Échos des entreprises

Chauss’expo (Nord) :  Des pressions pour obtenir un minimum

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans les entrepôts de chaussures Chauss’expo à Lesquin, un peu plus de 50 travailleurs préparent les livraisons pour les 186 magasins Chauss’Expo.

Dans les jours qui ont précédé les annonces du gouvernement, ils ont dû faire pression pour que du gel hydroalcoolique soit mis à disposition. Aucune mesure n’avait été prise.

Lorsque des délégués syndicaux ont demandé à ce que les locaux communs soient nettoyés plus souvent la DRH a répondu « je ne vais pas payer une prestation supplémentaire ». Même des choses élémentaires comme laisser les portes des locaux communs ouvertes afin de ne pas toucher les poignées, ils n’y avaient pas pensé.

Le lundi suivant l’annonce de fermer tous les magasins, le directeur de l’entrepôt a réuni les travailleurs pour expliquer le travail à faire malgré la fermeture des magasins. Les travailleurs disaient que c’était irresponsable de faire travailler à cinquante dans la mesure où ils pouvaient se contaminer les uns les autres. Ils ont demandé à être au chômage partiel mais sans perte de salaire. Il a répondu que pour l’instant ils ne l’envisageaient pas. En début d’après-midi, c’était la même réponse : « nous attendons les mesures qu’Emmanuel Macron va annoncer ce soir ».

Plus tard dans la journée, les travailleurs étaient informés qu’ils seraient au chômage partiel à partir du mardi, pendant au moins 15 jours et sans perte de salaire.

En même temps, faire travailler alors que les 186 magasins sont fermés ne servait pas à grand-chose...

ST Microelectronics (Agglomération de Grenoble) :  Les puces avant les virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

STMicroelectronics est une multinationale qui emploie 46 000 salariés dans le monde, dont 10 000 en France. Cette entreprise fabrique des semiconducteurs utilisés dans les appareils électroniques de la vie quotidienne, les automobiles et les équipements industriels. Rien qui puisse de près ou de loin être utile dans le domaine médical à court terme. 

Sur le site de Grenoble, la plupart des 1 800 ingénieurs du site, sont en télétravail. Quant à la centaine de salariés restants, leur hiérarchie leur demande de venir travailler.

Sur le site de Crolles, où travaillent habituellement 4 000 salariés dont 2 000 en production, les ouvriers encore en poste en salles blanches doivent assurer la production avec 50% de l’effectif, y compris intérimaires et CDD. La direction veut continuer coûte que coûte à produire pour dit-elle “sortir gagnants de cette crise” face à ses concurrents. Elle a proposé 300 euros de prime mensuelle pour un temps plein, réservée aux travailleurs ST, en oubliant au passage ceux de la sous-traitance, du nettoyage, de la maintenance, de la logistique, gardiens, pourtant eux aussi, de la chair à profit.

Quelques mesures ont été prises sur les deux sites, pas de quoi calmer les angoisses : distances de sécurité, gel hydroalcoolique et même des masques type FFP2 qui devraient être fournis dans les jours à venir. Une mesure choquante quand on sait que les hôpitaux en manquent cruellement.

Hormis la CGT, les syndicats CGC, CFDT collaborent et ont signé un accord national avec la direction pour maintenir la production.

Comme l’a dit un travailleur "les salariés vont au front et les friqués sont à l'abri".

Voilà la déclinaison sociale de la guerre dont parle Macron…

Témoignage d'Agathe, travailleuse de la SNCF

Echo d'entreprise
22/03/2020

Paris :  Témoignage d'Aurélie, infirmière

Echo d'entreprise
22/03/2020

Airbus - Toulouse :  La colère monte d’un cran

Echo d'entreprise
22/03/2020

L’inquiétude des salariés est grande dans les usines de Toulouse où l’activité est arrêtée depuis une semaine, car il est question de reprendre le travail à partir de mardi 24. La direction assure que les outils, tablettes, machines ont été désinfectés pendant l’arrêt. Mais personne ne sait quelle société a fait ce travail ni dans quelle condition. Elle affirme aussi que cette désinfection sera également réalisée entre les deux nouveaux horaires (6h-12h et 15h-21h), c’est à dire pendant les trois heures d’intervalle, dès mardi prochain. Mais comment croire cela ? Elle affirme également qu’elle a 20 000 masques pour les salariés, alors qu’il en manque dans les hôpitaux et les EPHAD, les aides à domicile, et les caissières de supermarché. Mais manifestement Airbus passe avant.

