Échos des entreprises

La Poste Nantes :  Priorité à la santé ou aux profits ?

Echo d'entreprise
07/04/2020

Quant il s’agit de courriers réellement prioritaires comme ceux de la sécurité sociale (avec une carte vitale), comme les cartes bleues, les chéquiers ou les courriers de la préfecture avec une carte de séjour, on voit bien l’utilité qu’ils soient distribués par les facteurs. Mais où est l'urgence de distribuer les publicités d’une marque de beauté en période de confinement ? C’est pourtant ce qui s’est produit la semaine dernière à Nantes.

Alors que partout on entend « restez chez vous », il faut sélectionner les courriers et colis en période de confinement pour limiter les risques et donner la priorité à la santé des postiers, des soignants et de leurs proches. Préserver des vies ou maintenir les profits des actionnaires, La Poste, elle, a choisi cette dernière option.

 

Crown - Laon (Aisne) :  Rien de changé pour les patrons

Echo d'entreprise
06/04/2020

Le gouvernement a incité les patrons à verser une prime à ceux qui travaillent pendant l’épidémie.

Mais la direction générale du groupe a répondu non à la prime.

Beaucoup disent qu’après l’épidémie plus rien ne sera comme avant.

Visiblement pour les patrons, il n’y a rien de changé… et tout ce que les travailleurs veulent, il faudra qu'ils l'imposent !

Hutchinson - Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) :  Le patron a un problème de « je-nous »

Echo d'entreprise
06/04/2020

Le PDG d’Hutchinson a écrit un courrier aux travailleurs il y a quelques jours. Il y déplore que la reprise de la production ne serait que « timide ». Il dit aussi qu’elle est nécessaire pour suivre « nos » clients et « nos » marchés qui produisent toujours : l’aéronautique, l’automobile en Chine, et même l’armement aux Etats-Unis ! Bref rien d’indispensable…

Il prétend compter sur nous et sur notre « support collectif » à « notre entreprise ».

Il confond « je » (lui le patron qui défend les profits des actionnaires) et « nous » (les travailleurs qui vont trinquer sur leur salaire, leurs congés et peut-être leur santé) : il faudrait demander à des instits de lui faire une petite leçon de grammaire dans le cadre de « l’école à la maison ».

Hôpital des Feugrais Saint Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) :  Sa majesté Total est trop bonne !

Echo d'entreprise
06/04/2020

Total vient d'offrir 50 bons d’achat de 30 euros pour les soignants du CHI des Feugrais à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Un gros coup de pub à seulement… 1500 euros !

Pendant ce temps-là, Total a versé à ses actionnaires… 1,8 milliard d’euros de dividendes.
Il n’y a pas de confinement pour les profits.

CHU de Rouen (Seine-Maritime) :  Coup de pub à moindre frais

Echo d'entreprise
06/04/2020

Ces dernières semaines, c'est devenu très à la mode d’encenser les soignants et de faire des dons à l'hôpital. Ainsi, le personnel du CHU de Rouen a vu des chocolats livrés dans les services. Ferrero, qui possède une usine à Villers- Ecalles, à côté de Rouen, envoie ses chocolats produits pour Pâques et qui ne se seraient de toute façon pas vendus avec le confinement !

Visiblement l'entreprise cherche à se faire bien voir, sur le dos du personnel hospitalier et à pas cher.

Hôpital Tenon - Paris :  Le cordonnier le plus mal chaussé

Echo d'entreprise
06/04/2020

Alors que le gouvernement exhorte la population à rester chez elle, la direction n’applique pas ces directives à la lettre. Toutes les secrétaires médicales devraient rester chez elles et pouvoir exercer en télétravail.
Eh bien non. Faire prendre un risque mortel, alors que le travail pourrait être organisé autrement, c’est criminel.

PSA Metz et Trémery :  PSA peut avoir des masques quand les soignants en manquent

Echo d'entreprise
06/04/2020

Dans l’optique de redémarrer les usines de Metz et de Trémery, la direction PSA affirme qu’elle a des masques pour permettre aux salariés de travailler pendant un mois.

C’est un aveu sachant qu’elle prévoit au moins 2 masques par jour et par salarié, cela veut dire qu’elle a un stock ou qu’elle peut fournir aux usines de Metz et Trémery 200 000 masques.

Alors que tous les hôpitaux de Moselle craquent, que la blanchisserie industrielle située à quelques centaines de mètres de l’usine de Metz-Borny n’ont pas de masques, PSA en a pour produire des moteurs et des boîtes de vitesse !

On marche sur la tête. Les masques doivent aller à ceux qui sauvent des vies, pas servir à produire des voitures pour sauver leurs profits des capitalistes.

