Échos des entreprises

Hutchinson (Joué-lès-Tours) :  Nous ne sommes pas de la chair à profit

Echo d'entreprise
19/03/2020

Comme dans la plupart des usines, la direction d’Hutchinson-Joué entendait bien lundi dernier, 16 mars, continuer à nous faire produire des courroies et autres pièces pour l’industrie automobile, comme si de rien n’était. Même le télétravail était très peu utilisé pour le personnel des bureaux. Le seul aménagement prévu était la fermeture des vestiaires…

Nous étions très en colère de son absence de réponse à nos questions et inquiétudes de risquer ainsi la contamination, ainsi que de son mépris. Le mécontentement a éclaté mardi matin : nous nous sommes rassemblés et sommes allés voir la hiérarchie. La direction a dû apporter des réponses sous notre pression. Elle a ainsi annoncé qu’elle réduisait la journée de travail à 6h, pour éviter qu’on se croise aux changements d’équipes.

Le lendemain, mercredi, la direction a finalement annoncé notre mise en chômage partiel, mais à partir de lundi 23 seulement, comme dans les autres usines du groupe. Et elle demande des volontaires pour venir quand même la semaine prochaine dans le très juteux atelier de la Prépa !

Hutchinson, filiale de Total, ne produit rien de vital. Et ce genre de groupe capitaliste a largement les moyens de nous payer même si nous restons chez nous. Car si certains font des réserves de pâtes depuis quelques jours, les capitalistes font des réserves de trésorerie par milliards depuis des années.

Punch Powerglide (ex-GM) Strasbourg :  La direction voulait produire à tout prix, les travailleurs ont été plus responsables qu'elle

Echo d'entreprise
19/03/2020

Manifestation des travailleurs de Punch (ex-GM) en 2016

A Punch, le dimanche 8 mars la direction téléphonait aux travailleurs du SAV (service après-vente) pour leur annoncer qu’un travailleur du secteur était touché par le Covid-19 et hospitalisé. Le secteur était donc fermé et les travailleurs priés de rester chez eux.

la semaine précédente, les jours de chômage et de congés qui avaient été annoncés étaient annulés.

Suite au confinement de toute la population par Macron, le 16 mars, la convocation d'un CSE extraordinaire mardi 17 au matin laissait présager de la fermeture de l'usine Punch de Strasbourg qui fabrique des boîtes de vitesse pour ZF en Allemagne, autant dire rien de bien essentiel pour la survie des habitants enfermés chez eux.

Oh surprise ! la direction a annoncé que, bien au contraire, l'usine allait continuer de tourner et même que des intérimaires seraient embauchés pour répondre aux besoins du commanditaires ZF.

Autant de cynisme, d'aveu public que la santé des travailleurs sur les chaînes de production passe loin derrière l'appétit du patron de faire du fric à n'importe quel prix a fait monter la fièvre chez les travailleurs. D'autant plus qu'un nouveau cas avait été diagnostiqué en Fonderie ce mardi 17.

La CGT, suivie par la CFDT, a appelé les travailleurs, ce mercredi 18 au matin à l'entrée de l'équipe, à faire usage de leur droit de retrait. Devant la quasi-unanimité des travailleurs, la direction s'est dépêchée de convoquer deux délégués des deux syndicats à une nouvelle réunion. Là le patron en personne a insisté en suppliant presque les représentants des syndicats de continuer le travail jusqu'à vendredi. Mais devant le refus déterminé des représentants du personnel et des travailleurs, la direction a reculé et, à 10 heures du matin, elle annonçait que l'usine serait fermée pendant 4 semaines.

Rien tel qu'un coup de colère des travailleurs pour faire entendre raison aux patrons.

Téléperformance Belfort :  La police contre les salariés qui défendent leurs conditions de travail... un comble !

Echo d'entreprise
19/03/2020

Les travailleurs du centre d'appel de Téléperformance à Belfort ont débrayé mercredi 18 Mars pour dénoncer leurs conditions de travail pendant l'épidémie de coronavirus. Ils avaient déposé un droit d’alerte pour danger grave et imminent la veille.

À défaut de pouvoir travailler depuis chez eux, les salariés sont obligés de se rendre dans les locaux de l'entreprise, alors que l'encadrement et la direction, sont eux, en télétravail.

