Échos des entreprises

Brico Dépôt – Troyes :  Des profits monstrueux, des salaires honteux

Echo d'entreprise
22/04/2021

Une quarantaine de salariés, plus de la moitié des employés de Brico Dépôt, ont fait grève vendredi 16 avril et se sont rassemblés devant le magasin de Barberey, près de Troyes, dans le cadre d’une journée appelée par la CGT au niveau national.
Les salariés demandent 100 euros de plus tous les mois car, après plus de dix ans d’ancienneté, au coefficient maximal ils ont juste 34 centimes de l’heure de plus que le smic. Pourtant Brico Dépôt ainsi que Castorama appartiennent à la multinationale anglaise Kingfisher bricolage, dont le chiffre d’affaires a augmenté de plus de 7,2 % en 2020. L’enseigne a réalisé un bénéfice net de 680 millions d’euros en 2020-2021, avec pour les actionnaires un dividende qui devrait aumenter de deux fois et demie !
Le groupe est prospère. S’il y a des magasins qui fonctionnent actuellement, ce sont bien les grandes surfaces spécialisées dans le bricolage, dans une période où beaucoup de gens font des travaux chez eux. D’ailleurs, la direction a fait rester les salariés parfois jusqu’à 19 h 30, malgré le couvre-feu à 18 heures, pour réinstaller les rayons et gondoles.
L’entreprise n’a pas versé de prime Macron et ne propose qu’une prime de participation ridicule, de l’ordre de 320 euros pour un salaire moyen de 1 600 euros brut. Plus que des primes, ce qui ferait une différence, c’est une augmentation mensuelle de 100 euros.
C’était le premier mouvement à ce magasin Brico Dépôt. Le mot d’ordre était un débrayage d’une heure reconductible, mais les employés sont tous restés la matinée, puis encore à une quinzaine jusqu’à la fermeture à 19 heures, contents de s’être fait voir, d’avoir eu le soutien de militants syndicaux et décidés à remettre ça.

CHRU de Nancy :  Une catastrophe sanitaire

Echo d'entreprise
20/04/2021

L'hôpital d'enfants lui-même doit faire de la place pour les malades Covid

Face à la vague épidémique, c’est le sauve-qui-peut au CHRU. Les étudiants, les retraités sont appelés au secours. Il a été fait appel à des médecins anesthésistes (5) des cliniques privées. Le groupe Elsan a mis à disposition 6 infirmiers. Le Groupement hospitalier de territoire prête 41 agents. Le 12 avril la réserve sanitaire a envoyé 6 soignants, infirmiers et aides-soignants, venus d'autres régions.

Des patients sont envoyés en Alsace.

Des salles d'opération sont fermées pour faire place à des réanimations improvisées, de nombreuses interventions sont reportées.

Et, maintenant, même les enfants hospitalisés sont touchés par la grave pénurie de moyens. L'hôpital d'enfants a dû déprogrammer 25 % des opérations qualifiées de « non urgentes » pour… accueillir à leur place des patients adultes Covid.

Voilà le désastre auquel on est confronté, parce que tous les gouvernements ont fait la sourde oreille quand les hospitaliers revendiquaient haut et fort des effectifs et des lits.

 

Solvay Tavaux :  À leurs serviteurs dévoués

Echo d'entreprise
17/04/2021

La PDG de Solvay, gagne 11 000 €... par jour, samedis et dimanches compris, pour ne citer qu’elle parmi les dirigeants.

Si les actionnaires bourgeois qui possèdent Solvay les couvrent d’or, c’est pour avoir des gens dévoués corps et âme à leurs intérêts et capables de nous exploiter au maximum, quelle que soit la situation.

On le voit bien dans cette période de crise où la PDG a fermé deux usines l’an dernier et a décidé de supprimer 500 emplois cette année.

Tout cela pour que les actionnaires puissent continuer à toucher exactement les mêmes dividendes. Mais c’est notre travail qui permet de dégager toutes ces richesses. Elles sont à nous !

PSA DOUVRIN (62) :  Bruno Le Maire veut rassurer…. avec du vent !

Echo d'entreprise
15/04/2021

PSA (groupe Stellantis PSA-Opel-Fiat…) veut se débarrasser de l’usine de Douvrin en décidant de produire à Opel-Hongrie la nouvelle version d’un moteur hybride (EP) qui était promis à Douvrin.

