Échos des entreprises

Liebherr Aerospace - Toulouse :  Un actionnaire toujours à l’attaque contre les travailleurs

Echo d'entreprise
25/03/2020

Cette entreprise qui fabrique des composants et des systèmes pour l'industrie aéronautique et ferroviaire emploie 1500 personnes sur la région toulousaine. L’actionnaire a passé une bonne année 2019 : une fois les investissements, les provisions et le versement de la participation réalisés, les bénéfices nets devraient s’élever à plus de 87 millions d’euros. Cela ferait pour les 1500 salariés plus de 58 000 euros par personne. Mais pas question de laisser la concurrence prendre des parts de marché lorsque la période actuelle de baisse d’activité sera derrière nous. Alors, si l’usine a été arrêtée quelque temps, il question qu’elle reprenne dès jeudi 26, à l’exemple d’un de ses donneurs d’ordre Airbus.

Les chefs cherchent des « volontaires » pour travailler en équipe avec le quart de l’effectif. Pour les conditions du chômage partiel ou les prises obligatoires de congés, c’est encore à l’étude, mais soyons sûr que ça ne coûtera rien au patron, contrairement aux travailleurs. Quant aux conditions de sécurité dans cette période d’épidémie, elles sont loin d’être convaincantes pour les travailleuses et les travailleurs : les « volontaires » ne se bousculent pas.

L’actionnaire qui a les poches pleines pourrait payer à 100% ses salariés confinés. Mais il ne faut pas rêver : si dans ses discours il joue au philanthrope, lorsqu’il a été question d’augmentations de salaire lors des négociations en février, le philanthrope a montré qu’il avait une banque à la place du cerveau. Cela a d’ailleurs entraîné des débrayages pendant plusieurs jours.

Alors, virus ou pas virus, sa préoccupation reste celle d’un capitaliste prêt à prendre le risque de sacrifier la santé des salariés.

Aéroport Toulouse Blagnac :  Comme partout c’est le profit-virus qui fait la loi

Echo d'entreprise
25/03/2020

La société qui gère l’aéroport, Aéroport Toulouse Blagnac, est détenue à 49 % par Eiffage (qui vient de racheter ses parts à un consortium chinois) et à 50,1% par la CCI, Toulouse Métropole, la région, le département et par l'État. Au total, plusieurs milliers de travailleurs sont employés par ATB, les compagnies aériennes et les dizaines d’entreprises sous-traitantes (sûreté, assistance, bagagistes, pompiers, nettoyage, etc...)

Comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. En plus du chômage partiel, la direction d’ATB cherche à imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. Quant aux intérimaires, CDD et contrats pro, largement employés par les entreprises sous-traitantes, ce sont les premières victimes.

Air France appelle l’État à son secours. Et les dernières déclarations du ministre de l’économie montrent que le gouvernement s’apprête à satisfaire la compagnie. Quand les affaires vont bien, l’État arrose de cadeaux le patronat et quand les affaires vont mal, l’État vient au secours des actionnaires. Par contre, beaucoup de compagnies aériennes et de sociétés de l’aéroport, n’hésitent pas à demander aux agents de prendre sur leurs congés. Les sacrifices c’est pour les soldats du front, pas pour les décideurs, planqués à l’arrière.

Par exemple, les agents de sûreté d’ICTS et de Seris sont directement au contact du personnel pour les premiers et des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandé est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Comme le dit un salarié « Si une personne transporte une arme ils peuvent le voir, si c’est le virus, il peut passer tranquille ! ».

Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade, eux, sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui, comme on nous le dit, peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et n’ont eux non plus pas de masque pour se protéger. Et leurs patrons leur disent sans honte… qu’ils n’en ont pas besoin.

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Masques : les prestidigitateurs !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Une affiche du personnel de la Croix Rousse en colère

Avec l’épidémie, la durée de vie officielle des masques a fortement augmenté. Elle est passée de quatre heures d’efficacité (ce qui est enseigné en formation) à une journée entière. La direction a beau se cacher derrière la certification du service d’hygiène, elle ne trompe personne. On ne pensait pas que la science était basée… sur le nombre de masques disponibles.

Par ailleurs, pour ne porter qu’un masque par jour et par personne sans y toucher, il ne faudrait ni boire ni manger pendant huit heures. Quand on pose le problème, on nous rétorque : « vous êtes capables de rester sans boire le temps du travail ». On voit bien qui sont les soldats sur le front, et les généraux planqués à l’arrière.

Enfin, la direction a placardé la photo d’un couple suspecté de voler des masques. Comme en temps de guerre, la délation est un moyen crapuleux de nous diviser et de détourner notre regard des vrais responsables. Car celui qui a diminué les stocks de masques pour faire des économies, c’est bien l’État !

