Échos des entreprises

Michelin :  Sortez vos mouchoirs

Echo d'entreprise
12/04/2020

Dans le cadre de leur propagande offensive pour faire tourner à nouveau leurs machines à profits, les patrons ont voulu faire quelques  gestes spectaculaires : ainsi, Menegaux, le PDG de Michelin a proposé de se priver de 25 % de sa rémunération fixe…pour Avril et Mai.

Les chiffres actuels de celle-ci ne sont pas parvenus à notre connaissance, mais pour se faire une idée, en 2018, Menegaux, qui n’était pas encore PDG, touchait en tout 1,2 million pour l’année – dont la moitié seulement dite fixe, et le PDG d’alors, Senard, plus de 4 Millions, dont un quart seulement en fixe. Après ce cadeau emblématique, il devrait donc  rester au PDG actuel entre 30 et 60 000 euros pour boucler les mois d’Avril et Mai ; ça devrait aller…

Par contre, il serait question qu’au titre du partage des sacrifices, on fasse sauter toutes les augmentations individuelles des salariés cette année. Voilà de quoi motiver encore plus ceux qu’on oblige à sortir du confinement.

Gemey - Ormes (Loiret) :  Profits avant tout

Echo d'entreprise
12/04/2020

À Gemey, la production de maquillage n’a jamais cessé malgré la pandémie. La Direction générale de l’Oréal, au prétexte que l’usine produit aussi du gel hydro-alcoolique, a le culot de déclarer dans une lettre aux travailleurs : « Dans cette période extraordinairement difficile, nous considérons qu’il est de notre devoir d’employeur responsable et de société citoyenne française de tout faire pour garantir la santé et la sérénité financière de nos collaborateurs sans peser sur les comptes publics, afin que l’État puisse venir en priorité en aide aux entreprises qui en ont le plus besoin »...

L’usine n’a donc pas cessé de fonctionner pour produire surtout du maquillage et des profits pour les gros actionnaires du groupe, dont la famille Meyers Bettencourt, au mépris de la santé des travailleuses de l’usine !

EDF :  EDF protège ses centrales nucléaires, mais pas les travailleurs

Echo d'entreprise
11/04/2020

L’attitude d’Amazon vis-à-vis de ses salariés a fait scandale. Et la pression des entreprises de l’automobile pour redémarrer la production le plus tôt possible va dans le même sens du mépris vis-à-vis des travailleurs.

Ces entreprises privées cherchent à tout prix à maintenir leurs activités et leurs profits, quitte à mettre la vie de leurs salariés en dangers.

Mais dans le secteur public, EDF ne fait pas mieux dans ses centrales, ni avec les salariés du groupe, ni avec les salariés des entreprises sous-traitantes.

Depuis le début du confinement, EDF annonce laisser une partie des effectifs des centrales à la maison. L’objectif affiché est de maintenir une réserve capable d’assurer le maintien de la production d’électricité, dans le cas où l’épidémie toucherait fortement les travailleurs.

Mais les mesures de sécurités prises pour les effectifs présents sur les sites sont loin d’être suffisantes. Les salariés continuent de travailler en équipe et se croisent. Pour certaines interventions les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées et les protections nécessaires ne sont pas fournies : désinfectants et protections individuels insuffisantes.

Le gouvernement déclare maintenant que le port de masque est nécessaire pour éviter le développement de l’épidémie. Sauf que la direction d’EDF est incapable d’en fournir à tous les travailleurs.

Dans tous les grands groupes industriels comme chez EDF, des plans pandémie avaient été élaborés en 2005. Ils avaient été complétés en 2009 lors de l’épidémie de grippe A et en 2013. Des masques avaient été achetés et répartis dans l’entreprise. Mais ces stocks n’existent plus, ils ont été liquidés, pour faire des économies.

Ainsi EDF se moque de faire prendre des risques aux travailleurs puisqu’ils font le calcul cynique d’avoir des effectifs en réserve.

Hôpital de Saint Girons (CHAC) - Ariège :  Pendant la crise sanitaire, les attaques continuent.

Echo d'entreprise
11/04/2020

Pour réaliser des économies de personnel, les directions successives de l’hôpital avaient décidé de dénoncer l’accord local des 35h qui permettait au agents de récupérer sous forme de RTT le temps de travail au-delà de 35h. Et contre cette attaque, pendant plusieurs mois, le personnel hospitalier, à l’appel de la CGT, a réagi par des débrayages, des rassemblements, des interpellations de la direction ou de l’ARS.

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, alors que des patients malades du coronavirus sont soignés dans l’établissement, la direction du CHAC compte appliquer son plan de réorganisation du temps de travail. Pourtant, le président de la république a déclaré le 16 mars : « J’ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues ». Quant au ministre de la santé, il a déclaré le 8 avril: « jusqu’à nouvel ordre la totalité des plans hospitaliers sont évidemment suspendus….. ».

