Échos des entreprises

Agglomération de Grenoble :  Les locataires HLM vont payer pour les patrons du BTP

Echo d'entreprise
29/04/2020

La SDH (Société dauphinoise pour l’habitat) est un gros bailleur social privé du groupe “Action Logement”, piloté par le MEDEF. Elle vient d’annoncer la prise en charge “des surcoûts générés par les mesures de protection sanitaire sur ses chantiers”, un cadeau aux entreprises du BTP qui oscille entre 700 000 et un million d’euros, afin, dit-elle, “de préserver leur équilibre financier déjà très éprouvé”.

Le patronat du BTP bien arrosé par l’Etat, la Région et la Métro (communauté d’agglomération) sera donc aussi “aidé” par l’argent des loyers des locataires modestes des HLM à qui, bien sûr,  on n’a pas demandé l’avis.

Quant aux employés de la SDH, comme les gardiens d’immeubles, ils ont reçu seulement deux masques... fait main.

Thalès (Brive-la-Gaillarde) :  Gonflé !

Echo d'entreprise
29/04/2020

Le groupe veut verser la prime d’intéressement en octobre au lieu de juillet comme cela se fait tous les ans.

Vu le chiffre d’affaires en hausse de 16 % et l’acompte sur dividendes, versé aux actionnaires en décembre, en hausse lui de 20 %, cette entreprise n’est pas dans la « misère » !

La crise du COVID-19 est un prétexte. Depuis le début du confinement, ils ont fait payer les travailleurs en jours de RTT et de congés  dont ceux entre Noël et le 1er janvier prochain.

Maintenant ils se retournent sur la collectivité avec le chômage partiel.

Mais, ça ne leur suffit pas ! Il faudrait encore que tous les travailleurs acceptent de leur accorder chacun un prêt du montant de leur prime !

Hôpitaux d'ÎIe-de-France :  Un déconfinement sur la peau du personnel

Echo d'entreprise
29/04/2020

LOIN DES DISCOURS - Hôpital Trousseau

De nombreuses voix médicales préconisent le port du masque dans l'espace public dès maintenant pour éviter que le SARS-CoV-2 continue de se transmettre.

Mais comme le dénonçait le professeur Grimaldi le 23 avril : « Les pénuries continuent, le déconfinement ne peut pas se réaliser dans les conditions actuelles. Un déconfinement, ça suppose des tests Covid, un confinement dans des lieux dédiés et une population qui porte le masque. Actuellement, on est dans la pénurie. »

Dans les hôpitaux nous sommes bien placés pour le savoir, puisque les collègues obligés de prendre les transports en commun se voient refuser des masques.

 

+ ou - ? AU BOULOT ! Hôpital Pitié-Salpétrière

Étant exposés, la direction nous a considérés comme prioritaires pour les tests.

Mais dans une note du 13 avril de la direction de l'AP-HP, il est stipulé que le personnel, même testé positif devra continuer à travailler car « faire une éviction large empêcherait la continuité des soins ».

Beaucoup d'entre nous sont contaminés, mais test ou pas test, la direction veut juste nous avoir au boulot.

 

Dassault - Argenteuil :  Quand le patron déconfine ses profits

Echo d'entreprise
29/04/2020

Elle ne sait pas compter

La direction a commencé à organiser la reprise du travail la semaine dernière. Elle a même annoncé que cela ne concernerait qu’une quarantaine d’entre-nous dans un premier temps, alors même que cela impliquait plus de 70 travailleurs. Elle a simplement « oublié » de comptabiliser les prestataires ou intérimaires qu’elle avait « invité » à rejoindre l’usine.

Rien que cela donne une idée de la confiance que l’on peut lui accorder sur ces déclarations relatives aux conditions sanitaires dans l’usine. Mais ça on le savait déjà. Personne d’autre que nous ne veillera sur notre santé.

 

Les gros patrons se cachent derrière les petits

La direction en fait beaucoup sur le respect des conditions de sécurité dans l’établissement… quand l’usine tourne à petit régime. C’est surtout pour nous convaincre de revenir et hâter la reprise générale après laquelle elle piaffe d’impatience. Mais une fois celle-ci entamée, le naturel reprendra et avec lui la course pour rattraper le retard.

