Échos des entreprises

Oise :  Centre Hospitalier – Beauvais : masques à durée de vie variable

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le manque de matériel, et notamment de masques FFP2 est choquant.

Nous utilisons ceux de 2008 datant du H1N1. Évidemment, ils sont périmés, les élastiques pètent, mais certains charlatans n’hésitent pas à revoir la date de péremption à leur sauce et disent qu’ils sont utilisables au moins 10 ans.

Mais c’est faux car, avec le temps, la charge électrostatique qui contribue à l’effet de filtration de ce type de masque diminue progressivement.

Pour pouvoir les utiliser en toute sécurité plus de cinq ans après leur fabrication, il faudrait s’assurer qu’ils ont été stockés dans de bonnes conditions et réaliser un certain nombre de tests.

Cette utilisation met en danger les patients comme les soignants et c’est la conséquence des politiques criminelles d’économies des différents gouvernements.

Centre Technique de Renault à Lardy (Essonne) :  Les travailleurs encore présents protestent

Echo d'entreprise
28/03/2020

Vendredi 27 mars, près de 80 travailleurs se sont rassemblés pour exprimer leur inquiétude et demander l’arrêt total du site.

En effet, en début de semaine il y a eu un cas avéré de Covid-19 parmi le personnel, et des suspicions d'autres cas existent. Mais la direction a continué à faire travailler, à effectif réduit certes, le centre de Lardy, dont l’activité principale consiste à faire des essais sur les nouveaux moteurs et véhicules Renault. Cette activité de recherche n’est certainement pas essentielle et peut bien attendre plusieurs semaines, d’autant que la production et que les ventes de véhicules sont à l’arrêt.

Tous estiment aussi que, alors que la pandémie fait rage, les masques de protection, les gants et le gel hydroalcoolique, dont Renault a équipé ceux qui travaillent encore, devraient être immédiatement envoyés aux hôpitaux, qui en manquent tant.

Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Coronavirus à bord !

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le Celebrity Apex dans le port de Saint-Nazaire

Le navire Apex, un paquebot de luxe de plus de 300 m, est à quai à Saint-Nazaire. Il vient d'être officiellement livré ce jour, vendredi 27 mars, par les Chantiers de l'Atlantique à son armateur Américain RCCL. La veille, on avait appris que 7 malades du Covid 19 avaient été diagnostiqués à son bord, alors que les 1 463 membres d’équipage y sont confinés depuis 6 jours. 46 travailleurs sous-traitants se trouvent aussi sur le bateau. Ils avaient embarqué, avant le confinement, pour terminer les travaux. Afin d'éviter de contaminer l’équipage à quelques jours de la livraison, ces travailleurs avaient interdiction de descendre à terre. Des négociations entre l'armateur, la préfecture et les autorités sanitaires sont en cours pour les débarquer.

C'est, entre autre, sur ce bateau que des travailleurs, inquiets de prendre le risque d'être contaminés, avaient refusé de monter le mardi 17 mars dernier. Ce débrayage massif parti de plusieurs secteurs, avait fini par contraindre la direction à fermer les ateliers, puis les navires.

Aujourd'hui, le nombre de contaminés est passé à 29 parmi les membres de l'équipage et un des malades a dû être hospitalisé. Une fois de plus les patrons ont fait prendre des risques insensés à des travailleurs pour que la machine à fric du business de la croisière s’arrête le plus tard possible !

RATP-BUS région parisienne :  Pour la protection des travailleurs c’est aussi le service minimum à la RATP

Echo d'entreprise
28/03/2020

Dans un bus à Paris le 27 mars 2020

Au 27 mars, le sentiment que nous partageons est qu’« on roule la boule au ventre », et que la direction ne fait pas grand-chose pour notre protection. Depuis le 26 mars, le métro s’arrête à 22h et il y a des voyageurs désorientés qui montent dans les bus qui se remplissent. Sur des lignes de banlieue c’est aux heures de pointe qu’il y a des bus remplis, vu que dans des zones industrielles et d’activité il y a encore des entreprises qui tournent. Et aussi des travailleurs des commerces d’alimentation, du nettoyage, des hospitaliers qui n’ont pas le taxi payé (baratin du gouvernement). La direction nous demande de nous arrêter à chaque station et d’ouvrir la porte arrière pour éviter aux usagers d’appuyer sur le bouton point d’arrêt. Mais les voyageurs ont encore du mal à se tenir debout sans toucher une seule barre de maintien…

Le nettoyage intérieur des bus est désormais organisé avec des produits désinfectants, y compris pour le poste de conduite. Mais une fois par jour ! Beaucoup d’entre nous citent des pays où l’on voit des équipes de nettoyage en tenue spéciale, sur le terrain.

