Échos des entreprises

Airbus Helicopter :  L'urgence, c'est le confinement.

Echo d'entreprise
22/03/2020

Afin de continuer la production la direction d'Airbus à Marignane veut faire reprendre le travail progressivement à partir du lundi 23 puis du lundi 30 mars.

Ainsi il y aurait plusieurs centaines de personnes obligées de prendre leur voiture, de badger, de se changer dans l'atelier, de manipuler les outils, d'emporter les bleus à laver à la maison... La direction leur fournirait un kit de protection.

Ainsi il y en a à l'usine...alors qu'il manque des masques et du gel pour les travailleurs des hôpitaux ? Fabriquer des hélicoptères, cela peut bien attendre la fin de l'épidémie. 55% sont destinés à des clients militaires.

L'Arabie Saoudite aurait ses engins de morts un peu plus tard... Cela serait toujours un petit répit de gagné pour la population du Yémen écrasée sous les bombes.

Quant aux compagnies aériennes, elles ne fonctionnent qu'à minima en ce moment.

L'activité des plateformes pétrolières serait moins intense ; et alors ? Le cours du pétrole est en chute libre. Qui va s'en plaindre dans cette période de confinement nécessaire à l'éradication du corona virus, et cela en attendant l' élimination d'un virus bien plus nocif, celui du capitalisme.

 

La Poste – Lille :  Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Devant l'irresponsabilité de la direction qui continue à faire du profit sur la santé des travailleurs et des usagers en transformant les bureaux de poste en foyer d'épidémie, des postiers du service collecte de Lille ont pris leur responsabilité.

Constatant que leur droit de retrait, tout légitime qu’il soit, divisait l’équipe, ils ont décidé de discuter collectivement à chaque prise de service de la situation.

Le but est d'imposer leur propre organisation à la direction et sur le lieu de travail. D'imposer un « droit de s'organiser » des salariés pour prendre leur sécurité en main.
Des premières règles de sécurité de base ont été décidées par les postiers eux-mêmes, en lien avec la médecine du travail.

D'abord exiger de la direction de permettre à ceux qui doivent rester chez eux de le faire, que ce soit pour des raisons familiales ou de santé.

Ensuite d'imposer d'avoir chacun son véhicule, mesurer et appliquer les règles de distance... Sans moyen sanitaires, ils ont décidé de ramener eux-mêmes de quoi désinfecter les véhicules, les clefs, le matériel postal.

C'est dans cet esprit collectif et en lutte contre l'inaction des directions qu'ils pourront ainsi dès la semaine prochaine défendre leurs intérêts, leur santé et celle de la population et convaincre d'autre services de faire de même.

La Poste - Lille :  Des conditions de travail inacceptables

Echo d'entreprise
22/03/2020

Alors qu'une partie de la population est sommée de se confiner pour se protéger du Covid19, les travailleurs de la Poste, comme tant d'autres, doivent continuer leur service.

A Lille pendant les trois premiers jours, dans tous les services les postiers se sont vus intimer l'ordre d'aller travailler « en prenant leurs précautions ». Le matériel à disposition : 1 paquet de lingettes pour 20 facteurs, pas de gel hydro-alcoolique, 2 h de « confinement » entassés à trier et à manipuler toutes sortes d'objets.

Ils n'avaient rien pour se se protéger, rien pour protéger les usagers et clients, ainsi que leurs proches !

Mis dans cette situation dangereuse, des postiers ont dû appliquer leur droit de retrait pour « danger grave et imminent ».

Mais face aux pressions de la direction, beaucoup de postiers ont continué à travailler sans protections sanitaires.
Les collègues qui continuaient à aller travailler, la boule au ventre, se trouvaient isolés. En parallèle, des suspicions, des cas avérés et des hospitalisations de collègues touchés par le Covid19 augmentaient chaque jours.
Ce n’est que dans les sites où les postiers ont fait pression collectivement sur la direction qu’ils ont pu obtenir in extremis un peu de gel hydroalcoolique et des lingettes.

