Échos des entreprises

Conseil Départemental de Haute-Savoie :  Pour les agents de l’Action sociale, c'est la galère

Echo d'entreprise
23/03/2020

Pour les salariés, qui ont en charge l’accueil du public précaire, l’accompagnement des enfants placés par l'Aide Sociale à l'Enfance, le suivi des femmes venant d’accoucher, les liens avec les bénéficiaires des aides aux personnes âgées et handicapées, la situation était déjà compliquée avant l’apparition du virus, du fait du manque de personnel. Depuis les annonces de Macron, le 12 mars, ils ont dû s'organiser et travailler sans compter pour garder à flot les services.

Dans les services d’aide à domicile, il manquait déjà des aide-ménagères, aides-soignants et infirmiers. Alors, avec ceux qui sont contraints de rester chez eux, les moyens d’intervention sont encore diminués. Pour ceux de la Petite enfance, puéricultrices, infirmières, médecins, dont certains vont à domicile ou font des permanences de vaccination, très peu de masques sont disponibles. Dans un camp de familles roms près d'Annemasse, en plus du Covid 19, une épidémie de rougeole s'est déclarée. Les médecins de la Protection Maternelle et Infantile, volontaires, sont allés faire les dépistages. Alors qu'une commande de 1700 masques n'était toujours pas livrée. C'est dramatique.

De nombreux agents, avec leurs propres téléphones, tentent de maintenir au moins un lien téléphonique avec les personnes et familles accompagnées. Les lignes sont saturées d’appels d’assistantes maternelles, inquiètes d’accueillir sans matériel de protection les enfants des salariés ou de perdre leurs revenus.

Dans les équipes de l’Aide sociale à l’enfance, les éducateurs n'ont aucun masque quand ils interviennent au domicile des familles dont ils font le suivi des jeunes. Mais le confinement de ces jeunes dans les familles, confinées au même endroit, est la plupart du temps très conflictuel, voire explosif. Le travail des professionnels, qui consiste à ce que la situation n'empire pas, est alors très éprouvant.

Les foyers accueillant 7 jours sur 7 les jeunes placés ont dû se réorganiser dans l'urgence : heureusement des éducateurs volontaires se sont proposés pour renforcer les équipes, déjà en sous-effectifs chronique. Mais le confinement individuel des jeunes est impossible, alors qu'il est déjà difficile pour beaucoup d'entre eux en temps normal de rester dans l'établissement, vivre isolés dans leur chambre est impensable.

La situation créée par le Coronavirus accentue le manque de personnel déjà préexistant dans l'accompagnement des personnes précaires et fragiles. Les professionnels ont en mémoire la canicule de 2003 et craignent que les plus isolées d’entre ces personnes soient à nouveau victimes collatérales. Demander des comptes aux responsables de cette situation calamiteuse et imposer la création de postes correctement payés est une nécessité. Et le plus tôt sera le mieux.

Marignane, Airbus Helicopters  :  Des économies sordides

Echo d'entreprise
23/03/2020

Avec 12,5 milliards de trésorerie, l'entreprise ne peut dépenser un sous pour le nettoyage.

Sans le matériel élémentaire comme des gants, des lingettes jetables, les femmes de ménage de l'usine sont sur le front sans aucune protection.

Elle sont en contact avec tout ce qui traine et sans ces produits de base, c'est leur santé qui est directement en danger.

À la prise du travail de ce lundi 23 mars, les femmes de ménage faute d'avoir les équipements adaptés et après avoir alerté les responsables se sont mis en droit de retrait. L'usine est donc maintenant en crise sanitaire sans personnel de nettoyage.

Déjà la semaine dernière, le lundi 16 ces mêmes femmes de ménage n'avaient ni gants, ni lingettes, ni masque, et de plus elles étaient, comme d'habitude, en sous-effectif. Les économies habituelles d'Airbus sur le nettoyage absolument indispensable surtout dans cette période se font au mépris des principales actrices, les femmes de ménage mais aussi de tous les autres salariés.

Perpignan - Carrefour Claira :  La santé des profits avant tout

Echo d'entreprise
23/03/2020

Comme un tract de la CGT l’a dénoncé, Carrefour ne se contente pas d’alimenter le public.

Profitant du fait que les enseignes spécialisées type Boulanger, Darty ou Castorama étaient fermées, le magasin attire les clients dans les rayons électroménagers, hi-fi ou bricolage. Ces rayons sont donc remplis… par du personnel qui vient pour ça et met sa santé en danger alors qu’il devrait rester confiné, ou à la limite travailler pour l’alimentaire.

La morale et les consignes que le gouvernement et les médecins délivrent ne s’appliquent visiblement pas aux marchands comme Carrefour, pour qui la santé des profits passe avant la santé de ses salariés !

Perpignan - Carrefour Claira :  Pour le PDG, la vie d'un employé vaut 1 000 euros

Echo d'entreprise
23/03/2020

Après l’annonce d’Auchan du paiement de la prime de 1 000 euros à ses employés en poste, Bompard, le PDG de Carrefour, s’est fait inviter au journal de 20h dimanche sur FR2 pour faire la même annonce.