Il y a des interventions syndicales pour faire respecter les conditions de protection des travailleurs du nettoyage, embauchés dans des sociétés sous traitantes pour la RATP. Et alors que le ministère du travail préconise le port d’une blouse jetable à usage unique, les protocoles établis entre la RATP et ces sociétés ne l’ont pas mis en place, (sauf pour le cas d’une décontamination, suite à un malaise voyageur, ou à un cas avéré de coronavirus d’un salarié RATP). Il est seulement prévu des gants jetables, masques, et une tenue « bleue de travail ». Pas de charlotte non plus, sauf en cas de décontamination.

Pour les mécanos de la maintenance des bus qui travaillent dans les ateliers des dépôts, il y a souvent une distribution plus que rationnée de la petite bouteille de gel hydroalcoolique. Idem pour les gants en latex distribués une seule fois, et depuis le travail se refait avec les gants habituels. Pas de masque, y compris parfois pour faire les freins, suite aussi à leur réquisition par l’Etat.

Les conducteurs de bus qui sont en arrêt maladie pour le coronavirus suspecté ne passent pas plus le test de dépistage que la population, vu la pénurie. Du coup la direction en profite pour ne prévenir personne des « cas suspects ». Et ça c’est jouer avec notre vie !

Quand il y a un « cas avéré », la direction met une note citant « un de vos collègues etc ». Elle doit alors faire une enquête pour établir les « cas contacts » parmi les collègues qui l’ont croisé dans les locaux ou ont roulé sur le même bus. Le critère du cas contact est qu’il faut avoir été à moins d’un mètre durant plus de 15 minutes ou avoir serré la main ou fait la bise. Evidemment cela écarte la plupart d’entre nous pour une mise en quatorzaine, censée prévenir la contagion entre nous.

La direction a surtout été championne pour nous scotcher des notes sur les gestes barrière. Car on partage des terminus exigus, les postes de conduite, les sanitaires, les couloirs du dépôt. Contre ça on nous répond qu’il faut se laver les mains, qu’on a des petites lingettes désinfectantes et du gel hydroalcoolique. A condition de ne pas travailler un jour où l’approvisionnement n’est pas arrivé !

Par contre pour la communication, la direction a fait suspendre des banderolles à l’entrée des dépôts de bus avec le slogan : « tous unis pour lutter contre le coronavirus, la RATP solidaire du personnel hospitalier ». Les bons sentiments de la direction c’est de la blague, alors qu’on a dû arracher chaque mesure de protection depuis le début.

ID Logistics - Noyelles-Godault (62) :  Les travailleurs s'organisent pour défendre leurs intérêts

Echo d'entreprise
27/03/2020

ID Logistics est un groupe mondial de transport et stockage de marchandises. Son actionnaire majoritaire et PDG, Eric Hemar est classé 202ème parmi les plus grandes fortunes de France, la sienne étant estimée à 465 millions d'euros.

Le groupe possède plusieurs entrepôts en région Haut-de-France dont un à Noyelles-Godault qui stocke et achemine des produits alimentaires pour les enseignes Carrefour. En préparation de commande, il y a 80% d'intérimaires.

Dans cet entrepôt c'est la vigilance, l’organisation des salariés et des militants syndicaux qui a permis la mise en place des règles élémentaires de sécurité. Il a fallu que les salariés discutent entre-eux et exigent que la direction fournisse gants, lingettes désinfectantes et gel hydro-alcoolique. Les travailleurs se montrent responsables et chacun a à cœur de réaliser les gestes de protection. Cette cohésion a permis d'éviter de céder à la panique et la direction doit désormais tenir un point d'information quotidien sur la situation.

