Échos des entreprises

La Poste :  Prise la main dans le masque

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le jeudi 9 avril, le tribunal des référés de Paris a rendu une décision condamnant la Poste à une nouvelle évaluation des risques professionnels, afin de respecter son obligation en matière de santé et sécurité.

Dès le début du confinement, la direction de la Poste reprenait le discours mensonger du gouvernement comme quoi « les masques ça ne sert à rien ». On a appris ensuite que la Poste disposait d’un stock de 24 millions de masques qui ne lui servait même pas à protéger les postiers.

Dénoncée dans différents journaux dont Libération comme « n’ayant pas joué le jeu » et accusée de ne pas avoir communiqué ce stock à l’Etat, la Poste s’est défendue en invoquant « une polémique ridicule ». Cela a fait réagir de nombreux postiers écœurés par les propos d’une direction aussi cynique qui les a envoyés au travail pendant des jours et des jours sans protection.

Colgate - Compiègne (Oise) :  Les gestes barrière… de classe

Echo d'entreprise
14/04/2020

bâtiment de la direction du groupe américain à New york

À Compiègne, l’usine de Colgate qui produit du savon, mais aussi de la lessive ou de l'adoucissant, tourne à fond. Mais il n’y a toujours pas de masque.

Il y a au moins un cas avéré d’ouvrier contaminé. Mais en fait beaucoup de travailleurs ont eu des symptômes et ont très probablement été contaminés.

L’argument pour produire coûte que coûte, c’est la nécessité de produire du savon.

L'usine est d’utilité publique selon la déclaration préfectorale. Mais protéger ceux qui produisent, ce ne serait-il pas d’utilité publique ?

Allard – Compiègne (Oise) :  Débrayages dans les cartonneries du groupe

Echo d'entreprise
14/04/2020

grévistes de l'usine de la Sarthe

Les 9 et 14 avril, les salariés de la cartonnerie située à Compiègne ont débrayé, comme dans les autres usines, en particulier à Aubigné-Racan dans la Sarthe, après le refus de la direction du groupe d’accorder la prime « Covid » de 1000 euros.

Le patron a fait travailler y compris en heures supplémentaires, profitant des commandes qui affluent. Et beaucoup d’argent est rentré dans son coffre-fort. Mais quand il s’agit d’en sortir, il se montre "dur de la feuille". Les deux débrayages ont apparemment soigné ses problèmes d'audition.

Le 14 avril, la direction a accepté de revoir sa décision. Les travailleurs ont bien l’intention de continuer à crier plus fort pour avoir gain de cause.

Centre Hospitalier Régional - Orléans (Loiret) :  A votre bon cœur !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Lors d'une manifestation en janvier 2020

Depuis le jeudi 9 avril, une cagnotte a été lancée offrant la possibilité à ceux qui le souhaitent de faire un don en ligne. L'objectif selon la direction de cet hôpital : "soutenir les efforts des équipes soignantes engagées pour sauver des vies".

Les fonds récoltés avec cette cagnotte "Solidarité Covid-19" permettront "d'améliorer les conditions de travail des professionnels hospitaliers tous mobilisés dans la durée par cette crise sanitaire", déclare encore la direction. En fait il s’agit selon elle de récolter des dons pour des "prestations de réconfort" : petits-déjeuners, plateaux-repas...

Voilà où en est arrivé l’hôpital public : faire la charité pour nourrir correctement le personnel.

Papeterie Allard à Aubigné-Racan (Sarthe) :  Recul du patron face à la grève !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Rassemblement des grévistes devant l'entreprise

Vendredi 10 avril, la majorité des travailleurs de la papeterie Allard (73 salariés) se sont mis en grève pour réclamer un minimum d’équipements de sécurité. Cette entreprise du groupe Allard-Valois qui possède 10 sites en France, produit des emballages, notamment pour l’alimentaire.

Depuis trois semaines, alors que l’entreprise tourne à fond 24h sur 24 et 7 jours sur 7, le personnel exigeait du savon virucide, du gel hydroalcoolique sur tous les postes et le nettoyage des sanitaires et parties communes par une entreprise extérieure car celui-ci n’est plus assuré depuis 5 ans (ou alors par les ouvriers en plus de leur travail) suite au non-remplacement de la femme de ménage. Les propos du directeur, tenus lors d’une réunion où il traite le personnel de « tire-au-flanc », a fini par déclencher la grève. Face à cette réaction collective en pleine période de confinement, le directeur, si avare et arrogant, a dû céder sur le gel et accorder le nettoyage quotidien des locaux.