Bref, en plus de l’inquiétude, c’est la colère qui monte. A la fois elle se veut rassurante en disant aux ouvriers que s’ils ont une amende en venant travailler mardi, c’est Airbus qui règlerait la note. Et dans le même temps, elle fait un chantage aux salaires et aux heures supps : elle annonce que les heures non faites après la reprise de mardi seront rattrapables en heures supps, et cela jusqu’en décembre. Quant aux congés payés et à la banque de temps, ils ne sont plus intouchables. Par ailleurs, pour les ouvriers qui font valoir leur droit à garder leurs mômes, il arrive qu’Airbus oublie d’avertir la CPAM.

La direction demande à ses chefs de créer des groupes Whatsapp sur leur secteur. Officiellement c’est pour rassurer les ouvriers, en réalité c’est pour les convaincre de venir travailler un point c’est tout, et souvent en mentant effrontément. Par contre dans les groupes Whatsapp que des ouvriers ont créé entre eux, c’est un vrai dégoût qui s’exprime contre cette irresponsabilité patronale. Si c’était pour venir fabriquer des respirateurs ou des masques ou du gel, des volontaires il y en aurait. Mais pour faire du montage d’avions, qui pour l’instant ne volent plus vraiment, où est l’intérêt en dehors de convaincre qu’un ouvrier ça travaille quelle que soit les conditions, et ça se tait.

Au final, sur Saint-Martin où la reprise de mardi devrait se faire au volontariat, les volontaires sont rares. A l’usine de Saint-Eloi, c’est aussi soi-disant au volontariat, mais « il faut venir » disent les chefs : il y a une liste d’ouvriers requis. Mais là aussi, il y a fort à parier que les machines ne feront pas beaucoup de bruit ce mardi.

ISS Naval (Saint-Nazaire) :  Les travailleurs imposent l'arrêt du travail

Echo d'entreprise
22/03/2020

Aux Chantiers navals de Saint Nazaire, les travailleuses et travailleurs de la société ISS font depuis longtemps le nettoyage des navires en cours de construction. Mardi 17 mars, ils ont fait partie de la grande masse de travailleurs, Chantiers de l'Atlantique ou sous-traitants qui ont refusé le travail à l'embauche après l'annonce du patron du Chantier qu'il ne fermerait pas le site, malgré le danger lié au coronavirus.

Devant le nombre et la détermination, le patron du chantier a préféré reculer et a annoncé l'arrêt de beaucoup de secteurs de la production, renvoyant de fait une grosse partie des salariés chez eux. Les patrons des entreprises sous-traitantes, eux, étaient libres de faire ce qu'ils voulaient ! Le patron d'ISS n'a pas voulu en démordre, pour lui le travail devait continuer. Le lendemain donc, dès l'embauche, c'est l'ensemble des travailleurs d'ISS, soit une cinquantaine d'embauchés et intérimaires, qui se sont de nouveau regroupés, pour refuser le travail.

Le directeur d'agence venu sur place pour les remettre au boulot a échoué et chacun a pu repartir, heureux de cette première victoire de pouvoir s'occuper de sa santé et celle de ses proches en restant à la maison... Première victoire, car reste le combat de ne pas avoir à payer la facture sur les congés et un salaire amoindri par la suite.

La Poste Paris 11e-20e :  Contre la passivité de la direction face au virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

Lundi 16 mars, le manque de réaction de La Poste face au virus étant évident, les facteurs ont attendu avant de travailler. Le droit de retrait exercé par les collègues de Maubeuge la semaine précédente était discuté. La direction est arrivée avec des mesurettes qui en ont laissé plus d’un perplexes. Après un CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire, elle a annulé la distribution des recommandés et a accepté du bout des lèvres que ceux qui ne voulaient pas sortir en tournée restent au bureau.

Les jours suivants, le dépôt d’un avis de danger par le CHSCT n’a pas fait bouger la direction mais a confirmé l’idée parmi les facteurs qu’il ne fallait surtout pas compter sur elle pour protéger leur santé. Trois collègues durent s’arrêter pour soupçons de corona virus et à chaque fois, la direction n’a renvoyé chez eux que ceux qui travaillaient sur le même quartier. Aussi, jeudi 19 mars, sur le 11e arrondissement, une cinquantaine de facteurs, la majorité des présents, se sont réunis et ont voté le dépôt d’un droit de retrait. Ils l’ont immédiatement mis en application en rentrant chez eux. La plupart ont tenu bon quand la direction les a menacés d’absence irrégulière s’ils ne revenaient pas travailler le lendemain.

