Échos des entreprises

Clermont-Ferrand :  Témoignage de Dominique Leclair, technicien chez Michelin

Echo d'entreprise
29/03/2020

Elior services - Saint-Etienne :  Les femmes de ménage excédées par leurs conditions de travail

Echo d'entreprise
29/03/2020

Avec la crise du Covid-19, s’il y a une catégorie de travailleuses oubliée, c’est bien celle des femmes de ménage. Pourtant tous les matins de bonne heure à tard le soir, dans les transports en commun, des femmes, des hommes, vont nettoyer et désinfecter les hôpitaux, les cliniques, les entreprises. Le plus souvent, elles n’ont pas de masques, tout juste des gants et des produits en quantité insuffisante.

A Saint-Etienne, partie de la colère des femmes de ménage qui travaillent à l’hôpital, une pétition syndicale (CGT - FO - CNT-So) fait le tour des hôpitaux de la région et des entreprises où le groupe Elior Services est prestataire du nettoyage.

Les travailleuses exigent des masques en nombre, du matériel en urgence. Elles savent que les soignants en manquent aussi, mais elles qui nettoient les locaux, parfois les chambres des malades n’ont rien, mettant leur vie en danger mais aussi celle de leur famille, des soignants et des malades.

Le directeur régional d’Elior se réfugie derrière le refus de l’Etat de l’approvisionner et demande à l’hôpital de fournir ses salariés. A croire que Elior, grand groupe international, ne peut acheter des masques alors que les industries qui tournent ont pu en commander par milliers. Exaspérées d’être traitées comme des laissées pour compte, elles ont alerté la presse. La pétition réclame aussi la prime de 1000 euros pour tous.

Comme l’a dit une des délégués CGT au directeur : “Si nous allons travailler, ce n’est pas pour vous, mais parce que nous ne pouvons pas lâcher les soignants et les patients”.

Depuis jeudi dernier, suite aux réclamations et un accord de l’hôpital avec Elior, deux masques par jour sont attribués par personne mais encore faut-il les réclamer et attendre la présence d’un cadre hospitalier pour y avoir accès.

Un virus meutrier menace la vie des exploités mais des parasites, riches actionnaires comme Robert Zolade, actionnaire majoritaire d’Elior, sont tout aussi dangereux.

ADPA - Agglomération de Grenoble :  Des moyens de protection insuffisants pour les aides à domicile !

Echo d'entreprise
28/03/2020

Les 500 salariées de l’ADPA de Grenoble, la plus grande association d’aide à domicile de personnes âgées du secteur, sont en colère ! Elles ont besoin de gel et de masques, et c’est la croix et la bannière pour en avoir. Le gel est arrivé après le début du confinement et est déjà en rupture de stock. Quant aux masques, elles en ont eu 2 au début… puis 7 aujourd’hui par semaine et par personne, ce qui reste très insuffisant vu qu’il doit être jeté toutes les 4 heures, alors qu’en plus elles font des horaires coupés.

Le ministre de la santé en avait promis 9 chacune, mais rien n’est venu !  Or, les masques sont vitaux car respecter les gestes barrière, notamment le mètre de distance entre chaque personne, pour les actes du quotidien comme les toilettes, les changes ou l’aide à la prise d’un repas, est impossible. 

Alors le personnel n’a cessé d’exprimer son mécontentement. Grâce à cette mobilisation, et malgré les blocages de l’Etat, jugeant le département non prioritaire, un équipement complet (charlottes, surblouses, surchaussures et lunettes) devrait être livré rapidement.  

Si cette catastrophe sanitaire a mis la lumière sur ces travailleuses jusqu’alors invisibles, elles ne sont pas dupes des hommages appuyés que les autorités leur rendent et savent que tout ce qu’elles obtiendront, elles devront l’arracher !

Et la colère est toujours là, contre l’absence de reconnaissance, contre la paie minable, contre l’incurie criminelle de l’Etat !

PSA Douvrin (62) :  PSA veut rompre les mesures de confinement

Echo d'entreprise
28/03/2020

Ce vendredi 28 mars PSA a convoqué les syndicats à PSA Douvrin afin d’annoncer une reprise partielle de la production dès lundi 6 avril, rompant le confinement de plusieurs centaines de salariés alors que l’épidémie rentre dans une période de plus grande intensité.

PSA dit que le redémarrage de la production est essentiel à la survie du groupe. La réalité c’est que, comme dans l’usine de PSA Vesoul, sans les ruptures de pièces détachées la production n’aurait peut-être jamais été arrêtée.

En réalité, ce qui compte pour les actionnaires c’est de préparer la reprise afin d’être en mesure de vendre plus de véhicules, plus rapidement que les constructeurs concurrents.

Pour leur guerre économique, ces irresponsables sont prêts à mettre leurs salariés et leur famille ainsi que toute la société en danger. Pour nous protéger tous de leur appétit, on ne pourra compter que sur nous même, notre colère et notre mobilisation générale pour imposer que PSA abandonne ses projets dangereux.

Pour les travailleurs, le capitalisme et le profit sont des dangers graves, le virus et le patronat sont deux ennemis mortels... à combattre.

CH de Roubaix (Nord) :  La publicité des uns et la solidarité des autres

Echo d'entreprise
28/03/2020

Comme dans tous les hôpitaux, l’annonce de Total d’« offrir des pleins d’essence aux personnels hospitaliers » a été entendue. Ce serait, pour tout le pays, 50 millions d’euros en bons. Mais qu’est-ce que c’est sur les 9 ,7 milliards de bénéfices de Total de 2019 ? Une rognure d’ongle.