Disneyland - Paris :  Son univers impitoyable

Echo d'entreprise
06/04/2020

Début 2020, Disneyland Paris a planifié quatre spectacles jusqu’en juin et recruté plus de 350 intermittents : comédiens, danseurs, cascadeurs, personnels techniques. Mais avec la fermeture du parc, la direction vient de jeter ces centaines d’intermittents comme des malpropres.

Au début du confinement, Disney leur a proposé le chômage partiel à partir du 1er avril, comme pour les 15 000 salariés du parc. Ils devaient percevoir 84 % de leur salaire net payé par l’Etat, les 16 % restants étant versés par Disney jusqu’au 19 avril.

Mais mercredi 1er avril, la DRH de Disney leur a demandé par mail de procéder à « une rupture anticipée amiable du contrat de travail » à compter du jour-même. La majorité ont refusé, au risque de fâcher Disney et d’être mis sur liste noire par le groupe.

Samedi 4 avril, Disney a finalement mis fin aux contrats de tous les intermittents. Sans contrat, les intermittents se retrouvent au chômage. De plus, ils ne pourront pas justifier d’avoir travaillé les 507 heures par an, obligatoires pour garder leur statut d’intermittents.

En 2018, Disneyland Paris a affiché un bénéfice net de 255 millions d’euros. Les actionnaires doivent leur fortune au travail des 15 000 salariés du site et des centaines d’intermittents.

 

Centre de tri postal – Lille :  les postiers veulent faire respecter leur sécurité face à l’épidémie

Echo d'entreprise
05/04/2020

A la PIC de Lesquin (centre de tri du courrier et colis de la Poste), mardi 17 mars, deux postiers qui présentent des symptômes du Covid-19 sont évacués en ambulance.

Informés, leurs collègues de l’après-midi veulent rentrer chez eux parce que les conditions sanitaires ne sont pas assurées par la direction. Malgré les pressions de la hiérarchie, une dizaine de postiers décide de se mettre en droit de retrait. Certains délégués relayent l’inquiétude des salariés et le directeur finit par céder un droit de retrait de 14 jours pour ceux qui le souhaitent. Mais il laisse planer un doute sur le paiement : les droits de retrait seront requalifiés par la suite en « absences à régulariser».

Malgré tout, le petit groupe de postiers, rejoints par d'autres collègues en colère, convainc la majorité des salariés de l’après-midi de se mettre en droit de retrait. Le lendemain, informés, les services de nuit et du matin font également valoir leur droit de retrait. Au total, une bonne centaine de postiers de la PIC sont en droit de retrait.

Mais la direction veut reprendre la main. Le travail continue durant toute la semaine avec quelques volontaires et beaucoup de collègues en CDD et des intérimaires. Après avoir fermé l'établissement trois jours, la direction fait venir l’inspection du travail pour faire valider ses prétendues mesures de protection sanitaire.

Elle appelle ensuite chez eux tous les collègues qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour leur dire que maintenant que les normes de sécurité sont assurées, le droit de retrait n’est plus valable. Mais dans la réalité, les postiers sont plusieurs centaines dans les mêmes locaux, à manipuler du matériel à la chaîne, à effectuer des collectes de courrier à l'extérieur avec des véhicules partagés, en pleine épidémie.

Si bon nombre de postiers reviennent au boulot la boule au ventre, les plus combatifs restent déterminés à s'organiser sur le lieu de travail pour faire respecter des conditions sanitaires correctes. Le combat ne fait que commencer.

Hutchinson - Châlette sur Loing (Loiret) :  Solidarité, c'est aux actionnaires de puiser dans leur coffre fort !

Echo d'entreprise
05/04/2020

Depuis le 23 mars, Hutchinson a redémarré quelques ateliers avec 170 travailleurs. Un travailleur fiévreux a été renvoyé chez lui, son atelier a été fermé, désinfecté et réouvert dès le lendemain. Que cela soit pour lui ou d’autres travailleurs malades, sans dépistage, comment affirmer qu’il ne s’agit pas du Covid-19 ?

Le patron veut à tout prix honorer ses commandes et verser des dividendes aux actionnaires. Aussi, à la suite du groupe Total dont il fait partie, Hutchinson a annoncé qu'il ne recourrait pas au chômage partiel et refuserait les aides de l'État.

La direction exerce un chantage : les salaires des travailleurs seraient maintenus, sous condition qu'ils posent une partie de leurs congés. Ce n’est pas du salaire maintenu, c’est du vol. Être confiné et enfermé chez soi, c'est tout sauf des vacances ! De plus, avec la suppression de la prime de panier, le salaire sera amputé d'une centaine d'euros par mois. Une broutille pour les actionnaires de Total à qui on vient de verser 1,8 milliards d'euros !

Les travailleurs savent compter : avec 421 millions de profits en 2019, Hutchinson a largement les moyens de payer les salaires complets sans vol de leurs congés !