Échos des entreprises

RATP :  Témoignage de Laurent, conducteur de bus

Echo d'entreprise
21/03/2020

RATP - Bus région parisienne :  Pour la prévention de l’épidémie c’est plus un métro de retard mais au moins dix

Echo d'entreprise
21/03/2020

Au 20 mars, la RATP s’est vue contrainte par un décret et la demande des conducteurs, à désinfecter l’intérieur des bus une fois par jour (à vérifier que ce soit fait réellement), et à mettre en place la montée par l’arrière. C’est le dernier épisode de ses multiples refus qu’on a dû combattre. Car il a fallu des coups de gueule et droits de retrait, pour l’obliger aux diverses mesures de prévention, autres que les « gestes barrière » : vitre anti-agression levée, puis demi-porte avant fermée, puis gel hydroalcoolique, puis lingettes désinfectantes, (le tout distribué nonchalamment et parfois rationné), arrêt de la vente des tickets, du savon dans les sanitaires, nettoyage du poste de conduite, des terminus et locaux de travail. Il a fallu tout arracher,. Et il faut tout vérifier, car les entreprises sous traitantes de nettoyage sont en sous effectif et n’avaient pas de protection et produits spécifiques jusqu’à deux jours. La direction continue de refuser le port d’un masque ou de gants. Même si pour ça et pour le reste, des conducteurs de bus le font sans attendre, préférant se protéger avant tout. Le service des bus a été réduit, mais maintenu y compris toute la nuit. Une partie des conducteurs est donc « mise à disposition » à domicile avec le salaire intégral, mais une partie des primes conduite sera perdue.

Beaucoup d’entre nous se demandent l’utilité de venir faire rouler des banquettes vides au risque de contracter la maladie, et il y a de l’angoisse, car c’est un espace confiné où se croisent les voyageurs. Heureusement les bus sont quasi vides. La justification d’emmener les soigants à l’hôpital cache mal le motif principal qui est d’emmener l’ensemble des travailleurs au boulot, à leurs risques et périls.

Et on apprend par le bouche à oreille que des collègues sont en arrêt maladie, suspectés d’être atteints par le covid 19. Mais sans aucune note d’information ni enquête comme il y en a eu pour les premiers cas détectés au dépôt de Thiais. Car tant que le malade n’a pas de complication entrainant une hospitalisation, il n’y a pas de dépistage, donc pas de certitude. Donc la direction n’informe pas les collègues qui ont été en contact avec le malade suspecté.

C’est un sentiment de colère, d’écoeurement qui s’exprime dans les terminus : « on est rien pour eux », « comme d’habitude ils veulent juste qu’on fasse leurs kilomètres, leurs objectifs, et on peut bien crever ».

Amazon Lauwin-Planque :  « Le business avant tout ! »

Echo d'entreprise
21/03/2020

Avec la crise sanitaire due au Coronavirus, il est recommandé de rester chez soi pour ne pas multiplier les contaminations... mais pas chez Amazon Lauwin-Planque, où le directeur du site a dit devant une assemblée de managers « Le business avant tout ! ». Ce qui a été compris par de nombreux travailleurs comme « y compris avant la santé des salariés ».

Vendredi 13 mars, après la première annonce de Macron, les briefing de début de poste ont été suspendus. Cela a été perçu comme un refus de répondre aux questions légitimes et comme une volonté de minimiser la gravité de la situation. Et la hiérarchie donne comme seule consigne de rejoindre immédiatement les postes de travail.

Dimanche 15, la direction a averti les organisations syndicales par mail que le site ne serait pas fermé, soi-disant pour que les personnes fragiles puissent recevoir les produit dont elles pourraient avoir besoin. Elle a annoncé que des mesures de sécurité allaient être prises, que du gel hydroalcoolique serait fourni aux salariés et que le RH serait présent lundi matin pour répondre aux questions.

