Échos des entreprises

Aluminium Dunkerque (Nord) :  L’aluminium, une production indispensable ?

Echo d'entreprise
25/03/2020

Aluminium Dunkerque a fait le choix de faire venir le plus de travailleurs possibles sur le site pour maintenir une production, alors que ses principaux clients sont à l’arrêt. Pour ce qui est de la production à destination de l’alimentaire et du médical, quels sont les réels besoins de ces industries ? Car la direction utilise cet argument mais il n’y a aucune raison de lui faire confiance aveuglément.

Depuis une semaine l’usine ralentit car une partie des travailleurs ne vient plus à l’usine, soit pour raison médicale, soit pour garder les enfants. Mais ce sont quand même des centaines de travailleurs qui se relaient chaque jour en horaires postés et en horaire de jour. Lorsque l’on sait que les soignants réclament un confinement strict pour freiner la catastrophe, où est la logique ? Le gouvernement laisse un passe-droit aux patrons pour se comporter comme des irresponsables.

Certes les travailleurs prennent soins de bien désinfecter leurs postes de travail avec les kits d’hygiène qui sont enfin arrivés jeudi dernier ; certes les travailleurs ont imposé leurs propres conditions dans certains secteurs de l’usine, comme le fait de ne jamais être à plus de deux dans les cabines en fonderie. Heureusement que les travailleurs font preuve de responsabilité, mais cela ne compense pas l’irresponsabilité du patron qui s’obstine à vouloir maintenir la production.

De plus quelques travailleurs qui se rendent quotidiennement sur le site ont subi les contrôles de police, avec parfois des policiers arrogants. Comme si cela n’était déjà pas assez pénible de se déplacer durant cette période difficile, il faut en plus subir les leçons de morale, voire même parfois les contrôles alcoolémie.

La direction promet aux travailleurs présents sur le site des repos compensatoires. Mais il faudra être bien vigilant car avec les nouvelles ordonnances du gouvernement, les patrons auront tout loisir de remettre en cause les congés et la durée du temps de travail.

Transports de l'Agglomération d'Orléans (Loiret) :  Des mesures de protection à imposer

Echo d'entreprise
25/03/2020

A la TAO, société gérée par Keolis (filiale SNCF), les contrôleurs et agents des boutiques, les plus en contact avec les usagers, mis en chômage partiel, ne seront payés qu’à 84 % de leur salaire. N’étant ni responsables de cette situation et n’ayant pas tous la possibilité de faire du télétravail, ils doivent être payés à 100 % !

Les conducteurs de bus et de tramway, toujours en service, particulièrement exposés aux risques de contamination, eux, ont dû exiger l’interdiction de la montée à l’avant, l’arrêt de la vente des titres de transport dans les bus et la désinfection des postes de conduite...

Mais les mesures de protections des conductrices et conducteurs restent quasi inexistantes, d’autant que le stock de masques, de gants et de lingettes est périmé ! Le gel hydro-alcoolique est distribué au compte-goutte. Selon la direction, les masques ne servent à rien et les conducteurs ne sauraient pas s'en servir ! Les véhicules censés être désinfectés ne le sont pas même complètement, la direction invoquant le manque de main d'œuvre des prestataires, leur désengagement pour certains et le coût trop élevé.

Et il est intolérable de voir sur certaines lignes des véhicules surchargés comme celui où les travailleurs d'Amazon peuvent être entassés à 40 ou 50 par bus. Un agent a même été interpellé par la police municipale, stupéfaite qu’aucune consigne n’ait été donnée par Keolis et la Métropole d’Orléans.

Il est normal que les transports publics fonctionnent, au moins partiellement, pour assurer les déplacements des soignants et ceux des habitants pour leurs besoins essentiels. Mais la protection des agents doit, elle aussi, être assurée, ce que scandaleusement, la Métropole comme la direction de Kéolis rechignent à faire.

Agglomération mulhousienne  :  Les éboueurs face au virus

Echo d'entreprise
25/03/2020

Ramassage des déchets : travail très utile

A Mulhouse, et ailleurs, les éboueurs continuent à assurer le ramassage des déchets ménagers.

Comme d'autres travailleurs appelés à assurer des activités essentielles, ils ne le font pas sans crainte pour leur santé. Il y a la peur de se contaminer entre collègues ou au contact des bennes et de ramener le virus dans leur foyer. Beaucoup ont le sentiment d'être toujours de ceux qui ne comptent pas, des oubliés… alors que leur travail est indispensable. Des mesures ont été mises en place, mais elles apparaissent insuffisantes. Avec la pénurie générale de matériel de protection, les masques ont tardé à être fournis. Et la circulation intensive du coronavirus dans la région n'empêche pas une autre attitude maladive, celle de certains chefs qui continuent à mettre la pression.

Pour les travailleurs, ce n'est pas uniquement la résistance contre le virus qui doit s'organiser.

PSA :  Non à la baisse des salaires !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Plein de fric

Le ministre de l’Économie a reçu le patron de PSA pour lui assurer qu’il ne perdrait pas d’argent dans cette crise.

