Brochure
Meeting du 14 février 2026 : discours de Jean-Pierre Mercier
Au sommaire de la brochure
Sommaire
Tous les 6 ans, à l’occasion des municipales, les grands partis politiques font un véritable concours d’imagination pour baptiser leur liste du nom le plus neutre possible, du nom qui fera le plus oublier leur appartenance politique. N’ayant, précisément, pas beaucoup d’idées politiques à proposer et souvent pas de bilan très flatteur à faire valoir, ces partis en sont réduits à trouver des noms qui sonnent bien, des slogans de communicants qui, espèrent-ils, donneront envie aux électeurs de voter pour eux.
Bien souvent, les listes pour les élections municipales sont le résultat d’intenses batailles d’appareils entre politiciens locaux, ce qui les conduit à se donner un nom en forme de plus petit dénominateur commun entre rien et pas grand-chose.
Ainsi la liste d’union de la gauche à Montreuil s’appelle : « Vive Montreuil ! » ce qui, on l’avouera, ne donne pas beaucoup d’indication programmatique. Elle est opposée à une liste LFI qui s’intitule : « Faire mieux pour Montreuil ».
C’est sûr que s’intituler « A bas Montreuil » ou « faire moins bien pour Montreuil » aurait été moins vendeur.
A droite et chez les macronistes, vu l’impopularité actuelle du gouvernement, on fait encore plus d’efforts pour cacher son appartenance politique derrière des noms vides de sens. Ainsi à Villejuif, les candidats macronistes ont très prudemment choisi d’intituler leur liste : « Notre parti… c’est Villejuif ! ».
Eh bien, nous, camarades, notre parti, c’est Lutte ouvrière ! Et notre camp, c’est le camp des travailleurs !
Nous n’avons pas besoin de payer des agences de communication pour trouver le nom de nos listes – elles portent toutes le même nom, la même couleur : rouge, le même emblème : la faucille et le marteau. Non seulement nous n’avons pas besoin de cacher notre appartenance et nos idées derrière des slogans publicitaires à l’eau tiède, mais nous sommes fiers de pouvoir donner aux travailleurs, dans près de 240 villes du pays, l’occasion d’exprimer un vote parfaitement clair, un vote de classe, un vote de rejet de la société capitaliste et des partis bourgeois qui se succèdent au gouvernement depuis des décennies – un vote de fierté ouvrière et communiste !
Nous, les travailleurs, nous faisons littéralement tourner toute la société, nous créons la moindre richesse. Nous sommes au début, au milieu et à la fin de tout le processus de production, de tous les services publics, de toutes les entreprises.
Sans notre travail quotidien, la société serait tout simplement à l’arrêt : il n’y aurait pas d’eau, pas d’électricité, pas de gaz, pas de transports, pas de marchandises produites, pas de commerces, pas d’échanges. Les déchets s’entasseraient dans les rues, les patients ne seraient pas pris en charge, les trains et les bus ne rouleraient pas, les marchandises ne seraient pas livrées… Et pourtant … cette immense armée de travailleurs, on ne l’entend jamais. Pire, elle est invisibilisée par le discours politique des gouvernants, des politiciens et des médias qui ne parlent jamais des « travailleurs » mais toujours des « Français », du « peuple » ou maintenant, c’est à la mode, des « classes moyennes ».
Même le discours démagogique de la droite actuelle sur « les Français qui travaillent » ne s’adresse pas, en réalité, aux travailleurs, mais a pour seul but de diviser en montrant du doigt les chômeurs et en les traitant « d’assistés ».
Quand un Wauquiez ou un Retailleau parle des « Français qui travaillent », non seulement il en exclut les travailleurs immigrés, ce qui est déjà choquant, mais en réalité il mélange toutes les catégories, du patron à l’ouvrier en passant par le commerçant et l’agriculteur, en essayant de gommer la différence fondamentale qui existe entre d’un côté, ceux qui ne vivent que de leur salaire, et de l’autre ceux qui possèdent un capital, aussi petit soit-il.
