Échos des entreprises

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Les coupes budgétaires vont faire de nombreuses victimes

Echo d'entreprise
03/04/2020

« A l'extérieur on nous acclame comme des héros, mais à l'intérieur ce n'est pas la même ambiance ! » affirme une infirmière de l'hôpital. En effet, les personnels soignants vont travailler de plus en plus avec la boule au ventre, la direction les change de services constamment, des services qu'ils ne connaissent pas toujours et prétend les former en quelques heures à des compétences médicales qui nécessitent des mois d'apprentissage en temps normal.

« On nous donne des masques périmés (parfois depuis 2001!) et on réutilise des sur-blouses jetables – lavées – car il nous en manque aussi ! » affirme l'un d'entre eux. La direction n'a pas mieux à proposer aux personnels, hormis des tutoriels vidéos pour apprendre à confectionner leurs propres tabliers avec des sacs poubelle !

Et aux manques de protections individuelles s'ajoutent les risques de pénurie de médicaments pour les patients tels que les produits anti-douleurs et anesthésiants comme le curare, la morphine et l’hypnovel...

Voilà le résultat des coupes claires réalisées depuis des années à l’hôpital au nom des économies budgétaires et de la dette. Aujourd’hui les soignants et les malades en sont les victimes directes !

Sanofi-Pasteur - Marcy l'Etoile (Rhône) :  Produire pour produire

Echo d'entreprise
03/04/2020

S’il est logique qu’une entreprise de la pharmacie fonctionne pendant le confinement, sur le site de Marcy l’Étoile, la direction continue de vouloir « produire pour produire » comme disent des salariés. Alors que la direction affirmait récemment qu'il y avait trop de stocks de certains vaccins, elle continue de faire venir les travailleurs de ces secteurs et de leur faire prendre le risque d'être contaminés.

En outre, la direction affiche son mépris envers les salariés. Elle souhaite leur imposer de prendre des congés pendant la période de confinement et leur donne des conseils pour tenir bon au boulot : « Si vous avez une petite baisse de régime, parler à un collègue peut vous aider à retrouver de l'énergie. »... La médecine de travail a carrément affirmé que les travailleurs « risquaient moins d'être contaminés sur le site qu'à la maison »...

Même en période de pandémie mondiale, les profits passent avant les vies humaines, les capitalistes restent des capitalistes. Il est urgent de les renverser !

CH Tourcoing (Nord) :  Manifestation des personnels soignants à l’hôpital de Tourcoing

Echo d'entreprise
03/04/2020

Jeudi 2 avril, une centaine de travailleurs du CH ont manifesté leur colère, leur ras-le-bol. La colère est partie toute seule, la veille au soir. Les syndicats ont relayé et, malgré les menaces de la direction « je vous rappelle qu’en raison de la pandémie tous les rassemblements sont interdits », le rassemblement a bien eu lieu sous forme d’une chaîne de protestation.

Comme le disaient les manifestants, « on en a marre de travailler sans matériel, sans personnel. On n’a pas de blouse, on n’a pas de masques, on n'a rien. On est des pompiers, mais on ne nous donne rien pour nous protéger ».

La DRH a dû, pendant deux heures, s’expliquer et surtout entendre toute la colère de tous contre la désorganisation qui règne à l’hôpital, aggravant encore l’incurie du gouvernement en matière d’équipement et de personnel qui plombe tout le système hospitalier du pays. Pour ne citer qu’un exemple aberrant, une fois par semaine, tous les soignants doivent venir faire la queue dans un même lieu pour se voir attribuer 10 masques pour la semaine. Ou encore, des personnels volontaires pour venir aider les services débordés sont renvoyés chez eux, car cela ne fait pas partie des planifications prévues par la direction, planification toute théorique qui ne correspond en rien à la réalité du terrain.

Tous ceux qui ont participé, et tous ceux qui n’ont pas pu venir, étaient particulièrement heureux et enthousiastes d’avoir réussi cette manifestation. Comme le résumait l’un d’eux : « ce qu’on a fait, on a eu raison de le faire. Ne pas se laisser faire, protester, ne pas courber la tête, c’est essentiel et c’est vital. Pour soigner nos hôpitaux et cette société malade, c’est le seul traitement disponible ».

AIRBUS (Toulouse) :  un « accord » qui met tout le monde d’accord... contre lui.

