Échos des entreprises

Renault- Cléon (Seine-Maritime) :  Deux mondes face à face

Echo d'entreprise
08/04/2020

À l’usine, il n’y a toujours pas de date prévue de reprise, mais cela n’empêche pas la direction d’être obnubilée par ses affaires.

Elle a fait reprendre le travail à une trentaine de salariés, tout cela pour faire des essais pour des « projets vitaux » d’après elle.

Nous, les travailleurs, n’avons vraiment pas le même sens des priorités « vitales » : d’un côté, les personnels de santé ne cessent de dire que la priorité des priorités est le confinement et de l’autre, la direction de Renault ne raisonne qu’en termes de production.

Révoltant !

Aéroport de Toulouse-Blagnac :  là aussi, des irresponsables aux commandes !

Echo d'entreprise
08/04/2020

L’aéroport Toulouse Blagnac fonctionne actuellement au ralenti avec seulement quelques vols par jour. La plupart des salariés sont confinés, en télé-travail ou en chômage partiel. Mais pendant toute une période avant et après le début du confinement, alors que beaucoup travaillaient, aucune mesure de protection particulière n’a été mise en place. Et cela alors qu'à lépoque, des milliers de passagers venus de partout arrivaient ou débarquaient. De nombreux exemples en témoignent.

Les agents de sûreté d’ITS et de Seris ont dû contrôler et effectuer les palpations du personnel entrant en zone réservé et des passagers sans masque ni gel. La seule « barrière » mise en place était le contrôle... par derrière. Et au début du confinement, Aéroport de Toulouse Blagnac (ATB : la société qui gère l’aéroport) avait même interdit aux agents de sûreté de porter des masques qu’ils avaient amenés !

Des agents de City One sont chargés de l’accueil des passagers au PIF et de ramener les barquettes sur les piles. Alors qu’ils manipulaient à longueur de journées ce qui était touché par les passagers, ils ne disposaient eux non plus d’aucune protection. Sur les vingtaines d’agents affectés à ce travail, il y a au moins un hospitalisé atteint du coronavirus et un autre malade qui en a de nombreux symptômes... Pour les autres agents de City One qui sont chargés, entre autres, de rassembler les chariots à bagages destinés aux passagers, là aussi rien ! Dans beaucoup de supermarchés, les poignées des caddies sont systématiquement désinfectées après chaque utilisation ; rien de tout ça à l’aéroport !

Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade, n’ont eu aucune consigne particulière et aucun produit différent pour désinfecter l’aéroport. Et eux qui étaient en première ligne contre le virus n’ont reçu aucune protection particulière. L’un d’eux, travailleur d’Arcade, est malade avec les symptômes du covid19, peut-être victime de cette irresponsabilité.

Ni ATB, ni les compagnies, ni les sociétés d’assistance, ni les agences de location de voitures n’ont jugé bon de protéger les salariés qui travaillaient derrière les comptoirs. A peine quelques protections ont-elles été installées derrières quelques banques d’enregistrement. Chez le moindre buraliste de quartier, on peu trouver un panneau en plexiglas pour protéger les vendeurs ; mais dans un aéroport conçu pour recevoir des dizaines de milliers de passagers par jour, ce n’était pas prévu.

Même après le début du confinement, aucune mesure n’a été prise par ATB pour organiser la restitution des bagages sur les tapis. Les passagers  continuaient à s’agglutiner pour récupérer leurs bagages. Pour maintenir l’ouverture des marchés de plein vent, les maires ont installé des barrières, fait du marquage au sol pour maintenir les distances de sécurité mais ATB s’est contenté… d’une affichette !

ATB est le principal donneur d’ordres dans cet aéroport. Et il a clairement donné le mauvais exemple à tous les patrons ayant des entreprises sur l’aéroport : même avec le virus, les affaires doivent continuer comme avant !

Hôpital Pitié-Salpétrière - Paris :  Profits criminels

Echo d'entreprise
08/04/2020

Les ruptures d’approvisionnement de médicaments indispensables, comme l’hypnovel pour sédater les patients atteints du COVID, sont très choquantes.

Les explications officielles comme « Tout le monde en demande en même temps », « C’est à cause de la Chine », masquent l’essentiel : la recherche de bénéfices records de l’industrie pharmaceutique.

Ces entreprises font produire les molécules de base uniquement en Chine et en Inde en payant les salariés une misère. En plus, elles ne font pas de stocks et au moindre problème toute la chaine est bloquée.

Alors les réquisitionner serait une oeuvre de salut public.

Hôpital Saint-Antoine - Paris :  Tous complices

Echo d'entreprise
08/04/2020

Alors que cela fait plus d’un mois que l’épidémie du Covid 19 a commencé, rien ne change au niveau matériel. C'est toujours la pénurie de masques, de surblouses, et même de médicaments... tout ça dans l'un des plus grands hôpitaux de la capitale de la 7e puissance mondiale.

Alors que cela soit le gouvernement ou les directions des hôpitaux, ils attendent quoi pour en fournir ? La fin de la pandémie ?

La Poste (Haute-Marne) :  Réouverture de la poste en Haute-Marne

Echo d'entreprise
08/04/2020

La Poste a fermé la semaine dernière et réouvre en ce début de semaine. L’argument est de permettre à tous ceux qui ont un compte à La Poste de pouvoir toucher leur salaire, leur allocation ou leur pension.