Regardez comment gouvernement et médias ont su se montrer compréhensifs face aux agriculteurs et aux éleveurs qui ont bloqué les routes et même attaqué des préfectures, encore récemment.
On nous a répété, encore et encore, qu’il fallait écouter les revendications des agriculteurs parce que, « ils nous nourrissent ». Ils nous nourrissent ? Peut-être – mais ils ne sont pas les seuls ! Les ouvriers des chaînes de l’industrie agroalimentaire nous nourrissent tout autant, les travailleurs qui mettent en rayon dans les hypermarchés pas moins, et les salariés qui bossent à 2h du matin à Rungis, et les chauffeurs routiers qui conduisent les camions de fret, et les ouvriers qui fabriquent les tracteurs et les moissonneuses !
Ces travailleurs-là, s’ils se mettaient en bagarre et bloquaient des routes, ils n’auraient pas droit à tant d’indulgence de la part des médias et des politiciens mais ils se feraient traiter de privilégiés et de fainéants, précisément parce que ce sont des travailleurs, des salariés – c’est-à-dire des gens qui, aux yeux des politiciens de la bourgeoisie, n’ont rien d’autre à faire qu’à travailler, à payer des impôts et à se taire, et même encore dire à leur patron merci de bien vouloir leur donner du travail !
Les agriculteurs en ont ras-le-bol ? Eh bien, la classe ouvrière aussi, en a ras-le bol. Ras-le-bol de l’exploitation et des cadences, ras-le-bol de la peur du chômage et du chantage à l’emploi, ras-le-bol des fins de mois qui commencent le 10 du mois, des heures passées entassés comme du bétail dans le métro et le RER, des logements indignes, des services publics qui s’effondrent, de la peur de manquer, de l’angoisse de ne pas réussir à nourrir ses gosses ou à leur payer leurs études !
Et tout cela, il faudrait le subir sans rien dire ? Il faudrait accepter de perdre son salaire quand l’entreprise met la clé sous la porte, accepter de se retrouver à nouveau à France travail à 50 ans à devoir supplier pour trouver n’importe quel gagne-pain ? Il faudrait accepter qu’on nous dise chaque jour « si tu n’es pas content, il y a 50 chômeurs qui sont prêts à prendre ta place » ? Accepter que des patrons nous bousillent la santé en nous disant qu’ils sont bien gentils de ne pas aller s’installer dans un pays où ils payeront leurs salariés encore moins que nous ?
Eh bien nous, nous ne l’acceptons pas, nous ne l’accepterons jamais ! Et si nous sommes candidats à ces élections municipales, c’est pour dire aux travailleurs qu’il ne faut pas nous taire, qu’il ne faut pas nous résigner, et qu’en votant pour nos listes, ils exprimeront leur colère, leur révolte, leur dégoût de cette société pourrie où les exploiteurs sont montrés en héros et où les travailleurs, qui sont le moteur et le carburant de toute la société, sont traités de fainéants et d’inutiles !
Nos listes sur 240 villes et les près de 11 000 candidats qui les composent sont à l’image du monde du travail, dans toute sa diversité.
Sur ces listes, il n’y a pas de notables établis ni de politiciens en herbe – mais des ouvriers et des employés, des aides à domicile et des auxiliaires de vie, des conducteurs de bus ou de train, des enseignants et des caissières, des infirmières et des aides-soignantes, des livreurs, des conducteurs VTC, des agents de sécurité – des travailleurs qui savent ce que cela veut dire de vivre avec un salaire ou une pension insuffisants, ne plus pouvoir payer ses factures ou son loyer ou remplacer sa voiture ou son frigidaire quand il tombe en panne.
Il y a aussi des chercheurs, des ingénieurs, des cadres, qui font eux aussi partie du monde du travail et sont, eux aussi, indispensables au fonctionnement quotidien de la société. Tous ont eu envie de le dire en s’affichant publiquement « dans le camp des travailleurs », et ils ont mille fois raison !