Après du blabla et des grandes phrases pour féliciter les « équipes » qui sont au travail pour le bien de la collectivité, Bompard a voulu apparaitre comme le bienfaiteur en ces temps difficile. Mais 1 000 euros (défiscalisés…) pour risquer sa vie en allant au boulot, ce n’est pas cher payé !

Et il n’a pas rappelé tout ce que lui et ses prédécesseurs ont imposé ces dernières années aux « équipes », c’est-à-dire aux travailleurs : réduction d’effectif, dégradation des conditions de travail, participation au rabais et salaires minables. Pas rappelé non plus qu’en ce moment, Carrefour, comme les autres enseignes qui ont pu rester ouvertes, faisait un maximum de chiffre d’affaires.

Ecœurant !

Chantiers de l’Atlantique (Saint-Nazaire) :  Le doute n'est pas permis !

Echo d'entreprise
23/03/2020

au cours du débrayage du mardi 17 mars

La direction des Chantiers de l’Atlantique a assuré, il y a peu, qu’il n’y avait aucun cas d’infection au Codiv19 dans l'entreprise. Pourtant, il y a quelques jours, des travailleurs ont présenté des symptômes de cette maladie, comme entre autres dans l’atelier des Panneaux-Plans ou dans un des bureaux d’études. Comme le test de dépistage du coronavirus n’est pas effectué au moindre soupçon, le doute subsiste.
À l’attitude irresponsable de la direction des chantiers qui a maintenu le travail dans des lieux où il y avait suspicion d’infection (et de plus sans en informer le personnel), s’ajoute l’incurie du gouvernement qui n’a pas mis les moyens pour lutter contre cette épidémie alors qu’elle était annoncée depuis plusieurs semaines.

Paris :  Témoignage de Philippe Pichon, postier

Echo d'entreprise
23/03/2020

Argenteuil :  Les travailleurs de Dassault imposent la fermeture de l’usine d’Argenteuil

Echo d'entreprise
23/03/2020

Mardi 17 mars au soir, la direction de Dassault-Argenteuil envoyait à tous les travailleurs de l’établissement un SMS pour leur indiquer la fermeture de l’usine. Elle ne l’a pas fait de gaité de cœur, mais contrainte et forcée par la pression et la grève des travailleurs du site qui n’entendaient pas risquer leur vie plus longtemps pour les profits de Dassault.

Trappier, le PDG, indiquait alors aux organisations syndicales, qu’« il ne fallait pas ajouter la crise à la crise », et planifiait une reprise qu’il espérait dès le lundi 23 mars. Pour ajouter des milliards aux milliards au profit de la famille Dassault, il y avait urgence.

Risquer d’ajouter des malades aux malades, voire des morts aux morts est tout simplement criminel.

On apprenait d’ailleurs jeudi que l’un des travailleurs de l’usine, atteint du coronavirus, était à l’hôpital, en soins intensifs. Parmi les 89 travailleurs susceptibles de l’avoir approchés, 2 ont déjà été testés positifs. Sur un autre site Dassault à Anglet, 2 travailleurs sont en quarantaine. Personne n’a donc l’intention de risquer sa vie pour la fortune des Dassault, d’autant que la fabrication des Rafale et autres jets de luxe ne relève en rien des productions vitales au fonctionnement de la société.

Ce qui est vital pour les travailleurs, c’est de ne pas risquer sa vie à la gagner.

Alors pas question de reprendre le travail !

ArcelorMittal Dunkerque :  un patron irresponsable qui veut continuer de faire des profits malgré la crise sanitaire

Echo d'entreprise
22/03/2020

A l’usine ArcelorMittal de Dunkerque, qui compte environ 4400 travailleurs avec les entreprises sous-traitantes sur le site, la direction a cherché jusqu’au bout à maintenir un niveau de production habituel, utilisant l’argument qu’il n’était pas possible d’arrêter les installations. Mais, s’il est vrai qu’il est très compliqué d’arrêter complètement la production, il est par contre possible de la ralentir considérablement. La direction a donc fait le choix de mettre les travailleurs en danger. Jusqu’à ce que le mécontentement dans l’usine lui impose de réduire la cadence.

Depuis plusieurs semaines la direction du groupe a beaucoup communiqué à l’intérieur de l’usine sur les consignes de sécurité à propos du virus : mails, affiches de prévention ; jusqu’à faire signer à chaque travailleur un engagement à respecter les mesures barrières. Mais il s’est vite avéré que ce n’était que de l’affichage car dans le travail au quotidien, sur les postes de travail, rien n’avait été mis en place.

Lors des réunions d’équipe, il était par exemple demandé de s’espacer sur une chaise sur deux, sauf que la journée de travail continuait de se faire à plusieurs dans des espaces parfois très confinés ; il était demandé de se relayer pour le casse-croute, sauf que les salles de pause n’étaient pas désinfectées ; il fallait désinfecter son poste de travail, sauf que c’était la pénurie de lingettes, certains travailleurs devaient en apporter eux-mêmes au boulot. Tout était comme ça dans l’usine, rien n’était réellement prévu pour faire face au virus.

