Échos des entreprises

PSA :  Non à la baisse des salaires !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Plein de fric

Le ministre de l’Économie a reçu le patron de PSA pour lui assurer qu’il ne perdrait pas d’argent dans cette crise.

C’est l’État qui va payer le chômage partiel. C’est tout bonnement insupportable que PSA pompe de l’argent public pour ça alors que le groupe a fait 3,6 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier et aurait largement les moyens de payer lui-même.

En revanche, le fait que les travailleurs du groupe perdent 16% de leur salaire net avec les mesures de chômage partiel, ça n’est vraiment pas le problème de ce gouvernement au service des riches.

Macron prétend vouloir protéger tout le monde, mais il y en a qui sont plus protégés que d’autres.

Centre Hospitalier - Amilly (Loiret) :  C’est la pénurie qui est la plus dangereuse !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Au CHAM, il y a bien eu une réorganisation des circuits d'accueil et d'orientation vers des services dédiés au Covid-19, mais tous les beaux principes sont par terre à cause du manque de matériel et de personnel.

Si les porteurs du virus détectés dès leur arrivée sont bien envoyés vers les services dédiés, lorsque la maladie se développe alors que les patients sont déjà dans un service, on se contente d'essayer de les isoler, ou de leur donner un masque, mais ils restent dans les services où ils ont été admis.

Dans bien des cas, on n'est sûr de rien. Très peu de tests sont réalisés, c'est le flou le plus total, car ni les patients, ni les soignants ne sont contrôlés avant qu’ils ne soient au plus mal.

La seule chose qui est contrôlée, c'est l'attribution de masques

Dans un service de médecine, les soignants qui prennent un masque doivent le notifier sur un document ! On a vertement rappelé à l'ordre ceux qui avaient commencé à en utiliser avant la consigne.

En Réanimation, on n'a eu droit qu'à un seul masque par poste de 12h. Comment travailler sans le toucher, le retirer pendant 12h d'affilée ? C'est mission impossible. Résultat, quatre d'entre nous étaient atteints par la maladie dès la fin de semaine dernière, et nombreux sont ceux qui présentent les signes dans de nombreux services.

Où sont les renforts ?

Même si l'activité de chirurgie a été mise au ralenti, le personnel déjà insuffisant en temps normal n'a pas été renforcé. Ils n'ont rien trouvé de mieux que de nous faire tourner en 12h de jour et de nuit dans les unités spécialisées (mais ça déborde facilement sur 13h avec les temps de transmissions et d'habillage).

Macron peut bien prendre un air martial en annonçant « c'est la guerre », mais mis à part les coups de menton contre la population, où sont les entreprises réquisitionnées pour fabriquer des masques et des tests ? Pour une fois qu'il y aurait autre chose à fabriquer que des obus !

La Poste (bureau de Nantes Bretagne) :  Les postiers se mobilisent pour être en sécurité

Echo d'entreprise
25/03/2020

Lundi 16 mars, les guichetiers du bureau de poste place de Bretagne ont refusé de travailler en l’état : pas de gel hydro-alcoolique et encore moins de masques. Du coup, la direction a trouvé un semblant d’astuce : réduire le nombre de services proposés aux usagers, avant de fermer le bureau lundi 23 mars.

À leur tour inquiets de travailller sans protection, vendredi 20 mars, les postiers du centre courrier, Cedex/Courses Spéciales et Cabines ont arrêté le travail et sont tous allés retrouver les facteurs ; ils ont collectivement interpelé la direction. Elle a alors proposé de réduire les sorties à l’extérieur. Il faut dire qu’à part une tournée qui concerne les ministères et le CHU, la livraison de la plupart des colis amazon n’est pas vitale. De plus, certains facteurs demandaient pourquoi ils ne sont pas confinés à domicile afin que les masques de La Poste soient donnés aux soignants tant qu’ils en manquent.

Labinal Safran – Villemur-sur-Tarn (31) :  Chantage au salaire

Echo d'entreprise
25/03/2020

Depuis le début de la semaine l’activité a mollement repris dans cette entreprise (groupe Safran) sous-traitante de l’aéronautique qui emploie 500 salariés dans la banlieue de Toulouse. Une partie des travailleurs est désormais répartie en deux équipes qui ne se croisent pas, travaillant 30 heures par semaine. Les 6 heures restantes sont payés en chômage partiel, à 84% du salaire net. C’est à dire que les travailleurs vont au travail pour perdre sur leur salaire déjà pas bien lourd. Alors que les profits de Safran pour 2019 ont augmenté de 34,5%, le patron de Labinal a royalement augmenté les salaires de… 0,7%, une misère. Bref, le patron compte sur le bas niveau des salaires pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du travail

Pour les congés et la banque de temps, il est clair qu’ils ne sont pas intouchables. Quant au travail qui est grandement réduit dans les faits, chacun est invité à nettoyer son poste de travail en le quittant. Mais il n’y a pas de masques et les seuls gants utilisés sont les mêmes que d’habitude. Bref ça râle dans les chaumières et beaucoup estime que leur travail n’est pas « vital » pour justifier de telles prises de risque pour eux et leurs proches, d’autant qu’il n’y a plus de câblage ni de transporteur. Certains disent que s’il s’agissait de fabriquer des respirateurs ou des masques, ils seraient prêts à travailler, mais pour faire de l’avance pour les avionneurs, ça n’a aucune justification.