Nos listes montrent aussi la diversité géographique de la classe ouvrière, et nous en sommes particulièrement fiers.
Beaucoup de nos candidats viennent d’Algérie, du Maroc, du Sénégal, du Cameroun, de Pologne, d’Italie ou du Portugal, et de tous ces pays où l’impérialisme français, à un moment ou à un autre de son histoire, est allé chercher de la chair à exploiter pour ses usines, ses mines ou ses champs.
Et combien avons-nous rencontré, pendant cette période où nous avons cherché des candidats, de travailleurs à qui les règles révoltantes de la prétendue « démocratie » française interdisent de se présenter aux élections, parce qu’ils n’ont pas la nationalité et sont donc privés du droit de vote !
C’est l’occasion, ici, de dénoncer ce scandale : oui pour nous, tous les travailleurs qui vivent ici doivent avoir le droit de vote et à toutes les élections !
Alors que n’importe quel expatrié français qui boursicote à la Bourse de New-York depuis 30 ans a le droit de voter aux élections françaises, un ouvrier marocain ou malien qui sue du profit et des impôts pour les capitalistes et pour l’État n’en a pas le droit ? C’est insupportable !
Mais ces politiciens bourgeois, qui ont tellement peur de donner le droit de vote aux travailleurs immigrés, auront de mauvaises surprises. Quand arrivera l’explosion sociale que nous appelons de nos vœux, les travailleurs immigrés qui se révolteront côte à côte avec les travailleurs français auront alors, dans les luttes et dans les grèves, infiniment plus de poids qu’aucun bulletin de vote ne leur donnera jamais !
Alors, oui au droit de vote de tous les travailleurs étrangers, mais surtout, vive les luttes de tous les travailleurs, français, immigrés, avec ou sans papiers !
Toute la démocratie bourgeoise, quelles que soient les élections, est fondée sur cette idée que les travailleurs n’ont pas à s’occuper de politique, et qu’il faut qu’ils laissent cela à des professionnels.
Dans cette société, nous, les travailleurs, nous ne sommes bons qu’à travailler et à nous taire. Pour le reste, il faudrait laisser cela à d’autres. Dans les entreprises, on nous demande de laisser les délégués nous défendre. En politique, on exige de laisser des politiciens s’occuper de tout, qu’ils soient maires, conseillers régionaux, députés.
On nous explique que la politique serait une affaire de professionnels. Mais professionnels de quoi ? Professionnels du mensonge, des compromissions et de la trahison ? Merci bien ! Les travailleurs ont déjà donné.
Même à l’échelle d’une municipalité, un candidat qui prétend qu’une fois élu, il va changer la vie des habitants des quartiers populaires est un menteur. Car ceux-là qui font de tels discours savent que les problèmes de la vie quotidienne du monde du travail ne peuvent pas se résoudre à l’échelle d’une commune.
Alors, bien des candidats se rabattent sur ce qui leur paraît être à leur main : les cours d’école à végétaliser, le prix de la cantine, les maisons de quartier, l’aménagement des pistes cyclables… Mais en réalité, même sur ces sujets dits « locaux », leur marge de manœuvre est infime.
Parce que pour faire tout cela, il faut des moyens, et les moyens, les communes n’en ont plus parce que, année après année, l’État resserre les cordons de la bourse des dotations et des subventions.
Pas parce qu’il n’a pas d’argent ! Mais parce que son argent, l’État bourgeois le réserve à d’autres buts. Il le réserve à tenter de boucher le déficit abyssal qu’il a lui-même créé, il le réserve pour donner 270 milliards d’euros par an aux capitalistes, il le réserve pour faire exploser le budget militaire et préparer la guerre !
Demain, il y aura moins de crèches, moins de transports, moins de services de santé accessibles, moins de profs et moins d’instituteurs, pour qu’il y ait plus de Rafale, plus de chars, plus de bombes, plus de munitions !