La Poste – Saint-Étienne :  L'irresponsabilité de la direction, facteur d'aggravation du virus

Echo d'entreprise
25/03/2020

La Poste - Saint-Etienne

La Poste profite, comme beaucoup de sociétés, du flou et des ambigüités du gouvernement pour obliger les salariés à continuer à aller au travail, au nom de la "continuité du service public". Le service public, c'est donc lorsque ça les arrange, car ça fait longtemps que la Poste est gérée comme une boîte privée !

La direction a insisté pour que les guichets restent ouverts, car il y a la partie banque, très importante pour elle. Et au courrier, si le gel et les gants sont distribués (ou plutôt, il faut aller les chercher dans le bureau des chefs !), les masques sont absents. Les mesures de distanciation sociale sont respectées pour le tri général mais, là où le bât blesse, c'est pour la préparation des tournées, où les casiers sont en rang d'oignons.

Vu la baisse du volume du courrier du fait du confinement, les facteurs demandent à ne travailler qu'un jour sur deux, et en horaire décalé. On y vient, mais tout ce temps perdu a mis en danger des vies de postiers et d'usagers !

 

La Banque Postale - Centre de Chèques Postaux - Orléans la Source (Loiret) :  Rien ne les arrête

Echo d'entreprise
25/03/2020

Banderolle au balcon en face du centre : "Des milliards pour la santé, pas pour les actionnaires"

Aucune activité n’a été arrêtée. La seule décision qui a été prise est de faire travailler le personnel en deux équipes. Les agents doivent continuer par exemple à accomplir des tâches comme les réquisitions, le contentieux, les découverts sur les comptes de personnes qui ont des difficultés, etc. Toutes activités qui pourraient largement attendre.

La direction cherche par tous les moyens à ce que 300 personnes au moins par brigade continuent à venir au travail. Le télétravail n’est pratiquement pas encore mis en place. Mais il est passé par la tête des directeurs de vouloir installer 40 postes chez les agents qui gardent les enfants à la maison. Il fallait y penser, non ?

Uniquement préoccupés de leur santé à eux

Maintenir les agents à plusieurs dizaines sur une aile du centre ne pose aucun problème à la direction. Par contre il a été décidé par les directeurs de ne pas réunir plus de 7 personnes autour d’eux. « Selon que vous serez puissant ou misérable », disait déjà La Fontaine.

Rennes (35) :  CHU de Rennes

Echo d'entreprise
25/03/2020

ÉCOEURANT !

     Il y avait de quoi être écœuré en entendant, jeudi 12 mars, le président rendre hommage au personnel hospitalier.

    Depuis des années, nous nous mobilisons pour dire que nous manquons de moyens et que l’hôpital est au bord de la rupture.

    Au lieu de répondre aux demandes, le gouvernement, comme ses prédécesseurs, a continué à faire des économies sur la santé et a multiplié les fermetures de lits sous prétexte de « réorganisation ».

      Aujourd’hui, il prétend nous rendre hommage et il nous traite de « héros ». Il se moque du monde !

     Ce n’est pas de flatterie dont nous avons besoin, ce sont des effectifs, du matériel, des lits en quantité suffisante !

 

UNE PÉNURIE DE MASQUES SCANDALEUSE

    Depuis le début de la crise du coronavirus, c’est la course pour avoir des masques.

    Ils sont distribués au compte-gouttes, quand il y en a !

    Certains cadres les ont même mis sous clé pour qu’ils ne partent pas trop vite !

     C’est le personnel qu’il faut protéger, pas les masques !

 

POUR MASQUER LEURS RESPONSABILITÉS

    Tout le monde est inquiet devant les risques de contamination. Quand nous demandons des masques, les arguments avancés pour les refuser ne tiennent visiblement pas la route.

    Les ministres et les « experts » qui interviennent dans la presse cherchent à rassurer et à masquer que ce sont les économies sur la santé qui font que nous nous retrouvons aujourd’hui dans une situation aussi intenable et dangereuse.

 

BIENTÔT DU GEL CHANEL OU RICARD ?

    Plusieurs entreprises de parfumerie et d’alcool ont annoncé qu’elles allaient se mettre à faire du gel hydroalcoolique.

    Elles ont mis du temps avant de s’y mettre, alors qu’il en manque depuis des semaines.

    Leurs services de communication ont tardé à comprendre que même le coronavirus pouvait être l’occasion de faire de la pub à bon compte !