Notre priorité absolue reste de ne pas attraper le virus, il ne faudra pas baisser la garde.

 

Le virus, le patron et le travailleur

Au début de l’épidémie et du confinement, la direction avait organisé le travail en équipe pour «coûte que coûte assurer la production et le chiffre d’affaire » comme aimaient alors le claironner certains directeurs du site. La raison leur est finalement revenue après le débrayage de la plupart des travailleurs.

Alors à ceux qui vont reprendre le chemin du travail dans un avenir proche, il faut se rappeler la morale de cette histoire : la raison des travailleurs fait souvent la différence.

Ce sera vrai aussi dans l’avenir.

Hutchinson - Châlette-sur-Loing (Loiret) :  Travailleurs volontaires ou non, même mépris patronal

Echo d'entreprise
28/04/2020

Depuis le 20 avril, l’activité est devenue obligatoire par roulement en fonction de la production. Si des mesures de protection, masques et gel, existent, travailler avec un masque et des lunettes dans des ateliers où il fait très chaud, c’est mission impossible.

La direction affirme que cette reprise de l’activité serait une bonne chose pour le moral des travailleurs, menacé selon elle par l’inactivité ! Mais se soucie-t-elle du moral de ceux qui ont été volontaires pendant des semaines, et qu’elle a remerciés avec deux jours de congé ? Des miettes qui ne font pas le compte et sont vécues comme une marque de mépris par les travailleurs volontaires, mais aussi par certains ex-confinés qui les ont rejoints ! Tous subissent le vol de leurs congés et de leurs RTT, et l’annonce qu’après le 11 mai le maintien du salaire ne serait pas garanti nourrit l’inquiétude et la colère.

Oui à la mobilité des salaires, à condition qu’ils soient à la hausse et qu’ils suivent les prix. Les actionnaires de Total, à qui appartient Hutchinson, ont reçu 1,8 milliard d’euros, c’est à eux seuls de payer la crise !

Marseille : Hôpital de La Timone :  Un lourd bilan

Echo d'entreprise
28/04/2020

Prés d'un quart des équipes touché par le virus...

A l'hôpital de la Timone, les personnels de la société de nettoyage ont été remerciés par la Direction pour leur présence et leur travail depuis le début de la pandémie.

Mais il a fallu que les premiers agents soient touchés par le covid 19 pour que les chefs se disent qu'il leur faudrait peut-être des masques et des gants.

Le bilan est très lourd: près de 25% de leurs équipes ont été touchées par le virus!

Des remerciements hypocrites, qui ne pourront pas cacher la lourde responsabilité que portent les directions de l'AP-HM comme de cette société sous-traitante qui est une grosse entreprise internationale.

Airbus (Toulouse) :  La crise dans l’aéronautique c’est d’abord la guerre contre les travailleurs.

Echo d'entreprise
28/04/2020

La crise dans l’aéronautique est annoncée. C’est la crise pour les compagnies aériennes qui disparaissent ou font la manche auprès de leur Etat. Mais c’est aussi la crise à venir pour leurs fournisseurs comme Airbus. Et face à cette crise, ce sont aux travailleurs de la filière aéronautique que les patrons d’Airbus et des entreprises sous-traitantes veulent présenter la note : une filière qui représente au moins 70 000 emplois rien que sur la métropole toulousaine avec Airbus, Safran, ATR, Thalès, Alenia Space... et des dizaines d’autres entreprises.

Après 4 jours de fermeture, Airbus a très vite cherché à faire reprendre le travail, en particulier dans les ateliers. Avec l’approbation de certains syndicats, la direction a imposé un accord qui a fait que crise ou pas, elle y perde le moins possible. Cet accord prévoit : le vol de quatre jours pris sur les congés de fin d’année ; 10 jours appelés Covid19 qu’il faudra rattraper d’ici juin 2021 en heures supplémentaires ou en samedis travaillés mais sans les primes, pour ceux qui n’ont pas travaillé les semaines 13 et 14 mais qui ont été payés ; 10 jours de congés payés ou pris dans d’autres compteurs ; des semaines de chômage partiel, peut-être jusqu’à fin octobre, suivant les besoins de la production, avec moins 8 % du net.

