bénéfices, est entre les mains des banques et des armateurs. Et on sait combien les  banques sont plus attentives à rentabiliser leurs opérations financières qu’au bien être du monde du travail !

De leur côté, les armateurs, pour qui la croisière s’est révélée être une poule aux  œufs d’or, n’entendent pas que cela cesse. Ils veulent continuer à assurer leurs bénéfices aux dépens de nos conditions de travail. Qui plus est, ces armateurs sont très bien représentés au sein du gouvernement. Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a des relations familiales avec les propriétaires du croisiériste MSC dont il a été le directeur financier.

On n’a jamais demandé aux travailleurs de choisir leurs patrons. La réalité est inverse. Ce sont les propriétaires des entreprises, quels qu’ils soient, qui font leurs choix et les imposent aux travailleurs. Sauf lorsque les travailleurs se mobilisent pour faire respecter leurs intérêts contre ceux qui veulent les exploiter, qu’ils soient privés ou soi-disant publics, français ou étrangers.

Pour les travailleurs, la seule voie est la lutte pour inverser le rapport de force à l’intérieur des entreprises jusqu’à y imposer leur contrôle.

Eddy Le Beller,
porte-parole régional de Lutte ouvrière,

Technicien au chantier naval de Saint-Nazaire