Ariane Group - Le Haillan :  Face aux criminels, restons chez nous

Echo d'entreprise
22/03/2020

Après une semaine de chômage technique du fait du covid-19, la direction d’ArianeGroup veut dès mardi 24 mars rouvrir certains sites comme celui du Haillan pour des productions de matériel... militaire ! Jugées selon elle sensibles !

Dès lundi 23/03, elle convoque les syndicats pour une information/consultation réglementaire qui de toute façon est purement consultative.

Alors que le confinement est devenu une nécessité impérieuse de santé publique, non seulement pour les travailleurs d'Ariane mais pour leur famille et pour toute la population, alors que l’enjeu n’est rien moins qu’une question de vie ou de mort, l’attitude de la direction est irresponsable.

Chauss’expo (Nord) :  Des pressions pour obtenir un minimum

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans les entrepôts de chaussures Chauss’expo à Lesquin, un peu plus de 50 travailleurs préparent les livraisons pour les 186 magasins Chauss’Expo.

Dans les jours qui ont précédé les annonces du gouvernement, ils ont dû faire pression pour que du gel hydroalcoolique soit mis à disposition. Aucune mesure n’avait été prise.

Lorsque des délégués syndicaux ont demandé à ce que les locaux communs soient nettoyés plus souvent la DRH a répondu « je ne vais pas payer une prestation supplémentaire ». Même des choses élémentaires comme laisser les portes des locaux communs ouvertes afin de ne pas toucher les poignées, ils n’y avaient pas pensé.

Le lundi suivant l’annonce de fermer tous les magasins, le directeur de l’entrepôt a réuni les travailleurs pour expliquer le travail à faire malgré la fermeture des magasins. Les travailleurs disaient que c’était irresponsable de faire travailler à cinquante dans la mesure où ils pouvaient se contaminer les uns les autres. Ils ont demandé à être au chômage partiel mais sans perte de salaire. Il a répondu que pour l’instant ils ne l’envisageaient pas. En début d’après-midi, c’était la même réponse : « nous attendons les mesures qu’Emmanuel Macron va annoncer ce soir ».

Plus tard dans la journée, les travailleurs étaient informés qu’ils seraient au chômage partiel à partir du mardi, pendant au moins 15 jours et sans perte de salaire.

En même temps, faire travailler alors que les 186 magasins sont fermés ne servait pas à grand-chose...

ST Microelectronics (Agglomération de Grenoble) :  Les puces avant les virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

STMicroelectronics est une multinationale qui emploie 46 000 salariés dans le monde, dont 10 000 en France. Cette entreprise fabrique des semiconducteurs utilisés dans les appareils électroniques de la vie quotidienne, les automobiles et les équipements industriels. Rien qui puisse de près ou de loin être utile dans le domaine médical à court terme. 

Sur le site de Grenoble, la plupart des 1 800 ingénieurs du site, sont en télétravail. Quant à la centaine de salariés restants, leur hiérarchie leur demande de venir travailler.

Sur le site de Crolles, où travaillent habituellement 4 000 salariés dont 2 000 en production, les ouvriers encore en poste en salles blanches doivent assurer la production avec 50% de l’effectif, y compris intérimaires et CDD. La direction veut continuer coûte que coûte à produire pour dit-elle “sortir gagnants de cette crise” face à ses concurrents. Elle a proposé 300 euros de prime mensuelle pour un temps plein, réservée aux travailleurs ST, en oubliant au passage ceux de la sous-traitance, du nettoyage, de la maintenance, de la logistique, gardiens, pourtant eux aussi, de la chair à profit.

Quelques mesures ont été prises sur les deux sites, pas de quoi calmer les angoisses : distances de sécurité, gel hydroalcoolique et même des masques type FFP2 qui devraient être fournis dans les jours à venir. Une mesure choquante quand on sait que les hôpitaux en manquent cruellement.

Hormis la CGT, les syndicats CGC, CFDT collaborent et ont signé un accord national avec la direction pour maintenir la production.

Comme l’a dit un travailleur "les salariés vont au front et les friqués sont à l'abri".