Aujourd’hui, la reprise est aussi à l’ordre du jour dans les bureaux. Mais comme il faut tout de même respecter les règles sanitaires, il est question d’équipe blanche, rouge, bleu, pour travailler sur site certaines semaines, en télétravail pour les autres… mais dans un simulateur de vol où il faudrait être trois pour travailler correctement, comment fait-on seul ?

Après avoir demandé à toute la chaîne des fournisseurs de réduire leur production de 30 %, les patrons d’Airbus utilisent la guerre contre le virus pour intensifier la guerre contre les milliers de travailleurs sous-traitants. Au Bureau d’Etudes, vendredi 24 avril, suite au courrier du PDG, il a été recommandé d’interrompre tous les contrats de sous-traitance. Dans certains secteurs, cela a été fait tout de suite. Dans d’autres, cela se fera à la date de fin du contrat. Sur les chaînes de montage, en plus des intérimaires qui ont en partie « disparu », il y a aussi des travailleurs sous-traitants in situ, qui s’occupaient de certains postes, et qui ont laissé la place à des ouvriers Airbus. Ce sont des milliers de suppressions d’emplois qui se profilent. Daher, un sous-traitant, dont l’actionnaire principal est classé 140ème sur 500 en 2019 selon le magazine Challenges avec une fortune de 680 millions d’euros, menace de se débarrasser de 3 000 salariés en France dont 1300 CDI.

Ce climat d’incertitude sur l’avenir pèse sur l’ambiance au travail, en plus des circonstances liées à l’épidémie. Et il y a les menaces réelles sur les emplois qu’évoque sans le dire clairement le PDG. Dans un courrier aux accents alarmistes aux 135 000 salariés du groupe, il se fait menaçant au nom de la « survie d’Airbus » en envisageant « des mesures de plus grande envergure à cause de l’ampleur de cette crise et de sa durée probable ». Mais il apparaît clairement à bon nombre de travailleurs que « l’esprit d’entreprise » que le patron utilise à toutes les occasions, cache mal la réalité de l’aggravation de l’exploitation. Beaucoup de discussions vont dans ce sens, et il n’est pas dit que tout cela passe comme une lettre à la poste.

Michelin (Troyes) :  Pressiontariat

Echo d'entreprise
28/04/2020

La reprise est censée se faire pour l’heure au volontariat. Sauf que lorsque le salarié contacté par son chef direct refuse, il a droit à une relance par le chef au-dessus.

Vu tous les risques de santé, les pneus pourraient attendre… mais pas les profits de Michelin !

 

Michelin (Troyes) :  Gonflé !

Echo d'entreprise
28/04/2020

Aussitôt les usines fermées, Michelin a programmé le vol de 10 jours de congés. Des congés forcés suivis de jours de chômage partiel intégralement indemnisés par l’Etat aux patrons mais avec perte de salaire.

Les travailleurs ont donc été floués de vacances, d’impôts et de salaire, alors que Michelin a fermé sans que cela ne lui coûte un sou.

On comprend que les actionnaires aient prévu d’empocher 360 millions d’euros !

 

Hôpitaux de Paris :  On est pas dans le même camp

Echo d'entreprise
28/04/2020

L'entrée de l'Hôtel-Dieu lors d'une précédente grève

Le 21 avril, dans une interview de 20 minutes à BFM TV, Hirsch le directeur de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, s’est félicité de la gestion de la crise du coronavirus. Il a été jusqu’à verser une larme en évoquant certains moments de tension dans les services de Réa, fin mars.

Mais il a beau avoir répété son rôle, un gros bug de 4 secondes s’est emparé de lui lors d’une des questions du journaliste. Ce dernier, faisant allusion à la colère du personnel soignant et au récent coup de gueule d’un médecin de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière face à Macron, a demandé à Hirsch : « Dans ces moments-là, vous êtes plutôt dans le camp de vos équipes ou dans celui du chef de l’État ? ». Après plusieurs secondes de bafouillement embarrassé, Hirsch s’est raccroché aux branches et a trouvé une formule qui ne veut rien dire : « on est dans le camp de la défense de nos hôpitaux ».

Ce n’est pas une langue de bois qu’il a, mais un tronc dans la bouche.