Échos des entreprises

Hutchinson - Châlette sur Loing (Loiret) :  Contre les suppressions d'emplois, prendre sur les profits !

Echo d'entreprise
07/06/2020

Hutchinson, filiale du groupe Total, vient d'annoncer son intention de se débarrasser de près de 9000 travailleurs dans le monde, dont 6000 intérimaires. En France, de 800 à 1000 travailleurs en CDI seraient concernés sur 8400, auxquels il faut ajouter des centaines d’intérimaires, dont une partie a déjà été mise à la porte. Dans la région Centre, les usines de Châlette, Fleury-les-Aubrais, Châteaudun, Vierzon et Joué-lès-Tours emploient plus de 3000 travailleurs, intérimaires compris. C’est une vraie catastrophe pour les familles populaires de ces villes, dont deux détiennent déjà le record de chômage dans la région.

En avril, en pleine pandémie, Hutchinson et Total ont versé 1,8 milliard de dividendes à leurs actionnaires. C'est donc aux actionnaires, et à eux seuls, de payer la crise de leur système. Tous ces milliards, fruit du travail et de la sueur des travailleurs, doivent servir à maintenir tous les emplois. Et si le travail est en baisse, qu'il soit réparti entre tous les travailleurs, intérimaires, embauchés ou sous-traitants.

AT France (Troyes) :  Une prime en trompe-l’œil

Echo d'entreprise
06/06/2020

La direction de l’usine des andouillettes de Troyes a annoncé une prime de 100 euros à ceux qui avaient travaillé le jeudi de l’Ascension. Cela fait des années que les salaires sont au plus bas et les primes au minimum de la convention collective. Par contre, pour produire plus avec moins de personnel, les conditions de travail n’ont pas cessé de se dégrader. Même en pleine épidémie de Covid-19, la production ne s’est jamais complètement arrêtée malgré la baisse de débouchés due à la fermeture des restaurants.
Avec cette prime, le patron espère peut-être nous préparer à produire à plein rendement pendant l’été, y compris les samedis. Alors comme ailleurs, il faudra nous battre collectivement pour de vraies augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail.

Petit Bateau (Troyes) :  La semaine de 4 jours passe à la trappe

Echo d'entreprise
06/06/2020

Prenant prétexte de limiter le nombre de masques portés par jour, la direction de Petit Bateau a décidé de changer les horaires à la production depuis la reprise. Des ouvrières qui travaillaient sur 4 jours du lundi au jeudi doivent désormais le faire sur 5, avec des horaires journaliers réduits.
Cela ne fait pas l’affaire de celles qui habitent loin, notamment à proximité des anciens sites Petit Bateau de Virey-sous-Bar (32 km) ou de Tonnerre dans l’Yonne (60 km). Il y a plusieurs années, elles ont été regroupées à leurs dépens sur le site de Troyes avec la maigre « compensation » de ne se déplacer que 4 fois par semaine. C’est 5 allers-retours hebdomadaires à présent.
Un changement provisoire le temps du risque sanitaire, comme l’a présenté la direction ? Faudrait pas qu'elle nous balade trop longtemps !

 

Ardennes CN, Nouzonville :  Si le marché ne décolle pas, ce n'est pas aux travailleurs d'en faire les frais

Echo d'entreprise
03/06/2020

Fabricant de machines-outils, Ardennes CN, essentiellement sous-traitant de l'aéronautique à Nouzonville, est cloué au sol par la crise. En effet, l'activité dans ce secteur ne redécolle pas puisque les grands donneurs d'ordre, Safran et Airbus, ne prévoient pas de relancer leurs commandes avant 2022.

Le patron a su user de toutes les largesses de l'État : prêts garantis et paiement des salaires. Mais pour les travailleurs, les salaires ont été amputés de 15 % pendant la période de chômage partiel et aujourd'hui seulement un quart d'entre eux ont repris le travail.

Ce n'est pas aux travailleurs de payer le ralentissement de l'économie lié à cette crise. Si les commandes baissent et que l'activité se réduit, il faut réduire les cadences et le temps de travail tout en maintenant les salaires. Il faut répartir le travail entre tous sans perte de salaire. Pour cela, il faudrait aller récupérer l'argent là où il est : dans les coffres-forts des entreprises du CAC.

En 2019, les donneurs d'ordre Safran et Airbus ont respectivement réalisé un bénéfice de 2,5 et 6,9 milliards d'euros : voilà de quoi assurer les emplois et les salaires !

Gedimat-Spire, Charleville-Mézières

Première brique de la construction du rapport de force

Echo d'entreprise
02/06/2020

Les travailleurs de Gedimat-Spire, société de matériaux de construction de Charleville-Mézières, se sont mobilisés pour obtenir le retour de deux de leurs collègues, le décompte des heures travaillées pendant le confinement et l’application des règles sanitaires. Ils ont eu gain de cause concernant la réintégration de leurs collègues et les clients devront désormais porter des masques.

Par contre, il n’y a pas eu d’avancée concernant le temps de travail. Pendant le chômage partiel, certains ont travaillé plus de 8 heures par jour et jusqu’à 43 heures par semaine. C’est la logique de rentabilité qui prévaut : faire produire plus en économisant un maximum de salaires.

Même si le compte n’y est pas encore, cette première mobilisation a marqué des points. Cela montre bien que pour se faire entendre, les travailleurs doivent s’organiser et ne rien lâcher. Face aux pressions patronales qui s’aiguisent, aiguisons nos colères !