Les travailleurs ont conscience qu'ils ne peuvent pas accorder leur confiance à la direction dont la première préoccupation est le volume et les chiffres. D'ailleurs des informations ont été cachées. La direction a refusé de communiquer sur les cas de suspicion COVID 19 afin de ne pas créer la panique disait-elle. Ce sont les militants syndicaux de la CGT qui ont fait jouer les réseaux de la solidarité ouvrière, qui ont échangé avec les différents entrepôts et qui ont permis de révéler qu'il y aurait une quinzaine de cas COVID 19 suspectés dans la région. La préfecture prévoit dans ce cas la mise en quatorzaine du personnel des sites touchés mais elle a refusé d'enjoindre ID logistics à fermer certains de ses entrepôts.

Suite aux annonces de Macron et devant la défiance qui grandit dans les entrepôts, la direction du groupe a annoncé la mise en place d'une prime de 13 euros par jour à compter du 26 mars et seulement pour les embauchés. Cela a suscité l'indignation et certains parmi les intérimaires ont évoqué l'idée de débrayer. Le lendemain, devant le mécontentement grandissant et la menace qu'il se traduise par la grève, la direction est revenue sur sa position. Les intérimaires toucheront la prime et elle sera rétroactive à compter du 16 mars.

Cette situation est riche d'enseignements : les travailleurs ne peuvent compter que sur leur organisation tant pour leur santé que pour la défense de leurs intérêts matériels. Dans cette situation de crise sanitaire, ils sont les seuls à faire preuve de responsabilité, ce sont eux qui devraient diriger les usines.

Les auxiliaires de vie :  Les belles paroles ne protègent ni contre le virus, ni contre les fins de mois difficiles

Echo d'entreprise
27/03/2020

Les auxiliaires de vie et les aides à domiciles sont envoyées au casse-pipe sans protections ou presque. Pourtant leurs interventions pour la prise de repas, la toilette et le ménage sont indispensables pour les milliers personnes dépendantes dans la région et elles constituent le seul lien humain pour les personnes isolées.

Devant le manque de moyens, elles doivent se débrouiller elles-mêmes pour sauver leur peau et celle des patients. Certaines doivent faire le tour des pharmacies pour quémander des masques et acheter du gel hydro-alcoolique. Peu d’informations sont fournies sur le risque de contagion : elles doivent se renseigner elles-mêmes par la télé !

Certaines se trouvent à devoir faire le choix de ne pas aller travailler pour pousser leurs employeurs, par défaut de moyens de protection, à réduire le temps d’intervention au strict nécessaire. D’ailleurs, si c’étaient les employées qui organisaient elles-mêmes le travail, elles sauraient bien évidemment mieux prioriser les interventions, connaissant mieux la situation des personnes dépendantes.

Comme plein d’autres travailleurs, leur salaire est autour du Smic. Ce n’est pas avec les « Merci », qu’elles entendent parfois de la part des responsables et des politiques, qu’elles vont pouvoir mieux finir les fins de mois.

Quant aux heures non travaillées en raison de l’annulation des certaines interventions, il est pour le moment question de les rattraper. Pour rallonger encore, jusqu’à épuisement, leurs futures journées de travail ?

En réalité, il n’y a rien à attendre des discours de Macron qui cherche à cacher la guerre qu’il s’apprête à mener aux travailleurs pour satisfaire l’appétit des capitalistes !

Dassault (Argenteuil) :  Dassault bonimenteur

Echo d'entreprise
27/03/2020

Dassault a dû faire machine arrière à vouloir continuer « coûte que coûte la production ». la direction prétend maintenant faire appel, dans un futur proche à des « volontaires », en petit nombre , ceux-ci pouvant faire valoir... leur droit de retrait ! Autant qu’elle dise clairement qu’elle va désigner des volontaires. Elle a par ailleurs recensé un minimum de 150 travailleurs malades du virus dans les différents établissements du groupe, mais sans comptabiliser les travailleurs prestataires, intérimaires, sous-traitants, lesquels évoluent pourtant dans le même environnement que tous. Le Covid-19 ne fait pas de distinction entre les contrats de travail pour répandre la maladie, il y a donc bien plus de travailleurs touchés par l’épidémie qu’elle est bien obligée de l’admettre aujourd’hui.

Mais tous les moyens sont bons pour minimiser son irresponsabilité.

