Échos des entreprises

Centre hospitalier de Clermont (Oise) :  Il manque de tout… sauf de conseils !

Echo d'entreprise
07/04/2020

Comme d’habitude, il manque de produits d’entretien et de lavettes. Ce n’était déjà pas joli-joli mais maintenant c’est devenu carrément dangereux de ne pas pouvoir mieux nettoyer.

Pour les masques, c’est deux par jour, à peine le strict minimum. Pour les blouses, il faudrait pouvoir en changer bien plus souvent que d’habitude, d’autant plus qu’elles se touchent les unes les autres dans les vestiaires sur les porte-manteaux mais il en manque.

Et quant aux sur-blouses dîtes à usage « unique », les consignes sont de s’en servir toute la journée.

Tout cela donne la rage… la seule chose dont les autorités ne sont pas avares, c’est de conseils pour couvrir leur imprévoyance.

Nestlé - Itancourt (Aisne) :  La fermeture du site n’est même pas suspendue !

Echo d'entreprise
07/04/2020

devant la porte de l'usine

Le confinement a imposé aux salariés de stopper leur grève contre la fermeture de l’usine annoncée pour la fin de l'année et de lever leur piquet de grève.

La direction en a profité pour faire reprendre l’ensemble des productions et a communiqué pour dire l’importance de ce site qui fabrique entre autre des soupes spécifiques pour les hôpitaux.

Mais la reprise de la production considérée comme indispensable, ne conduit pas la direction à reconsidérer la fermeture.

Les négociations entre la direction et les syndicats se poursuivent comme si de rien n’était si ce n’est qu’elles se font par internet et le groupe Nestlé n’a même plus à se préoccuper de la pression qu’exerçaient les grévistes.

Pour Nestlé comme pour tous les patrons, le monde d’après comme d’avant l’épidémie, c’est toujours la course au profit.

La Poste :  Service public ? Profit privé !

Echo d'entreprise
07/04/2020

La Poste a décidé que le service « Veillez sur mes parents » sera gratuit pendant le confinement. C’est bien la moindre des choses, et c’était d’ailleurs le cas il y a quelques années, quand les tournées étaient moins surchargées : les facteurs assuraient naturellement et gratuitement ce lien social auprès de personnes âgées.

Depuis longtemps La Poste s’est vantée d’être devenue une entreprise commerciale, et voilà qu’elle fait mine aujourd’hui de redécouvrir les vertus du service public, après avoir fermé de nombreux bureaux et supprimé des dizaines de milliers d’emplois !

Les postiers ne l’oublieront pas, quand on leur reparlera de rentabilité pour les faire travailler plus et supprimer encore des postes.

ArcelorMittal Florange :  Le virus du profit ferme la cokerie

Echo d'entreprise
07/04/2020

ArcelorMittal a annoncé lundi 6 avril la fermeture définitive de la cokerie de Serémange-Erzange en Lorraine. 173 emplois directs vont être supprimés, sans compter les intérimaires et les sous-traitants.

La cokerie alimentait en coke les hauts fourneaux de Dunkerque – après avoir fourni pendant des décennies ceux de Florange fermés depuis 2012.

Le prétexte de cette fermeture est la crise sanitaire du coronavirus qui provoque une baisse de la demande d’acier. Du coup, la cokerie de Dunkerque suffirait à fournir les hauts fourneaux qui auraient un an de stock.

Par ailleurs, Arcelor, écologie oblige, explique qu’une cokerie rejette beaucoup de CO2 dans l’air. Alors la fermeture lui permet de réduire les émissions du groupe. Et il en profite pour fermer une installation source en plus de plusieurs pollutions dans la vallée de la Fensch par manque d’entretien et d’investissement.

Mais la vraie raison est financière. Le coke de Lorraine coûte plus cher à produire car il fallait apporter le charbon qui n’y est plus extrait et faire voyager le coke fabriqué jusqu’à Dunkerque.

ArcelorMittal fait payer par l’État le chômage partiel dans ses usines mises en partie à l’arrêt. Et en échange le gouvernement demande aux patrons de ne pas licencier. Mais ArcelorMittal n’en a cure et cela fait bien longtemps qu’il apporte la démonstration de qui sont les maîtres dans la société : Sarkozy promettait de s’opposer à la fermeture de l’aciérie de Gandrange ; Hollande aux hauts fourneaux de Florange. Les deux ont fermé.