Cette réaction salutaire montre que, même dans de petites entreprises, pour se faire respecter, la grève est l'arme des travailleurs.

Schaeffler – Haguenau :  Les patrons organisent le déconfinement avant l’heure

Echo d'entreprise
14/04/2020

Depuis une semaine, l’usine Schaeffler d’Haguenau, qui compte en temps normal près de 2000 salariés et fournit roulements et pièces pour l’industrie automobile, reprend sa production. L’effectif sur le site atteint au moins les 400 personnes.

Un syndiqué CGT de l’usine, cité par les DNA de ce jour, raconte : « d’un côté on me dit de rester confiné à la maison, je fais mes courses au drive pour ne croiser personne, et de l’autre je côtoie des centaines de collègues… pour faire de la ferraille ! Ce n’est pas tout à fait logique ! »

Schaeffler, c’est un trust qui compte de près de 80 000 salariés, qui a fait plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, et qui permet à la famille Schaeffler, principal actionnaire, d’être une des premières fortunes d’Allemagne. Dans le cadre de la société capitaliste, cette puissance économique donne à un groupe comme Schaeffler le droit d’imposer sa logique, celle du profit, qui n’est effectivement pas celle de la santé des travailleurs.

 

Michelin :  La pérennité des profits

Echo d'entreprise
13/04/2020

Dans sa récente interview, Menegaux, le dirigeant de Michelin, met en avant ses deux priorités : « la sécurité des salariés et la pérennité de l’entreprise ». Cela est contradictoire.

Depuis des années, Michelin « traverse les crises très importantes » en fermant des usines, en licenciant et en augmentant les cadences pour ceux qui restent, avec une aggravation du nombre de travailleurs souffrants précocement de TMS.

Les actionnaires par contre ne sont jamais mis à contribution ; mieux, leurs profits ne cessent d’augmenter.

Cette crise, comme les précédentes, ne sera « traversée par l’entreprise » qu’en la faisant payer aux travailleurs.

Michelin :  Nous n’avons pas les mêmes valeurs

Echo d'entreprise
13/04/2020

Entrée de la Combaude (Clermont-Ferrand)

Menegaux, le patron de Michelin, fait la promotion des masques qui vont être produits dans l’entreprise. La raison première est assumée : fournir les salariés de l’usine pour redémarrer la production de pneus. Il s’agit d’être le premier sur les marchés quand la reprise s’amorcera. Fournir les services de santé ne se fera que « si nous pouvons faire plus » explique-t-il.

L’idée de transformer un plus grand nombre d’usines pour fabriquer en urgence les masques, ou du gel hydroalcoolique qui font cruellement défaut depuis plus d’un mois, n’est pas considéré comme prioritaire. Pourtant il y aurait eu des volontaires, comme le prouve le dévouement de ceux qui viennent aujourd’hui.

Tant que les Michelin, et autres grands bourgeois, prendront les décisions, notre vie sera en danger perpétuel.

GMF Arras (Pas-de-Calais) :  Les salariés des assurances face au Covid-19... et à leurs patrons

Echo d'entreprise
13/04/2020

À Arras, à la plateforme téléphonique de l’assureur GMF, lors de la première semaine du confinement, il a fallu attendre plusieurs jours et la suspicion de deux cas de contamination au Covid-19 parmi les 80 salariés du site, pour que les patrons finissent par généraliser le télé-travail.

Les travailleurs de ce site ont dénoncé dans la presse le risque que les patrons leur ont fait prendre en continuant à les faire venir travailler sur le site.

Et alors que le gouvernement et les médias tournaient en boucle sur le refrain « les Français sont irresponsables, ils ne respectent pas le confinement », les salariés de GMF Arras s’inquiétaient pour leur santé, mais aussi pour celle des autres. Car si la plateforme téléphonique devenait un nouveau foyer du virus les salariés risquaient de le diffuser.

Un exemple de plus de patrons qui assurent leurs profits avant la santé de leurs salariés.

Rapido à Mayenne :  Le profit d’abord !

Echo d'entreprise
13/04/2020

Mise à l'arrêt depuis la première semaine du confinement, l’entreprise de camping-cars Rapido, à Mayenne, va reprendre la fabrication dès le mardi 14 avril. Dans le protocole proposé par la direction, qui énonce les mesures de précaution face au Covid-19, on peut lire que les salariés qui ont obligation de travailler en binôme sur les mêmes tâches seront équipés de masques FFP2. Alors que les soignants ne sont pas tous, loin s’en faut, équipés de ce type de masque, un nombre non négligeable va donc servir pour la production de camping-cars...

On voit où sont les priorités dans cette société capitaliste. C'est révoltant.