Échos des entreprises

Iveco - Annonay (Ardèche) :  Pendant l’épidémie, les patrons continuent leurs sales coups

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Vendredi 20 mars, Iveco a mis fin au contrat d’intérimaires qui étaient embauchés  jusqu’au 27 mars. La direction n’a même pas pris la peine de les prévenir. Ils l'ont appris avec plusieurs jours de retard. Pour eux c’est la double peine : en plus de la perte du salaire lors du passage au chômage, ils perdent plusieurs journées d'indemnisation à cause du délai pour actualiser leurs droits.

     Même en pleine épidémie, alors que l’on compte les morts, pour Iveco il n’y a que le fric qui compte. Cette entreprise riche à milliards jette les ouvriers comme des Kleenex. Un mépris dont les travailleurs se souviendront, et qui alimente la colère.

Iveco - Annonay (Ardèche) :  Un bel exemple d'incivilité

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Iveco continue de préparer le redémarrage de son usine. Des camions venant d'Espagne et d'Italie ont livré des pièces. Pourtant, le transport par camions est censé se limiter aux marchandises indispensables, une limitation sur laquelle Iveco s'assoit.

     L'entreprise se vante d'avoir des centaines de masques pour les ouvriers. Des masques qui pourraient être livrés immédiatement à l'hôpital de la ville d'Annonay qui en manque. La production de quelques bus supplémentaires n'est ni vitale, ni urgente. Les industriels ont un portefeuille à la place du cerveau. Les travailleurs n'ont pas à mettre leur vie en danger pour cela.

RATP maintenance - Paris :  Attitude irresponsable

Echo d'entreprise
26/03/2020

Mardi dernier, plusieurs centres de maintenance itinérante de la RATP exerçaient leur droit de retrait en demandant que seules les urgences soient traitées pendant le confinement.

La direction voulait continuer à nous envoyer sur du préventif de grilles automatiques ou d'escaliers mécaniques et même pour changer du carrelage !

Vouloir déplacer du personnel pour des broutilles pareilles alors qu'il faudrait qu'un maximum de personnes restent chez elles : c'est complètement irresponsable. 

Nous lui avons fait entendre raison.

Hôpital Saint-Antoine - Paris :  Bas les masques !

Echo d'entreprise
26/03/2020

Depuis le début du confinement, la population nous applaudit aux fenêtres pour nous encourager.

Cela nous touche beaucoup, certes. Mais ce dont on a réellement besoin, au-delà des bravos, c’est de matériel, de masques, et de collègues embauchés en renfort.

Alors que le gouvernement arrête son blabla sur les « héros », et passe aux actes.

THALES-AVS - Vélizy (78) :  Les travailleurs mettent la direction devant son irresponsabilité et obtiennent la fermeture du site

Echo d'entreprise
26/03/2020

Lundi 16 mars, à l’usine Thales à Vélizy dans les Yvelines (78), des travailleurs se sentant mal, porteurs probables du Covid-19, allaient à l’infirmerie qui les renvoyait évidemment chez eux. Les salariés voyant leurs camarades absents ou repartir se sont avertis entre eux. L’incompréhension et la colère n’ont pas tardé à s’exprimer face au constat que la direction ne réagissait absolument pas. Dans un premier temps, ils sont allés demander à l’infirmerie d’intervenir. Voyant que malgré cela, la direction s’obstinait dans son silence, ils se sont organisés.

Le lendemain matin, les travailleurs de l’usine se retrouvaient pour discuter. Si la seule continuité qui prime pour la direction est celle de la santé financière de ses actionnaires, ils décidaient, eux, qu’il n’y avait aucune nécessité vitale à être ainsi regroupés pour continuer à fabriquer des tubes dont la production peut attendre.

En début d’après-midi, à plusieurs, ils ont fait le tour des secteurs, sans pouvoir tous les faire, vu l’urgence. Ils se sont ensuite retrouvés à une centaine devant le bâtiment de la direction, déterminés à lui demander des comptes. Ils ont exigé qu’elle descende, ce qu’elle a fait sous la pression, et là, traitée d’irresponsable, elle s’est entendue dire ses quatre vérités. Les travailleurs lui ont bien fermement signifié que leur santé passait avant ses profits.

À 15h30, enfin, elle annonçait la fermeture du site jusqu’au 23 mars (prolongée depuis jusqu’au 6 avril).

CCP Marseille :  C'est notre santé qui est en jeu.

Echo d'entreprise
25/03/2020

C'est incroyable comme ces situations extrêmes peuvent développer des vocations.

Nous avons la chance ou la malchance de posséder un cadre, éminent épidémiologiste qui sait avec précision quand et comment le virus n'est plus actif.

Nous, nous nous contentons d'obéir aux directives officielles qui nous demandent d'appliquer avec rigueur les dispositions en vigueur sur le nettoyage des surfaces, des téléphones et des poignées de porte. Cela sans oublier de garder nos distances.

Et nous avons bien raison !

ZF :  Aux patrons de payer !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Sur 9000 travailleurs embauchés à Sarrebruck, on compte environ 1000 frontaliers, plus tous ceux qui travaillent dans la sous-traitance ou enchaînent les missions d’intérim pour ZF.