C’est l’État qui va payer le chômage partiel. C’est tout bonnement insupportable que PSA pompe de l’argent public pour ça alors que le groupe a fait 3,6 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier et aurait largement les moyens de payer lui-même.

En revanche, le fait que les travailleurs du groupe perdent 16% de leur salaire net avec les mesures de chômage partiel, ça n’est vraiment pas le problème de ce gouvernement au service des riches.

Macron prétend vouloir protéger tout le monde, mais il y en a qui sont plus protégés que d’autres.

Centre Hospitalier - Amilly (Loiret) :  C’est la pénurie qui est la plus dangereuse !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Au CHAM, il y a bien eu une réorganisation des circuits d'accueil et d'orientation vers des services dédiés au Covid-19, mais tous les beaux principes sont par terre à cause du manque de matériel et de personnel.

Si les porteurs du virus détectés dès leur arrivée sont bien envoyés vers les services dédiés, lorsque la maladie se développe alors que les patients sont déjà dans un service, on se contente d'essayer de les isoler, ou de leur donner un masque, mais ils restent dans les services où ils ont été admis.

Dans bien des cas, on n'est sûr de rien. Très peu de tests sont réalisés, c'est le flou le plus total, car ni les patients, ni les soignants ne sont contrôlés avant qu’ils ne soient au plus mal.

La seule chose qui est contrôlée, c'est l'attribution de masques

Dans un service de médecine, les soignants qui prennent un masque doivent le notifier sur un document ! On a vertement rappelé à l'ordre ceux qui avaient commencé à en utiliser avant la consigne.

En Réanimation, on n'a eu droit qu'à un seul masque par poste de 12h. Comment travailler sans le toucher, le retirer pendant 12h d'affilée ? C'est mission impossible. Résultat, quatre d'entre nous étaient atteints par la maladie dès la fin de semaine dernière, et nombreux sont ceux qui présentent les signes dans de nombreux services.

Où sont les renforts ?

Même si l'activité de chirurgie a été mise au ralenti, le personnel déjà insuffisant en temps normal n'a pas été renforcé. Ils n'ont rien trouvé de mieux que de nous faire tourner en 12h de jour et de nuit dans les unités spécialisées (mais ça déborde facilement sur 13h avec les temps de transmissions et d'habillage).

Macron peut bien prendre un air martial en annonçant « c'est la guerre », mais mis à part les coups de menton contre la population, où sont les entreprises réquisitionnées pour fabriquer des masques et des tests ? Pour une fois qu'il y aurait autre chose à fabriquer que des obus !

La Poste (bureau de Nantes Bretagne) :  Les postiers se mobilisent pour être en sécurité

Echo d'entreprise
25/03/2020

Lundi 16 mars, les guichetiers du bureau de poste place de Bretagne ont refusé de travailler en l’état : pas de gel hydro-alcoolique et encore moins de masques. Du coup, la direction a trouvé un semblant d’astuce : réduire le nombre de services proposés aux usagers, avant de fermer le bureau lundi 23 mars.

À leur tour inquiets de travailller sans protection, vendredi 20 mars, les postiers du centre courrier, Cedex/Courses Spéciales et Cabines ont arrêté le travail et sont tous allés retrouver les facteurs ; ils ont collectivement interpelé la direction. Elle a alors proposé de réduire les sorties à l’extérieur. Il faut dire qu’à part une tournée qui concerne les ministères et le CHU, la livraison de la plupart des colis amazon n’est pas vitale. De plus, certains facteurs demandaient pourquoi ils ne sont pas confinés à domicile afin que les masques de La Poste soient donnés aux soignants tant qu’ils en manquent.

Labinal Safran – Villemur-sur-Tarn (31) :  Chantage au salaire

Echo d'entreprise
25/03/2020

Depuis le début de la semaine l’activité a mollement repris dans cette entreprise (groupe Safran) sous-traitante de l’aéronautique qui emploie 500 salariés dans la banlieue de Toulouse. Une partie des travailleurs est désormais répartie en deux équipes qui ne se croisent pas, travaillant 30 heures par semaine. Les 6 heures restantes sont payés en chômage partiel, à 84% du salaire net. C’est à dire que les travailleurs vont au travail pour perdre sur leur salaire déjà pas bien lourd. Alors que les profits de Safran pour 2019 ont augmenté de 34,5%, le patron de Labinal a royalement augmenté les salaires de… 0,7%, une misère. Bref, le patron compte sur le bas niveau des salaires pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du travail

Pour les congés et la banque de temps, il est clair qu’ils ne sont pas intouchables. Quant au travail qui est grandement réduit dans les faits, chacun est invité à nettoyer son poste de travail en le quittant. Mais il n’y a pas de masques et les seuls gants utilisés sont les mêmes que d’habitude. Bref ça râle dans les chaumières et beaucoup estime que leur travail n’est pas « vital » pour justifier de telles prises de risque pour eux et leurs proches, d’autant qu’il n’y a plus de câblage ni de transporteur. Certains disent que s’il s’agissait de fabriquer des respirateurs ou des masques, ils seraient prêts à travailler, mais pour faire de l’avance pour les avionneurs, ça n’a aucune justification.

