Échos des entreprises

Clinique Bordeaux-Nord :  Les patrons ne perdent pas le nord... et exposent dangereusement les soignants

Echo d'entreprise
03/04/2020

Les cliniques privées prennent leur part de prise en charge du Covid-19. Et c’est parfaitement normal. Des personnels soignants aux agents de service, les salariés prennent des risques pour cela.

Du côté des patrons, avant même de s’engager dans cette participation, ils avaient obtenu que l’État les garantisse contre la perte de revenus éventuelle due au ralentissement de leurs autres activités en leur assurant une allocation de l'assurance malade identique à celle que leur permettrait une activité normale.

On voit que, quoi qu’il arrive, les patrons assurent leurs arrières contre toute perte éventuelle.

Pour les soignants, il en va autrement. Maintenant que des malades de Mulhouse dans un état grave sont pris en charge dans la clinique Bordeaux-nord, le personnel est particulièrement exposé. Pourtant, la direction continue à opposer un refus à celles et ceux qui expriment la demande d’être testé ou testée au virus, s’ils ou elles ne présentent pas de symptômes.

Au début, on nous disait de voix officielle que ce n’était pas justifié. Mais on sait maintenant qu’on peut être porteur et transmettre le virus sans présenter de symptômes, et que c’était juste une manière de cacher le manque de tests.

Pour le reste, c’est à l’avenant. À mesure que les stocks de gants, de blouses et d’autres équipements de protection s’amenuisent, on a remarqué que les consignes de sécurité que tiennent les responsables de l’entretien aux agents de service rétrécissent également. Il paraît maintenant que les équipements complets ne sont plus nécessaires, que rien ne vaut un bon lavage de mains régulier ! Le gouvernement nous a fait le même cinéma en nous mentant sur comment se passer de l’indispensable.

Alors on ne leur fait plus confiance, ni aux uns, ni aux autres. Le personnel ne veut pas ramener le corona à la maison. Et il lui faut les protections nécessaires !

Michelin :  Pipeau

Echo d'entreprise
03/04/2020

Usine Michelin de Roanne

La direction de Michelin, qui souhaite relancer la production, se vante de mettre en place « des protocoles sanitaires renforcés contre le coronavirus ».

En fait il ne s’agit que des précautions élémentaires préconisées par les services de santé.

Le véritable « renforcement » est de rester confiné chez soi !

La Poste - Paris 17ème :  Pour la sécurité… il faut insister !

Echo d'entreprise
02/04/2020

La masse de courrier a sensiblement baissé et La Poste a décidé de faire travailler les facteurs les mercredis, jeudis et vendredis de cette semaine et en principe des semaines qui viennent.

Les facteurs ne s’en plaignent pas. Mais, du coup, sans ceux qui gardent leurs enfants,  les jours travaillés ils ont du travail par-dessus la tête, comme c’était le cas avant l’épidémie du fait des suppressions d’emplois.

Visiblement, pour La Poste, il est important que les facteurs ne prennent pas l’habitude de travailler plus tranquillement.

Inversement, pour les facteurs, ce qui est important, c’est de faire en sorte de pouvoir travailler en toute sécurité et sans précipitation.

Il aura fallu du temps pour que les facteurs aient enfin ce qu’il faut pour assurer leur protection, masques, gels, liquide désinfectant. La direction de La Poste aurait donné comme consignes aux entreprises de ménage de désinfecter les locaux mais les agents du ménage à Paris 17 n’étaient pas au courant.

Entre le baratin des uns et le mépris des autres et inversement, le patronatvirus fait des ravages !

Pour La Poste cela ne presse pas… et ce n’est pas nouveau !

La Poste a donc fait le choix de ne pas distribuer tous les jours les quotidiens. Une partie des sociétés de presse s’en est plaint, mettant en avant la nécessité de l’information et le fait que La Poste l’ait fait sans concertation. Ceci dit, avant l’épidémie, à force de suppressions d’emplois, il y avait déjà des jours où les facteurs distribuaient en même temps plusieurs numéros d’un quotidien qui n’avait pas pu être distribué pendant plusieurs jours faute d’effectif suffisant.