Cela s’ajoute à l’arrêt du Diesel annoncé pour 2022. Ce sont 1500 travailleurs qui risquent de perdre leur boulot d’ici 2 ans.

Après le rassemblement du samedi 10 avril pour s’opposer à ce projet, la direction vient d’annoncer qu’elle allait continuer à produire à Douvrin un autre moteur (EB), pour tenter de rassurer sur le risque de fermeture de l’usine.

Mais son projet d’arrêter la production de l’EP à Douvrin reste d’actualité.

PSA cherchait à enfumer les salariés et les élus locaux et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est aussitôt vanté dans la presse d’avoir réussi à empêcher la délocalisation, grâce à ses petits bras.

Les travailleurs n’ont rien à attendre des promesses de la direction, ou des politiciens serviles qui se moquent de notre avenir et ne sont préoccupés que par leur carrière !

Ne comptons que sur nos propres forces !

Michelin :  Un « plan stratégique » … pour les actionnaires

Echo d'entreprise
13/04/2021

Une entrée de l‘usine de Cataroux

La direction de Michelin a présenté ce jeudi 8 avril aux milieux financiers son « plan stratégique 2030 ».

Elle a pris des engagements dont la teneur n’est pas la même suivant qu’il s’agisse des salariés ou des « investisseurs ».

Pour les travailleurs, elle vise à supprimer 2 300 emplois. Quant aux embauches qu’elle prétend créer, ce sera soit dans de nouvelles activités, soit en récupérant des activités confiées à la sous-traitance. Donc le travail actuel se fera avec moins de salariés, et des sous-traitants risquent de mettre la clef sous la porte. C’est sur le dos des travailleurs que Michelin compte « gagner 5 % de gain de compétitivité par an ».

Par contre, pour les actionnaires, le groupe promet du sonnant et trébuchant, en annonçant sa volonté de leur distribuer au moins 50% du bénéfice net dès 2022 contre au moins 35% jusqu’à présent.

Crise économique ou sanitaire, les capitalistes se gavent sur le dos des travailleurs.

Semat (La Rochelle – Charente-Maritime) :  La direction coupable d’abus d’intérim

Echo d'entreprise
12/04/2021

Le tribunal des prud’hommes de La Rochelle a jugé que l’entreprise Semat, qui produit des camions de nettoyage, ne respectait pas la loi pourtant bien souple qui autorise l’intérim en cas de « surcroît temporaire d’activité ». Elle l’a condamnée à requalifier rétrospectivement vingt contrats d’intérim en CDI.

À La Rochelle, plusieurs centaines d’intérimaires constituent un vivier commun dans lequel les patrons peuvent puiser – ou rejeter – au gré de leurs besoins. Ces travailleurs sont privés de certaines primes de fin d’année par exemple, et la division des statuts sert au patronat à faire pression sur tous les travailleurs. C’est pourquoi cette mobilisation de travailleurs intérimaires et de militants, pour le moment sur le terrain juridique, et leur résistance au chantage patronal, sont une bonne chose pour l’ensemble des travailleurs.

Occitanie :  Aéronautique : prendre sur les milliards accumulés pour maintenir tous les emplois

Echo d'entreprise
11/04/2021

Pour prétendument « sauver l’industrie aéronautique » le gouvernement a sorti 15 milliards d’euros dont 7 sont allés directement dans les poches de Air France. Et la Région Occitanie a ajouté des dizaines de millions. Mais pour les travailleurs, en plus des centaines d’intérimaires purement et simplement jetés à la rue, ce sont les licenciements et pour ceux qui restent les salaires bloqués, les conditions de travail très dégradées.

Ainsi Airbus, riche à milliards, a supprimé près de 2 000 emplois. Dans la sous-traitance, le groupe Derichebourg a attaqué en imposant un Accord de Performance Collective, sous prétexte de sauver 700 emplois. Plus d’une centaine de travailleurs ont été licenciés pour avoir refusé les conditions de l’APC. Le 6 avril, chez AKKA, à Blagnac, c'est par une visioconférence que les salariés ont été informés qu'ils faisaient partie des catégories professionnelles touchées par le plan social du groupe qui prévoit 441 suppressions de postes en France dont 360 en Occitanie.

