Échos des entreprises

Julien Wostyn :  PSA Mulhouse : témoignage sur l'attitude de la direction dans le contexte de l'épidémie

Echo d'entreprise
18/03/2020

PSA Trémery :  Produire coûte que coûte

Echo d'entreprise
18/03/2020

Sans doute stimulée par le PDG Carlos Tavares, qui se qualifie lui-même de « psychopathe de la performance », la direction de l’usine Trémery qui fabrique des moteurs, n'avait qu'une chose en tête : assurer coûte que coûte la production de moteurs.

C'est pourtant à Trémery que le premier malade du coronavirus a été déclaré chez PSA, et le département fait partie de la région Grand Est qui est un des points chauds de l'épidémie.

Lundi 16 mars, il a fallu pas moins que 5 réunions extraordinaires de CSE pour que la direction annonce la fermeture de l'usine. A 9h30, la décision était de continuer la production. La direction avait même fait venir des intérimaires supplémentaires pour remplacer les nombreux ouvriers absents.

A midi, la direction annonce ce que TF1 avait déjà diffusé, la fermeture progressive des usines terminales de PSA. L'équipe du matin a quitté l'usine à 13 heures avec la consigne d'appeler le numéro Vert pour savoir s'il y avait du boulot le lendemain.

A 14h30, PSA communique le calendrier de fermeture des usines terminales en Europe. Mais toujours aucune précision pour Trémery qui doit fournir ces usines en moteurs. La direction envisage même une fermeture étalée des différents ateliers en fonction des besoins de la production. Tout en déclarant que la santé des salariés est sa priorité, évidemment... Même le SIA, syndicat patronal de PSA, s'insurge, craignant de « passer pour des imbéciles dans les ateliers » !

A 16h30, une décision tombe. L'usine s'arrêtera mardi à 13 heures, juste après l'application des restrictions importantes de circulation exigées par L’État.

A 18h30, la direction décide finalement de fermer l'usine de l'usine dans la nuit de lundi à mardi. Sans doute sous la pression de la médecine du travail qui a prescrit de confiner chez eux les travailleurs que leur état de santé rend particulièrement vulnérables (plus de 500 sur 4500 sur le pôle Metz-Trémery) !

Personne ne connait évidemment la durée d'arrêt de l'usine, mais on ne sait même pas encore si on sera payés en chômage partiel, ou mis en H- collectives, ce système de compteur horaire de PSA qui fait qu'on doit venir travailler gratuitement le samedi ou, pour l'équipe de nuit, le dimanche soir, pour "rembourser" les journées non travaillées.

Les distributeurs de gel hydro alcooliques et les produits désinfectants efficaces ne sont arrivés à l'usine que le jour… de sa fermeture !

La méfiance et la rancœur contre la direction, prête à nous exposer à tous les risques pour assurer les profits patronaux, s'est répandue... de manière virale.

Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Les travailleurs forcent les patrons à réduire la pompe à finance

Echo d'entreprise
18/03/2020

au cours du débrayage du mardi 17 mars

Alors que tous le pays est confiné pour freiner l'expansion de l'épidémie, un certain nombre de responsables patronaux ont obligé leurs salariés à venir travailler malgré les risques que cela comporte. Quand il s'agit de grosses entreprises, comme les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, où 8 à 9000 personnes viennent travailler chaque jour, cela revient à rendre caducs tous les efforts de confinement réclamés au reste de la ville. Quant au gouvernement, si prompt à dénoncer l'incivisme supposé de la population, il ne trouve rien à redire à cette situation. Les profits des banquiers et des armateurs passent visiblement avant la lutte contre le coronavirus.

