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Leur société
Police
Sainte Alliance avec l’extrême droite
Samedi 31 janvier, le syndicat majoritaire Alliance-Police nationale appelait ses troupes à manifester dans une vingtaine de villes. Pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs, Alliance appelait aussi les citoyens à soutenir le « combat de la police contre l’insécurité et l’impunité ».
Il n’y a eu nulle part de raz-de-marée. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté au total en France. Les organisateurs avancent le chiffre de 15 000 à 20 000 manifestants à Paris, sans que la Préfecture en ait fait connaître d’autres. Peut-être pour ne pas se contredire entre collègues…
L’appel à manifester d’Alliance, classé à l’extrême droite, n’avait rien d’inédit. Il n’est cependant pas anodin qu’un syndicat de police se pose en pôle de contestation et que des policiers agissent, en dehors de leur service, pour s’adresser à la population en distribuant des tracts, à la sortie du métro ou devant les gares. La concurrence syndicale dans les commissariats – puisque 2026 sera une année d’élections professionnelles – n’est sûrement pas étrangère à l’opération. Mais surtout, en pleine campagne pour les élections municipales, les cortèges du 31 janvier s’inscrivaient dans la démagogie sécuritaire qui a le vent en poupe et dont Alliance est un des chefs de file. À Paris, Sarah Knafo, la candidate à la mairie de Reconquête, le parti de Zemmour, et le candidat du RN, Thierry Mariani, étaient en tête de cortège avec Marion Maréchal et Dupont-Aignan pour dénoncer une justice prétendument laxiste et des policiers bridés par le manque de moyens.
Face au caractère politique indiscutable des manifestations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a répliqué par une tribune dans Le Journal du dimanche – un hebdomadaire de la galaxie Bolloré classé à l’extrême droite – pour rappeler que le budget 2026 se montrait généreux pour la police. Il a surtout redit son amour inconditionnel pour ses troupes : « Les policiers ont tout mon soutien et ils le savent bien. […] Voilà des années que je le leur manifeste, et pas seulement le samedi. » Nunez lui- même n’est pas d’extrême droite, mais, comme tous les ministres de l’Intérieur, il ménage et couvre les forces de répression.
Des commissariats miteux et des véhicules fatigués sont certainement le quotidien de bien des policiers. Car si beaucoup de politiciens ne sont pas avares de discours sécuritaires démagogiques, quand ils sont au gouvernement, ils arrosent de milliards les classes riches et le grand patronat au détriment de tout le reste, sans égards particuliers pour ceux qui défendent l’ordre social.
La vie dans les quartiers populaires est rendue de plus en plus difficile par le développement de la délinquance liée à la montée de la misère. Mais ce n’est certainement pas la politique de la matraque qui pourra apporter des solutions. Au contraire, elle est lourde de menaces contre les travailleurs eux-mêmes, comme l’a rappelé le tabassage à mort par des policiers, à la mi-janvier, d’un homme, El Hacen Diarra, dans le vingtième arrondissement de Paris.