Échos des entreprises

Centre Hospitalier - Bourges (Cher)  :  Pas en première ligne, mais en danger tout de même

Echo d'entreprise
23/04/2020

Plus de trente membres du personnel soignant seraient atteints par le Covid-19, trois services non Covid étant particulièrement touchés.

Ceux qui ressentent les symptômes de la maladie ne sont pas systématiquement arrêtés. Le principe, c’est d‘être absent le moins longtemps possible. Le personnel peut contaminer les patients, les patients contaminent le personnel...

Depuis le début, le manque de masques est dramatique. Après nous avoir expliqué qu’il n’y avait pas besoin de masques pour tous, ce sont maintenant les masques FFP2 qui ne sont pas disponibles pour tous les soignants !

En plus des masques, les protections élémentaires manquent comme les sur-blouses et même les embouts de thermomètres.

Comme le déplorait un membre du personnel : « on aura peut-être ce qu’il faut quand la pandémie sera terminée... »

APF – Annonay (Ardèche) :  Reprise sur le dos des travailleurs

Echo d'entreprise
23/04/2020

     APF fabrique des bâches et liner en plastique pour piscines. Comme d’autres, l’usine a repris (le lundi de Pâques !) sans attendre la levée du confinement. Des mesures de sécurité minimales ont été prises. Elles n’annulent pas les risques et rendent le travail encore plus difficile. Le travail est physique, avec masques et lunettes, on étouffe vite, alors qu’il ne fait pas encore très chaud. Et en plus de la production, c'est aux ouvriers de désinfecter les postes régulièrement.

     Un atelier a repris avec des horaires de plus de 47h par semaine. Et les ouvriers sont sollicités pour venir le samedi. Sous prétexte de sécurité, la machine à café est supprimée, ainsi que la pointeuse… alors que le pointage se fait sans contact ! Le patron espère rendre plus difficile le décompte des heures, un moyen de voler les ouvriers.

     Produire du matériel de piscine en pleine épidémie, n'a rien de nécessaire. Les machines d’APF pourraient servir à produire des blouses pour les hôpitaux si les travailleurs en décidaient.

Solvay Saint-Fons (Rhône) :  Une épidémie porteuse d’opportunités pour le patron

Echo d'entreprise
23/04/2020

Sur le site de Saint-Fons, qui produit entre autres de la vanille de synthèse, le mois de mars a vu battre des records de production. Pour certains produits, Solvay a pu conquérir des parts de marché face à des concurrents forcés d’arrêter leurs activités avec la crise sanitaire. Une production d’autant plus rentable avec la chute du prix des matières premières. Cette guerre économique, Solvay la mène avec la santé des travailleurs en produisant coûte que coûte malgré le confinement.

En même temps, Solvay donneur d’ordre impose à certaines entreprises sous-traitantes de mettre une partie de leurs travailleurs en congés ou en chômage partiel. En maintenance par exemple, seules les tâches urgentes sont assurées. Les premiers perdants sont les travailleurs de ces entreprises, qui ne toucheront que 84 % de leurs salaires, et sans les primes.

Le gagnant c’est Solvay, qui va économiser sur les contrats de prestation en ne payant pas ces heures… tout en gardant le même niveau de production et de bénéfices. Tout cela aux frais de l’État et de l’Unedic, qui payent le chômage partiel !

Orange - Ile-de-France :  C'est pas notre pote !

Echo d'entreprise
23/04/2020

Sur France Inter, Stephane Richard le PDG d'Orange a déclaré que ne pas verser de dividendes serait « complètement incompréhensible et injuste ». Avec comme argument : « Nos actionnaires, ce sont beaucoup d'individus, de retraités, et même de familles. Ce ne sont pas de grands fonds de pension américains ou des spéculateurs, ce sont des gens comme vous et moi qui comptent sur ce revenu. »

Comme vous et moi ? N’importe quoi... Il essaye de mettre dans le même panier des employés qui touchent un salaire notoirement insuffisant et un représentant de la grande bourgeoisie, qui, elle, accumule les milliards et dont la gestion nous mène à l’abîme.

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Bien sûr qu’il y a aussi de petits actionnaires d’Orange, mais ils sont bien placés pour savoir que pour la direction du groupe, ils comptent pour du beurre !

Hôpital du Vinatier – Bron (Rhône) :  Covid...age de lits, non merci !