Voilà la logique du système capitaliste, voilà ce qu’il faut dénoncer, plutôt que de faire des promesses qui ne seront jamais tenues !
Il est absurde et vain de tenter de séparer « le local » du « national ». Pas seulement parce que oui, c’est bien l’État qui finance les communes et que ces financements se réduisent comme peau de chagrin.
Mais aussi parce que tous les problèmes de la société capitaliste, de l’État capitaliste, rejaillissent tôt ou tard à l’échelle locale.
Les candidats aux municipales parlent de rénover les écoles ? Très bien, mais à quoi sert une école rénovée s’il n’y a plus de profs dedans ? À quoi sert une école dont la cour a été « végétalisée » si les enfants viennent à l’école après une nuit blanche parce qu’ils n’ont plus de toit ou que leur logement est insalubre ?
À quoi rime de « revitaliser les commerces du centre-ville » quand le principal employeur de la ville ferme et que les habitants n’ont, de toute façon, plus les moyens d’aller acheter quoi que ce soit parce qu’ils ont été privés de leur salaire ?
Oui, bien des candidats proposent de beaux programmes sur papier glacé où ils parlent de logement ou d’insécurité. Mais ces programmes ne valent, le plus souvent, pas plus que le prix du papier sur lequel ils sont imprimés.
Le logement ? Mais en quoi les maires ont-ils réellement la main sur le logement, dans la mesure où le marché de la construction est un marché capitaliste aux mains des grands rapaces que sont Bouygues, Colas ou Vinci et que ce sont eux qui fixent les prix ?
Et que peuvent-ils faire quand, de toute façon, les travailleurs s’appauvrissent tellement que de plus en plus ils n’ont même plus de quoi payer un loyer dans les grandes villes, voire dans leurs banlieues proches.
Ce ne sont pas les maires qui fixent les prix des loyers – même quand ils prétendent les plafonner -, c’est le marché capitaliste, et le marché capitaliste n’a que faire des pauvres qui n’ont pas de quoi payer.
L’insécurité ? Elle est aussi au cœur de la campagne de bien des candidats, et pas seulement à droite et à l’extrême droite. D’abord, parce que c’est un sujet payant, électoralement, et que sur ce terrain les différents partis politiques font assaut de démagogie.
Cela ne veut pas dire que ce n’est pas un vrai sujet ! Oui, la délinquance, le narcotrafic, l’emprise des dealers, des voyous et parfois des gangs dans bon nombre de quartiers populaires est une gangrène qui pourrit la vie des habitants.
Mais le mensonge, c’est de faire croire que cette gangrène peut être vaincue à l’échelle d’un quartier ou d’une ville, à coups de caméras de vidéosurveillance ou d’augmentation du nombre de flics !
Non : cette gangrène-là, elle est la conséquence du cancer qui ronge toute la société et qui s’appelle le chômage et la pauvreté dont est responsable le grand patronat. C’est la conséquence de la dégénérescence du capitalisme qui s’enfonce dans la crise et entraîne des pans entiers de la société dans la misère, le désarroi, la peur du lendemain, la débrouille individuelle, les trafics.
Et la seule façon conséquente de s’y attaquer, comme pour tous les autres problèmes que j’ai évoqués, ce sera de mener le combat sur le front principal ; celui de la lutte de classe contre cette poignée de privilégiés qui dominent la société, qui exploitent les travailleurs, les plongent dans la misère et qui mettent toute la société en coupe réglée ! C’est le combat pour renverser le capitalisme !
En disant cela, je ne veux pas dire qu’avoir des élus communistes et révolutionnaires dans une commune ne sert à rien. Nous ne nous présentons pas seulement pour défendre des idées. Nous souhaitons avoir des élus et là où nous en aurons, nous aurons l’occasion de montrer comment peuvent agir des élus communistes révolutionnaires dans une municipalité.
