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Dans les entreprises
Michelin – Clermont-Ferrand
“projet d’adaptation” contre les travailleurs
C’est par mail, et pour beaucoup par les médias, que les travailleurs de Michelin ont appris jeudi 28 mai le « projet d’adaptation des effectifs » prévoyant jusqu’à 1 500 suppressions de postes d’ici 2029 en France. C’est doublement révoltant !

Les deux tiers des emplois supprimés le seraient dans les services tertiaires et un tiers dans les usines de production. Plusieurs sites seraient touchés, mais c’est surtout à Clermont-Ferrand qu’aurait lieu la majorité des suppressions de postes. Il est notable que le communiqué de l’entreprise est très prudent : les départs ne seraient que « volontaires » ou « non contraints ». À qui veut- elle faire croire qu’elle va trouver 1 500 « volontaires » ? « Un dispositif d’accompagnement personnalisé sur trois ans » serait engagé. Les 400 salariés de Clermont-Ferrand, actuellement sans poste et en recherche d’emploi en interne, doivent apprécier…
Lors de l’assemblée générale des actionnaires fin mai, non seulement il ne fut pas question de ces suppressions de postes, mais Michelin a annoncé 2,7 milliards d’euros de bénéfices en 2025, dont un milliard de dividendes pour les actionnaires et a promis une progression de ses profits en 2026. S’y ajoute la possibilité de rachats d’actions pouvant aller jusqu’à deux milliards d’euros. Ce sont notamment la suppression de milliers d’emplois et la fermeture d’usines dans le monde qui permettent de maintenir ces profits. Entre 2023 et 2025 ont été fermées, par exemple, Cholet et Vannes en France, Querétaro au Mexique, Karlsruhe et Trèves en Allemagne, Ardmore aux États-Unis. Au total, le groupe a supprimé plus de 8 000 emplois en sept ans.
Les raisons avancées sont toujours aussi malhonnêtes : « Le coût de travail et de l’énergie, ainsi qu’une pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés. » Mais comment expliquer alors que, pour la septième année consécutive, la France reste la première destination des investissements directs étrangers ? Quant à la concurrence asiatique, autre leitmotiv, elle a bon dos. La plus grande usine Michelin de production de pneus haut de gamme se situe… en Chine. L’exploitation de travailleurs chinois profite largement au manufacturier français.
Quelles que soient les pseudo-raisons avancées, les travailleurs n’ont pas à en faire les frais. Ce qui est vital pour eux est d’avoir un salaire qui permette de vivre et, pour cela, il faudra imposer un « projet d’adaptation » des dividendes pour garder tous les emplois et augmenter les salaires !