Les syndicats « exigent » de la direction un document écrit, garantissant que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Comme si un bout de papier suffisait à rassurer ceux qui n’ont aucune confiance, à juste titre, dans les parasites capitalistes. Accompagner le patron dans sa gestion de la crise sanitaire c’est être dans l’autre camp.

Airbus à Saint-Nazaire :  Reprise en « mode dégradé ». Mais dégradé pour qui ?

Echo d'entreprise
25/03/2020

Dans tout le groupe Airbus l'activité reprend graduellement tout au lond de la semaine. A Saint-Nazaire des travailleurs ont donc été rappelés lundi 23 pour travailler dans une usine soi-disant désinfectée alors que dans certains ateliers il y a des cas potentiels de contaminés au Coronavirus. La direction est au courant, elle a d'ailleurs réorganisé la production en en tenant compte... à sa manière : en nous renvoyant au travail alors qu'il est envisagé de renforcer les mesures de confinement ! L'incurie gouvernementale a finalement du bon pour les patrons, « pas vu, pas pris », pas de test, pas de virus !

Pendant la semaine de fermeture, le gouvernement, les patrons, et même des syndicalistes complices, n'ont pas chômé. Après avoir mis en danger les salariés, leurs familles et les soignants en tardant a fermer les sites, le patron les ré-ouvre avec des aménagements d'horaire et de conditions de travail de fortune.

Sur le site de Saint-Nazaire, ceux qui ne travaillaient pas pendant le confinement, devront rattraper les heures perdues quand la situation sanitaire sera revenue à la normale, par des heures supplémentaires, des samedis et des jours fériés obligatoires et sans aucune compensation financière ! La direction s’apprête donc a utiliser tout l'arsenal législatif que le gouvernement lui apporte sur un plateau pour dégrader encore plus les conditions de travail et les horaires !

La désinfection des outils, l'interdiction de la pause café et autres adhésifs et marquages de distanciation au sol ne protégeront personne. Cerise sur le gâteau, ce sont ceux qui sont restés à l'usine pour préparer la réouverture et qui ont donc potentiellement plus de risques d'être contaminés, qui ont accueilli lundi ceux qui revenaient de confinement. Ils n'ont bien sur pas été dépistés, alors que l'on sait que sans tests systématiques la seul protection est le confinement !

Les mêmes qui nous bassinent à logueur de temps avec la sécurité « safety first » s’apprêtent à nous envoyer au casse-pipe ! Ils le font en période de crise sanitaire en risquant de nous contaminer et le feront plus tard en nous épuisant avec des cadences délirantes et des horaires épuisant !

Les capitalistes et leurs larbins du gouvernement s’apprêtent a nous faire payer cette crise jusqu'au dernier centime. Il faut se préparer dés maintenant à rendre les coups, car ce sera notre peau ou la leur !

Smurfit Kappa à Carquefou (Loire-Atlantique) :  Parfum de scandale

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les usines du groupe Smurfit Kappa produisent des emballages à base de papier, notamment pour l’alimentaire et la pharmaceutique. À ce titre, la production des travailleurs de cette entreprise, et celle des cartonneries en général, est considérée par l’État comme indispensable. Et l’usine du groupe à Carquefou continue donc de tourner.

Or, il se trouve qu’en même temps que cette production, la direction en maintient d’autres que rien ne saurait justifier, si ce n’est l’appât du profit à tout prix ! Et quelles sont ces productions qui imposent à des travailleurs de rompre le confinement, de risquer d’être contaminés par le coronavirus et d’en favoriser la propagation dans la population ? Des cartons d’emballage de box internet et des boîtes de parfum…

L’argent, dit-on, n’a pas d’odeur. Chez Smurfit Kappa, le profit est parfumé – et l’odeur qu’il dégage est nauséabond.

ELSAN Santé Atlantique (Nantes-Saint-Herblain)  :  Manque de masques !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Mardi 24 mars, la direction de la Polyclinique de l’Atlantique a publié sur sa page facebook un appel urgent aux dons de masques chirurgicaux et FFP2. On croirait rêver, mais dans cette clinique du groupe ELSAN – dont l’un des principaux actionnaires n’est autre que la richissime famille Bettencourt-Meyers –, comme dans la plupart des établissements de santé, le personnel soignant n’est pas assuré de pouvoir préserver sa propre santé, faute de matériel adapté.

Les masques de type FFP2, plus protecteurs que les simples masques chirurgicaux, manquent déjà… Mais la direction a trouvé la parade : bien que recommandés par le ministère de la Santé « pour les professionnels de santé au contact des malades » (lors, par exemple, des classiques épidémies de grippe), ces masques ne seraient pas indispensables pour la plupart des actes !

Cette situation absurde est d’autant plus révoltante que, dans le même temps, à quelques kilomètres de la Polyclinique, le groupe Airbus a mis la main sur quantité de masques pour essayer d’imposer depuis lundi la reprise de la production aéronautique… Une preuve de plus, s’il en fallait, que ceux qui dirigent l’économie capitaliste ne pensent pas : ils comptent.