Echo d'entreprise
22/04/2020

des manifestants de l'hôpital du Vinatier

     A l'hôpital psychiatrique, une centaine de soignants se sont rassemblés, mardi 21 avril, à l'initiative des équipes d'unités qui sont visées par une fermeture. Lors de l'action, les slogans étaient : "fermeture de lits = patients en danger",  "covid...age de lits, non merci"...

     Pour justifier ces fermetures, la direction prétend qu'il faut libérer du personnel pour faire face à l'absentéisme. C'est un mensonge, car l'absentéisme est à peine plus grand qu'habituellement. La direction a déjà fermé 80 lits depuis le début de la crise et 80 patients ont été mis dehors précipitamment. Certains ne donnent plus de nouvelles. La direction prétend rouvrir ces unités après la crise. Personne n'y croit. Elle profite sans doute de la situation pour accélérer les fermetures de lits à l'hôpital.

     Elle a à cœur de rembourser un emprunt de 10 Millions d'euros auprès des banques. C'est donc pour assurer une rente aux financiers qui étranglent l'hôpital, que des postes de soignants sont supprimés et des patients mis dehors. La réaction du personnel témoigne du ras-le-bol de cette politique inhumaine. Heureux de s'être retrouvés nombreux malgré la période, les agents se sont rassemblés de nouveau mercredi à une cinquantaine et ils ont décidé de se retrouver de nouveau jeudi, et tous les mardis et jeudis suivants.

 

   

 

Hôpital Saint-Antoine - Paris :  Coup de blouse !

Echo d'entreprise
22/04/2020

Collection printemps-été

En Unité Covid, on teste de nouvelles surblouses qui sont en fait de grands sacs poubelle, avec des manches en plastiques assorties.

Mettre les « héros de la nation » à la poubelle, quand même, fallait oser.

 

Collection automne hiver

En Unité Covid, on nous demande de ne plus jeter les surblouses. La direction a prévu de les relaver pour les réutiliser.

Bizarrement, on ne les a pas vues revenir... mais on n'est pas pressés de voir si ça marche ou pas.

 

Fashion Week

En Réa Chir et en Neuro, faute de surblouses en nombre suffisant, celles-ci ont été remplacées par des kimonos jetables. Les manches étant trop courtes, il faut rajouter des manchons sur les bras pour être recouvert entièrement.

À quand les maillots de bain et les habits de Père Noël ?

 

EDF - Ile-de-France :  Charité bien ordonnée commence par soi-même

Echo d'entreprise
22/04/2020

Dans une de ses publications EDF appel à « faire des dons d’énergie » à la fondation Abbé Pierre pour permettre aux plus démunis de payer leur facture… d’électricité entre autres !

Marignane : Airbus Helicopters :  Nos emplois avant les profits

Echo d'entreprise
22/04/2020

Sauver les profits ou les emplois ?

Chez Daher, une entreprise sous-traitante, le patron nous a écrit qu' il allait lui falloir se séparer de certains d'entre nous pour soi-disant "sauver l’entreprise " ! Forcément, il n'allait pas dire que c'est pour sauver ses profits.

Pourtant, de l’argent, il y en a car dans le même courrier, il ose se vanter de la "success story" de cette affaire familiale !

Et en effet, la famille qui possède le groupe est la 140ème famille la plus riche de France avec une fortune estimée à 680 millions d’euros en 2019. Alors, si sacrifices il doit y avoir, ceux qui doivent les faire, ce sont ces millionnaires et pas nous, travailleurs du groupe Daher qui avons assuré leur fortune

CHU de Rouen (Seine-Maritime) :  Des protocoles en fonction du matériel

Echo d'entreprise
22/04/2020

A l'hôpital, les protocoles fleurissent en fonction des arrivées de matériel. Ou plus exactement comment au fil des semaines la pénurie a été justifiée. Après plus d'un mois de crise, les masques FFP2 et les produits de désinfection sont enfin arrivés. Ce qui a donné naissance à de nouveaux protocoles sur les procédures et le nettoyage. Rien d'extraordinaire en somme, comme d'habitude : « voyons de quoi vous avez besoin, on vous explique comment vous en passer... »

Renault Cléon (Seine-Maritime) :  L'usine, le lieu le plus sûr de la Terre

Echo d'entreprise
22/04/2020

À écouter les dirigeants de Renault, les mesures prises pour permettre le redémarrage de la production seraient tellement efficaces que les ouvriers seraient mieux à l'usine que chez eux.

Ils doivent même réfléchir à y envoyer leurs vieux parents pour les mettre en sécurité !