Échos des entreprises

Hôpital de Chaumont :  La débrouille contre l'irresponsabilité

Echo d'entreprise
12/04/2020

À l'hôpital de Chaumont comme partout, les moyens de protection manquent. Dans les services de psychiatrie par exemple, un masque doit être gardé huit heures.

Alors les moyens se développent pour se débrouiller : une initiative a été lancée pour transformer des draps en sur-blouses. L’idée est venue des soignants, qui ont transmis un patron pour la couture, la préfecture a relayé l’appel, les particuliers ont donné des draps et une entreprise associative d’insertion confectionne les sur-blouses à partir des draps collectés.

L’inventivité des principaux concernés est à souligner, mais en arriver à ce niveau de bricolage montre d’abord l'impréparation du système de santé.

Plate-forme Noz (Chaumont) :  Le patron oblige les salariés à lui faire crédit

Echo d'entreprise
12/04/2020

La direction de la plate-forme Noz s'est permis d'invoquer les difficultés actuelles pour ne pas payer en entier les salaires de fin mars, pas même les 70% du brut (84% du net) qu'elle doit payer en cas de chômage partiel.

Elle a prétendu ne pas avoir reçu les aides de l’État. Des salariés ont prévenu la presse, et devant le scandale annoncé, une régularisation a eu lieu jeudi 9 avril... mais seulement pour ceux qui ne se sont pas mis en droit de retrait avant le déclenchement du chômage partiel. Ceux qui ont fait valoir leur droit de retrait ont vu leurs salaires amputés de plusieurs jours indiqués "en absence autorisée mais non rémunérée".

L’État a annoncé des aides au patronat, et indiqué reporter les impôts et cotisations sociales. Mais cela n'a même pas amené ce patron à se dire qu'il pouvait avancer l'argent à ses salariés. Pourtant, même confinés, les salariés doivent bien payer leur loyer et leurs factures en entier !

 

Michelin - Joué-lès-Tours (37) :  Pour les patrons, l’armée d’abord

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Joué comme ailleurs, ce n’est évidemment pas en évoquant  les productions pour l’armée que les patrons de Michelin ont argumenté pour le bien-fondé de la reprise du travail. Pourtant, à Bourges comme à Montceau-les-Mines, c’est exclusivement pour cela que des ateliers dans les usines Michelin n’ont jamais fermé depuis le confinement généralisé. Et d’ailleurs, on peut toujours entendre les avions militaires dans le ciel de l’agglomération de Tours…

Chacun d’eux embarque une technologie dont le coût est équivalent à celui d’un hôpital. De quoi a-t-on un besoin vital aujourd’hui ?

Michelin :  Sortez vos mouchoirs

Echo d'entreprise
12/04/2020

Dans le cadre de leur propagande offensive pour faire tourner à nouveau leurs machines à profits, les patrons ont voulu faire quelques  gestes spectaculaires : ainsi, Menegaux, le PDG de Michelin a proposé de se priver de 25 % de sa rémunération fixe…pour Avril et Mai.

Les chiffres actuels de celle-ci ne sont pas parvenus à notre connaissance, mais pour se faire une idée, en 2018, Menegaux, qui n’était pas encore PDG, touchait en tout 1,2 million pour l’année – dont la moitié seulement dite fixe, et le PDG d’alors, Senard, plus de 4 Millions, dont un quart seulement en fixe. Après ce cadeau emblématique, il devrait donc  rester au PDG actuel entre 30 et 60 000 euros pour boucler les mois d’Avril et Mai ; ça devrait aller…

Par contre, il serait question qu’au titre du partage des sacrifices, on fasse sauter toutes les augmentations individuelles des salariés cette année. Voilà de quoi motiver encore plus ceux qu’on oblige à sortir du confinement.

Gemey - Ormes (Loiret) :  Profits avant tout

Echo d'entreprise
12/04/2020

À Gemey, la production de maquillage n’a jamais cessé malgré la pandémie. La Direction générale de l’Oréal, au prétexte que l’usine produit aussi du gel hydro-alcoolique, a le culot de déclarer dans une lettre aux travailleurs : « Dans cette période extraordinairement difficile, nous considérons qu’il est de notre devoir d’employeur responsable et de société citoyenne française de tout faire pour garantir la santé et la sérénité financière de nos collaborateurs sans peser sur les comptes publics, afin que l’État puisse venir en priorité en aide aux entreprises qui en ont le plus besoin »...

L’usine n’a donc pas cessé de fonctionner pour produire surtout du maquillage et des profits pour les gros actionnaires du groupe, dont la famille Meyers Bettencourt, au mépris de la santé des travailleuses de l’usine !

EDF :  EDF protège ses centrales nucléaires, mais pas les travailleurs

Echo d'entreprise
11/04/2020

L’attitude d’Amazon vis-à-vis de ses salariés a fait scandale. Et la pression des entreprises de l’automobile pour redémarrer la production le plus tôt possible va dans le même sens du mépris vis-à-vis des travailleurs.

Ces entreprises privées cherchent à tout prix à maintenir leurs activités et leurs profits, quitte à mettre la vie de leurs salariés en dangers.

Mais dans le secteur public, EDF ne fait pas mieux dans ses centrales, ni avec les salariés du groupe, ni avec les salariés des entreprises sous-traitantes.

