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- Lutte ouvrière n°2996
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Leur société
Brigitte Bardot
une icône réactionnaire
La trêve des confiseurs n’a pas empêché la concurrence des embaumeurs autour de Brigitte Bardot. Le jour même du décès, le néolepeniste Ciotti a lancé une pétition pour que l’État fasse à l’actrice des funérailles nationales. Son adversaire pour la mairie de Nice et ennemi intime, Estrosi, a répliqué en annonçant une grande place baptisée du nom de l’artiste.

Le Pen et Bardella vont-ils proposer l’entrée directe au Panthéon ? L’extrême droite et la droite extrême n’ont que peu de célébrités à mettre en avant. S’il y en avait une, c’était bien Brigitte Bardot, actrice mondialement connue et surtout raciste revendiquée, ennemie des musulmans, des homosexuels, des féministes, capable d’injurier publiquement les Réunionnais et cinq fois condamnée pour incitation à la haine raciale. Amie de Le Pen père chez qui elle avait fait la connaissance de son époux, Brigitte Bardot appelait régulièrement à soutenir la fille, la nièce et même Zemmour, le cousin maudit.
Les médias en pleine fièvre et la plupart des politiques ont pudiquement minimisé les multiples prises de position réactionnaires de B.B. pour encenser, à longueur d’antenne et de journal, la défenseure de la cause animale et l’actrice qui aurait révolutionné l’image de la femme au cinéma. Sa défense exclusive des animaux était bien trop teintée de misanthropie pour être sympathique. Sinistre dérision en effet que de prétendre sauver les dauphins quand on se réjouit de voir les migrants se noyer.
Il resterait l’artiste qui, de l’avis général, de Roussel à Le Pen, aurait bien mérité de la patrie. Brigitte Bardot a été, en effet, quelques semaines durant, un produit français capable de concurrencer Hollywood. Mais c’était en restant sur le même terrain fondamentalement misogyne, il suffit de voir le film en question, Et Dieu créa la femme, pour s’en rendre compte. La droite respectable qui l’encense aujourd’hui à cause de ses délires xénophobes voulait alors la censurer pour outrage à la pudeur. La voilà qui s’incline désormais, avec le reste de l’opinion officielle, sur le « phénomène Bardot », en tant que gloire propre à éveiller la fibre franchouillarde.