On entend souvent nos adversaires ou les médias dire, avec un peu de mépris, que nous serions « une candidature de témoignage ». Ils se trompent.
Nous sommes une candidature de colère, de révolte et de lutte !
Mais surtout, nous espérons bien avoir des élus partout où cela sera possible, parce que avoir des travailleurs communistes dans un conseil municipal peut être un point d’appui et une aide utile pour les travailleurs d’une commune.
La question n’est pas de voter telle ou telle mesure – comme partout où nous sommes élus, depuis toujours, nous voterons les mesures utiles à la population et rejetterons les mesures nuisibles.
Mais être membres du conseil municipal, cela permet, parfois, d’avoir accès à des informations et donc de pouvoir les rendre publiques. Cela permet de relayer, au conseil municipal, les engagements et les luttes des travailleurs, des chômeurs, des habitants des quartiers populaires.
Des élus Lutte ouvrière au conseil municipal soutiendraient les mobilisations des travailleurs de la ville, y participeraient, voire aideraient de toutes leurs forces à les organiser. Et cela peut jouer un rôle, en particulier dans le grand nombre de villes où l’équipe municipale est toute dévouée au patronat local.
Je peux prendre l’exemple de Poissy, dans les Yvelines, où je suis candidat. Cette commune abrite l’usine Stellantis où je travaille avec plus de 2 000 travailleurs.
Comme vous le savez peut-être, le groupe Stellantis a décidé de liquider cette usine dans moins de deux ans, ce qui aura des conséquences dramatiques, pas seulement pour les travailleurs de l’usine et leurs familles, mais aussi pour des milliers de sous-traitants, pour la commune tout entière et les communes alentour.
Cette fermeture a comme seul objectif de protéger les dividendes des actionnaires, dont, ces familles de grands bourgeois, les Peugeot et les Agnelli.
Elle fait aussi le bonheur des politiciens locaux à commencer par le député macroniste Karl Olive, l’ancien maire de la commune.
Il se vante d’avoir mis en relation, il y a déjà quelques années, la direction de Stellantis et celle du PSG pour que le Qatar puisse acheter à prix d’or les terrains de l’usine afin que le PSG installe son futur stade de 90 000 places avec ses centres commerciaux.
À l’usine, nous militons de toutes nos forces pour entraîner les travailleurs à se mobiliser contre cette fermeture, pour obtenir des garanties et ne pas crever au chômage.
Qu’un militant ouvrier de Stellantis soit, demain, élu conseiller municipal serait évidemment un revers, certes modeste, mais un revers quand même pour Stellantis et pour l’équipe municipale, qui aimerait bien pouvoir faire ses petites magouilles à l’abri des regards.
Ce serait la certitude que toutes ces manœuvres – ou du moins celles dont serions témoins – seraient publiquement dénoncées. Ce serait l’occasion de mobiliser les travailleurs de l’usine pour aller eux-mêmes au conseil municipal faire pression sur les élus, et d’être leur porte-parole direct au sein du conseil municipal.
Ce serait aussi, forcément, ressenti comme une petite victoire par les travailleurs les plus combatifs de l’usine, et donc un point marqué par le camp des travailleurs. Un seul point, peut-être, mais dans ce genre de bataille tous les points comptent.
Alors bien sûr, rien ne remplacera la mobilisation des travailleurs et sans une telle mobilisation, avoir ou pas des élus au conseil municipal de Poissy ne changera strictement rien. Mais à l’inverse, si des luttes éclatent, des élus pourront jouer ce rôle de porte-voix et de relais des travailleurs, et cela ne pourra qu’être positif.
Mais même si dans bien des communes nous n’aurons pas d’élus – car le système électoral est ainsi fait que même aux élections locales, il faut faire des scores très importants pour pouvoir accéder au second tour puis au conseil municipal – notre candidature n’aura en aucun cas été inutile.