Le constructeur de boîtes de vitesse vient d’annoncer la fermeture de ses sites sarrois à partir du lundi 23 mars. Dans le même temps, la direction prétend se servir dans les congés et les compteurs d’heures des ouvriers pour couvrir cette fermeture, ainsi que du chômage partiel. Une mesure de réquisition d’une semaine sur les congés payés que le gouvernement de Macron veut aussi rendre possible en France sous prétexte d’un « effort raisonnable » des salariés.

Même quand des boîtes riches à milliards sont obligées de fermer en raison de la crise sanitaire, c’est encore aux travailleurs que politiciens et patrons présentent en cœur l’addition.

Aluminium Dunkerque (Nord) :  L’aluminium, une production indispensable ?

Echo d'entreprise
25/03/2020

Aluminium Dunkerque a fait le choix de faire venir le plus de travailleurs possibles sur le site pour maintenir une production, alors que ses principaux clients sont à l’arrêt. Pour ce qui est de la production à destination de l’alimentaire et du médical, quels sont les réels besoins de ces industries ? Car la direction utilise cet argument mais il n’y a aucune raison de lui faire confiance aveuglément.

Depuis une semaine l’usine ralentit car une partie des travailleurs ne vient plus à l’usine, soit pour raison médicale, soit pour garder les enfants. Mais ce sont quand même des centaines de travailleurs qui se relaient chaque jour en horaires postés et en horaire de jour. Lorsque l’on sait que les soignants réclament un confinement strict pour freiner la catastrophe, où est la logique ? Le gouvernement laisse un passe-droit aux patrons pour se comporter comme des irresponsables.

Certes les travailleurs prennent soins de bien désinfecter leurs postes de travail avec les kits d’hygiène qui sont enfin arrivés jeudi dernier ; certes les travailleurs ont imposé leurs propres conditions dans certains secteurs de l’usine, comme le fait de ne jamais être à plus de deux dans les cabines en fonderie. Heureusement que les travailleurs font preuve de responsabilité, mais cela ne compense pas l’irresponsabilité du patron qui s’obstine à vouloir maintenir la production.

De plus quelques travailleurs qui se rendent quotidiennement sur le site ont subi les contrôles de police, avec parfois des policiers arrogants. Comme si cela n’était déjà pas assez pénible de se déplacer durant cette période difficile, il faut en plus subir les leçons de morale, voire même parfois les contrôles alcoolémie.

La direction promet aux travailleurs présents sur le site des repos compensatoires. Mais il faudra être bien vigilant car avec les nouvelles ordonnances du gouvernement, les patrons auront tout loisir de remettre en cause les congés et la durée du temps de travail.

Transports de l'Agglomération d'Orléans (Loiret) :  Des mesures de protection à imposer

Echo d'entreprise
25/03/2020

A la TAO, société gérée par Keolis (filiale SNCF), les contrôleurs et agents des boutiques, les plus en contact avec les usagers, mis en chômage partiel, ne seront payés qu’à 84 % de leur salaire. N’étant ni responsables de cette situation et n’ayant pas tous la possibilité de faire du télétravail, ils doivent être payés à 100 % !

Les conducteurs de bus et de tramway, toujours en service, particulièrement exposés aux risques de contamination, eux, ont dû exiger l’interdiction de la montée à l’avant, l’arrêt de la vente des titres de transport dans les bus et la désinfection des postes de conduite...

Mais les mesures de protections des conductrices et conducteurs restent quasi inexistantes, d’autant que le stock de masques, de gants et de lingettes est périmé ! Le gel hydro-alcoolique est distribué au compte-goutte. Selon la direction, les masques ne servent à rien et les conducteurs ne sauraient pas s'en servir ! Les véhicules censés être désinfectés ne le sont pas même complètement, la direction invoquant le manque de main d'œuvre des prestataires, leur désengagement pour certains et le coût trop élevé.

Et il est intolérable de voir sur certaines lignes des véhicules surchargés comme celui où les travailleurs d'Amazon peuvent être entassés à 40 ou 50 par bus. Un agent a même été interpellé par la police municipale, stupéfaite qu’aucune consigne n’ait été donnée par Keolis et la Métropole d’Orléans.

Il est normal que les transports publics fonctionnent, au moins partiellement, pour assurer les déplacements des soignants et ceux des habitants pour leurs besoins essentiels. Mais la protection des agents doit, elle aussi, être assurée, ce que scandaleusement, la Métropole comme la direction de Kéolis rechignent à faire.

Agglomération mulhousienne  :  Les éboueurs face au virus

Echo d'entreprise
25/03/2020

Ramassage des déchets : travail très utile

A Mulhouse, et ailleurs, les éboueurs continuent à assurer le ramassage des déchets ménagers.

Comme d'autres travailleurs appelés à assurer des activités essentielles, ils ne le font pas sans crainte pour leur santé. Il y a la peur de se contaminer entre collègues ou au contact des bennes et de ramener le virus dans leur foyer. Beaucoup ont le sentiment d'être toujours de ceux qui ne comptent pas, des oubliés… alors que leur travail est indispensable. Des mesures ont été mises en place, mais elles apparaissent insuffisantes. Avec la pénurie générale de matériel de protection, les masques ont tardé à être fournis. Et la circulation intensive du coronavirus dans la région n'empêche pas une autre attitude maladive, celle de certains chefs qui continuent à mettre la pression.

Pour les travailleurs, ce n'est pas uniquement la résistance contre le virus qui doit s'organiser.