Echo d'entreprise
03/04/2020

En deux semaines de « reprise de l’activité », il y a tous les cas de figures sur les chaînes de montage : les ouvriers Airbus en arrêt maladie, ceux qui sont en garde d’enfants, ceux qui sont grandement sollicités par les chefs pour venir travailler, ceux qui ne le sont pas du tout, ceux qui sont « volontaires » craignant pour leur emploi ; et il y a ceux qui comme la plupart des intérimaires et sous-traitants, n’ont pas leur mot à dire et sont contraints de s’aligner sur les désidératas de la direction d’Airbus.

Et bien l’accord qui vient d’être signé entre Airbus et FO-CGC-CFTC a mis tout le monde d’accord : car il s’agit d’une attaque en règle contre tous, et cela pour protéger les finances des actionnaires d’Airbus. Prétendument « pour ne pas perdre trop de salaire », TOUS les salariés devront prendre dix jours de congés entre lundi 6 avril et le mois de juin, comme si le « confinement » ce pouvait être des vacances. Quant au chômage partiel, il sera indemnisé à 93 % (dont 84 % par l’état, c’est à dire nos impôts). Mais pour les milliards de profits dégagés depuis des années, là, pas touche, c’est la seule chose qui est intouchable.

Lorsque les ouvriers ont été informé de cet accord par leurs les chefs, un certain nombre en ont entendu des vertes et des pas mures.

Il y a sans doute une guerre contre l’épidémie, mais dans cette guerre il y aussi deux camps aux intérêts opposés. Et ceux qui signent de tels accords ne sont pas dans le nôtre.

Clinique St-Didier à Avrillé (Maine-et-Loire) :  Grève victorieuse

Echo d'entreprise
03/04/2020

Devant la clinique lors d'une précédente grève en 2018

En raison de la crise sanitaire, le nombre de résidents de la clinique psychiatrique St-Didier, à Avrillé près d’Angers, a récemment baissé. Cela a conduit la direction à réduire les effectifs et à changer les horaires de travail, mais sans consulter personne et sans respecter les délais de prévenance. Les salariés ont eu beau souligner les nombreux risques que ces décisions allaient faire courir à eux et aux patients, la direction est restée sourde à leurs arguments. Les travailleurs ont donc décidé d’un mouvement de grève à partir du mercredi 1er avril à 7h30. Deux heures plus tard, la direction cédait.

Face à une direction pour qui le lucratif passe avant les soins aux patients et avant la sécurité des salariés, c’est une belle victoire, permise une fois de plus par la grève.

Hôpital de Cholet (Maine-et-Loire) :  Pénurie de surblouses

Echo d'entreprise
03/04/2020

Face à la pandémie, les travailleurs des hôpitaux sont en première ligne, avec trop peu de moyens. A l’hôpital de Cholet, comme dans bien des établissements du pays, il faut ajouter au manque de masques celui de surblouses dans les services dédiés au coronavirus. A Cholet, il n’y a pas plus de deux surblouses par chambre pour une journée de 24 heures, alors qu’une quinzaine de soignants par jour (ASH, aides-soignantes, infirmières, médecins, etc.) doivent y passer ! En principe, après chaque utilisation par un soignant, une surblouse va droit à la poubelle. Eh bien du fait de la pénurie, les soignants sont obligés de se la repasser.

Un nouveau protocole a été défini, mais le moins que l’on puisse dire est qu’il n’élimine pas les risques de contamination.

Cette situation-là, très angoissante pour les soignants, n’est pas dû à la fatalité, mais au saccage du service public de santé par les gouvernements successifs.

Clinique Bordeaux-Nord :  Les patrons ne perdent pas le nord... et exposent dangereusement les soignants

Echo d'entreprise
03/04/2020

Les cliniques privées prennent leur part de prise en charge du Covid-19. Et c’est parfaitement normal. Des personnels soignants aux agents de service, les salariés prennent des risques pour cela.

Du côté des patrons, avant même de s’engager dans cette participation, ils avaient obtenu que l’État les garantisse contre la perte de revenus éventuelle due au ralentissement de leurs autres activités en leur assurant une allocation de l'assurance malade identique à celle que leur permettrait une activité normale.

On voit que, quoi qu’il arrive, les patrons assurent leurs arrières contre toute perte éventuelle.

