Échos des entreprises

Centre Hospitalier Régional - Orléans (Loiret) :  A votre bon cœur !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Lors d'une manifestation en janvier 2020

Depuis le jeudi 9 avril, une cagnotte a été lancée offrant la possibilité à ceux qui le souhaitent de faire un don en ligne. L'objectif selon la direction de cet hôpital : "soutenir les efforts des équipes soignantes engagées pour sauver des vies".

Les fonds récoltés avec cette cagnotte "Solidarité Covid-19" permettront "d'améliorer les conditions de travail des professionnels hospitaliers tous mobilisés dans la durée par cette crise sanitaire", déclare encore la direction. En fait il s’agit selon elle de récolter des dons pour des "prestations de réconfort" : petits-déjeuners, plateaux-repas...

Voilà où en est arrivé l’hôpital public : faire la charité pour nourrir correctement le personnel.

Papeterie Allard à Aubigné-Racan (Sarthe) :  Recul du patron face à la grève !

Echo d'entreprise
14/04/2020

Rassemblement des grévistes devant l'entreprise

Vendredi 10 avril, la majorité des travailleurs de la papeterie Allard (73 salariés) se sont mis en grève pour réclamer un minimum d’équipements de sécurité. Cette entreprise du groupe Allard-Valois qui possède 10 sites en France, produit des emballages, notamment pour l’alimentaire.

Depuis trois semaines, alors que l’entreprise tourne à fond 24h sur 24 et 7 jours sur 7, le personnel exigeait du savon virucide, du gel hydroalcoolique sur tous les postes et le nettoyage des sanitaires et parties communes par une entreprise extérieure car celui-ci n’est plus assuré depuis 5 ans (ou alors par les ouvriers en plus de leur travail) suite au non-remplacement de la femme de ménage. Les propos du directeur, tenus lors d’une réunion où il traite le personnel de « tire-au-flanc », a fini par déclencher la grève. Face à cette réaction collective en pleine période de confinement, le directeur, si avare et arrogant, a dû céder sur le gel et accorder le nettoyage quotidien des locaux.

Cette réaction salutaire montre que, même dans de petites entreprises, pour se faire respecter, la grève est l'arme des travailleurs.

Schaeffler – Haguenau :  Les patrons organisent le déconfinement avant l’heure

Echo d'entreprise
14/04/2020

Depuis une semaine, l’usine Schaeffler d’Haguenau, qui compte en temps normal près de 2000 salariés et fournit roulements et pièces pour l’industrie automobile, reprend sa production. L’effectif sur le site atteint au moins les 400 personnes.

Un syndiqué CGT de l’usine, cité par les DNA de ce jour, raconte : « d’un côté on me dit de rester confiné à la maison, je fais mes courses au drive pour ne croiser personne, et de l’autre je côtoie des centaines de collègues… pour faire de la ferraille ! Ce n’est pas tout à fait logique ! »

Schaeffler, c’est un trust qui compte de près de 80 000 salariés, qui a fait plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, et qui permet à la famille Schaeffler, principal actionnaire, d’être une des premières fortunes d’Allemagne. Dans le cadre de la société capitaliste, cette puissance économique donne à un groupe comme Schaeffler le droit d’imposer sa logique, celle du profit, qui n’est effectivement pas celle de la santé des travailleurs.

 

Michelin :  La pérennité des profits

Echo d'entreprise
13/04/2020

Dans sa récente interview, Menegaux, le dirigeant de Michelin, met en avant ses deux priorités : « la sécurité des salariés et la pérennité de l’entreprise ». Cela est contradictoire.

Depuis des années, Michelin « traverse les crises très importantes » en fermant des usines, en licenciant et en augmentant les cadences pour ceux qui restent, avec une aggravation du nombre de travailleurs souffrants précocement de TMS.

Les actionnaires par contre ne sont jamais mis à contribution ; mieux, leurs profits ne cessent d’augmenter.

Cette crise, comme les précédentes, ne sera « traversée par l’entreprise » qu’en la faisant payer aux travailleurs.

Michelin :  Nous n’avons pas les mêmes valeurs

Echo d'entreprise
13/04/2020

Entrée de la Combaude (Clermont-Ferrand)

Menegaux, le patron de Michelin, fait la promotion des masques qui vont être produits dans l’entreprise. La raison première est assumée : fournir les salariés de l’usine pour redémarrer la production de pneus. Il s’agit d’être le premier sur les marchés quand la reprise s’amorcera. Fournir les services de santé ne se fera que « si nous pouvons faire plus » explique-t-il.

L’idée de transformer un plus grand nombre d’usines pour fabriquer en urgence les masques, ou du gel hydroalcoolique qui font cruellement défaut depuis plus d’un mois, n’est pas considéré comme prioritaire. Pourtant il y aurait eu des volontaires, comme le prouve le dévouement de ceux qui viennent aujourd’hui.

Tant que les Michelin, et autres grands bourgeois, prendront les décisions, notre vie sera en danger perpétuel.

GMF Arras (Pas-de-Calais) :  Les salariés des assurances face au Covid-19... et à leurs patrons

Echo d'entreprise
13/04/2020

À Arras, à la plateforme téléphonique de l’assureur GMF, lors de la première semaine du confinement, il a fallu attendre plusieurs jours et la suspicion de deux cas de contamination au Covid-19 parmi les 80 salariés du site, pour que les patrons finissent par généraliser le télé-travail.