CHU de Nantes :  « Prime Covid » : une carotte qui ne nous fait pas marcher

Echo d'entreprise
01/06/2020

La « prime Covid » a suscité beaucoup de discussions dans les services. Après avoir hypocritement flatté les « héros » que nous serions et en plus d’avoir cherché à nous baratiner à coup de médailles ou d’hommage lors du 14 juillet, cette nouvelle manœuvre du gouvernement est grossière. Mais personne n'est dupe. L’objectif de cette prime, dont le montant diffère selon les services et dont sont exclus les personnels sous-traitants, c’est d’essayer de nous diviser et de nous faire taire.

Eh bien, c’est raté. Car ce qu’il faut, ce n’est pas une prime. C’est encore moins « travailler plus pour gagner plus » avec « l’assouplissement des 35 heures » dont a parlé le ministre de la santé Véran. Nous travaillons déjà bien assez comme ça ! Ce qu’il faut, ce sont des embauches pour améliorer nos conditions de travail et de véritables augmentations de salaires !

Mairie de Reims :  Tickets perdants

Echo d'entreprise
31/05/2020

Comme dans nombre d’entreprises, les travailleurs de la mairie de Reims reçoivent des tickets-restaurant. Il s’agit d’un véritable complément de salaire ; la preuve : la plus grande part est dépensée dans des magasins alimentaires.

Eh bien, avec l’épidémie, beaucoup de communaux en arrêt-maladie ont eu la désagréable surprise de découvrir qu’au-delà de quatre jours d’arrêt, ils perdaient des tickets. Pourtant, aux dernières nouvelles, même en arrêt-maladie, on doit continuer de se nourrir !

Cette retenue de tickets-restaurant est injustifiable et elle est révélatrice du problème de fond : l’insuffisance des salaires.

MSF-SAI, Glaire, Ardennes

Les travailleurs doivent toucher leur dû

Echo d'entreprise
30/05/2020

La semaine prochaine, le 3 juin, cela fera un an que les 38 salariés de MSF (Moquettes et Sols de France) et de sa filiale de maintenance SAI (Support Ardennes Industries), ont été licenciés. Un an sans toucher un seul centime des indemnités de licenciement qui auraient dû leur être versées par le liquidateur et l’AGS (Association pour la Gestion du régime d’assurance des créances et des Salaires).

Cette dernière retarde leur versement au prétexte que des procédures judiciaires contre les gérants successifs sont actuellement toujours en cours.

Dans les mois précédant leur licenciement, les travailleurs n’ont pas toujours perçu leurs salaires. Ils ont dû souscrire à une nouvelle mutuelle puisque leur employeur avait cessé de le faire. Leur situation financière s’est donc aggravée et pour certains, est devenue catastrophique. En janvier 2020, sur les 38 travailleurs licenciés, 6 ont pu accéder à la retraite, mais 4 seulement ont retrouvé un CDI, 3 un CDD et 25 restent dans des situations précaires, en intérim ou sans emploi. Ils se retrouvent endettés, parfois menacés d’expulsion. Dans un contexte économique de plus en plus difficile pour les travailleurs, ces indemnités de licenciement de 8 000 à 40 000 €, soit 1,2 millions d’euros, sont vitales.

L’État est capable en deux mois de sortir 300 milliards pour « aider » les entreprises dont 5 pour Renault qui annonce des licenciements ! Quand il s’agit de drainer l’argent public vers les caisses privées, c’est « Tapis rouge » mais quand il s’agit d’indemniser les travailleurs, c’est « Repassez ! » De quoi être sérieusement en colère !

 

MCA – Maubeuge :  La mobilisation contre les attaques de Renault est à l’ordre du jour !

Echo d'entreprise
29/05/2020

Renault a annoncé officiellement vendredi 29 mai son plan d’économie de 2 milliards d’euros. Il s’agit bien d’une attaque de grande ampleur, prévoyant la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. Il y a le projet de fermer 4 usines en France : Choisy le roi, Dieppe, Fonderies de Bretagne et plus tard, Renault Flins.

Il est aussi prévu le transfert des activités d’assemblage de MCA à Douai, avec forcément d’importantes suppressions d’emplois à l’usine de Maubeuge où il ne resterait plus que 300 salariés environ.

Après avoir imposé aux travailleurs des augmentations de cadences, des heures sups, des samedis travaillés, les dirigeants de Renault se préparent à condamner une partie d’entre eux au chômage et à plonger des régions entières dans le marasme pour sauver les profits des actionnaires. C’est inacceptable !

Aucun emploi ne doit être supprimé, ni sur le site de Maubeuge, ni dans l’ensemble du groupe ! S’il y a moins de travail, il faut le répartir entre tous, avec maintien du salaire. Entre les 5 milliards versés par l’État et les 24 milliards de bénéfices réalisés ces dix dernières années, Renault a les moyens de financer le maintien de tous les emplois et des salaires !

Dès vendredi, les travailleurs de MCA ont fait grève et la production était à l’arrêt. Une manifestation est organisée samedi 30 mai et partira à 9h45 du parking de MCA. La lutte ne fait que commencer.

CHU Rouen (Seine-Maritime) :  La réponse est dans la question

Echo d'entreprise
28/05/2020

La direction de l'hôpital fait semblant de se soucier du "ressenti" du personnel face à la crise sanitaire. A cet effet, elle a mis en ligne un questionnaire à remplir sur l'Intranet de l'hôpital. 

Si le but de la direction est de savaoir si le personnel est prêt à remettre ça et à accepter les conditions inacceptables dont il a, dans l'urgence, dû s'accomoder, la réponse est dans les mouvements de grève qui s'annoncent ...