Échos des entreprises

Bronze Alloys (Marne) :  Une ambition de vautour

Echo d'entreprise
02/04/2020

La direction a choisi de continuer la production, alors qu'elle n'a rien d'essentiel dans la période, malgré les nombreux travailleurs dénonçant cette décision.
Aucune mesure sérieuse n'a été prise. Paroles de patron : "les ouvriers peuvent pousser le tourniquet avec leur coude au lieu de la main" ; "chacun a reçu son flacon de gel hydroalcoolique". Pour la direction, c'est suffisant, car "l'activité économique doit perdurer... nos produits concernent des marchés tels que les pièces de sécurité dans l'aéronautique ou le naval...". D'autant que ce serait, toujours pour la direction, l'opportunité de racheter des concurrents fragilisés !
Difficile de savoir si cette direction est plus cynique qu'irresponsable.

Infirmière en colère - Noisy-le-Grand :  Un témoignage édifiant

Echo d'entreprise
02/04/2020

Je suis infirmière libérale à Noisy-le-Grand. Depuis quelques semaines, le quotidien au travail est particulièrement difficile. Pour faire nos tournées, nous manquons de masques FFP2, bien plus efficaces que les masques chirurgicaux pour nous protéger et protéger nos patients. L’Etat avait promis des masques, mais je n'ai eu que 18 masques chirurgicaux la première semaine de confinement, et rien du tout la deuxième. Heureusement, un patient travaillant à EDF nous a donné 10 masques FFP2. La troisième semaine, il a fallu que je me mette très en colère à la pharmacie pour qu'on me donne enfin 10 masques chirurgicaux et 6 FFP2.

Pour le gel hydroalcoolique, c’est aussi la débrouille. Pendant nos jours de repos, nous démarchons les pharmacies de Noisy et ses alentours (Torcy, Champs-sur-Marne) pour reconstituer un stock suffisant pour une semaine. Je manque aussi de charlottes et de surblouses.

Au lieu de nous concentrer sur notre travail de soignants, nous perdons notre temps et notre énergie à chercher du matériel de protection. Pour combien de temps encore ?

Mann Hummel à Louverné (Mayenne) :  Débrayage à 90%

Echo d'entreprise
02/04/2020

Le 9 mars, les salariés de l’entreprise Mann Hummel, à Louverné près de Laval, ont débrayé à 90 %, inquiets d’être obligés de venir travailler alors que leurs proches sont confinés. Cette entreprise produit des pièces automobiles, entre autres des filtres. Cette production n’est pas vitale, et les travailleurs ne voyaient donc pas pourquoi ils auraient à mettre leur santé en danger.

Face à cette réaction, la direction a accepté de mettre en place des aménagements destinés à limiter les contacts ; et les salariés qui le souhaitent pourront, sous certaines conditions, ne pas venir travailler. C’est bien sûr la fermeture de cette usine (comme de bien d’autres) qui devrait être à l'ordre du jour si les propos du gouvernement au sujet de « la guerre au virus » étaient sérieux. En attendant, c’est bien à leur mobilisation collective que les travailleurs de Mann Hummel doivent ces reculs de la direction.

La santé des travailleurs avant celle des profits !

Centre hospitalier specialisé de la Sarthe :  Ça la fiche mal !

Echo d'entreprise
02/04/2020

Alors même que l’épidémie de coronavirus ne fait que commencer, l’hôpital n’est déjà plus à même de fournir aux soignants des embouts de thermomètre pour prendre la température des patients...  Il a été recommandé au personnel de laisser un embout dans chaque chambre, de le nettoyer et de le réutiliser plusieurs fois... ce qui n’est absolument pas conforme aux recommandations.

L’approvisionnement aurait pu être anticipé, c’est quand même la moindre des choses de pouvoir prendre la température dans un service de soins, avec ou sans épidémie !

Pôle Santé Sud, Le Mans :  Chômage partiel en pleine épidémie ?

Echo d'entreprise
02/04/2020

Des informations contradictoires circulent sur la possibilité d’être mis en chômage partiel. Mais ce qui est certain, c’est que la direction a commencé à en informer le personnel. Il est question d’une demande à titre conservatoire auprès d’un service de l’État, la Direccte, pour une période allant jusqu’à fin juin ! On croirait rêver car en ce moment, tout le système de Santé devrait être mobilisé. Et même si cette mesure n’était finalement pas mise en œuvre, le fait qu’elle ait été envisagée est choquant. D’autant plus, dans une clinique appartenant au groupe Elsan qui se présente comme un des leaders de l’hospitalisation privée et qui aurait largement les moyens de maintenir le paiement de tous les salaires sans faire payer le chômage à la collectivité !

Seulement voilà. Dans "l'industrie" de la santé, les soins ne sont que le prétexte, le vrai moteur c'est le profit comme dans les autres industries en régime capitaliste !

DAHER Loire-Atlantique :  Jusqu'aux derniers centimes

Echo d'entreprise
02/04/2020

Chez Daher, une entreprise sous-traitante d'Airbus, les travailleurs découvrent au fur et à mesure de la communication de leur direction, que le patron est bien résolu à leur présenter la totalité de la facture de la crise sanitaire ! 

