Échos des entreprises

La Poste Paris 11e-20e :  Contre la passivité de la direction face au virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

Lundi 16 mars, le manque de réaction de La Poste face au virus étant évident, les facteurs ont attendu avant de travailler. Le droit de retrait exercé par les collègues de Maubeuge la semaine précédente était discuté. La direction est arrivée avec des mesurettes qui en ont laissé plus d’un perplexes. Après un CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire, elle a annulé la distribution des recommandés et a accepté du bout des lèvres que ceux qui ne voulaient pas sortir en tournée restent au bureau.

Les jours suivants, le dépôt d’un avis de danger par le CHSCT n’a pas fait bouger la direction mais a confirmé l’idée parmi les facteurs qu’il ne fallait surtout pas compter sur elle pour protéger leur santé. Trois collègues durent s’arrêter pour soupçons de corona virus et à chaque fois, la direction n’a renvoyé chez eux que ceux qui travaillaient sur le même quartier. Aussi, jeudi 19 mars, sur le 11e arrondissement, une cinquantaine de facteurs, la majorité des présents, se sont réunis et ont voté le dépôt d’un droit de retrait. Ils l’ont immédiatement mis en application en rentrant chez eux. La plupart ont tenu bon quand la direction les a menacés d’absence irrégulière s’ils ne revenaient pas travailler le lendemain.

Décidément, la fermeture du bureau est le seul remède pour se protéger du virus… et de la direction.

 

Cartonnerie Allard - Compiègne (Oise) :  ras le carton

Echo d'entreprise
22/03/2020

carton rouge !

L’usine Allard qui emploie moins de cent ouvriers, produit du carton, entre autre pour les sociétés de déménagement. Depuis le début du confinement cette production n’a pas été arrêtée. Le samedi 21 mars, la direction a même demandé aux salariés de venir travailler en heures supplémentaires le matin, ce que beaucoup ont refusé.

Or à Compiègne et ailleurs, les agences de déménagement tournent au ralenti quand elles ne sont pas tout simplement fermées pour quinze jours au moins.

Le patron en profite en fait pour faire du stock en vue de la sortie du confinement. Il accumule surtout de quoi faire monter la colère des ouvriers.

Michelin (Cholet) :  Gonflé, le patron !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans le cadre de la crise du coronavirus, la direction du groupe Michelin a annoncé dès le début de la semaine du 16 mars la fermeture de ses usines en Italie, en Espagne et en France. Une occasion pour elle de jouer les « bons patrons »... mais elle a bien vite tenté de présenter la facture aux travailleurs !

Michelin voudrait en effet s’appuyer sur la future loi d’urgence sanitaire pour faire peser le coût de cet arrêt de la production sur les salariés. Sans honte aucune, la direction du groupe a prétendu exiger des ouvriers que leur première semaine d’inactivité soit décomptée de leurs congés payés. Renoncer à leur cinquième semaine de congés annuels, voilà ce que Michelin a proposé aux travailleurs. Michelin voudrait d’ailleurs que la dernière semaine de mars soit prise sur les RTT – tout cela pour lui permettre de n’avoir recours au dispositif du chômage partiel (de toute façon largement payé par l’Etat, donc par l’argent public) qu’à partir de début avril.

Le patron, qui ne doute de rien, a voulu imposer aux syndicats son « union sacrée ». Quoi de mieux que de faire valider une telle attaque par les syndicats, quand on veut faire avaler une pilule aussi indigeste aux salariés... Mais à l’usine de Cholet, le patron est tombé sur un os. Tous les syndicats (CGT, CFDT, SUD et CGC) ont refusé le sacrifice des congés. Tous ont demandé le maintien du salaire à 100%. Et au lieu de tomber dans le piège de la solidarité avec le patron, ils demandent le gel du versement des dividendes aux actionnaires.