Décidément, la fermeture du bureau est le seul remède pour se protéger du virus… et de la direction.

 

Cartonnerie Allard - Compiègne (Oise) :  ras le carton

Echo d'entreprise
22/03/2020

carton rouge !

L’usine Allard qui emploie moins de cent ouvriers, produit du carton, entre autre pour les sociétés de déménagement. Depuis le début du confinement cette production n’a pas été arrêtée. Le samedi 21 mars, la direction a même demandé aux salariés de venir travailler en heures supplémentaires le matin, ce que beaucoup ont refusé.

Or à Compiègne et ailleurs, les agences de déménagement tournent au ralenti quand elles ne sont pas tout simplement fermées pour quinze jours au moins.

Le patron en profite en fait pour faire du stock en vue de la sortie du confinement. Il accumule surtout de quoi faire monter la colère des ouvriers.

Michelin (Cholet) :  Gonflé, le patron !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans le cadre de la crise du coronavirus, la direction du groupe Michelin a annoncé dès le début de la semaine du 16 mars la fermeture de ses usines en Italie, en Espagne et en France. Une occasion pour elle de jouer les « bons patrons »... mais elle a bien vite tenté de présenter la facture aux travailleurs !

Michelin voudrait en effet s’appuyer sur la future loi d’urgence sanitaire pour faire peser le coût de cet arrêt de la production sur les salariés. Sans honte aucune, la direction du groupe a prétendu exiger des ouvriers que leur première semaine d’inactivité soit décomptée de leurs congés payés. Renoncer à leur cinquième semaine de congés annuels, voilà ce que Michelin a proposé aux travailleurs. Michelin voudrait d’ailleurs que la dernière semaine de mars soit prise sur les RTT – tout cela pour lui permettre de n’avoir recours au dispositif du chômage partiel (de toute façon largement payé par l’Etat, donc par l’argent public) qu’à partir de début avril.

Le patron, qui ne doute de rien, a voulu imposer aux syndicats son « union sacrée ». Quoi de mieux que de faire valider une telle attaque par les syndicats, quand on veut faire avaler une pilule aussi indigeste aux salariés... Mais à l’usine de Cholet, le patron est tombé sur un os. Tous les syndicats (CGT, CFDT, SUD et CGC) ont refusé le sacrifice des congés. Tous ont demandé le maintien du salaire à 100%. Et au lieu de tomber dans le piège de la solidarité avec le patron, ils demandent le gel du versement des dividendes aux actionnaires.

Ce n’est certainement pas la perte d’une semaine de vacances qui va régler le problème sanitaire du coronavirus. Même confinés, les travailleurs ne sont pas dupes des manœuvres de Michelin pour protéger ses bénéfices en temps de pandémie. Alors que la pression du gouvernement et du patronat est forte pour renvoyer tout le monde au travail, même dans des activités pas du tout vitales pour la population comme la production de pneus, les salariés de Michelin n’entendent pas être sacrifiés sur l’autel des profits.

Airbus (Nantes) :  Notre vie avant leurs profits !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Mardi 18 la direction arrêtait toute la production dans les usines de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire. Mais l’arrêt de la production sera de courte durée avec l’annonce de la direction de reprendre le travail dès lundi 23 pour certains secteurs, après avoir « étudié des modes de travail excluant toutes contaminations ». Pour cela il faut des masques, des gants et du gel hydro-alcoolique en très grande quantité, ce qu’elle assure avoir.

Alors que  tout le personnel hospitalier, les médecins de ville et infirmiers manquent cruellement de masques et de gel et de protection, voilà des patrons qui en disposent à volonté pour faire reprendre le travail à des salariés qui ne demandent qu’une chose : rester chez eux pour ne pas transmettre ou attraper le virus !

Risquer sa vie pour continuer à produire des avions qui sont pour l’instant cloués au sol, est révélateur d’un système où le profit est l’urgence absolu avant même la santé et la vie de ceux qui le produisent. « Nous sommes en guerre... » oui ! Le camp des travailleurs doit s’organiser pour sauver sa peau face au camp des patrons qui s’organisent pour sauver eux, leurs profits.