En toute irresponsabilité le groupe Daher a décidé de renvoyer les salariés au travail, après une semaine d’arrêt, tout comme Airbus le "donneur d'ordre". La direction d'Airbus prétend qu'il faut sauver les sous-traitants en leur donnant du boulot, pendant que celle de Daher explique qu'elle n'a pas d'autre choix que de ré-ouvrir pour fournir Airbus ! Tout ce petit monde se partage les rôles et se renvoie la balle, avec pour objectif commun le profit, à n'importe quel prix !

La "liste de courses" du patronat était à peine rendue sur le bureau de la ministre du travail Penicaud, que les ordonnances dérogatoires au code du travail se sont mises à pleuvoir. Et pour finir, les patrons se sont précipités pour faire signer des accords d'entreprise à ceux des syndicats qui veulent bien leur rendre ce service.

Chez Daher comme dans beaucoup de boites, question "sécurité", les gadgets sont de sortie pour la façade : 

- Horaires aménagés avec des temps de désinfection des postes de travail, mais que personne ne s'inquiète: "à titre tout à fait exceptionnel et pour tenir compte de l'engagement des salariés concernés, aucune récupération de temps ne sera demandée pour les heures non réalisées en raison de ces horaires aménagés". 

- Quelques poignées de masques, quelques bidons de gel hydroalcoolique ou plutôt de substituts, la suppression des pauses café et le tour est joué.

En ce qui concerne les salariés dont le poste n'est pas ré-ouvert, avant de rentrer dans le dispositif de chômage partiel, la direction prend 5 jours de congés payés et 1 jour sur un compte heure temps. 

Quand à la rémunération du chômage partiel, elle sera de 95 % du net au lieu des 84% prévus par le gouvernement... mais, attendez, qu'est-il écrit dessous ? Le complément sera remboursé en temps de travail supplémentaire quand le salarié retournera au boulot !   

Toutes ces mesures illustrent parfaitement l'état d'esprit du patronat : crise sanitaire ou pas, aucune inflexion de sa ligne de conduite. La santé des salariés, leurs salaires et leurs conditions de travail sont les seules marges d'ajustement sur lesquels le patronat et le gouvernement à son service envisagent de rogner !

En nous obligeant à travailler en plein confinement ou en nous volant des jours de congés, le patronat ne nous laisse pas le choix : les travailleurs devront faire bloc pour ne pas y laisser leur peau ! 

 

Hôpital Sainte-Anne - Paris :  Il n'y a pas que les masques qui manquent

Echo d'entreprise
02/04/2020

Au GHU Psychiatrie Parisienne, en plus des protections qui manquent, masques, sur-blouses, il manque aussi de matériel de base.

Pour l'ouverture d'unités transformées pour accueillir des patients diagnostiqués Covid-19, que ce soit à la CMME (pôle hospitalo-universitaire) sur le site de Sainte-Anne, ou sur le site de Bichat, des chariots de soins et des chariots pour les repas sont indispensables, mais manquent.

Le personnel et les patients payent des années de politique d'économies sur le stockage de matériel.

RATP maintenance - Paris :  Confiquoi ?

Echo d'entreprise
02/04/2020

À la maintenance, que ce soit dans les ateliers ou en maintenance itinérante, la direction déplace plus de salariés que nécessaire. Par exemple à Bagneux, neuf salariés sont convoqués pour des urgences alors que deux ou trois suffiraient.

Ailleurs elle essaye d’avancer le travail. À l’atelier de la ligne 14, comme il y a un peu d’avance sur les visites de sécurité, la direction veut faire travailler les agents dans des « Révisions Générales ». Ces travaux impliquent qu'à leur tour, des salariés de l’atelier de Fontenay ne se contentent plus uniquement des travaux urgents.

Le cadre de l’atelier de Chanzy voudrait que les vérificateurs électriques qui sont en télétravail reviennent parce qu’il a peur que les salariés « prennent du retard ».

L’attention des salariés est centrée sur la crainte de participer au développement de l’épidémie.

Les chefs eux seraient-ils atteint d' un autre mal, bien connue celui là, l’anxiété vis-à-vis des « retards de production » ?

Dijon :  La cerise sur le gâteau

Echo d'entreprise
01/04/2020

Chez un pâtissier-chocolatier renommé de Dijon, après cinq jours de confinement le patron a appris qu'il n'aurait pas le chômage partiel payé par l'état. Du coup, il a fait revenir les employés au boulot. Il y a même encore des apprentis.

Il donne des masques aux employés, mais même pas un par jour, et leur a dit de les repasser pour tuer le virus ! Ou de les passer au four, ou au sèche-cheveux...

 

Société générale - La Défense :  Nos vacances, un besoin vital !

Echo d'entreprise
01/04/2020

La direction de la Société Générale vient de convoquer les syndicats dans le cadre d’une réunion CSE. Elle a demandé que nous prenions dix jours de congés effectifs avant le 17 mai, c’est-à-dire avant la fin des vacances scolaires.

Mais être enfermé chez soi ce n’est pas des vacances, c’est du confinement. Et au sortir du confinement, nous aurons besoin de ces congés pour nous remettre de l’isolement, aller voir notre famille, sortir avec les enfants, en un mot récupérer.

Nous obliger à prendre nos congés dès maintenant, c’est nous demander de faire les frais de la crise du Coronavirus. Alors les jours de récupération que sont nos congés, il faudra les exiger !