Les syndicats « exigent » de la direction un document écrit, garantissant que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Comme si un bout de papier suffisait à rassurer ceux qui n’ont aucune confiance, à juste titre, dans les parasites capitalistes. Accompagner le patron dans sa gestion de la crise sanitaire c’est être dans l’autre camp.

Airbus à Saint-Nazaire :  Reprise en « mode dégradé ». Mais dégradé pour qui ?

Echo d'entreprise
25/03/2020

Dans tout le groupe Airbus l'activité reprend graduellement tout au lond de la semaine. A Saint-Nazaire des travailleurs ont donc été rappelés lundi 23 pour travailler dans une usine soi-disant désinfectée alors que dans certains ateliers il y a des cas potentiels de contaminés au Coronavirus. La direction est au courant, elle a d'ailleurs réorganisé la production en en tenant compte... à sa manière : en nous renvoyant au travail alors qu'il est envisagé de renforcer les mesures de confinement ! L'incurie gouvernementale a finalement du bon pour les patrons, « pas vu, pas pris », pas de test, pas de virus !

Pendant la semaine de fermeture, le gouvernement, les patrons, et même des syndicalistes complices, n'ont pas chômé. Après avoir mis en danger les salariés, leurs familles et les soignants en tardant a fermer les sites, le patron les ré-ouvre avec des aménagements d'horaire et de conditions de travail de fortune.

Sur le site de Saint-Nazaire, ceux qui ne travaillaient pas pendant le confinement, devront rattraper les heures perdues quand la situation sanitaire sera revenue à la normale, par des heures supplémentaires, des samedis et des jours fériés obligatoires et sans aucune compensation financière ! La direction s’apprête donc a utiliser tout l'arsenal législatif que le gouvernement lui apporte sur un plateau pour dégrader encore plus les conditions de travail et les horaires !

La désinfection des outils, l'interdiction de la pause café et autres adhésifs et marquages de distanciation au sol ne protégeront personne. Cerise sur le gâteau, ce sont ceux qui sont restés à l'usine pour préparer la réouverture et qui ont donc potentiellement plus de risques d'être contaminés, qui ont accueilli lundi ceux qui revenaient de confinement. Ils n'ont bien sur pas été dépistés, alors que l'on sait que sans tests systématiques la seul protection est le confinement !

Les mêmes qui nous bassinent à logueur de temps avec la sécurité « safety first » s’apprêtent à nous envoyer au casse-pipe ! Ils le font en période de crise sanitaire en risquant de nous contaminer et le feront plus tard en nous épuisant avec des cadences délirantes et des horaires épuisant !

Les capitalistes et leurs larbins du gouvernement s’apprêtent a nous faire payer cette crise jusqu'au dernier centime. Il faut se préparer dés maintenant à rendre les coups, car ce sera notre peau ou la leur !

Smurfit Kappa à Carquefou (Loire-Atlantique) :  Parfum de scandale

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les usines du groupe Smurfit Kappa produisent des emballages à base de papier, notamment pour l’alimentaire et la pharmaceutique. À ce titre, la production des travailleurs de cette entreprise, et celle des cartonneries en général, est considérée par l’État comme indispensable. Et l’usine du groupe à Carquefou continue donc de tourner.

Or, il se trouve qu’en même temps que cette production, la direction en maintient d’autres que rien ne saurait justifier, si ce n’est l’appât du profit à tout prix ! Et quelles sont ces productions qui imposent à des travailleurs de rompre le confinement, de risquer d’être contaminés par le coronavirus et d’en favoriser la propagation dans la population ? Des cartons d’emballage de box internet et des boîtes de parfum…

L’argent, dit-on, n’a pas d’odeur. Chez Smurfit Kappa, le profit est parfumé – et l’odeur qu’il dégage est nauséabond.

ELSAN Santé Atlantique (Nantes-Saint-Herblain)  :  Manque de masques !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Mardi 24 mars, la direction de la Polyclinique de l’Atlantique a publié sur sa page facebook un appel urgent aux dons de masques chirurgicaux et FFP2. On croirait rêver, mais dans cette clinique du groupe ELSAN – dont l’un des principaux actionnaires n’est autre que la richissime famille Bettencourt-Meyers –, comme dans la plupart des établissements de santé, le personnel soignant n’est pas assuré de pouvoir préserver sa propre santé, faute de matériel adapté.

