Échos des entreprises

PSA Douvrin (62) :  PSA veut rompre les mesures de confinement

Echo d'entreprise
28/03/2020

Ce vendredi 28 mars PSA a convoqué les syndicats à PSA Douvrin afin d’annoncer une reprise partielle de la production dès lundi 6 avril, rompant le confinement de plusieurs centaines de salariés alors que l’épidémie rentre dans une période de plus grande intensité.

PSA dit que le redémarrage de la production est essentiel à la survie du groupe. La réalité c’est que, comme dans l’usine de PSA Vesoul, sans les ruptures de pièces détachées la production n’aurait peut-être jamais été arrêtée.

En réalité, ce qui compte pour les actionnaires c’est de préparer la reprise afin d’être en mesure de vendre plus de véhicules, plus rapidement que les constructeurs concurrents.

Pour leur guerre économique, ces irresponsables sont prêts à mettre leurs salariés et leur famille ainsi que toute la société en danger. Pour nous protéger tous de leur appétit, on ne pourra compter que sur nous même, notre colère et notre mobilisation générale pour imposer que PSA abandonne ses projets dangereux.

Pour les travailleurs, le capitalisme et le profit sont des dangers graves, le virus et le patronat sont deux ennemis mortels... à combattre.

CH de Roubaix (Nord) :  La publicité des uns et la solidarité des autres

Echo d'entreprise
28/03/2020

Comme dans tous les hôpitaux, l’annonce de Total d’« offrir des pleins d’essence aux personnels hospitaliers » a été entendue. Ce serait, pour tout le pays, 50 millions d’euros en bons. Mais qu’est-ce que c’est sur les 9 ,7 milliards de bénéfices de Total de 2019 ? Une rognure d’ongle.

À Roubaix, la direction du Centre Hospitalier a précisé qu’il ne pourrait y avoir que 400 bons pour les 3 600 travailleurs que compte l’hôpital, tout en disant que cela restait encore... hypothétique.

Au service des Urgences de Roubaix, par contre, il y a depuis plusieurs jours des restaurateurs, comme des petits patrons de snack, qui ont livré des pizzas ou des pilons de poulet. Un boulanger a livré des viennoiseries. Gratuitement et sans publicité.

D’un côté de la charité, érigée en mode publicité, par le premier groupe du CAC 40 et de l’autre une vraie solidarité entre travailleurs, indépendants et soignants !

Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire :  La guerre de classe ne connait pas de confinement

Echo d'entreprise
28/03/2020

Même s'ils ont dû reculer en finissant par accepter la fermeture du Chantier naval sous la pression des grévistes, les patrons ne baissent pas les bras. Ils tiennent à faire payer cette crise aux travailleurs. De nombreux intérimaires sont licenciés et les patrons d'entreprises sous-traitantes n'ont même pas attendu une quelconque ordonnance pour forcer leurs salariés à prendre dans leurs congés personnels. Aux Chantiers de l'Atlantique proprement dit, la direction prévoit quant à elle, un accord d'entreprise qui lui permettrait de prendre au maximum dans les congés des salariés (au total plus de 20 jours), avant de passer au chômage partiel, à 84 % du salaire, si le confinement devait durer.

Prendre sur nos congés ou nous mettre au chômage ne lui coûtera rien, tandis que les travailleurs perdraient 16 % de leur salaire. En prenant sur les congés, le patron anticipe même qu'il faudra, au retour sur le site, que les travailleurs fassent encore plus de sacrifices sur leur temps de travail pour rattraper  la production perdue.

Les patrons du chantier font preuve du même mépris pour les salaires des travailleurs qu'ils en ont eu pour leur santé. Ces irresponsables veulent faire payer la facture aux salariés, mais c'est bien eux qui doivent la payer et dès le confinement fini, il faudra être nombreux à le leur faire savoir !

Frontaliers travaillant en Suisse :  Séquestrés

Echo d'entreprise
28/03/2020

Les frontaliers qui travaillent en Suisse peuvent passer pour aller travailler. Mais dans une entreprise travaillant pour l’industrie pharmaceutique, la direction a coffré les cadres et ingénieurs français dans un hôtel suisse pour parer à toute éventualité et être sûre de les avoir sous la main, quoi qu’il arrive. C’est au volontariat, dit-elle…

Amora (Dijon) :  Est-il indispensable de continuer à fabriquer de la moutarde ?

Echo d'entreprise
28/03/2020

En tant qu’entreprise « alimentaire », l'entreprise continue de tourner. Mais beaucoup de travailleurs pensent que les cornichons et la moutarde ne sont pas prioritaires. La direction dit qu’il n’y a pas
de problème car la température de tout le monde est prise à l’entrée et le personnel a 2 masques par jour et du gel.

Centre Financier de La Poste de Bordeaux :  «Restez chez vous»

Echo d'entreprise
28/03/2020

En cette période de crise sanitaire où le corps médical nous implore de rester chez nous (ce qui est relayé par les média en permanence), où nos sorties sont limitées et contrôlées, où l’employeur a obligation de proposer le télétravail... les directions des centres financiers sont dans l’impossibilité de le mettre en place dans la plupart des services.

Si les effectifs présents ont baissé de moitié suite à la mise en place des mesures de garde d’enfants ou pour le personnel dit « à risques », ce sont encore environ 200 agents du Centre Financier qui doivent venir travailler avec un risque potentiel de contagion pour eux, leurs proches ainsi que leur entourage.

