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- Lutte ouvrière n°3022
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Leur société
Pas tous logés à la même enseigne
La canicule a mis en lumière l’état désastreux des écoles.
La température est montée dans bien des classes au-delà de 35, 38o. Des classes orientées plein sud n’avaient pas de rideau isolant. D’autres n’ont aucune aération possible. Les cours de récréation sont bien souvent complètement bétonnées.
Quand il a fallu faire face à la chaleur, le ministère de l’Éducation nationale a préconisé de « garder les enfants à la maison ». Il croyait peut-être à tort atténuer son cynisme en rajoutant « si cela est possible ». Mais cela n’est bien souvent ni possible ni souhaitable. Lundi 22 juin, 845 écoles et collèges dans le pays ont été tout simplement fermés, tandis que 1 800 autres ont aménagé leurs horaires. Et dans tous les cas, les parents ont dû se débrouiller pour garder les enfants. Pour obtenir des ventilateurs il a fallu bien souvent batailler, ou se cotiser pour les payer.
Les pouvoirs publics voudraient faire croire que rien d’autre n’était possible. Mais c’est faux ! Quand les parents ou les enseignants ont cherché d’autres lieux pour accueillir les élèves, il leur a été proposé uniquement des lieux publics, tels que des gymnases, des salles municipales voire des parkings. Il existe pourtant de nombreux endroits bien mieux climatisés. La plupart des supermarchés et hypermarchés le sont, de même que les grands magasins chics ou les grands hôtels avec des halls si vastes qu’on pourrait y installer nombre d’enfants. Les sièges sociaux des grandes entreprises, les banques sont climatisés. Pourquoi ces hauts lieux du capitalisme et de la richesse ostentatoire ne pourraient-ils fournir des espaces pour que les enfants puissent avoir cours ou simplement s’amuser ensemble dans des conditions dignes ? Pourquoi réserver ces conditions uniquement à la clientèle des grands magasins ou aux hauts cadres ?
Il pourrait y avoir bien d’autres moyens d’agir. Mais, aux yeux des dirigeants de cette société, oser toucher à la sacro-sainte propriété, au droit inaliénable de Dior de vendre des parfums, serait un crime largement supérieur au fait de laisser des anciens mourir ou des enfants sans école. À chacun ses valeurs !