En Ariège, à Pamiers, une centaine d’emplois vont être supprimés chez Aubert et Duval. Dans le Lot, Figeac Aero supprime 200 postes à Figeac ; pourtant l’entreprise a obtenu en décembre 2020 une subvention de 3,6 M€. Daher, malgré le prêt garanti par l’État de 170 millions d’euros et les aménagements accordés par ses partenaires financiers, inflige un PSE concernant 643 emplois.

Et la liste est longue. Latelec à Labège : 130 emplois menacés et transfert de la production à l’étranger. Chez CMT+ : 140 suppressions d’emplois. SimAIR à Colomiers ferme l’usine. Cauquil à Mondouzil licencie 32 salariés. T-Systems se débarrasse des 33 travailleurs du site de Toulouse. Chez MKAD à Varilhes près de Pamiers, 50 travailleurs sont menacés. Etc

En réalité, les patrons se servent de la crise sanitaire pour rentabiliser, moderniser, rendre encore plus compétitive la filière aéronautique avec les deniers publics et sur le dos des travailleurs. C’est une vraie guerre sociale. Il faudra que les travailleurs ripostent tous ensemble.

Renault Douai :  Les puces manquent, mais Renault gratte les salaires

Echo d'entreprise
10/04/2021

Le manque de puces électroniques, la Covid et la garde des enfants sont les raisons invoquées par Renault pour économiser sur les salaires en ayant recours au chômage partiel payé par l’État.

À Douai, sur près de 2 700 salariés, 200 sont laissés chez eux. Raison invoquée : ils sont « fragiles » et « il n’y a pas de travail pour eux ». Alors, ils sont au chômage partiel, payés par l’État et par un vol de leurs jours de congés, mais pas payés par Renault.

Pour ceux qui travaillent, journée raccourcie. Au Montage, on vient à 7 h et on part au bout de 5 heures. Le reste de la journée : chômage partiel… Chaque atelier de l’usine a son propre emploi du temps, alternant les jours travaillés et le chômage partiel.

Mais partout, la cadence est accélérée pour assurer la production en moins de temps. Pour l’ouvrier, travailler moins longtemps mais plus vite, c’est tout aussi crevant. Mais pour Renault, ça coûte moins cher !

Stellantis Hordain :  D’abord le travail… la santé, on verra ça après !

Echo d'entreprise
10/04/2021

Stellantis Hordain manque de personnel mais ne veut pas embaucher. Alors le groupe automobile a transformé des ouvriers de ses usines polonaises en itinérants. Ils sont 150 à travailler dans l’usine.

Pour Pâques, 87 d’entre eux ont été autorisés à rentrer dans leur famille, c’était bien la moindre des choses, puisqu’ils sont là depuis plus de 10 mois. 25 ne sont pas revenus. Certains étaient en fin de contrat, mais 8 sont soit atteints du covid, soit cas contacts.

Une grande partie des travailleurs a repris le travail le mardi 6 avril. Le lendemain, sans faire de distinction entre ceux qui auraient été cas contact ou non, la direction les a tous placés en « isolement ». Dans l’usine, des inquiétudes n’ont pas manqué quant aux risques de contamination.

Que ce soit envers les travailleurs polonais comme les travailleurs français, la direction a le même mépris. Une seule chose compte pour elle, le profit.

Toyota-Onnaing :  Ce n'est pas aux travailleurs de faire les frais de l'anarchie de l'économie capitaliste !

Echo d'entreprise
09/04/2021

La direction de Toyota a annoncé que la production de l’usine d’Onnaing sera annulée 2 jours la semaine prochaine.

Ce serait à cause du blocage du canal de Suez par un porte-conteneurs et les retards occasionnés, ainsi que la pénurie de composants électroniques faute d’investissements.

Pour augmenter toujours plus leurs profits, les capitalistes organisent la production en flux tendu, alors le moindre incident local a des conséquences mondiales... Et la course aux profits des uns nuit à la course aux profits des autres !

Mais au final, des grands groupes multimilliardaires, comme Toyota, veulent faire payer aux travailleurs l'anarchie de leur système.

À Toyota-Onnaing, la direction veut placer ces deux jours d’arrêt en compteur négatif, c’est-à-dire des heures que les ouvriers devront rattraper à un tarif très désavantageux, des samedis ou des dimanches de nuit.

Et pour les centaines d'intérimaires de l'usine, ce sera 2 jours sans salaire !