Mais les travailleurs des Chantiers se sont mobilisés dès mardi matin pour refuser de n'être considérés que comme de la chair à profit par la direction des Chantiers et des grosses entreprises sous-traitantes. Ils ont refusé de mettre leur santé, et celle de toute la population en danger. La colère a rassemblé des centaines de travailleurs, embauchés en fixe ou sous-traitants, français ou détachés qui ont refusé de continuer le travail. Contraintes et forcées, les directions des chantiers et celles de plusieurs sous-traitants ont dû accepter de les laissser repartir chez eux. Tout n'est pas réglé. Mais, une fois de plus, la preuve est faite qu'on ne peut pas laisser la direction de la société aux irresponsables que sont les capitalistes et ceux qui les servent.

Jean-Pierre Mercier :  PSA et le coronavirus : la vérité sur les raisons de la fermeture de certains sites

Echo d'entreprise
17/03/2020

CAF Nancy :  Le télétravail, c’est pas magique !

Echo d'entreprise
17/03/2020

Dès l’annonce du confinement, la direction de la Caf de Nancy s’est empressée de mettre en place le télétravail.

Comme rien n’avait été préparé, les salariés ont été renvoyés chez eux lundi soir avec leur ordinateur fixe et écran sous le bras, dans une ambiance de débandade générale, avec comme seule consigne d’essayer de se connecter depuis chez eux.

Mais le réseau informatique ne permet que 5000 connexions à distance pour l’ensemble des 32 000 salariés des Caf. Et comme le réseau est saturé, ça ne fonctionne pas.

Du coup, dès le premier jour de confinement, la direction de la Caf de Nancy rappelait déjà les salariés à revenir travailler sur site… au mépris des risques pour leur santé !

SNCF - Orléans Les Aubrais (Loiret) :  Pour la direction, le confinement passe après la production ?

Echo d'entreprise
17/03/2020

Depuis la fin de semaine dernière, l'inquiétude et la colère ont monté d'un cran dans les différents services. Dès ce week-end, estimant ne pas être suffisamment protégés, des dizaines de cheminots ont fait valoir leur droit de retrait. Cela est particulièrement vrai pour les contrôleurs ou pour les conducteurs, où l'habitude a été prise dans d’autres circonstances.

Mais c’est vrai aussi dans bien d'autres services comme à l'équipe caténaire, où dès dimanche soir à l'occasion de travaux prévus la nuit, les agents ont refusé de travailler, n'ayant ni masque ni gel. Depuis mardi l'ensemble des agents travaillant sur les voies ou les équipements sont invités à rester chez eux en restant joignables en cas d’incident grave.

En gare, devant l'inquiétude suscitée par le contact avec les voyageurs, la direction a été contrainte de réagir, certes bien tardivement. Le lundi l'espace accueil a été fermé, le mardi c'était au tour des guichets. Le personnel de la manœuvre et d'escale est réduit au « strict nécessaire ». Mais même ce strict nécessaire suscite des réactions. Est-il vraiment nécessaire de faire rouler les trains ? Pour qui ? Dans quelles conditions ?

Quant aux postes d'aiguillages et aux agents du Fret, les agents sont contraints de venir travailler, mais là aussi les réactions ne se font pas attendre. Pourquoi faudrait-il garder l'ensemble des postes ouverts ? Pourquoi continuer à faire rouler du fret ?

Toutes ces questions que se posent les cheminots sont bien sûr plus que légitimes et le sentiment que patronat et gouvernement sont prêts à tout pour leur sacro-saint profit est très présent. À la suite des déclarations de Macron lundi soir, beaucoup ont relevé que si l'on ne pouvait pas voir nos familles ou nos amis, on était assez bons pour se rendre au travail ! Beaucoup reprenaient aussi le fait que ce sont les mêmes qui détruisent le service public en supprimant des milliers de postes qui aujourd'hui en appellent au dévouement des travailleurs de ces entreprises. L'actualité dans les autres entreprises est elle aussi largement commentée.

Tout cela ne fait qu'alimenter un sentiment de colère et d'injustice. Et s'il existe un sentiment chez des collègues qu'il faut bien que certains trains roulent, l'immense majorité des cheminots du site ont bien conscience que même dans le combat contre le virus, il ne doit pas y avoir d'union sacrée.

Oui à la solidarité de classe, non à l'unité avec les patrons !