Ils réclament la réduction du nombre de téléopérateurs par salle, la mise à disposition de gel hydroalcoolique, une désinfection plus régulière du matériel de travail et un respect des distances de sécurité dans les espaces de pause.

Comble d’ironie, c’est Téléperformance qui est depuis fin février en charge du numéro vert mis en place par l'État pour informer sur le coronavirus et désengorger le 15.

Les salariés ne reçoivent quasiment aucune formation, ou alors "5 minutes top chrono". Le numéro vert est submergé d'appel à chaque nouvelle décision du gouvernement, mais les salariés sont souvent incapables d'apporter des réponses concrètes.

Pendant ce débrayage, les salariés se sont rassemblés devant les locaux de l’entreprise. Mais les rassemblements de plus de 10 personnes étant interdits, la police est intervenue pour les disperser et leur demander de respecter les règles de sécurité. Un comble !

Entreprises de Charente-Maritime :  Le virus du profit sévit

Echo d'entreprise
18/03/2020

Le travail continue dans bien des entreprises du département dont la production n’a pourtant rien d’urgent. C’est le cas par exemple de deux sous-traitants aéronautiques à Rochefort : ce n’est qu’après le déclenchement de l’agitation parmi les travailleurs que la direction les a mis en chômage partiel, mardi à Simair et mercredi à Malichaud, et en refusant de le payer à 100 %.

À La Rochelle, alors que le maire J.-F. Fountaine suspendait dès dimanche le travail d’une partie des employés de la ville, son groupe de construction navale Dufour-Fountaine-Pajot a attendu mardi 17 midi pour arrêter la production de bateaux de plaisance de luxe, quand l’agitation s’y est faite sentir.

À Alstom (Aytré), près de 2 000 salariés sont concentrés sur le site. Ils utilisent les mêmes outillages à plusieurs, travaillent dans des espaces confinés, sans parler de la promiscuité dans les vestiaires et les douches. Un débrayage eut lieu mardi 17, suivi de l’exercice du droit de retrait, pour réclamer l’arrêt complet de la production et le paiement des salaires à 100 %. La réponse de la direction fut d’imposer un arrêt d’une semaine pris sur les RTT des salariés.

À Léa Nature (1 000 salariés sur le site), le patron invoque la production d’aliments bio… pour continuer la production y compris dans la partie cosmétique, et alors que deux cas de maladie ont été annoncés dans l’entreprise.

Au centre d’appel téléphonique Sitel, 40 % des 750 salariés sont arrêtés pour garde d’enfant, mais seuls ceux ayant un an d’ancienneté minimum sont payés à 100 %: les autres, nombreux, ne touchent que 50 %. Mardi matin, apprenant des suspicions de cas de Covid-19, les trois quarts des travailleurs ont débrayé et, rassemblés devant l’entreprise, ont copieusement hué la directrice, accusée de n’avoir pas pris les mesures sanitaires élémentaires. Le travail continuait d’autant plus que certains des clients de Sitel (SFR, Orange, Engie, Sofinco) ont fermé leur propre centre d’appel et fait pression sur leurs prestataires, tel Sitel, pour qu’ils fassent ce travail en plus. C’est d’autant plus révoltant qu’Engie par exemple, contrairement à Sitel, dispose des installations permettant le télétravail. Et certains appels, comme ceux pour Orange qui ne concernent que des clients entreprises, n’ont pas d’utilité immédiate. La direction se prépare à imposer le chômage partiel à certains, mais comme une grosse partie du salaire est constitué de primes, beaucoup ne toucheraient plus que 50 % de leur salaire net.

Les travailleurs peuvent ainsi mesurer l’écart scandaleux entre les discours sur la santé publique et ce qu’ils vivent dans leur entreprise, et entre le sauvetage des profits patronaux par Macron et l’effondrement de leurs revenus.

Droit de réponse

Nous publions ci-dessous un droit de réponse de  Charles KLOBOUKOFF, Président Fondateur de la société GROUPE LEA NATURE.