Voilà la déclinaison sociale de la guerre dont parle Macron…

Témoignage d'Agathe, travailleuse de la SNCF

Echo d'entreprise
22/03/2020

Paris :  Témoignage d'Aurélie, infirmière

Echo d'entreprise
22/03/2020

Airbus - Toulouse :  La colère monte d’un cran

Echo d'entreprise
22/03/2020

L’inquiétude des salariés est grande dans les usines de Toulouse où l’activité est arrêtée depuis une semaine, car il est question de reprendre le travail à partir de mardi 24. La direction assure que les outils, tablettes, machines ont été désinfectés pendant l’arrêt. Mais personne ne sait quelle société a fait ce travail ni dans quelle condition. Elle affirme aussi que cette désinfection sera également réalisée entre les deux nouveaux horaires (6h-12h et 15h-21h), c’est à dire pendant les trois heures d’intervalle, dès mardi prochain. Mais comment croire cela ? Elle affirme également qu’elle a 20 000 masques pour les salariés, alors qu’il en manque dans les hôpitaux et les EPHAD, les aides à domicile, et les caissières de supermarché. Mais manifestement Airbus passe avant.

Bref, en plus de l’inquiétude, c’est la colère qui monte. A la fois elle se veut rassurante en disant aux ouvriers que s’ils ont une amende en venant travailler mardi, c’est Airbus qui règlerait la note. Et dans le même temps, elle fait un chantage aux salaires et aux heures supps : elle annonce que les heures non faites après la reprise de mardi seront rattrapables en heures supps, et cela jusqu’en décembre. Quant aux congés payés et à la banque de temps, ils ne sont plus intouchables. Par ailleurs, pour les ouvriers qui font valoir leur droit à garder leurs mômes, il arrive qu’Airbus oublie d’avertir la CPAM.

La direction demande à ses chefs de créer des groupes Whatsapp sur leur secteur. Officiellement c’est pour rassurer les ouvriers, en réalité c’est pour les convaincre de venir travailler un point c’est tout, et souvent en mentant effrontément. Par contre dans les groupes Whatsapp que des ouvriers ont créé entre eux, c’est un vrai dégoût qui s’exprime contre cette irresponsabilité patronale. Si c’était pour venir fabriquer des respirateurs ou des masques ou du gel, des volontaires il y en aurait. Mais pour faire du montage d’avions, qui pour l’instant ne volent plus vraiment, où est l’intérêt en dehors de convaincre qu’un ouvrier ça travaille quelle que soit les conditions, et ça se tait.

Au final, sur Saint-Martin où la reprise de mardi devrait se faire au volontariat, les volontaires sont rares. A l’usine de Saint-Eloi, c’est aussi soi-disant au volontariat, mais « il faut venir » disent les chefs : il y a une liste d’ouvriers requis. Mais là aussi, il y a fort à parier que les machines ne feront pas beaucoup de bruit ce mardi.

ISS Naval (Saint-Nazaire) :  Les travailleurs imposent l'arrêt du travail

Echo d'entreprise
22/03/2020

Aux Chantiers navals de Saint Nazaire, les travailleuses et travailleurs de la société ISS font depuis longtemps le nettoyage des navires en cours de construction. Mardi 17 mars, ils ont fait partie de la grande masse de travailleurs, Chantiers de l'Atlantique ou sous-traitants qui ont refusé le travail à l'embauche après l'annonce du patron du Chantier qu'il ne fermerait pas le site, malgré le danger lié au coronavirus.

Devant le nombre et la détermination, le patron du chantier a préféré reculer et a annoncé l'arrêt de beaucoup de secteurs de la production, renvoyant de fait une grosse partie des salariés chez eux. Les patrons des entreprises sous-traitantes, eux, étaient libres de faire ce qu'ils voulaient ! Le patron d'ISS n'a pas voulu en démordre, pour lui le travail devait continuer. Le lendemain donc, dès l'embauche, c'est l'ensemble des travailleurs d'ISS, soit une cinquantaine d'embauchés et intérimaires, qui se sont de nouveau regroupés, pour refuser le travail.

Le directeur d'agence venu sur place pour les remettre au boulot a échoué et chacun a pu repartir, heureux de cette première victoire de pouvoir s'occuper de sa santé et celle de ses proches en restant à la maison... Première victoire, car reste le combat de ne pas avoir à payer la facture sur les congés et un salaire amoindri par la suite.