En début de semaine dernière, alors que dans tout le pays le personnel de santé tirait la sonnette d’alarme pour un confinement rigoureux, ArcelorMittal conservait le droit de maintenir son activité au sein d’un site où sont présents continuellement plusieurs centaines de travailleurs. C’était jouer avec la peau des travailleurs pour continuer de produire de l’acier.

Cela a créé un climat de défiance des travailleurs, certains ne voulaient plus venir travailler, refusant de mettre leur santé et celle de leur famille en danger ; dans certains secteurs de l’usine, il y a eu des droits de retrait collectifs. Ce qui n’était pas possible en début de semaine est alors devenu possible à partir du jeudi 19 mars, la direction a annoncé la baisse progressive de la production.

Maintenant l’usine fonctionne avec un nombre beaucoup plus réduit de travailleurs, un peu partout les équipes sont divisées par deux. Deux hauts-fourneaux sur trois sont en train d’être mis à l’arrêt. La direction s’est enfin engagée à donner des moyens supplémentaires pour mettre en place des mesures d’hygiène en plus.

Avec un tel comportement, aussi irresponsable que criminel, la direction de l’entreprise a mis en péril la vie de travailleur et par ricochet, la santé publique.

Aujourd’hui la défiance est toujours là chez les travailleurs. La direction va-t-elle tenir ses engagements pour qu’il y ait de véritables moyens pour de réelles mesures d’hygiène ? La direction cherche à réaliser rapidement la maintenance des hauts-fourneaux, pour les faire repartir au plus vite ? Et puis il y a les intérimaires en fin de mission dans les entreprises sous-traitantes, vont-ils être payés ?

Au vu de son comportement depuis le début de la crise sanitaire, aucune raison d’avoir confiance dans la direction de l’usine.

General Electric (Belfort et Bourogne) :  Pour le patron, le confinement passe après la production

Echo d'entreprise
22/03/2020

Il y a une semaine, plusieurs centaines de travailleurs de General Electric refusaient de continuer à travailler à l’usine, à Belfort et à Bourogne, alors que les mesures de confinement étaient annoncées pour toute la population.

Ils avaient exercé leur droit de retrait, en pleine épidémie de coronavirus, les salariés estimaient à juste titre qu'ils n’étaient pas en sécurité dans l'entreprise : aucune distribution de masques, ni de gel hydro alcoolique n'était disponible.

Pourtant ; le travail doit reprendre ce lundi 23 Mars dans certains ateliers chez General Electric à Belfort et Bourogne.

Décision de la direction malgré la crise du coronavirus, une centaine de salariés est attendue à la reprise. Il s'agit de magasiniers, d'usineurs, de contrôleurs dans les ateliers turbines à gaz ainsi que des intervenants sur les fonctions supports (vérificateurs de programme, etc, ...).

Selon les syndicats, tous contre cette reprise, la direction aurait exercé des pressions sur des salariés pour les inciter à reprendre le travail ce lundi.

La direction elle a le culot de déclarer : «En tant qu'acteur stratégique dans le domaine de l'énergie, nous devons assurer la continuité de la production pour répondre aux besoins vitaux de nos clients en France et dans le monde ». Cette même direction qui licencie plusieurs centaines de travailleurs depuis quelques mois

Alors que le confinement est devenu une nécessité impérieuse de santé publique, non seulement pour les travailleurs de General Electric mais pour leur famille et pour toute la population, alors que l’enjeu n’est rien moins qu’une question de vie ou de mort, l’attitude de la direction est irresponsable.

Caterpillar (Grenoble et Echirolles) :  Les ouvriers lâchent les chaînes d’assemblage

Echo d'entreprise
22/03/2020

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus parti de Chine, Caterpillar a invoqué des difficultés pour s’attaquer aux travailleurs de ses deux usines, à Grenoble et Echirolles.

Il y eut d’abord la pose obligatoire de plusieurs journées RTT au prétexte du manque d’approvisionnement venant de Chine.

Puis, l’épidémie se propageant en France, la direction pris des mesures “barrières” contraignantes pour les travailleurs : suppression des bus de ramassage, fermeture de la cantine et des vestiaires. Il fallait arriver en tenue de travail et repartir sale de l’usine. Pour éviter tout croisement, les équipes étaient décalées d’une heure.

Mais le mardi 17 mars au matin, lendemain des annonces de confinement de Macron, le remous était palpable sur les chaînes d’assemblage des deux usines, où les ouvriers travaillent dans la promiscuité. Sans demande d’autorisation, embauchés, intérimaires, sous-traitants, tous cessèrent spontanément le travail. La direction décida alors la fermeture pour quinze jours et à 10 heures, trois heures avant la fin de poste, les ouvriers quittaient les usines, en chômage partiel.

La direction a réussi à faire l’unité des travailleurs. À se souvenir contre ses prochains mauvais coups !