La santé et la prévention des salariés sont les priorités de Léa Nature.
A ce jour, aucun cas avéré n’est recensé sur les sites du Groupe Léa Nature. Aucun.
Toutes les garanties de sécurité sanitaire des salariés et les mesures barrières sont appliquées, dans le strict respect des règles et directives locales et nationales, et le nettoyage a été renforcé. Ces mesures sont complétées par la mise à disposition de masques pour les salariés qui ressentent le besoin d’en porter un.
Notre laboratoire cosmétique a spécialement fabriqué du gel hydroalcoolique pour l’usage de nos salariés (nos équipements ne peuvent pas en fabriquer en quantité industrielle pour la vente). Notre usine cosmétique continue de fabriquer des produits d’hygiène, qui font aussi partie des produits de 1ère nécessité, et d’autres soins cosmétiques pour éviter les ruptures, et ce en fonction des équipes disponibles.
L’ensemble du management est mobilisé pour veiller à l’application des consignes et pour répondre à toutes les questions que se posent les salariés, en s’appuyant sur les directives gouvernementales. Un comité décisionnel COVID 19 ajuste au jour le jour les mesures internes. Seuls les services indispensables au fonctionnement de la production et gestion des flux produits restent actifs sur site.
Sur l'ensemble des sites de Périgny, Léa Nature emploie 650 salariés (plus 200 commerciaux répartis sur la France) et non 1000 comme indiqué dans votre article. Actuellement, 550 salariés sont en télétravail. Il ne reste que 300 salariés sur les sites, dont 95 en logistique, 50 en service minimum dans les bureaux, 85 en production alimentaire et environ 60 en production hygiène beauté. La production va être repriorisée lundi et l'organisation ajustée : cela fera l’objet d’une communication en début de semaine.
Dons d’alcool pharmaceutique et de gels hydroalcooliques pour les Centres Hospitaliers de La Rochelle et Saintes, et de masques pour la Ville de La
Rochelle.
Léa Nature va donner 60 litres d’alcool de blé bio, conditionnés par bidons de 10 ou 20 litres, pour l’hôpital de Saintes qui fabriquera ensuite ses propres gels hydroalcooliques pour le personnel de santé et les patients.
Léa Nature va fabriquer et donner 200 kg de gel hydroalcoolique, conditionnés en seaux de 30 litres, pour l’hôpital de La Rochelle, avec une dérogation spéciale, n’ayant pas les équipements prévus à cet effet.
5000 masques ont été donnés hier à la Mairie de La Rochelle, destinés aux soignants libéraux de la Ville, hôpitaux et associations venant en aide aux démunis et aux sans-abris.
Nous venons également d'être sollicités ce jour par le Commandant des pompiers de La Rochelle, pour leur fabriquer également du gel hydroalcoolique.
Les acteurs de la chaîne alimentaire sont stratégiques.
Les directives gouvernementales sont claires : il faut maintenir la production pour nourrir une population confinée à domicile et les hôpitaux.
Le secteur alimentaire dans son ensemble est invité à travailler pour garantir la "sécurité économique du pays" en pleine alerte sanitaire (conformément aux recommandations du Ministre de l’Economie Monsieur Bruno LE MAIRE - AFP du 18/03/2020).
En maintenant ses activités de productions alimentaires et de produits d’hygiène, Léa Nature assure une mission essentielle à la Nation.
Léa Nature remercie l’ensemble des salariés mobilisés en production comme en logistique, et ses managers présents, exemplaires dans la situation exceptionnelle que nous subissons. Ils font preuve de toutes les précautions, de responsabilités et d’un bel esprit de solidarité. 

Agglomération de Grenoble :  Les profits avant la lutte contre le coronavirus

Echo d'entreprise
18/03/2020

Photo Travailleur Alpin

Malgré les risques de contamination au boulot et dans les transports, de grandes entreprises de l’agglomération grenobloise continuent de faire tourner leurs usines de production. Face à l’inquiétude des ouvriers qui ont le sentiment d’être les sacrifiés pour les profits et les demandes syndicales pour stopper l’activité, les patrons ne lâchent pas comme ça.

Chez Schneider, à ST Microélectronique et Soïtec à Crolles, sur la plateforme chimique de Pont de Claix et à Becton Dickinson, les directions refusent de fermer. Certaines invoquent des fabrications indispensables tout en refusant d’apporter la moindre transparence. Ailleurs, c’est sous la pression des menaces de droit de retrait que les usines ont fermé comme chez A. Raymond et Caterpillar.