L’État, qui a contribué à réduire le nombre de bureaux ces dernières années, est bien obligé de reconnaître que La Poste assure un lien social.

La Poste (Haute-Marne) :  Distribution du courrier : pour quoi faire ?

Echo d'entreprise
08/04/2020

En Haute-Marne comme sur l’ensemble du territoire, les activités de distribution ont été maintenues coûte que coûte pendant deux semaines. La direction n’a pas hésité à faire appel à la police pour obliger certains postiers à retourner à leurs postes.

Dans ce cas, l’entreprise a évoqué le « lien social ». Quand il s’agit d’assurer à chacun d’avoir un minimum pour vivre, on comprend. Mais là, il s’agissait plutôt de favoriser l’activité économique quitte à renforcer le lien épidémique entre facteurs et usagers !

Centre hospitalier de Clermont (Oise) :  Il manque de tout… sauf de conseils !

Echo d'entreprise
07/04/2020

Comme d’habitude, il manque de produits d’entretien et de lavettes. Ce n’était déjà pas joli-joli mais maintenant c’est devenu carrément dangereux de ne pas pouvoir mieux nettoyer.

Pour les masques, c’est deux par jour, à peine le strict minimum. Pour les blouses, il faudrait pouvoir en changer bien plus souvent que d’habitude, d’autant plus qu’elles se touchent les unes les autres dans les vestiaires sur les porte-manteaux mais il en manque.

Et quant aux sur-blouses dîtes à usage « unique », les consignes sont de s’en servir toute la journée.

Tout cela donne la rage… la seule chose dont les autorités ne sont pas avares, c’est de conseils pour couvrir leur imprévoyance.

Nestlé - Itancourt (Aisne) :  La fermeture du site n’est même pas suspendue !

Echo d'entreprise
07/04/2020

devant la porte de l'usine

Le confinement a imposé aux salariés de stopper leur grève contre la fermeture de l’usine annoncée pour la fin de l'année et de lever leur piquet de grève.

La direction en a profité pour faire reprendre l’ensemble des productions et a communiqué pour dire l’importance de ce site qui fabrique entre autre des soupes spécifiques pour les hôpitaux.

Mais la reprise de la production considérée comme indispensable, ne conduit pas la direction à reconsidérer la fermeture.

Les négociations entre la direction et les syndicats se poursuivent comme si de rien n’était si ce n’est qu’elles se font par internet et le groupe Nestlé n’a même plus à se préoccuper de la pression qu’exerçaient les grévistes.

Pour Nestlé comme pour tous les patrons, le monde d’après comme d’avant l’épidémie, c’est toujours la course au profit.

La Poste :  Service public ? Profit privé !

Echo d'entreprise
07/04/2020

La Poste a décidé que le service « Veillez sur mes parents » sera gratuit pendant le confinement. C’est bien la moindre des choses, et c’était d’ailleurs le cas il y a quelques années, quand les tournées étaient moins surchargées : les facteurs assuraient naturellement et gratuitement ce lien social auprès de personnes âgées.

Depuis longtemps La Poste s’est vantée d’être devenue une entreprise commerciale, et voilà qu’elle fait mine aujourd’hui de redécouvrir les vertus du service public, après avoir fermé de nombreux bureaux et supprimé des dizaines de milliers d’emplois !

Les postiers ne l’oublieront pas, quand on leur reparlera de rentabilité pour les faire travailler plus et supprimer encore des postes.

ArcelorMittal Florange :  Le virus du profit ferme la cokerie

Echo d'entreprise
07/04/2020

ArcelorMittal a annoncé lundi 6 avril la fermeture définitive de la cokerie de Serémange-Erzange en Lorraine. 173 emplois directs vont être supprimés, sans compter les intérimaires et les sous-traitants.

La cokerie alimentait en coke les hauts fourneaux de Dunkerque – après avoir fourni pendant des décennies ceux de Florange fermés depuis 2012.

Le prétexte de cette fermeture est la crise sanitaire du coronavirus qui provoque une baisse de la demande d’acier. Du coup, la cokerie de Dunkerque suffirait à fournir les hauts fourneaux qui auraient un an de stock.

Par ailleurs, Arcelor, écologie oblige, explique qu’une cokerie rejette beaucoup de CO2 dans l’air. Alors la fermeture lui permet de réduire les émissions du groupe. Et il en profite pour fermer une installation source en plus de plusieurs pollutions dans la vallée de la Fensch par manque d’entretien et d’investissement.

Mais la vraie raison est financière. Le coke de Lorraine coûte plus cher à produire car il fallait apporter le charbon qui n’y est plus extrait et faire voyager le coke fabriqué jusqu’à Dunkerque.

ArcelorMittal fait payer par l’État le chômage partiel dans ses usines mises en partie à l’arrêt. Et en échange le gouvernement demande aux patrons de ne pas licencier. Mais ArcelorMittal n’en a cure et cela fait bien longtemps qu’il apporte la démonstration de qui sont les maîtres dans la société : Sarkozy promettait de s’opposer à la fermeture de l’aciérie de Gandrange ; Hollande aux hauts fourneaux de Florange. Les deux ont fermé.

Les présidents et les ministres parlent, les capitalistes décident en fonction de leurs seuls intérêts. C’est leur pouvoir de nuisance qu’il faut contester.