Malgré cela, les grilles informatiques de gestion du temps de travail ont été changées. En particulier la pause méridienne est décomptée du temps de travail : cela se traduit par exemple pour un agent qui travaille 12h, de n’avoir plus que 11h30 de temps de travail pris en compte. Sur une semaine les agents perdent 2h30 ce qui se traduit par des RTT en moins. De plus, comment quitter le service pour prendre effectivement cette pause, comment ignorer les sonnettes des patients, alors que les effectifs sont insuffisants ? Il faut beaucoup de cynisme à la direction, pour estimer que c’est possible. Elle espère sans doute que la crise sanitaire fera taire les travailleurs de l’hôpital, qui veulent bien être considérés comme des « héros », mais pas être pris pour des « sacrifiés ».

Démasquée :  PSA avait bien des masques… et prépare activement la reprise

Echo d'entreprise
10/04/2020

« Malgré le Covid-19, PSA prépare la réouverture des sites de Metz et Trémery » titre le Républicain lorrain. Tous les jours la télé affiche « restez chez vous ! » ; le préfet de Moselle restreint les achats dans un rayon de 10 km ; parcs, jardins, berges, plan d’eau… sont interdits de 11h à 19h, et PSA veut faire fabriquer des boites de vitesse et des moteurs dans ses usines !

Et pour cela, la direction de PSA Metz a 10 000 masques en stock. Alors que les hôpitaux mosellans, les kinés, infirmières, personnel social en manquent, PSA en a stocké pour faire redémarrer les usines. La direction se défend dans la presse en prétendant que le groupe en a déjà distribué 600 000 « dont un nombre significatif en Moselle ». C’est la preuve qu’elle en avait des centaines et des centaines de milliers. Et c’est pour la pub car jusqu’à présent la direction était muette sur ses stocks de masques qui manquent aux soignants. 

Du côté de la Préfecture on insiste « Le Covid ne connait ni de week-end, ni de vacances ». Et la semaine il n’est pas là ? 

Pas question de travailler pendant le confinement si ce n'est pas socialement nécessaire !

Forges de Bologne (52) :  Patrons et pouvoirs publics : complices, menteurs et irresponsables

Echo d'entreprise
10/04/2020

Les Forges de Bologne, près de Chaumont, entament une reprise progressive de l’activité. Elles réouvrent, avec les conséquences sanitaires que cela peut avoir, au moment même où sont annoncés de nouveaux décès et où des préfectures décident dans tout le pays d’interdire de sortir pour faire du sport.

Pour rendre plus acceptable la réouverture progressive de cette usine, la direction indique que celle-ci se fera sur la base du volontariat. Mais qu’est-ce que le volontariat quand on sait que beaucoup de travailleurs sont en situation précaire, pour certains, sans aucune rémunération ?

Un autre argument avancé par la direction des forges pour relancer la production est que tout le matériel de protection est mis à disposition du personnel : des masques, des gants, des combinaisons jetables et du produit désinfectant : tout ce qui manque dans les hôpitaux !

Récapitulons : ils mentent quand ils parlent de volontariat, ils s’accaparent du matériel de protection et ils mettent en danger la vie de centaines de personnes. Des criminels encouragés par l’État.

Ugitech (Ugine, Savoie) :  La production repart malgré l'épidémie

Echo d'entreprise
09/04/2020

L'aciérie Ugitech d’Ugine, qui emploie plus de 1200 personnes, avait, partiellement, réduit son activité en raison de l'épidémie de coronavirus le 18 mars dernier. À partir de cette semaine, elle va être pleinement relancée, secteur par secteur, la direction prétendant avoir pris les mesures suffisantes, comme la fourniture de « kits de désinfection par espace de travail », pour éviter toute contamination. Les travailleurs sont appelés à toucher les portes avec… la cuisse, le genou ou le coude, et non directement avec les mains… C’est le moins que la direction puisse faire.

Mais c’est l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique. Des activités pas vraiment prioritaires dans la période actuelle…

Les patrons de la métallurgie se sont enrichis depuis les maîtres des forges sur l’exploitation des salariés, et l’épidémie actuelle ne les rendra pas moins irresponsables. Seuls les travailleurs pourront s’y opposer.

 

Droit de réponse demandé par Frédérique Tissot pour Ugitech SA

« Votre site Internet Lutte Ouvrière Auvergne Rhône Alpes a publié le 9 avril dernier, un article concernant Ugitech ne reflétant pas la réalité et qu’il convient de rectifier.