Ce n’est certainement pas la perte d’une semaine de vacances qui va régler le problème sanitaire du coronavirus. Même confinés, les travailleurs ne sont pas dupes des manœuvres de Michelin pour protéger ses bénéfices en temps de pandémie. Alors que la pression du gouvernement et du patronat est forte pour renvoyer tout le monde au travail, même dans des activités pas du tout vitales pour la population comme la production de pneus, les salariés de Michelin n’entendent pas être sacrifiés sur l’autel des profits.

Airbus (Nantes) :  Notre vie avant leurs profits !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Mardi 18 la direction arrêtait toute la production dans les usines de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire. Mais l’arrêt de la production sera de courte durée avec l’annonce de la direction de reprendre le travail dès lundi 23 pour certains secteurs, après avoir « étudié des modes de travail excluant toutes contaminations ». Pour cela il faut des masques, des gants et du gel hydro-alcoolique en très grande quantité, ce qu’elle assure avoir.

Alors que  tout le personnel hospitalier, les médecins de ville et infirmiers manquent cruellement de masques et de gel et de protection, voilà des patrons qui en disposent à volonté pour faire reprendre le travail à des salariés qui ne demandent qu’une chose : rester chez eux pour ne pas transmettre ou attraper le virus !

Risquer sa vie pour continuer à produire des avions qui sont pour l’instant cloués au sol, est révélateur d’un système où le profit est l’urgence absolu avant même la santé et la vie de ceux qui le produisent. « Nous sommes en guerre... » oui ! Le camp des travailleurs doit s’organiser pour sauver sa peau face au camp des patrons qui s’organisent pour sauver eux, leurs profits.

Michelin :  Au voleur !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Site de La Combaude (Clermont-Ferrand)

Dès lundi, le groupe Michelin avait annoncé la fermeture de ses usines. Mais depuis, c’était silence total sur la façon dont on serait rémunéré.

Finalement, le groupe a annoncé hier ne plus avoir recours au chômage partiel pour l’instant, comme il l’avait dit en début de semaine, et d’imposer aux travailleurs de prendre du 18 au 31 mars – l’équivalent de deux semaines - sur leur 5ème semaine de congés, leur JDR (RTT) et leur CET (Compte Epargne Temps).

Autant de jour de repos que les salariés ne pourront pas prendre quand ils le voudront.

Si la fermeture devait durer en avril, ce serait du chômage partiel payé à 80% au lieu de 70%, la direction dans sa grande générosité rajoutant 10% pour essayer de faire passer la pilule du rabotage actuel des congés payés. Mais ce sera tout de même 10% à 15 % de perte sur le salaire net, sans compter les primes qui sautent aussi. Ce sont encore les travailleurs qui vont y perdre.

Avec un bénéfice record de 1,7 milliard d’euros en 2019, Michelin peut et doit payer l’intégralité des jours de fermetures et ne pas toucher aux congés.

Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Irresponsabilité criminelle de la direction

Echo d'entreprise
22/03/2020

Sous la pression des grévistes, la direction des Chantiers avait été obligé de fermer mardi dernier les ateliers de l'entreprise. Des patrons d'entreprises sous-traitantes où les travailleurs avaient fait grève avaient pris le même chemin. Mais des milliers de travailleurs, notamment à bord des navires continuaient à travailler. Finalement, vendredi matin, la direction du site a décidé de fermer tout les bateaux et tous les ateliers du site. Non pas pour raison sanitaire mais, dit elle, parce qu il y aurait des problèmes d'approvisionnement. C'est vrai que si les ateliers sont à l'arrêt, la chaîne est brisée ! Mais la direction ne veut surtout pas reconnaître que c'est la grève de mardi dernier qui l'a obligé à tout arrêter.

N'empêche que, de mardi à la fin de la semaine, des milliers de travailleurs ont été obligés de se rendre au travail, à commencer par les plus précaires d'entre eux, les travailleurs détachés, qui se sont entassés à 5 ou 9 dans les fourgons qui viennent les chercher le matin et les ramènent le soir.