Perdre sa vie en venant la gagner... Non merci !

Legrand Limoges :  La rapacité des patrons n'a pas de limite

Echo d'entreprise
28/03/2020

Chez Legrand, le lundi 16 et le mardi 17, certains salariés ont été mis en télétravail . Pour les autres pas de consigne ! Ils ont du venir travailler sans masque, sans gel et se sont organisés comme ils ont pu.

Devant les protestations syndicales, l'usine a été finalement fermée à partir du 24 mars. Lors d'une entrevue avec les syndicats, la direction a refusé de discuter de la mise en place du chômage partiel et imposé 4 RTT "direction" (dans l'accord 35h, un certain nombre sont à sa discrétion).

Une nouvelle rencontre direction-syndicats était prévue vendredi 27 mars avec pour ordre du jour : "information sur les modalités d'organisation d’une reprise progressive d’activité à partir de la semaine commençant le 30 mars" . Autrement dit, comme à PSA elle s'apprête à jouer la santé des salariés à la roulette russe ! Ce qui sort de l'usine n'est pas vital pour la population mais elle avance l'argument que les hôpitaux auraient besoin de son matériel électrique. Selon la CGT, il y a des stocks largement suffisants !

Finalement, l'usine ne sera pas ré-ouverte lundi 30 mars, excepté quelques ateliers, mais la direction impose de nouveau des RTT " direction" ceux de 2020 étant épuisés, ce sont ceux de ...2021 ! Elle a fixé une nouvelle entrevue avec les syndicats en proposant de négocier la prise des congés annuels pour la suite !

En réalité, de réunion en réunion, elle joue la montre pour éviter l'instauration du chômage partiel qu'elle devrait rémunérer à 89% selon les accords, la CGT demandant que les salaires soient intégralement payés. On voit où elle veut en venir : "cramer" tous les congés des travailleurs pendant le confinement et faire tourner ses usines non-stop tout l'été. Et elle pourra faire "suer le burnou" aux ouvriers jusqu'à 60h par semaine, comme la loi "d'urgence sanitaire " vient de le lui accorder !

Centre Hospitalier de Beauvais :  masques à durée de vie variable

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le manque de matériel, et notamment de masques FFP2 est choquant.

Nous utilisons ceux de 2008 datant du H1N1. Évidemment, ils sont périmés, les élastiques pètent, mais certains charlatans n’hésitent pas à revoir la date de péremption à leur sauce et disent qu’ils sont utilisables au moins 10 ans.

Mais c’est faux car, avec le temps, la charge électrostatique qui contribue à l’effet de filtration de ce type de masque diminue progressivement.

Pour pouvoir les utiliser en toute sécurité plus de cinq ans après leur fabrication, il faudrait s’assurer qu’ils ont été stockés dans de bonnes conditions et réaliser un certain nombre de tests.

Cette utilisation met en danger les patients comme les soignants et c’est la conséquence des politiques criminelles d’économies des différents gouvernements.

Centre Technique de Renault à Lardy (Essonne) :  Les travailleurs encore présents protestent

Echo d'entreprise
28/03/2020

Vendredi 27 mars, près de 80 travailleurs se sont rassemblés pour exprimer leur inquiétude et demander l’arrêt total du site.

En effet, en début de semaine il y a eu un cas avéré de Covid-19 parmi le personnel, et des suspicions d'autres cas existent. Mais la direction a continué à faire travailler, à effectif réduit certes, le centre de Lardy, dont l’activité principale consiste à faire des essais sur les nouveaux moteurs et véhicules Renault. Cette activité de recherche n’est certainement pas essentielle et peut bien attendre plusieurs semaines, d’autant que la production et que les ventes de véhicules sont à l’arrêt.

Tous estiment aussi que, alors que la pandémie fait rage, les masques de protection, les gants et le gel hydroalcoolique, dont Renault a équipé ceux qui travaillent encore, devraient être immédiatement envoyés aux hôpitaux, qui en manquent tant.

Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Coronavirus à bord !

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le Celebrity Apex dans le port de Saint-Nazaire

Le navire Apex, un paquebot de luxe de plus de 300 m, est à quai à Saint-Nazaire. Il vient d'être officiellement livré ce jour, vendredi 27 mars, par les Chantiers de l'Atlantique à son armateur Américain RCCL. La veille, on avait appris que 7 malades du Covid 19 avaient été diagnostiqués à son bord, alors que les 1 463 membres d’équipage y sont confinés depuis 6 jours. 46 travailleurs sous-traitants se trouvent aussi sur le bateau. Ils avaient embarqué, avant le confinement, pour terminer les travaux. Afin d'éviter de contaminer l’équipage à quelques jours de la livraison, ces travailleurs avaient interdiction de descendre à terre. Des négociations entre l'armateur, la préfecture et les autorités sanitaires sont en cours pour les débarquer.

C'est, entre autre, sur ce bateau que des travailleurs, inquiets de prendre le risque d'être contaminés, avaient refusé de monter le mardi 17 mars dernier. Ce débrayage massif parti de plusieurs secteurs, avait fini par contraindre la direction à fermer les ateliers, puis les navires.

Aujourd'hui, le nombre de contaminés est passé à 29 parmi les membres de l'équipage et un des malades a dû être hospitalisé. Une fois de plus les patrons ont fait prendre des risques insensés à des travailleurs pour que la machine à fric du business de la croisière s’arrête le plus tard possible !