La Direction d’Ugitech a 2 impératifs : d’abord préserver la santé et la sécurité de ses salariés mais aussi, préserver la santé de l’entreprise, notamment ses emplois, en maintenant son activité pour servir ses clients, notamment ceux travaillant pour le médical ou l’alimentaire...  Ugitech a arrêté son activité industrielle du 18 mars au 10 avril 2020 pour analyser les risques liés au Covid 19 et prendre toutes les mesures de prévention adéquates pour assurer la santé et la sécurité de son personnel et ce, en lien avec les CSE (…) Ce sont près de 1.000 salariés qui ont été ainsi ré accueillis selon ce protocole qui a fait l’objet d’un accord d’entreprise signé par 3 des 4 organisations syndicales. La quatrième reconnaissant que « l’entreprise a fait un gros travail de désinfection et d’analyse des postes de travail, de mise à disposition de matériel de façon à ce que les salariés puissent être le plus en sécurité possible face à cette épidémie » n’a toutefois pas souhaité le signer. (…) C’est en toute méconnaissance de cause que le rédacteur affirme : « (C’est) l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique ». En effet, l’automobile ne représente que 25 % de la production d’Ugitech. En revanche, Ugitech fabrique environ 50 000 tonnes par an pour les industries agro-alimentaires. 2 500 tonnes sont par ailleurs destinées au marché médical pour réaliser notamment des dispositifs implantables ou des instruments médicaux. »

Pôle Santé Sud, Le Mans :  L’ « industrie » de la Santé : les profits d'abord

Echo d'entreprise
09/04/2020

La direction de la clinique privée du Pôle Santé Sud ne s’est pas privée de s’étendre dans la presse locale sur sa participation à l’effort commun dans la crise sanitaire actuelle. De l’accueil de patients atteints du covid19 à la participation de certains de ses médecins anesthésistes-réanimateurs aux gardes au Centre Hospitalier du Mans jusqu’à des renforts infirmiers, toute une organisation a été mise en place comme dans les établissements publics.

Mais pendant qu’elle se vantait de cette contribution somme toute normale pour un établissement de santé, elle avait préparé et informé fin mars tout le personnel qu’une demande de mise en activité partielle, prévue a minima jusqu’à la fin juin, serait envoyée à la Direccte pour obtenir les aides de l’Etat. La sous activité momentanée conséquence  du report de bon nombre d’interventions médicales et chirurgicales jugées moins urgentes était le prétexte invoqué pour cette demande. En pleine crise sanitaire, alors que tout le système de Santé est censé se mobiliser, la direction d’une clinique envisageait donc de mettre une partie de son personnel, soignants compris, au chômage partiel pour ne pas perdre d’argent. C’est d’autant plus choquant dans une clinique qui appartient au groupe Elsan avec pour actionnaire la richissime famille Bettencourt-Meyers.

Le mercredi 1er avril, la direction a communiqué au personnel que non seulement l’Etat refusait de financer du chômage partiel en cette période de crise mais que du personnel pouvait être envoyé pour renforcer les équipes de l’hôpital public, en précisant que cela serait sur la base du volontariat. Cependant, à défaut d’avoir pu obtenir les aides versées pour le financement du chômage partiel, les actionnaires vont recevoir de la caisse d’assurance maladie une compensation pour la baisse d’activité suite à des négociations à l’échelle nationale. L'argent de nos cotisations sociales va servir à garantir les dividendes des actionnaires !

Pendant que le personnel va au « front » contre l’épidémie, les actionnaires se remplissent les poches avec l’aide de l’Etat.

NTN à Allonnes (72) :  Pas gênés !

Echo d'entreprise
09/04/2020

L’Usine NTN à Allonnes, près du Mans, produit des transmissions pour automobiles. Elle était à l’arrêt depuis le 23 mars ; un arrêt déjà bien tardif. La direction d’NTN pressée de faire reprendre le travail a décidé de relancer la production avec 82 « volontaires" à partir du 6 avril (on sait ce que vaut le volontariat avec toutes les pressions de la hiérarchie). Pour cela elle avait promis toutes les mesures sanitaires minimales, comme avoir des masques. Et en effet, elle a reçu 1400 masques récemment dont 1000 viennent même du Japon. Elle en attend encore 10 000 dans la semaine.
Alors que tous les soignants manquent de masques pour sauver des malades et se protéger, eux et leurs proches, eh bien NTN est fier d’avoir fait venir des masques de l’autre bout du monde pour produire des transmissions de bagnoles et faire suer des profits à ses salariés !
 

Allard - Compiègne (Oise) :  Le carton de première nécessité ?

Echo d'entreprise
09/04/2020

La direction de cette cartonnerie d’une centaine de salariés, continue de faire tourner l’usine en prétextant que les cartons sont produits pour l’industrie pharmaceutique ou l’emballage de produits comme le savon.

Elle avait pourtant commencé par faire fabriquer des cartons pour les agences de déménagement afin de faire du stock.

Alors, il faudrait que les travailleurs puissent contrôler que les cartons produits maintenant sont bien tous destinés à emballer des produits indispensables.

Durant la semaine de début avril, le fait de ne pas savoir si les travailleurs en maladie étaient touchés par le coronavirus ou pas, a suscité une inquiétude bien légitime. Il avait déjà fallu attendre trop longtemps pour que le patron prenne quelques mesures élémentaires de sécurité, nettoyage des vestiaires, marquage au sol, etc. Et nous sommes loin du compte car il faudrait davantage de masques.

Les travailleurs ont fait savoir au patron qu’ils ne sont pas prêts à se laisser faire.