D’abord parce que nous sommes fiers de permettre à tous les travailleurs qui le souhaitent de pouvoir exprimer leur révolte et leur rejet de cette société. Fiers de dire la vérité, tout simplement : s’il semble, que bien des politiciens n’aient pas le moindre problème avec le fait de mentir comme des arracheurs de dents pour se faire élire, ce n’est pas notre conception de la politique.
Nous sommes communistes, et être communistes veut, d’abord, dire la vérité aux travailleurs, les éclairer sur la situation, leur enseigner, comme disait le militant ouvrier Fernand Pelloutier au 19e siècle, « la science de leur malheur ».
Qu’importe si, à l’heure où nous sommes, avec ce qu’est l’état d’esprit de la classe ouvrière aujourd’hui, dire la vérité conduit à ne recueillir que de faibles scores électoraux. Nous ne sommes pas électoralistes.
Ce sont ceux qui voteront pour nous, quel que soit leur nombre, qui auront raison, parce que leur vote signifiera qu’ils ont les yeux bien ouverts sur la réalité de leur condition de travailleurs, et ne se font pas embobiner par le baratin de leurs ennemis.
Et puis, la constitution même de nos listes est un petit pas supplémentaire que nous franchissons dans ce qui est notre tâche essentielle : la construction d’un parti communiste.
Dans cette période où le capitalisme danse sur un volcan et menace, presque à chaque instant, de plonger le monde dans une nouvelle guerre généralisée, les travailleurs ont plus que jamais, besoin d’un parti qui soit le leur.
Un parti qui propage la conscience de classe. Un parti qui défend l’idée que les travailleurs sont capables de tout s’ils prennent conscience de leur force, et qu’ils seront mille fois capables de balayer les capitalistes dès lors qu’ils s’uniront, qu’ils retrouveront la conscience de faire partie d’un même camp aux intérêts communs, au-delà des différences de corporations, de statuts, d’origines, de croyances et de couleurs de peau.
Un parti qui combat chaque jour, au sein même de la classe ouvrière, la propagande de la bourgeoisie, de ses politiciens, de ses intellectuels et de ses médias aux ordres, de tous ces militants du capitalisme qui cherchent à faire disparaître tout espoir de profond changement social, à convaincre les travailleurs que leur sort ne s’améliorera pas et qu’ils doivent à tout jamais se contenter d’être aujourd’hui de la chair à patron et, demain, de la chair à canons.
Un parti qui affirme que contrairement aux mensonges diffusés quotidiennement par le camp d’en face, non seulement la lutte de classes existe encore mais que la bourgeoisie la mène tous les jours, consciemment. Et que la seule solution pour le monde du travail est de la mener aussi, avec autant d’opiniâtreté, de combativité et de confiance en soi que nos ennemis.
Oui, il y a deux camps hostiles, dans la société capitaliste. Deux camps aux intérêts opposés, sans compromis possible entre eux. Ce sera eux ou nous, notre peau ou la leur. Soit nous ferons payer le grand capital, soit ce sera nous, les travailleurs, qui payerons. Soit notre classe sera capable, demain, d’arracher le pouvoir économique et politique aux capitalistes, soit ils conduiront la planète entière à la destruction.
Alors, le fait d’avoir construit ces quelque 270 listes, d’avoir entrainé avec nous près de 11 000 travailleurs, c’est un petit pas sur la construction de ce parti, et après les élections, nous continuerons à nous battre et à militer pour renforcer nos liens avec le plus grand nombre possible de ces travailleurs qui ont, en faisant ce geste, voulu marquer leur appartenance à notre camp, le camp des travailleurs.
C’est une tâche enthousiasmante, et nous sommes convaincus que cette campagne amènera à nous de nouveaux camarades, de nouveaux membres du futur parti communiste des travailleurs, que nous saurons convaincre que oui, le communisme est bien l’avenir du monde !
Alors bonne campagne à tous, camarades
Vive la classe ouvrière, vive le communisme !