Moulins  :  Licenciements dans les bus

Echo d'entreprise
02/04/2020

Kéolis, la société qui gère les bus de ville dans l’agglomération de Moulins, vient de licencier trois conducteurs. En effet, au 31 mars, elle n’a pas renouvelé les contrats de trois conducteurs embauchés en CDD.
La ministre du Travail a eu beau dire à la télévision qu’il ne fallait pas licencier, trois travailleurs se retrouvent au chômage.
Et combien d’autres, intérimaires, contrats, à l’essai se retrouvent licenciés du jour au lendemain, parfois par un simple SMS.
L’Etat a déboursé des centaines de millions d’euros pour aider les entreprises. Kéolis est un gros groupe qui a les reins solides. Il n’y avait aucune raison de licencier ces trois travailleurs. Il aurait suffit de prolonger leur contrat jusqu’à ce que les transports reprennent normalement.
L’interdiction des licenciements devrait être normalement la règle. En cette période d’épidémie, c’est d’autant plus vrai !

Bronze Alloys (Marne) :  Une ambition de vautour

Echo d'entreprise
02/04/2020

La direction a choisi de continuer la production, alors qu'elle n'a rien d'essentiel dans la période, malgré les nombreux travailleurs dénonçant cette décision.
Aucune mesure sérieuse n'a été prise. Paroles de patron : "les ouvriers peuvent pousser le tourniquet avec leur coude au lieu de la main" ; "chacun a reçu son flacon de gel hydroalcoolique". Pour la direction, c'est suffisant, car "l'activité économique doit perdurer... nos produits concernent des marchés tels que les pièces de sécurité dans l'aéronautique ou le naval...". D'autant que ce serait, toujours pour la direction, l'opportunité de racheter des concurrents fragilisés !
Difficile de savoir si cette direction est plus cynique qu'irresponsable.

Infirmière en colère - Noisy-le-Grand :  Un témoignage édifiant

Echo d'entreprise
02/04/2020

Je suis infirmière libérale à Noisy-le-Grand. Depuis quelques semaines, le quotidien au travail est particulièrement difficile. Pour faire nos tournées, nous manquons de masques FFP2, bien plus efficaces que les masques chirurgicaux pour nous protéger et protéger nos patients. L’Etat avait promis des masques, mais je n'ai eu que 18 masques chirurgicaux la première semaine de confinement, et rien du tout la deuxième. Heureusement, un patient travaillant à EDF nous a donné 10 masques FFP2. La troisième semaine, il a fallu que je me mette très en colère à la pharmacie pour qu'on me donne enfin 10 masques chirurgicaux et 6 FFP2.

Pour le gel hydroalcoolique, c’est aussi la débrouille. Pendant nos jours de repos, nous démarchons les pharmacies de Noisy et ses alentours (Torcy, Champs-sur-Marne) pour reconstituer un stock suffisant pour une semaine. Je manque aussi de charlottes et de surblouses.

Au lieu de nous concentrer sur notre travail de soignants, nous perdons notre temps et notre énergie à chercher du matériel de protection. Pour combien de temps encore ?

Mann Hummel à Louverné (Mayenne) :  Débrayage à 90%

Echo d'entreprise
02/04/2020

Le 9 mars, les salariés de l’entreprise Mann Hummel, à Louverné près de Laval, ont débrayé à 90 %, inquiets d’être obligés de venir travailler alors que leurs proches sont confinés. Cette entreprise produit des pièces automobiles, entre autres des filtres. Cette production n’est pas vitale, et les travailleurs ne voyaient donc pas pourquoi ils auraient à mettre leur santé en danger.

Face à cette réaction, la direction a accepté de mettre en place des aménagements destinés à limiter les contacts ; et les salariés qui le souhaitent pourront, sous certaines conditions, ne pas venir travailler. C’est bien sûr la fermeture de cette usine (comme de bien d’autres) qui devrait être à l'ordre du jour si les propos du gouvernement au sujet de « la guerre au virus » étaient sérieux. En attendant, c’est bien à leur mobilisation collective que les travailleurs de Mann Hummel doivent ces reculs de la direction.

La santé des travailleurs avant celle des profits !

Centre hospitalier specialisé de la Sarthe :  Ça la fiche mal !