Hutchinson - Châlette sur Loing (Loiret) :  L'urgence est de rester chez soi

Echo d'entreprise
25/03/2020

En début de semaine, après la désinfection de l'usine, plus de 100 travailleurs ont repris le travail et la direction a annoncé qu’une cinquantaine d’autres devaient les rejoindre jeudi. La direction affirme avoir fait appel au  volontariat, mais à la préparation des mélanges, l'encadrement a mis la pression sur les travailleurs. Ceux des « rondelles des bocaux » n'ont pas été prévenus qu'ils avaient le choix. Quant aux intérimaires, refuser de travailler c'est souvent risquer de perdre son emploi ! Certains par exemple ont été congédiés avec un simple sms !

Faute de volontaires, un secteur n’a pu fonctionner comme l’aurait voulu la direction. Les protections sanitaires ont été mises en place, distance, nettoyant désinfectant, masques mais de nombreuses femmes de ménage ont dû insister pour avoir des masques alors qu'elles sont le plus exposées. Des prises de température sont effectuées à chaque entrée mais la fiabilité des thermomètres est plus que douteuse. L'une d'entre nous se retrouvant avec 35,4° !

Il est scandaleux de continuer à produire des rondelles de bocaux et des durits alors que l'urgence aujourd'hui est de rester chez soi.

Luxfer à Gerzat (Puy-de-Dôme) :  Le règne de la propriété privée

Echo d'entreprise
24/03/2020

L’usine de Luxfer à Gerzat dans le Puy de dôme était, avant sa fermeture en juin 2019, spécialisée dans la fabrication de bouteilles d’oxygène. Le site de Gerzat qui a fermé pour « raisons économiques » alors qu’il générait plus d’un million d’euros de bénéfices en 2018, était occupé depuis le 20 janvier par les ouvriers en colère. Ils ont dû le quitter pour respecter le confinement.

Devant la pénurie de bouteilles d’oxygène déjà constatée en Italie et qui s’annonce en France, la CGT demande la nationalisation et le redémarrage de la production de bouteilles d'oxygène à destination des hopitaux soignant le covid-19.

Le ministère de l’économie et des finances lui répond que ce n’est pas possible car cela va à l’encontre du droit de propriété.

Par contre le droit d’être soigné pour les malades, le droit d’avoir un emploi pour les travailleurs… tout ça n’est pas important pour le gouvernement.

Comme le disent les paroles de l’Internationale, le chant des travailleurs : « Nul devoir ne s'impose au riche ; Le droit du pauvre est un mot creux ».

SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret) :  Encore trop d’aiguilleurs à qui la direction impose de venir au boulot !

Echo d'entreprise
24/03/2020

Depuis le début du confinement, la direction SNCF Réseau impose la tenue de quasiment tous les postes d’aiguillage du secteur.

Il aura fallu attendre le week-end du 22 mars pour que la moitié des postes du triage soit fermée. L’autre moitié restent ouverts avec un seul agent présent par service, alors qu’il y a très peu de travail à part quelques trains de fret.

Au poste 1 des Aubrais, où le poste principal du secteur fonctionne certes en effectif allégé, il y a de quoi se demander quand même si le trafic qu’on voit passer est réellement utile à la population...

Une majorité des agents sont donc confinés chez eux. Mais il aura fallu que les cheminots fassent entendre leur colère plusieurs jours auprès de la direction des postes d’aiguillage pour qu’elle se décide enfin à prendre cette mesure de bon sens. Et il reste des endroits où elle impose à certains de venir travailler sans que cela semble être d'une grande utilité. Et surtout, depuis le début les mesures sanitaires se limitent à des lingettes et du savon pour ceux qui qui continuent à travailler.

Tous les postes qui ne sont pas indispensables aux trains "vitaux" devraient être fermés !

Agglomération d’Orléans (Loiret) :  Darty livre… et est livré en masques

Echo d'entreprise
24/03/2020

Les magasins sont fermés, même si la direction a épluché les textes pour savoir quel type de magasin pouvait ouvrir. Ils ont eu un espoir quand un ministre a parlé de laisser travailler les vendeurs et réparateurs d’ordinateurs.

Mais le site internet est toujours ouvert et la livraison est toujours assurée. La consigne qui est donnée aux livreurs est de ne plus rentrer dans les maisons, de laisser les produits sur le pas de la porte. Le client le découvre par un mail qui arrive un jour avant la livraison. Il peut repousser la livraison après le confinement, "c’est pas grave, il a déjà payé".

Les travailleurs refusant dès le mardi de livrer sans moyen de protection, dès le lendemain des masques et des flacons de gel hydro-alcoolique ont été envoyés en nombre à toutes les plateformes, alors que nombre de soignants à domicile, de médecins ne disposent pas de masques. Avec la baisse des commandes, la direction fait travailler les livreurs un jour sur deux et leur a proposé de prendre des jours de vacances. Dans les plateformes où les syndicats sont présents, cela n’a pas pris.