Comble du cynisme, n'étant pas directement liés à la production, les bureaux d études resteront ouverts la semaine prochaine. En période de crise comme en temps normal le patronat fait toujours le même choix : envoyer les travailleurs au casse-pipe... quoi qu'il en coûte.

DCX-Chrome Marly (Nord) :  Le capitaliste Stéphane Delachaux et sa famille doivent payer !

Echo d'entreprise
21/03/2020

DCX est une entreprise qui produit du chrome pour l’industrie. 80 salariés dont 60 ouvriers y travaillent en quatre équipes.

Un ouvrier qui a ressenti des symptômes indiquant peut-être le COVID-19 a été mis en quatorzaine ce week-end. Suite à cela, et pour ne faire prendre aucun risque à leur santé et à celle de leurs proches, des travailleurs se sont mis en droit de retrait durant deux jours et l’usine n’a tourné que partiellement.

Alors que depuis des années les travailleurs demandent des distributeurs à savon conformes, des séchoirs corrects, la direction n’a jamais rien fait… Mais inquiétée par la perte de profits liée à l’arrêt de la production, elle a su installer du jour au lendemain des distributeurs de savon avec bouton pressoir, des séchoirs individuels et du gel hydroalcoolique.

Alors que l’usine est insalubre depuis des années, un service de nettoyage des locaux, des vestiaires et des douches a été mis en place. Cela est bien sûr une bonne chose. Mais la vitesse avec laquelle ce problème a été réglé fait dire aux travailleurs que c’est pour des économies de bouts de chandelles que l’hygiène et la propreté des locaux ne sont pas assurés en temps normal.

La direction a essayé de se faire bien voir en offrant un café aux salariés, qu’il faut venir boire à tour de rôle. La première réaction des travailleurs a été de dire que c’est toute l’année que le café devrait être offert, et pas seulement quand la direction veut amadouer les ouvriers.

Mais ces mesures n’ont bien entendu pas suffi pour rassurer, car on peut être contagieux pendant 14 jours sans déclarer les symptômes. Certains ouvriers ont repris, d’autres ont demandé le chômage partiel.

Mais la direction veut faire tourner l’usine quoi qu’il en coûte... à la santé des travailleurs. Elle fait du chantage menaçant de licenciements économiques en cas d’arrêt de la production. Vendredi soir, la direction a annoncé qu’elle refusait le recours au chômage partiel. Les absences seront donc considérées comme injustifiées et pourront entraîner des sanctions. De nombreux travailleurs sont outrés, car c’est une façon de faire passer le profit avant la santé.

DCX-Chrome a pourtant largement les moyens de supporter un arrêt de l’usine. L’entreprise appartient aux Delachaux, une des familles les plus riches de France. Les Delachaux possède 900 millions d’euros de fortune personnelle, fortune qui a triplé en 10 ans. Ces capitalistes ont largement de quoi payer le chômage à 100 %, et de leur poche !

Renault Flins :  Témoignage d'Olivier

Echo d'entreprise
21/03/2020

La Poste (Nantes) :  Les postiers veulent être confinés !

Echo d'entreprise
21/03/2020

Les facteurs et les autres postiers présents au centre courrier de Nantes-Bretagne ont interpellé collectivement leur direction vendredi 20 mars et demandé leur mise en confinement à domicile afin de se protéger et de protéger leurs familles et les usagers.
Les centres courriers des facteurs de Saint-Sébastien-sur Loire et Rezé, ainsi que plusieurs bureaux de poste sur Nantes sont déjà fermés pour cause de coronavirus.
Les postiers étaient nombreux à penser qu’une fois le centre courrier fermé, les masques de protection dont dispose La Poste seraient plus utiles aux soignants et autres personnels en contact avec les malades.

RATP :  Témoignage de Laurent, conducteur de bus

Echo d'entreprise
21/03/2020