Les masques de type FFP2, plus protecteurs que les simples masques chirurgicaux, manquent déjà… Mais la direction a trouvé la parade : bien que recommandés par le ministère de la Santé « pour les professionnels de santé au contact des malades » (lors, par exemple, des classiques épidémies de grippe), ces masques ne seraient pas indispensables pour la plupart des actes !

Cette situation absurde est d’autant plus révoltante que, dans le même temps, à quelques kilomètres de la Polyclinique, le groupe Airbus a mis la main sur quantité de masques pour essayer d’imposer depuis lundi la reprise de la production aéronautique… Une preuve de plus, s’il en fallait, que ceux qui dirigent l’économie capitaliste ne pensent pas : ils comptent.

Poitiers (Vienne) :  Coronavirus ou pas, le mépris patronal perdure

Echo d'entreprise
25/03/2020

Dans une structure associative d’aide à la personne, mardi 17 mars, alors que le gouvernement avait annoncé un confinement applicable le jour même dès midi, le travail a débuté comme un jour ordinaire, donc sans aucune consigne de protection. La direction n’avait d’ailleurs prévu ni gants, ni gel désinfectant pour les personnels concernés.

En fin de journée, lors de la réunion organisée par la direction avec les travailleurs pour évoquer la pandémie, une employée s’est mise à tousser. Le directeur lui a alors demandé de quitter la réunion et d’aller voir son médecin. Pour prescrire un arrêt maladie classique (non lié au virus), ce dernier l’a incompréhensiblement renvoyée, hors de tout cadre légal, pour accord, vers sa direction… qui a refusé l’arrêt, demandant à cette salariée de prendre sur ses congés ou sur son volant d’heures de récupération pour se soigner !

Avec cette pandémie, décidément, le culot patronal n’a plus de limite. Il n’y a qu’un seul vaccin contre cela : la colère des travailleurs !

Muret (31) et Toulouse (31) :  Un portefeuille à la place du cerveau

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les 14 radiologues du groupe "Occitanie-Garonne" dirigent quatre centres de radiologie, à Muret, Rieux-Volvestre, clinique d'Occitanie (Muret) et Médipôle (Toulouse), plus un call-center, et emploient une centaine de salariés.

C’est dire que les « activités » de ces patrons radiologues sont très juteuses et leur permettent de toucher dans les 30 fois le smic.

A l’occasion de l’épidémie qui réduit leur possibilité de faire du fric, ils invitent les salariés à faire des "sacrifices", et leurs demandent de solder tout de suite tous leurs congés et de se tenir prêts, dès la reprise des activités. Dans la situation actuelle, où beaucoup d’infirmiers, de soignants et de médecins de la clinique se consacrent pleinement à la lutte contre le Covid19, ces radiologues se préoccupent avant tout de leur portefeuille, déjà bien rempli. Ce qui les inquiète ce n’est pas tant la catastrophe sanitaire qui se développe, mais leurs bénéfices qui risquent d’être écornés.

A croire qu’ils ont prêté le serment de Cupidité !

Safran Le Havre (Seine-Maritime) :  Les travailleurs imposent l’arrêt de l’usine

Echo d'entreprise
25/03/2020

Alors qu’un cas de coronavirus avait déjà été diagnostiqué le 10 mars dans l’usine Safran qui emploi 1 700 salariés dans la zone industrielle du Havre, la production se poursuivait comme si de rien n’était les jours suivants. Le confinement avait été décrété pour le 16 mars dans tout le pays ? Oui, mais les dirigeants de l’entreprise considéraient que produire des pièces d’avions pour le civil et le militaire en pleine épidémie mondiale, c’était capital. C’était en fait tellement irresponsable et potentiellement criminel que les salariés ont réagi comme il se devait pour eux-mêmes, leurs familles et nous tous : ils ont débrayé lundi 16 mars et imposé la fermeture de l’usine.

C’est uniquement grâce aux travailleurs que cette mesure a été prise. Mais, décidément indécrottable la direction s’est fendue d’une lettre le 18 mars où elle écrivait entre autres : « nous devons poursuivre les efforts de compétitivité engagés depuis cinq ans en nous limitant plus que jamais aux dépenses nécessaires et en réalisant toutes les économies possibles ». Par ailleurs, elle ajoutait que la production reprendrait le 23 mars, après seulement 4 jours d’arrêt. Un portefeuille à la place du cerveau, rien d’autre. Mais les travailleurs n’ont peut-être pas dit leur dernier mot…