Echo d'entreprise
02/04/2020

Alors même que l’épidémie de coronavirus ne fait que commencer, l’hôpital n’est déjà plus à même de fournir aux soignants des embouts de thermomètre pour prendre la température des patients...  Il a été recommandé au personnel de laisser un embout dans chaque chambre, de le nettoyer et de le réutiliser plusieurs fois... ce qui n’est absolument pas conforme aux recommandations.

L’approvisionnement aurait pu être anticipé, c’est quand même la moindre des choses de pouvoir prendre la température dans un service de soins, avec ou sans épidémie !

Pôle Santé Sud, Le Mans :  Chômage partiel en pleine épidémie ?

Echo d'entreprise
02/04/2020

Des informations contradictoires circulent sur la possibilité d’être mis en chômage partiel. Mais ce qui est certain, c’est que la direction a commencé à en informer le personnel. Il est question d’une demande à titre conservatoire auprès d’un service de l’État, la Direccte, pour une période allant jusqu’à fin juin ! On croirait rêver car en ce moment, tout le système de Santé devrait être mobilisé. Et même si cette mesure n’était finalement pas mise en œuvre, le fait qu’elle ait été envisagée est choquant. D’autant plus, dans une clinique appartenant au groupe Elsan qui se présente comme un des leaders de l’hospitalisation privée et qui aurait largement les moyens de maintenir le paiement de tous les salaires sans faire payer le chômage à la collectivité !

Seulement voilà. Dans "l'industrie" de la santé, les soins ne sont que le prétexte, le vrai moteur c'est le profit comme dans les autres industries en régime capitaliste !

DAHER Loire-Atlantique :  Jusqu'aux derniers centimes

Echo d'entreprise
02/04/2020

Chez Daher, une entreprise sous-traitante d'Airbus, les travailleurs découvrent au fur et à mesure de la communication de leur direction, que le patron est bien résolu à leur présenter la totalité de la facture de la crise sanitaire ! 

En toute irresponsabilité le groupe Daher a décidé de renvoyer les salariés au travail, après une semaine d’arrêt, tout comme Airbus le "donneur d'ordre". La direction d'Airbus prétend qu'il faut sauver les sous-traitants en leur donnant du boulot, pendant que celle de Daher explique qu'elle n'a pas d'autre choix que de ré-ouvrir pour fournir Airbus ! Tout ce petit monde se partage les rôles et se renvoie la balle, avec pour objectif commun le profit, à n'importe quel prix !

La "liste de courses" du patronat était à peine rendue sur le bureau de la ministre du travail Penicaud, que les ordonnances dérogatoires au code du travail se sont mises à pleuvoir. Et pour finir, les patrons se sont précipités pour faire signer des accords d'entreprise à ceux des syndicats qui veulent bien leur rendre ce service.

Chez Daher comme dans beaucoup de boites, question "sécurité", les gadgets sont de sortie pour la façade : 

- Horaires aménagés avec des temps de désinfection des postes de travail, mais que personne ne s'inquiète: "à titre tout à fait exceptionnel et pour tenir compte de l'engagement des salariés concernés, aucune récupération de temps ne sera demandée pour les heures non réalisées en raison de ces horaires aménagés". 

- Quelques poignées de masques, quelques bidons de gel hydroalcoolique ou plutôt de substituts, la suppression des pauses café et le tour est joué.

En ce qui concerne les salariés dont le poste n'est pas ré-ouvert, avant de rentrer dans le dispositif de chômage partiel, la direction prend 5 jours de congés payés et 1 jour sur un compte heure temps. 

Quand à la rémunération du chômage partiel, elle sera de 95 % du net au lieu des 84% prévus par le gouvernement... mais, attendez, qu'est-il écrit dessous ? Le complément sera remboursé en temps de travail supplémentaire quand le salarié retournera au boulot !   

Toutes ces mesures illustrent parfaitement l'état d'esprit du patronat : crise sanitaire ou pas, aucune inflexion de sa ligne de conduite. La santé des salariés, leurs salaires et leurs conditions de travail sont les seules marges d'ajustement sur lesquels le patronat et le gouvernement à son service envisagent de rogner !

En nous obligeant à travailler en plein confinement ou en nous volant des jours de congés, le patronat ne nous laisse pas le choix : les travailleurs devront faire bloc pour ne pas y laisser leur peau !