Les présidents et les ministres parlent, les capitalistes décident en fonction de leurs seuls intérêts. C’est leur pouvoir de nuisance qu’il faut contester.

Altran - Blagnac (banlieue toulousaine) :  les profits d’abord

Echo d'entreprise
07/04/2020

L’entreprise Altran, multinationale de l’ingénierie, à profits multimilliardaires et sous-traitante de l’aéronautique à Toulouse, a décidé d’interrompre la période d’essai de 16 salariés pendant le confinement. Ils ont appris cette décision par… une lettre recommandée ! Certains de ces travailleurs, qui avaient démissionné de leur ancien travail, se retrouvent ainsi sans emploi et sans droit au chômage.

L'inspection du travail a indiqué que la rupture de ces périodes d'essai n'était pas « juridiquement fondée ». Mais ce n’est pas la première fois que les patrons d’Altran s’assoient ainsi sur la loi. En janvier 2018, ils avaient été condamnés en appel à payer près de 10 millions d'euros d'heures supplémentaires à 300 ingénieurs. Et cela n’a pas servi de leçon.

Aujourd’hui Altran répond à une baisse de son activité par des licenciements à peine déguisés. L’épidémie actuelle n’efface pas la réalité de la lutte des classes : non, il n’y a pas d’unité nationale, il y a bien deux camps, et celui des travailleurs n’a d’autres choix que de s’opposer collectivement à la dictature du patronat, s’il veut faire respecter ses droits.

Amazon (Lauwin-Planque) :  A faux-cul, faux-cul et demi…

Echo d'entreprise
07/04/2020

L’émission « envoyé spécial » de France 2 a montré que des salariés d’Amazon avaient fait usage du droit de retrait. Ils étaient plus de 200 aux entrepôts de Lauwin-Planque, près de Douai, à considérer que la direction leur faisait courir un danger de contagion du Covid-19.

Coup sur coup, le ministère du travail et la direction d’Amazon déclaraient que le droit de retrait n’était pas justifié. La direction refusait de payer les salaires et faisait venir des intérimaires pour remplacer les départs.

Le ministère n’y trouvait rien à redire. Mais, sans doute pour ne pas paraître trop complice, il rappelait qu’« Amazon devait veiller à la santé et à la sécurité de son personnel ». La ministre elle-même, Mme Penicaud, en a remis une couche en disant « qu’à Amazon, tout n’était pas fait pour cela ».

Elle s’est bien gardée d’y envoyer la police verbaliser les directeurs, comme elle le fait pour ceux qui sortent un peu trop dans les rues ! C’est une invite à continuer et Amazon fait semblant d’obtempérer… Les briefings ou réunions d’équipes sont supprimées. Des repères ont été créés au sol pour inciter à garder les distances, ne pas tenir la rampe d’escalier n’est plus sanctionné, des masques sont distribués…

Amazon menaçait aussi de sanctionner des travailleurs qui ne respecteraient pas les « gestes barrières ». Toutes les 30 minutes, les hauts parleurs rappellent « qu’il faut les respecter ».

Comme le lundi 6 deux nouveaux travailleurs ont été reconnus atteints du Covid-19, et affirment qu’ils n’ont pu l’être qu’au travail, la direction a fait appel à des « safety angels » littéralement des anges de la sécurité, « volontaires pour l’aider au rappel et au respect des règles de distanciation sociale sur le site ». « Les salariés volontaires bénéficieront d’une prime de mission niveau T3 », une prime proche de celles des managers ! Ce seraient plutôt des « anges » délateurs… de conditions impossibles à respecter vu les cadences !

Et pour cause, les commandes sont supérieures à la période de Noël, puisque Amazon supplée les nombreux magasins fermés. Alors, pas moyen de ne pas se côtoyer, de ne pas se croiser.

Comment faire alors, avec une Ministre qui demande de prendre plus de précautions et une direction qui déclare prendre toujours plus de précautions ? Et menace de sanctions et veut s’appuyer sur la délation !

Comme dans tous les lieux de travail, ce sont les travailleurs qui doivent être juges de ce qu’ils peuvent accepter ou refuser.

