Échos des entreprises

Aide à domicile  :  C'est marche ou crève !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Je suis aide à domicile, employée d'une association de service à la personne qui compte quelques dizaines de salariées dans le Poitou.

Ici, c'est marche ou crève. On se crève à faire du ménage tous les jours, à gérer les relations avec des personnes âgées parfois difficiles. On est toujours exploitées, rarement entendues et soutenues mais avec la crise sanitaire c'est pire. 0n est complètement oubliées. J'ai entendu un journaliste parler des aides à domicile à la télé, c'est bête, mais ça m'a fait chaud au cœur d'entendre qu'on a été citées.

La politique d'économie des stocks de masques n'a pas épargné cette structure non plus. Or, on est en contact permanent avec les personnes âgées. Quant aux auxiliaires de vie, c’est encore pire parce qu'elles touchent, soignent, lavent les personnes âgées. Après l'annonce du confinement, on a attendu plusieurs jours avant d'avoir des masques. J'ai téléphoné plusieurs fois, je suis allée plusieurs fois dans le bureau de la secrétaire pour en demander et dire qu'on ne pouvait pas travailler sans. Je n'ai jamais eu de réponse précise jusqu'à ce qu'on nous appelle une par une pour une distribution de 5 masques par salariée ! 5 masques en papier ! 5 ! Alors que j'interviens chez beaucoup plus de personnes toutes les semaines !

J'ai pourtant essayé de demander à ce qu'on réfléchisse aux personnes qui ont plus besoin de ménage que d'autres, à faire une sélection pour en protéger un maximum, et nous protéger nous aussi. Mais on m'a répondu « tant que les personnes âgées n'annulent pas vos interventions, vous continuerez à y aller ». On manque déjà de personnel aujourd'hui. On m'a imposé trois remplacements supplémentaires en plus de mes 25h par semaine. Une collègue a demandé le chômage partiel pour pouvoir s'occuper de ses enfants, on le lui a refusé avec le même prétexte que des collègues sont malades. C'est révoltant. C'est le rendement avant tout. Maintenant, ce sont les personnes âgées qui commencent à prendre conscience de la situation, discutent avec nous et annulent les interventions pour le ménage, les jugeant peu importantes au vu du risque.

Déjà, 15 jours avant le coronavirus, des collègues auxiliaires de vie avaient menacé de faire grève pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance de leur métier et leur salaire de misère, à peine 1 000 € par mois.

Aujourd'hui, je n'ai jamais été autant révoltée par cette association, où la direction raisonne finalement, de façon aussi révoltante et irresponsable que n’importe quel patron.

Continental (Sarreguemines) :  Ils auraient bien voulu continuer !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Les principaux sous-traitants automobiles de la région ont finalement décidé de fermer leurs usines, plusieurs jours voire une semaine entière après le début du confinement. Chez Continental, il s’agissait de travailler à fond du 16 au 20 mars pour produire, cuire et stocker le plus possible de pneus, en prévision de la reprise. Depuis, la direction de l’usine a reconnu qu’il y aurait au moins 23 cas de Covid-19 suspectés et que tous ces ouvriers avaient travaillé au sein d’ateliers fréquentés par plus de 450 travailleurs, jusqu’à la fermeture. C’est le même constat chez les sous-traitants de Continental, comme Crealog, dont des ouvriers ont aussi été contaminés.

Dans un communiqué des constructeurs automobiles, les priorités de Continental sont d’ailleurs ouvertement affichées par ordre d’importance : « Continental et Bosch, ont annoncé mercredi qu’ils allaient interrompre totalement ou partiellement leur production en Europe, en réponse 1) à la baisse de la demande, 2) aux difficultés d’approvisionnement et 3) pour protéger leurs salariés face à l’épidémie de coronavirus ».

Voilà qui est clair : la santé des ouvriers passe en dernier pour Continental. Pour se protéger et protéger leurs familles, y compris contre les envies qui démangent ces patrons de faire reprendre le travail au plus tôt, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Hôpital Robert-Pax (Sarreguemines) :  Le prix des politiques contre la santé

Echo d'entreprise
30/03/2020

Au Pax, à Sarreguemines, l’épidémie de covid-19 jette une lumière crue sur les politiques menées depuis des années en termes de suppressions de lits et de services, d’économies sur le personnel et sur le matériel médical.

Par exemple, cela fait bien longtemps que le personnel des Urgences réclamait des travaux d’agrandissement et de rénovation des locaux, trop exigus et vétustes pour travailler et accueillir correctement les patients. En 2019, les travailleurs de l’hôpital ont fait grève à plusieurs reprises pour dénoncer cette situation, et aussi pour obtenir du matériel neuf en quantité suffisante et l’embauche de personnel supplémentaire. La réponse systématique était alors : « il n’y a pas d’argent ».

Avec l’épidémie en cours, il est devenu possible, et heureusement, de faire faire des travaux pour construire un bâtiment provisoire supplémentaire devant les Urgences, avec les équipements nécessaires, et ce en à peine 24h. La preuve que quand ils veulent, ils peuvent.

Belfort :  L’ennemi n’a qu’a bien se tenir !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Nous sommes confinés à la maison mais nous gardons les yeux et les oreilles ouvertes.

Ainsi en quelques jours, sur la RN 19, la route nationale entre Belfort et Mulhouse, nous avons vu au moins 3 convois « d’urgence sanitaire » transportant ... des Yachts!

A Valdoie, le chant matinal des oiseaux a été perturbé par des explosions et rafales de mitraillettes venant du champ de tir du bois d’Offemont.