Pour les soignants, il en va autrement. Maintenant que des malades de Mulhouse dans un état grave sont pris en charge dans la clinique Bordeaux-nord, le personnel est particulièrement exposé. Pourtant, la direction continue à opposer un refus à celles et ceux qui expriment la demande d’être testé ou testée au virus, s’ils ou elles ne présentent pas de symptômes.

Au début, on nous disait de voix officielle que ce n’était pas justifié. Mais on sait maintenant qu’on peut être porteur et transmettre le virus sans présenter de symptômes, et que c’était juste une manière de cacher le manque de tests.

Pour le reste, c’est à l’avenant. À mesure que les stocks de gants, de blouses et d’autres équipements de protection s’amenuisent, on a remarqué que les consignes de sécurité que tiennent les responsables de l’entretien aux agents de service rétrécissent également. Il paraît maintenant que les équipements complets ne sont plus nécessaires, que rien ne vaut un bon lavage de mains régulier ! Le gouvernement nous a fait le même cinéma en nous mentant sur comment se passer de l’indispensable.

Alors on ne leur fait plus confiance, ni aux uns, ni aux autres. Le personnel ne veut pas ramener le corona à la maison. Et il lui faut les protections nécessaires !

Michelin :  Pipeau

Echo d'entreprise
03/04/2020

Usine Michelin de Roanne

La direction de Michelin, qui souhaite relancer la production, se vante de mettre en place « des protocoles sanitaires renforcés contre le coronavirus ».

En fait il ne s’agit que des précautions élémentaires préconisées par les services de santé.

Le véritable « renforcement » est de rester confiné chez soi !

La Poste - Paris 17ème :  Pour la sécurité… il faut insister !

Echo d'entreprise
02/04/2020

La masse de courrier a sensiblement baissé et La Poste a décidé de faire travailler les facteurs les mercredis, jeudis et vendredis de cette semaine et en principe des semaines qui viennent.

Les facteurs ne s’en plaignent pas. Mais, du coup, sans ceux qui gardent leurs enfants,  les jours travaillés ils ont du travail par-dessus la tête, comme c’était le cas avant l’épidémie du fait des suppressions d’emplois.

Visiblement, pour La Poste, il est important que les facteurs ne prennent pas l’habitude de travailler plus tranquillement.

Inversement, pour les facteurs, ce qui est important, c’est de faire en sorte de pouvoir travailler en toute sécurité et sans précipitation.

Il aura fallu du temps pour que les facteurs aient enfin ce qu’il faut pour assurer leur protection, masques, gels, liquide désinfectant. La direction de La Poste aurait donné comme consignes aux entreprises de ménage de désinfecter les locaux mais les agents du ménage à Paris 17 n’étaient pas au courant.

Entre le baratin des uns et le mépris des autres et inversement, le patronatvirus fait des ravages !

Pour La Poste cela ne presse pas… et ce n’est pas nouveau !

La Poste a donc fait le choix de ne pas distribuer tous les jours les quotidiens. Une partie des sociétés de presse s’en est plaint, mettant en avant la nécessité de l’information et le fait que La Poste l’ait fait sans concertation. Ceci dit, avant l’épidémie, à force de suppressions d’emplois, il y avait déjà des jours où les facteurs distribuaient en même temps plusieurs numéros d’un quotidien qui n’avait pas pu être distribué pendant plusieurs jours faute d’effectif suffisant.

Moulins  :  Licenciements dans les bus

Echo d'entreprise
02/04/2020

Kéolis, la société qui gère les bus de ville dans l’agglomération de Moulins, vient de licencier trois conducteurs. En effet, au 31 mars, elle n’a pas renouvelé les contrats de trois conducteurs embauchés en CDD.
La ministre du Travail a eu beau dire à la télévision qu’il ne fallait pas licencier, trois travailleurs se retrouvent au chômage.
Et combien d’autres, intérimaires, contrats, à l’essai se retrouvent licenciés du jour au lendemain, parfois par un simple SMS.
L’Etat a déboursé des centaines de millions d’euros pour aider les entreprises. Kéolis est un gros groupe qui a les reins solides. Il n’y avait aucune raison de licencier ces trois travailleurs. Il aurait suffit de prolonger leur contrat jusqu’à ce que les transports reprennent normalement.
L’interdiction des licenciements devrait être normalement la règle. En cette période d’épidémie, c’est d’autant plus vrai !