Les travailleurs de ce site ont dénoncé dans la presse le risque que les patrons leur ont fait prendre en continuant à les faire venir travailler sur le site.

Et alors que le gouvernement et les médias tournaient en boucle sur le refrain « les Français sont irresponsables, ils ne respectent pas le confinement », les salariés de GMF Arras s’inquiétaient pour leur santé, mais aussi pour celle des autres. Car si la plateforme téléphonique devenait un nouveau foyer du virus les salariés risquaient de le diffuser.

Un exemple de plus de patrons qui assurent leurs profits avant la santé de leurs salariés.

Rapido à Mayenne :  Le profit d’abord !

Echo d'entreprise
13/04/2020

Mise à l'arrêt depuis la première semaine du confinement, l’entreprise de camping-cars Rapido, à Mayenne, va reprendre la fabrication dès le mardi 14 avril. Dans le protocole proposé par la direction, qui énonce les mesures de précaution face au Covid-19, on peut lire que les salariés qui ont obligation de travailler en binôme sur les mêmes tâches seront équipés de masques FFP2. Alors que les soignants ne sont pas tous, loin s’en faut, équipés de ce type de masque, un nombre non négligeable va donc servir pour la production de camping-cars...

On voit où sont les priorités dans cette société capitaliste. C'est révoltant.

 

Mannesmann Précision Tubes (Vitry-le-François) :  La production tant que…

Echo d'entreprise
13/04/2020

En sous-activité depuis des mois, l’usine Mannesmann Précision Tubes à Vitry-le-François vivait jusqu’à la crise du covid-19 au rythme de suppression d’équipes de nuit et de journées de récupération imposées. Quand il a été question de confinement, beaucoup, même chez les hiérarchies, pensaient logiquement qu’on allait vers un arrêt total momentané de la production.

Et puis non : la maison mère aurait donné l’injonction de produire en urgence des commandes devenues indispensables ! Mais sans aucun aménagement des horaires ni de l’organisation de la production. Juste une bouteille de désinfectant par personne, mais croisement dans les vestiaires et réfectoires obligatoires !

Le comble, c’est que ce maintien d’activité a été annoncé aux délégués en même temps que l’annonce d’une nouvelle réduction importante de la production dans un futur proche, rendant les inquiétudes sur l’avenir de l’entreprise encore plus grandes !

Produire plus vite en prenant des risques avec la crainte pour son emploi ! « Pour le moment on a les hommes, l’énergie et la matière, alors on produit » se sont entendu dire des travailleurs qui cherchaient des explications auprès d’un responsable… La nouvelle version de « marche ou crève » !

RATP Bus - Ile-de-France :  Bas les masques !

Echo d'entreprise
13/04/2020

Après avoir refusé le port d’un masque pour les travailleurs de la maintenance, des bus et du métro, la RATP les distribue depuis mercredi 8 avril, plus d’un mois après que cela ait été demandé. Ce ne sont que des masques chirurgicaux, qui n’offrent pas la protection des FFP2.

Il y a même eu des cas où des chefs avaient menacé de suites disciplinaires ceux qui en auraient mis. L’écœurement des travailleurs est grand, surtout après la mort de deux salariés dont le dernier n’avait que 37 ans. Il était agent de sécurité, sportif, et avait d’ailleurs exercé un droit de retrait, face aux conditions de travail dans des locaux exigus et des véhicules d’intervention où l’on passait des heures à plusieurs.

Même pour assurer le minimum de protection aux salariés qui jouent leur vie tous les jours, la RATP fait tout avec dix métros de retard.

Fedex - Roissy :  Les travailleurs en danger

Echo d'entreprise
13/04/2020

Le hub européen de FedEx, géant mondial du transport de paquets, n’a jamais arrêté son activité sur la zone aéroportuaire de Roissy.

Pour entrer sur le site chaque travailleur doit faire une reconnaissance digitale : tous posent leur doigt sur le même appareil, ce qui semble un excellent moyen de transmettre le coronavirus ! Sous la pression, la direction a fini par mettre en place une distribution de flacons de gel hydro-alcoolique, mais pas de masques alors que des centaines de travailleurs font la queue plusieurs fois par jour dans le hall d’entrée, avec des agents de sécurité encore plus exposés puisqu’ils y restent bien plus longtemps.

Un certain nombre de travailleurs se sont mis en arrêt maladie. Beaucoup se sentent piégés entre la peur de perdre leur travail et celle d’être contaminés, en particuliers les intérimaires. La direction a proposé une prime de 1 000 euros, mais certains travailleurs, révoltés, rétorquaient qu’un cercueil vaut plus cher.

Le 26 mars, l’inquiétude et la rage ont encore augmenté lorsque les travailleurs du site ont reçu un message de la direction annonçant la mort, deux jours plus tôt, d’un intérimaire de Manpower, infecté par le coronavirus, à l’issue de sa mission d’une semaine.

Les sociétés d’intérim se sont engagées depuis lundi 30 à ne plus envoyer de salariés sur place. Mais le travail continue sur le site. Comme à la guerre, les travailleurs servent de chaire à profit.