À Roubaix, la direction du Centre Hospitalier a précisé qu’il ne pourrait y avoir que 400 bons pour les 3 600 travailleurs que compte l’hôpital, tout en disant que cela restait encore... hypothétique.

Au service des Urgences de Roubaix, par contre, il y a depuis plusieurs jours des restaurateurs, comme des petits patrons de snack, qui ont livré des pizzas ou des pilons de poulet. Un boulanger a livré des viennoiseries. Gratuitement et sans publicité.

D’un côté de la charité, érigée en mode publicité, par le premier groupe du CAC 40 et de l’autre une vraie solidarité entre travailleurs, indépendants et soignants !

Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire :  La guerre de classe ne connait pas de confinement

Echo d'entreprise
28/03/2020

Même s'ils ont dû reculer en finissant par accepter la fermeture du Chantier naval sous la pression des grévistes, les patrons ne baissent pas les bras. Ils tiennent à faire payer cette crise aux travailleurs. De nombreux intérimaires sont licenciés et les patrons d'entreprises sous-traitantes n'ont même pas attendu une quelconque ordonnance pour forcer leurs salariés à prendre dans leurs congés personnels. Aux Chantiers de l'Atlantique proprement dit, la direction prévoit quant à elle, un accord d'entreprise qui lui permettrait de prendre au maximum dans les congés des salariés (au total plus de 20 jours), avant de passer au chômage partiel, à 84 % du salaire, si le confinement devait durer.

Prendre sur nos congés ou nous mettre au chômage ne lui coûtera rien, tandis que les travailleurs perdraient 16 % de leur salaire. En prenant sur les congés, le patron anticipe même qu'il faudra, au retour sur le site, que les travailleurs fassent encore plus de sacrifices sur leur temps de travail pour rattraper  la production perdue.

Les patrons du chantier font preuve du même mépris pour les salaires des travailleurs qu'ils en ont eu pour leur santé. Ces irresponsables veulent faire payer la facture aux salariés, mais c'est bien eux qui doivent la payer et dès le confinement fini, il faudra être nombreux à le leur faire savoir !

Frontaliers travaillant en Suisse :  Séquestrés

Echo d'entreprise
28/03/2020

Les frontaliers qui travaillent en Suisse peuvent passer pour aller travailler. Mais dans une entreprise travaillant pour l’industrie pharmaceutique, la direction a coffré les cadres et ingénieurs français dans un hôtel suisse pour parer à toute éventualité et être sûre de les avoir sous la main, quoi qu’il arrive. C’est au volontariat, dit-elle…

Amora (Dijon) :  Est-il indispensable de continuer à fabriquer de la moutarde ?

Echo d'entreprise
28/03/2020

En tant qu’entreprise « alimentaire », l'entreprise continue de tourner. Mais beaucoup de travailleurs pensent que les cornichons et la moutarde ne sont pas prioritaires. La direction dit qu’il n’y a pas
de problème car la température de tout le monde est prise à l’entrée et le personnel a 2 masques par jour et du gel.

Centre Financier de La Poste de Bordeaux :  «Restez chez vous»

Echo d'entreprise
28/03/2020

En cette période de crise sanitaire où le corps médical nous implore de rester chez nous (ce qui est relayé par les média en permanence), où nos sorties sont limitées et contrôlées, où l’employeur a obligation de proposer le télétravail... les directions des centres financiers sont dans l’impossibilité de le mettre en place dans la plupart des services.

Si les effectifs présents ont baissé de moitié suite à la mise en place des mesures de garde d’enfants ou pour le personnel dit « à risques », ce sont encore environ 200 agents du Centre Financier qui doivent venir travailler avec un risque potentiel de contagion pour eux, leurs proches ainsi que leur entourage.

Perdre sa vie en venant la gagner... Non merci !

Legrand Limoges :  La rapacité des patrons n'a pas de limite

Echo d'entreprise
28/03/2020

Chez Legrand, le lundi 16 et le mardi 17, certains salariés ont été mis en télétravail . Pour les autres pas de consigne ! Ils ont du venir travailler sans masque, sans gel et se sont organisés comme ils ont pu.

Devant les protestations syndicales, l'usine a été finalement fermée à partir du 24 mars. Lors d'une entrevue avec les syndicats, la direction a refusé de discuter de la mise en place du chômage partiel et imposé 4 RTT "direction" (dans l'accord 35h, un certain nombre sont à sa discrétion).

Une nouvelle rencontre direction-syndicats était prévue vendredi 27 mars avec pour ordre du jour : "information sur les modalités d'organisation d’une reprise progressive d’activité à partir de la semaine commençant le 30 mars" . Autrement dit, comme à PSA elle s'apprête à jouer la santé des salariés à la roulette russe ! Ce qui sort de l'usine n'est pas vital pour la population mais elle avance l'argument que les hôpitaux auraient besoin de son matériel électrique. Selon la CGT, il y a des stocks largement suffisants !

Finalement, l'usine ne sera pas ré-ouverte lundi 30 mars, excepté quelques ateliers, mais la direction impose de nouveau des RTT " direction" ceux de 2020 étant épuisés, ce sont ceux de ...2021 ! Elle a fixé une nouvelle entrevue avec les syndicats en proposant de négocier la prise des congés annuels pour la suite !

En réalité, de réunion en réunion, elle joue la montre pour éviter l'instauration du chômage partiel qu'elle devrait rémunérer à 89% selon les accords, la CGT demandant que les salaires soient intégralement payés. On voit où elle veut en venir : "cramer" tous les congés des travailleurs pendant le confinement et faire tourner ses usines non-stop tout l'été. Et elle pourra faire "suer le burnou" aux ouvriers jusqu'à 60h par semaine, comme la loi "d'urgence sanitaire " vient de le lui accorder !