Et dans un premier temps, il faut ralentir les cadences. Et pas question non plus de travailler les uns sur les autres. Les profits attendront. La santé d’abord !

 

Toyota (Onnaing) :  Nos vies et leurs profits

Echo d'entreprise
07/04/2020

Depuis plusieurs jours, il y a entre 100 et 150 travailleurs dans l'usine Toyota à Onnaing.

C’est une façon pour Toyota de tester une prochaine reprise de la production, alors que rien n'est joué dans la maîtrise de l'épidémie. Regrouper du monde et faire prendre des risques aux travailleurs et à leurs proches pour produire des voitures tant que le confinement n'est pas levé, c’est irresponsable.

Et en plus, la direction fournit à ceux qui vont à l'usine en ce moment deux masques chirurgicaux par jour, à porter obligatoirement. Toyota peut se procurer des centaines de masques par jour, alors que les soignants en manquent ?

Les masques doivent aller à ceux qui sauvent des vies ! Pas à servir à redémarrer une usine automobile, c’est-à-dire à produire… des profits pour les actionnaires !

Airbus Helicopters (Marignane) :  Un verre, pourquoi pas, deux verres, cela va encore, trois verres, bonjour les radins.

Echo d'entreprise
07/04/2020

50cc, pas plus ?

Lorsque l'on nous distribue une seule et malheureuse petite bouteille d'eau de 50 cl par jour, depuis la condamnation des fontaines à eau, on est sûr d'avoir soif.

Cela surtout si l'on s'agite dans un endroit bien clos comme la structure d'un d'hélicoptère.

A moins que ce ne soit pour nous éviter d'aller et venir pour aller aux toilettes ?

Airbus Helicopters (Marignane) :  Boîte à sardines, boîte à virus...

Echo d'entreprise
07/04/2020

Plus ou moins à l'aise ?

Sur la chaîne de l'hélicoptère Super Puma, nous travaillons nécessairement les uns sur les autres.

Ceux qui parlent de "geste barrière" n'ont peut-être jamais mis un rivet dans un tronçon central, ni un faisceau dans un cockpit.

Ce qui ne les empêche pas de nous dire que tout va bien... Le coronavirus, combiné avec le virus de l'exploitation, c'est la surinfection.

Perpignan :  Les travailleuses de l'aide à domicile envoyées au casse-pipe

Echo d'entreprise
07/04/2020

La situation dans l’aide à domicile et les services à la personne est tendue depuis le début du confinement. Une salariée d'une association de Perpignan témoigne:

« Comme ni les salariés ni les personnes chez qui ils interviennent ne sont testés au coronavirus, on travaille à l’aveugle, en faisant prendre des risques à tout le monde. Nous manquons cruellement de masques, de blouses jetables, de tout le matériel nécessaire pour intervenir en toute sécurité auprès de personnes parfois vulnérables. Cette situation peut favoriser la propagation du virus, dans un sens ou dans l’autre. On part au travail avec la boule au ventre. On a peur d’être contaminées ou de contaminer des gens fragiles.

Dans ce contexte la direction n’a trouvé la semaine dernière à nous proposer que quelques masques en tissu, fabriqués par des bénévoles, et bien sûr non-homologués. Au lieu de se démener pour nous trouver du matériel efficace, elle a sauté sur l’occasion de faire quelques économies et a même eu le culot de justifier cela en essayant de nous convaincre que c’était « mieux que rien ».

Pour la direction, la santé des travailleurs et celle des usagers ne vaut donc pas grand-chose, à peine « mieux que rien », et surtout moins que ses économies de bout de chandelle. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous nous sommes réunis et nous avons décidé d’une réaction collective si le matériel nécessaire n'était pas arrivé lundi. On nous a finalement annoncé lundi qu'on n'aura que quatre masques par semaine, et qu'il faudra les laver après utilisation…

De plus, vu la baisse d'activité, la direction fait pression pour qu'on prenne sur nos congés, là encore pour faire des économies sur notre dos ; mais le confinement, c'est pas les vacances ! Nous n’acceptons pas que la vie des travailleurs et celles des usagers soit si peu considérée. Ce n’est pas à nous de payer pour la politique d’économie de la direction et des financeurs qui sont derrière, une politique qui ne date hélas pas d'aujourd'hui. »