C’est la guerre a dit Macron, mais l’effort de guerre, c’est seulement avec la peau des ouvriers des usines et ceux des sous-traitants.

Hager - Bischwiller  :  débrayage pour de meilleurs moyens de protection

Echo d'entreprise
18/03/2020

Ce mardi, une quinzaine d’employés de l'usine Hager de Bischwiller ont refusé de retourner au travail après la pause de 14 heures. Ils entendaient protester contre l’insuffisance des précautions sanitaires mises en place : sur la chaîne de montage, ils doivent en effet manipuler les mêmes pièces et le même matériel sans gants ni masques, avec des distances de sécurité insuffisantes entre eux.

Après plusieurs réunions avec la direction entrecoupées de périodes de travail, la direction annonçait en fin de journée qu’elle arrêtait la production jusqu'à la fin de la semaine, le temps de prendre des mesures.

Hager, groupe spécialisé dans les installations électriques, fait partie de ces grandes entreprises industrielles familiales allemandes – 11500 salariés dont près de 2800 en Alsace – qui réalise environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. Bref le groupe a largement de quoi financer les mesures de protection réclamées par les travailleurs, et même de payer à 100% les travailleurs à rester chez eux le temps nécessaire. Malgré la crise sanitaire, pour les patrons, la priorité c’est le profit, un virus que seule la mobilisation collective des travailleurs peut combattre.

Solvay - Saint-Fons (Rhône) :  Business as usual (Comme d'habitude)

Echo d'entreprise
18/03/2020

L'usine Solvay chimie de Saint-Fons

     Mardi 17, la direction de Solvay a annoncé que la production allait continuer tant que c’était possible. L’usine produit de la vaniline et divers produits chimiques intermédiaires, donc rien de particulièrement indispensable pour la société.

     Des travailleurs sont donc contraints de venir s’entasser dans des salles de contrôle où ils se succèdent sur les mêmes claviers en équipes successives, sans aucun moyen supplémentaire pour le ménage et la désinfection des salles de travail, sans protection particulière, sauf quelques lingettes. Et comment respecte-t-on les fameux « gestes barrière » quand on est confiné à 7, 8, 9,  10 salariés durant 8 heures en salle de contrôle ?

     Si les capitalistes, avec le nez rivé sur leurs profits, sont incapables d’être responsables, que les travailleurs leur enlèvent la direction des usines !

           

Marignane :  Airbus Helicopters : parole de patron

Echo d'entreprise
18/03/2020

Fabriquer des engins de mort : l'urgence absolue ?

Ce lundi 16 mars, au traitement de surface mécanique, le responsable déclarait pour inciter les ouvriers à travailler : "ce n'est pas pire d'attraper le virus à l'atelier, plutôt qu'en allant acheter le pain à la boulangerie".

Cet atelier utilise des produits particulièrement toxique comme le chrome 6 cancérigène, et un collègue rétorquaiit :" au moins, à la boulangerie, il n'y a pas de chrome6".

Marignane :  Airbus Helicopter : des économies honteuses.

Echo d'entreprise
18/03/2020

Les femmes de ménage étaient ce lundi 16 au matin en droit de retrait.

Elles n'avaient ni gants, ni lingettes, ni masque, et de plus elles étaient, comme d'habitude, en sous-effectif.

Sous la pression d'Airbus, elles ont repris le travail en ayant obtenu seulement des gants. Mais cela atteste ce dédain pour les travailleurs : les économies d'Airbus sur le nettoyage se font au mépris de l'hygiène, qui peut devenir dramatique en cette période de coronavirus.

PSA Vesoul :  Un cynisme sans limite

Echo d'entreprise
18/03/2020

Pixabay

Chez PSA Vesoul, toutes les réunions sont annulées et se font par Skype ou visioconférence.

Par contre les entretiens préalables à sanction ou licenciement sont maintenus. La direction demande aux salariés convoqués de rester à 2 mètres de distance pendant l’entretien !

Quand la colère explosera ce n’est pas à 2 mètres qu’elle devra se tenir.