Il est vrai que le chef de guerre Macron a appelé à la mobilisation générale.

Les galonnés ont retenu «guerre».

Des canons contre un microbe, on est sauvé!

MTD (Sarreguemines-Sarrebruck) :  La course aux tondeuses, une activité « indispensable » ?

Echo d'entreprise
30/03/2020

En pleine crise, MDT, une entreprise dont les sites de logistique à Sarrebruck et Hornbach livrent des pièces de rechange pour outils de jardin, n’a pas perdu de temps pour envoyer des laissez-passer pour faire franchir la frontière aux ouvriers qui vivent à Sarreguemines, dès lundi 16 mars et la fermeture de la frontière entre la France et l’Allemagne. Ces laissez-passer ont le culot de préciser que le site est « indispensable afin de sécuriser les activités et le fonctionnement de l’entreprise ainsi que de respecter les délais de livraison ». Comme si la livraison de pièces de rechange pour tondeuses était une urgence prioritaire sur la santé des ouvriers et de leurs proches !

Depuis, le patron fait même venir de nouveaux intérimaires pour les former… de peur que certains ouvriers embauchés tombent malades alors que la saison des tondeuses à gazon approche ! Et c’est en outre sur ce même site de Sarrebruck que MTD prévoit de licencier 200 ouvriers dès octobre 2020, sous prétexte de baisse d’activité.

Bref, le patron veut profiter de la période pour accumuler du stock et anticiper le redémarrage des commandes. Mais il accumule surtout de quoi faire monter la colère des ouvriers avec cette logique criminelle dont les gouvernements français et allemand sont doublement complices.

ST Microelectronics - Crolles (Isère) :  L€urs priorité€s et les nôtres

Echo d'entreprise
30/03/2020

L’usine ST Microelectronics de Crolles continue de produire malgré la crise du Covid-19. Des centaines d’opérateurs, certains en intérim, d’autres sous-traitants s’activent en salles blanches. Plusieurs cas suspectés de Covid-19 sont déjà déclarés dans l'entreprise. Les responsables n'en ont cure et distribuent masques et alcool pour les salariés.  Localement, ST a dans ses stocks 2 000 masques chirurgicaux et autant de masques FFP3 utilisés pour les services de maintenance. Une commande de plusieurs dizaines de milliers de masques devaient être livrée, un million ayant été commandé au niveau du groupe. Il manque des milliers de masques partout pour les soignants dans les hôpitaux, les Ehpad, pour les aides à domicile... pourtant le 23 mars, le MEDEF communiquait que les réquisitions de l’Etat étaient levées.

Et pendant la guerre, les affaires continuent. La presse vient d’annoncer que côté actionnaires, leur prochaine assemblée devrait décider de leur verser le même pactole que l’an dernier. Cynique.

Safran Bordes (64) et Tarnos (40) :  Inadmissible réouverture des usines

Echo d'entreprise
30/03/2020

Après quelques jours de veille, Safran Helicopter Engines rouvre ce lundi ses trois sites de production à Bordes (64), Tarnos (40) et Buchelay (78). 500 salariés et quelque 150 prestataires sont sommés de regagner leurs postes.

C'est inadmissible. Il n’y a aucune activité essentielle à Safran HE. Mais le patronat est aidé par le gouvernement. Au nom de la continuité de l'activité économique prônée par le gouvernement, ils font prendre des risques inconsidérés à des millions de travailleurs. Il faut les arrêter.

Dassault (Anglet, 64) :  Echec à la reprise

Echo d'entreprise
30/03/2020

Le site d'Anglet qui emploie près de 900 salariés est à l'arrêt depuis le mercredi 18 mars. La direction aurait voulu reprendre au plus vite. Mais un droit d’alerte déposé par la CGT l’en a empêché jusqu’à présent.

La direction avance à pas de loup et a prévenu les syndicats qu’elle envisageait de faire reprendre, en premier lieu, 50 volontaires. Mais, selon un salarié de l’usine, elle n'arrive pas à les trouver.

Ce dernier ajoute :« Les urgences de livraison, il n’y a que ça qui compte, mais les mesures sanitaires n'arrivent pas à être tenues. »

Dans une information interne, le PDG affirmait le 23 mars : « C'est ensemble que nous pouvons faire face, avec le souci de la santé de chacun et la volonté de permettre à la Société de se projeter dans le futur »

Se projeter dans le futur, pour les travailleurs ce n'est pas risquer sa vie pour ajouter des milliards aux milliards de la famille Dassault qui n'a d'autre priorité que d’assurer ses profits en mettant en péril la santé et la vie de ceux qui font sa fortune.

Témoignage de Josefa, technicienne dans l'industrie pharmaceutique

Echo d'entreprise
30/03/2020

Renault Aubevoye (Eure) :  Ça ne tourne pas rond dans la tête de la direction

Echo d'entreprise
30/03/2020

Alors que la population est appelée à limiter au maximum les déplacements et les contacts avec d’autres personnes, un certain nombre de salariés Renault et de prestataires du centre technique d'Aubevoye dans l’Eure, où sont réalisés les essais sur pistes sur les nouveaux véhicules, sont obligés de venir travailler.

La justification de la direction est de continuer à faire avancer les projets de véhicules en cours de développement pour être prêt lorsque la période de confinement s’arrêtera.

Quel intérêt y-a-t-il de continuer à faire des essais en prenant le risque de mettre en jeu la santé des travailleurs ? Des essais servant à développer des respirateurs artificiels, ou tout autre chose indispensable dans cette période d’épidémie, cela aurait du sens, mais pour développer des voitures, ça peut attendre quelques semaines