Depuis le début du confinement, EDF annonce laisser une partie des effectifs des centrales à la maison. L’objectif affiché est de maintenir une réserve capable d’assurer le maintien de la production d’électricité, dans le cas où l’épidémie toucherait fortement les travailleurs.

Mais les mesures de sécurités prises pour les effectifs présents sur les sites sont loin d’être suffisantes. Les salariés continuent de travailler en équipe et se croisent. Pour certaines interventions les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées et les protections nécessaires ne sont pas fournies : désinfectants et protections individuels insuffisantes.

Le gouvernement déclare maintenant que le port de masque est nécessaire pour éviter le développement de l’épidémie. Sauf que la direction d’EDF est incapable d’en fournir à tous les travailleurs.

Dans tous les grands groupes industriels comme chez EDF, des plans pandémie avaient été élaborés en 2005. Ils avaient été complétés en 2009 lors de l’épidémie de grippe A et en 2013. Des masques avaient été achetés et répartis dans l’entreprise. Mais ces stocks n’existent plus, ils ont été liquidés, pour faire des économies.

Ainsi EDF se moque de faire prendre des risques aux travailleurs puisqu’ils font le calcul cynique d’avoir des effectifs en réserve.

Hôpital de Saint Girons (CHAC) - Ariège :  Pendant la crise sanitaire, les attaques continuent.

Echo d'entreprise
11/04/2020

Pour réaliser des économies de personnel, les directions successives de l’hôpital avaient décidé de dénoncer l’accord local des 35h qui permettait au agents de récupérer sous forme de RTT le temps de travail au-delà de 35h. Et contre cette attaque, pendant plusieurs mois, le personnel hospitalier, à l’appel de la CGT, a réagi par des débrayages, des rassemblements, des interpellations de la direction ou de l’ARS.

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, alors que des patients malades du coronavirus sont soignés dans l’établissement, la direction du CHAC compte appliquer son plan de réorganisation du temps de travail. Pourtant, le président de la république a déclaré le 16 mars : « J’ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues ». Quant au ministre de la santé, il a déclaré le 8 avril: « jusqu’à nouvel ordre la totalité des plans hospitaliers sont évidemment suspendus….. ».

Malgré cela, les grilles informatiques de gestion du temps de travail ont été changées. En particulier la pause méridienne est décomptée du temps de travail : cela se traduit par exemple pour un agent qui travaille 12h, de n’avoir plus que 11h30 de temps de travail pris en compte. Sur une semaine les agents perdent 2h30 ce qui se traduit par des RTT en moins. De plus, comment quitter le service pour prendre effectivement cette pause, comment ignorer les sonnettes des patients, alors que les effectifs sont insuffisants ? Il faut beaucoup de cynisme à la direction, pour estimer que c’est possible. Elle espère sans doute que la crise sanitaire fera taire les travailleurs de l’hôpital, qui veulent bien être considérés comme des « héros », mais pas être pris pour des « sacrifiés ».

Témoignage de Bouchra, technicienne dans l'industrie chimique

Echo d'entreprise
10/04/2020

Démasquée :  PSA avait bien des masques… et prépare activement la reprise

Echo d'entreprise
10/04/2020

« Malgré le Covid-19, PSA prépare la réouverture des sites de Metz et Trémery » titre le Républicain lorrain. Tous les jours la télé affiche « restez chez vous ! » ; le préfet de Moselle restreint les achats dans un rayon de 10 km ; parcs, jardins, berges, plan d’eau… sont interdits de 11h à 19h, et PSA veut faire fabriquer des boites de vitesse et des moteurs dans ses usines !

Et pour cela, la direction de PSA Metz a 10 000 masques en stock. Alors que les hôpitaux mosellans, les kinés, infirmières, personnel social en manquent, PSA en a stocké pour faire redémarrer les usines. La direction se défend dans la presse en prétendant que le groupe en a déjà distribué 600 000 « dont un nombre significatif en Moselle ». C’est la preuve qu’elle en avait des centaines et des centaines de milliers. Et c’est pour la pub car jusqu’à présent la direction était muette sur ses stocks de masques qui manquent aux soignants. 

Du côté de la Préfecture on insiste « Le Covid ne connait ni de week-end, ni de vacances ». Et la semaine il n’est pas là ? 

Pas question de travailler pendant le confinement si ce n'est pas socialement nécessaire !

Forges de Bologne (52) :  Patrons et pouvoirs publics : complices, menteurs et irresponsables

Echo d'entreprise
10/04/2020

Les Forges de Bologne, près de Chaumont, entament une reprise progressive de l’activité. Elles réouvrent, avec les conséquences sanitaires que cela peut avoir, au moment même où sont annoncés de nouveaux décès et où des préfectures décident dans tout le pays d’interdire de sortir pour faire du sport.

Pour rendre plus acceptable la réouverture progressive de cette usine, la direction indique que celle-ci se fera sur la base du volontariat. Mais qu’est-ce que le volontariat quand on sait que beaucoup de travailleurs sont en situation précaire, pour certains, sans aucune rémunération ?

Un autre argument avancé par la direction des forges pour relancer la production est que tout le matériel de protection est mis à disposition du personnel : des masques, des gants, des combinaisons jetables et du produit désinfectant : tout ce qui manque dans les hôpitaux !

Récapitulons : ils mentent quand ils parlent de volontariat, ils s’accaparent du matériel de protection et ils mettent en danger la vie de centaines de personnes. Des criminels encouragés par l’État.