Échos des entreprises

Hôpital Belair de Charleville :  Des moyens pour les hôpitaux, pas pour les profits

Echo d'entreprise
21/04/2020

Les coupes budgétaires successives qui dégradent les conditions de travail des personnels de santé de l’hôpital public n’ont pas épargné le centre Belair de Charleville. Comme partout, les mouvements de grève et revendications portées depuis des années par ces personnels sont restés lettre morte. La situation s’est encore aggravée avec la crise du Covid-19.

Les personnels soignants ont aujourd’hui à faire face à une énorme surcharge de travail car ils doivent, entre autre, accompagner chaque patient dans le moindre de ses déplacements. Les personnels administratifs et sociaux ne sont pas mieux lotis : pas de masques ni de gants pour ceux qui sont en contact avec les patients, pas de recours possible au télétravail par manque des outils disponibles. Enfin, les travailleurs sont contraints de prendre sur leur temps de congés ou leurs RTT pour compenser le manque de personnel.

Alors que les milliards qui devraient servir à embaucher et fournir le matériel nécessaire continuent à renflouer les caisses du patronat, les travailleurs des services publics paient de leur santé pour faire face à l’urgence. Voilà où mènent des politiques menées au seul profit de la bourgeoisie.

Michelin :  Charité bien ordonnée commence par soi-même

Echo d'entreprise
20/04/2020

Le siège de l'entreprise Michelin Clermont-Ferrand, Fabien1309, commons.wikimedia.org

La direction vient d’adresser une note aux salariés pour leur suggérer de renoncer de leur plein gré à leur maigres augmentations prévues en mai prochain pour « témoigner leur solidarité à l’égard de leurs collègues des autres pays qui n’auront pas d’augmentation et/ou leur volonté de contribuer à préserver la trésorerie du Groupe dans ce contexte de crise. »

Fervents catholiques, la charité est une valeur imprégnant la famille Michelin depuis toujours... d’autant plus quand c’est avec l’argent des autres.

La Poste - Paris 14e :  Pas invités au bal masqué

Echo d'entreprise
20/04/2020

Tout le monde porte un masque maintenant, y compris dans les locaux. Mais il a fallu qu’une factrice intervienne pour que nos deux collègues du nettoyage puissent en percevoir, la direction osant refuser de leur en donner sous prétexte qu’elles ne sont pas de La Poste…

On trouvera sûrement un vaccin contre le coronavirus… Contre la bêtise, c’est moins sûr !

 

Entreprises du bassin de Brive :  La boule au ventre !

Echo d'entreprise
19/04/2020

 PHOTONIS :

Il y a 450 salariés sur le site de Brive, le groupe est leader mondial de la vision nocturne, donc travaille beaucoup pour l’armée. Il appartient au groupe Ardian depuis 2011

Depuis le début du confinement l’entreprise a toujours travaillé, malgré les inquiétudes des salariés qui dénoncent les gestes barrières mis en place, comme la prise de température uniquement pour « les visiteurs, les artisans…, mais pas pour les travailleurs ! Même si les bureaux sont espacés de 1,50 m, il peut y avoir une trentaine de salariés dans un espace de 50 m² !

Les rumeurs de cas positifs circulent, mais jamais d’informations précises.

TELLIS

Ce Centre d’appel est situé sur la commune de Favars (près de Tulle), 350 personnes environ y travaillent Cette société se définit elle-même « comme spécialisée dans la relation client à distance pour de grandes entreprises… nos collaborateurs sont dynamiques… nous les encourageons à se dépasser quotidiennement et à relever de nouveaux défis... » Bien-sûr pour faire fructifier les profits de l’entreprise.

Les seules mesures mises en place : du gel hydroalcoolique et laisser toutes les portes ouvertes pour éviter de toucher les poignées. Ça ne coûte pas cher, mais ça ne protège pas vraiment les travailleurs qui n’ont pas accepté de travailler dans la promiscuité au risque de leur peau.. La direction a du accepter un accord de télétravail.

THALES

Il y a 300 salariés. L’entreprise a été fermée du 20 mars au 07 avril.

Thalès a un chiffre d’affaires en augmentation de plus de 16 %. En décembre 2019 les actionnaires ont touché un acompte sur dividendes de 128 millions d’euros en hausse de 20 % sur l’année précédente.

Mais soucieux de continuer à faire fructifier ses profits, le groupe a tout fait pour faire reprendre le travail sur tous les sites en parlant de volontariat. Mais si on ne vient pas travailler ce sont des jours de RTT, de congés payés qui nous sont volés . C’est une pression énorme. Certains travailleurs ont pu continuer en télétravail mais, même pour eux, le patron a souvent imposé des prises de congés. De sorte que la plupart des travailleurs auront 2 à 3 semaines de congés en moins pour la période 2020/2021 !

Pour ceux qui travaillent sur le site, même si des aménagements d’horaires ont été mis en place pour éviter que les travailleurs se croisent, il est évident que des risques existent.

ALLARD

Dans cette entreprise de fabrication d’emballages en carton, le télétravail n’est possible que pour une partie du personnel.

Dans les ateliers il y a 80 salariés sur le terrain qui ont des difficultés pour garder les distances d’un mètre, c’est quasi impossible sur une journée. Le gel hydro-alcoolique et les gants sont les mesures effectives réellement. Ces travailleurs disent qu’ils ont une épée de Damoclès au dessus de la tête en permanence !

Un mouvement de grève comme dans plusieurs entreprises du groupe, notamment à Compiègne dans l’Oise et à Aubigné-Racan dans la Sarthe a eu lieu pour obtenir une prime Covid19 de 1000 €.