Métropole lilloise :  Plateformes téléphoniques : les sous-traitants ne doivent pas être sous-protégés

Echo d'entreprise
27/03/2020

Dans un centre d’appel de la métropole lilloise, qui fait de la sous-traitance pour des grands groupes capitalistes, les salariés doivent encore se rendre au travail. Alors qu’en interne, les entreprises clientes ont déjà mis en place le télétravail, elles le refusent pour les sous-traitants.

Seuls les salariés des services de recouvrement sont au chômage partiel, pas par mesure de sécurité, mais du fait des reports de facture pour les entreprises ! Ils seront payés à 100 % mais par l’État, donc par nos impôts, car ils sont au smic. C’est une honte car les grands groupes qui sous-traitent la leur activité téléphonique ont largement les moyens de payer eux-mêmes les salaires complets !

Sur les 350 salariés du site, un peu plus de 40 travaillaient encore ces derniers jours… alors que 2 cas de coronavirus ont été confirmés dans l’entreprise ! D’après la direction, nous sommes « libres » de poser des RTT, des CP, des arrêts maladie ou pour garder les enfants… mais elle refuse toujours de fermer la boîte !

Dans l’un des services, suite à l’annonce des cas de coronavirus, les salariés ont décidé de quitter le travail et de ne pas revenir avant que le nettoyage complet des postes soit effectué. C’est cela qui a obligé l’entreprise cliente à réfléchir à la mise en place du télétravail.

Il n'y a pas de raison pour que nos vies et notre santé passent après les profits. Nous avons besoin de nos salaires complets pour payer nos factures. Ces collègues ont montré la voie, il faudra suivre leur exemple pour protéger la santé de tous !

ArcelorMittal Florange :  Le profit au mépris des salariés

Echo d'entreprise
27/03/2020

Malgré l'opposition de la CGT, FO, l’UNSA et la CFDT à la levée du « danger grave et imminent » et malgré les réserves de l’inspection du travail, la direction a fait reprendre le travail mercredi soir à l’usine de Florange.

C’est une reprise partielle, mais alors qu’on nous serine qu’il faut être responsable, rester chez soi, la direction n’hésite pas à mobiliser plusieurs centaines de travailleurs… pour faire des tôles ! Ce seraient des masques ou du gel hydroalcoolique d’accord mais de la tôle, c’est un scandale.

La direction a fait pression sur des salariés, des CDD et des intérimaires pour qu’ils retournent au travail. Déjà qu’en temps ordinaire, le sous effectif est constant, une reprise en équipe réduite ne fera qu'aggraver les conditions de travail.

Alors, restons chez nous, protégeons nous et protégeons les autres ! Les capitalistes sont des irresponsables, ils en font une fois de plus la preuve.

Airbus (Nantes) :  Le patronavirus à l'œuvre

Echo d'entreprise
27/03/2020

Comme dans les autres usines du groupe Airbus, l’usine de Nantes a été mise à l’arrêt quatre jours à partir du mardi 18 mars. Quatre jours nécessaires pour nettoyer et désinfecter l’usine dans le but de faire redémarrer la production coûte que coûte. L’argument pour le directeur de l’entreprise, c’est de dire : « Nous jouons un rôle économique majeur. Beaucoup de PME qui dépendent de nous, risquent de disparaître sans reprise d’activité... Airbus doit continuer à produire pour honorer les commandes en cours... » et certains dans la hiérarchie d’appuyer :« … il ne faut pas ruiner l’État ! ».

Très peu étaient présents mardi, jour de reprise progressive selon les secteurs, un peu plus mercredi : 300 sur 2 500.

La direction met en avant le fait qu’elle fait appel à des volontaires. Sauf que ce sont des volontaires à qui on a fait le chantage de la récupération totale des jours perdus pour ceux qui ne viendraient pas sans raison officielle d’absence. Sous quelle forme ? Heures supplémentaires, samedi, RTT, congés ? La semaine entre Noël et Jour de l’An est déjà morte, utilisée pour payer les quatre premiers jours d’arrêts. Alors pour le reste, si c’est pour faire des semaines de 50 heures et ne plus avoir de ponts ou de week-end…

Bref c’est le volontariat, le couteau sous la gorge. Sauf que ça ne marche pas tant que ça… Alors la direction envisage de faire revenir les intérimaires pour obtenir son volume  de chair à produire, de chair à virus.

Révoltant !