Cristal Union - Toury (Eure-et-Loir) :  Absurde et révoltant

Echo d'entreprise
19/04/2020

Pour justifier la fermeture de la sucrerie le 30 juin prochain, et la disparition de 150 emplois, le groupe Cristal Union se retranche depuis des mois derrière la surproduction qui touche le marché mondial du sucre, et notamment la production d’alcool industriel, spécialité du site de Toury.

Pourtant, Covid-19 oblige, l'usine tourne à plein régime actuellement et son activité est même reconnue comme indispensable pour la fabrication de produits d'entretien et de gel hydroalcoolique. Dans une lettre adressée à Macron et relayée par la CGT, un ouvrier lui demande d'intervenir : "Nous travaillons le jour, la nuit, les dimanches et jours fériés, participons à cet effort de "guerre" en prenant des risques pour notre santé et celle de nos proches (...)".

Mais le marché est aveugle, et il n'y a rien à attendre des politiciens : seuls les actionnaires décident de ce qui est produit ou pas, non en fonction de l'utilité sociale de telle ou telle activité mais selon leurs perspectives d'enrichissement personnel à court terme.

Les travailleurs ne pourront compter que sur leur mobilisation pour faire reculer le groupe.

Hôpital de Brive-la-Gaillarde :  Pénuries inacceptables !

Echo d'entreprise
19/04/2020

Pour être « dispensé » de prendre son service, il faut être testé positif, mais il faut en plus avoir de la fièvre, porteur sain ne suffit pas !

Dans les services où les patients COVID sont pris en charge, les soignants n’ ont pas tous des masques FFP2. Pour en avoir il faut faire des gestes invasifs, sinon ils doivent se contenter de masques chirurgicaux !

Plus besoin, soit-disant, de mettre des sur-chaussures !

Certaines sur-blouses sont plus ou moins imperméables, d’autres se déchirent trop facilement .

Cerise sur le gâteau pendant 1 mois, les casaques stériles utilisées dans certains services pour faire des soins précis, ont été repliées dans les cartons... pour être refilées à d’autres services. Ouf les casaques déjà utilisées sont maintenant mises à la poubelle... jusqu’à nouvel ordre !

C’est fou ce que la pénurie peut rendre inventif, mais surtout dangereux pour les soignants et les patients !

Limoges :  Des "héros" quasi gratuits !

Echo d'entreprise
19/04/2020

A Limoges aussi, comme à Mulhouse, ainsi que l'a dénoncé Le Canard enchaîné, les étudiants infirmiers de 3ème année sont "pistonnés". Les stages qu'ils effectuaient dans le cadre de leurs études ont été interrompus, on leur a demandé de signer d'autres conventions de stage et ils ont été envoyés aux Urgences, dans les unités Covid-19, en réanimation, dans des EHPAD. Leurs stages étant nécessaires à la validation de leur diplômes, on ne peut pas vraiment parler de volontariat. Par contre, on pourrait presque parler de.. bénévolat : ils sont habilités à faire fonction d'Aide soignant mais ils remplacent aussi les infirmiers pour...10,32 euros par jour ! La moindre des choses serait qu'ils soient rémunérés comme du personnel hospitalier !

CHU Limoges :  A vot' bon coeur !

Echo d'entreprise
19/04/2020

"Dans le cadre de la Crise sanitaire liée au Covid-19, le CHU de Limoges reçoit beaucoup de dons de matériel et nous vous en remercions bien sincèrement. Des besoins demeurent. Aussi si vous disposez de gants, masques (chirurgicaux ou FFP2), charlottes, tabliers de protection, vous pouvez adresser vos dons en précisant la nature des équipements et les quantités à..."

C'est l'annonce qu'on peut lire sur le site officiel et sur le Facebook de la direction du CHU de Limoges. C'est soft, on n'y emploie pas les mots "manque" ni "pénurie" mais la direction du CHU tend la sébile pour tout le matériel de base élémentaire qui sert à protéger le personnel. Et pourtant à Limoges, on est loin d'être dans la même tension que dans le Grand Est ou l'île de France !

Centre Hospitalier - Amilly (Loiret) :  Pénurie générale

Echo d'entreprise
19/04/2020

Mouvement contre les réorganisations des services en 2017

Le service le plus affecté par la contamination est le SSR, un service de convalescence et de rééducation de personnes âgées où 70 % des aides-soignantes, infirmières et médecins ont été touchés par le Covid. Dans ce service particulièrement, les soignants ont manqué de masques et de sur-blouses pendant les premières semaines.

Dans l’hôpital, on manque de masques, mais aussi d’agents d’entretien ménager, de techniciens pour entretenir et réviser le matériel médical comme les électrocardiographes qui tombent en panne, le réseau informatique qui bloque souvent lorsqu'il s'agit d'accéder aux dossiers de soins. La direction en est réduite à faire des appels aux dons pour tenter de compenser la pénurie de matériel de protection comme les sur-blouses.

Et il serait question que les arrêts du personnel pour Covid puissent être imputables à une contamination extra-professionnelle et ne soient donc pas systématiquement reconnus en maladie professionnelle ; avec pour conséquence des primes gouvernementales amputées pour cause de maladie ! En somme, versée dans une poche, reprise dans l’autre poche.

La Poste - Paris 14e :  Un jour de plus, un jour de trop

Echo d'entreprise
19/04/2020

 Dès la semaine prochaine, nous allons travailler 4 jours au lieu de 3. Le discours de Macron semble faire pousser des ailes à La Poste, et comme tous les patrons, elle piaffe d’impatience de nous faire turbiner au maximum malgré le coronavirus. 

 Mais nous, travailler moins, on commence à s’y habituer et ça nous donne une bonne idée : et si nous construisions une société débarrassée du capitalisme, sans exploitation ni chômage, où l’on répartirait le travail entre tous pour travailler moins ?