Lundi 16 mars, pas de gel hydroalcoolique à la prise de poste... Lors du briefing, les travailleurs ont demandé des comptes aux managers, qui n’ont pas su leur répondre. Le soir, la direction donnait la consigne d’interdire d’écouter le discours de Macron et de travailler pour ne pas impacter la production. Ensemble, des travailleurs ont débrayé pour écouter l'allocution. Certains débrayaient pour la première fois.

Dès le lendemain, des travailleurs ont fait valoir leur droit de retrait. La direction a répondu qu’il n’y avait pas de danger sur le lieu de travail… alors même que cadres et direction sont en télétravail ! Des travailleurs ont été intimidés pour rester et les absents ont été pointés en absence injustifiée.

Révolté à juste titre par la situation, certains d’entre eux ont prévenu des journalistes. Ils se sont présentés sur le site… la direction les a fait expulser par le service de sécurité !

La direction prétend avoir l’autorisation du ministère de l’économie pour maintenir son activité. Avec les nombreux commerces fermés, Amazon espère bien soigner son bénéfice à la faveur de la crise sanitaire.

La santé des travailleurs et de leurs proches n'a pas à faire les frais de la rapacité et de l'irresponsabilité des capitalistes.

 

Des problèmes semblables entraînent des débrayages à Montélimar.

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/coronavirus-debrayage-des-salaries-d-amazon-a-montelimar-qui-veulent-la-fermeture-de-l-entreprise-1584458461

Michelin - Saint-Doulchard (Cher) :  La direction est en guerre… de classe

Echo d'entreprise
21/03/2020

Le groupe Michelin a été l’un des premiers à annoncer la fermeture de ses usines. Effet d’annonce que tous les grands medias se sont empressés de relayer.

Depuis, c’est silence total sur les décisions du groupe.

Michelin a décidé hier de ne plus avoir recours au chômage partiel, comme il l’avait dit en début de semaine, et d’imposer aux travailleurs de prendre du 18 au 31 mars – donc pour une bonne dizaine de jours - sur leur 5ème semaine de congés, leur JDR (RTT) et leur CET (Compte Epargne Temps). Autrement dit à faire supporter les conséquences de la situation par les ouvriers pour lesquels cela reviendra à venir travailler en juillet ou en août. Via les smartphones, les protestations n’ont pas tardé : être confinés à l’usine en été alors que les températures peuvent atteindre 45°C dans les ateliers, merci bien !

A partir de début avril, les usines seraient en chômage partiel payé à 80% au lieu de 70%, la direction dans sa grande générosité rajoutant 10% pour essayer de faire passer la pilule du rabotage actuel des congés payés. Mais qui dit que la direction ne changera pas de position d’ici là ?

C’est ce qui se passe pour les 80 ouvriers de l’usine de St Doulchard (près de Bourges) qui devaient travailler jusqu’au vendredi 20 pour fabriquer les pneus du F35 de l’armée américaine – production "indispensable" pour aller semer la mort aux quatre coins de la planète – qui maintenant doivent continuer à travailler jusqu'à épuisement des matières premières, week-end compris. Et cela, sans être protégés, ni masques, ni gels hydro-alcooliques, ni essuie-mains à usage unique !

Et si, en avril, le confinement est levé pour les entreprises, sous prétexte de préserver l’activité économique, dixit le ministre de l’économie, ce sera tout bénéfice pour Michelin qui, justement, en fait des bénéfices : 1,7 milliards.

C’est sur ce pactole et les dividendes versés aux actionnaires qu’il faut prendre pour maintenir l’intégralité des salaires des travailleurs.

La santé de la paye doit passer avant la santé des profits !

La Poste - Orléans (Loiret) :  "Continuité du service", mais d’abord du profit

Echo d'entreprise
21/03/2020

Malgré la propagation du virus, La Poste demande aux postiers de continuer à travailler, alors même que les mesures sanitaires minimum ne sont pas respectées.

À la PIC d’Orléans – Fleury-les-Aubrais (ex-centre de tri), seuls certains services étaient pourvus du fameux gel, mais largement périmé : il datait de 2010. Alors qu’un postier était venu travailler avec son masque et insistait pour le garder, des responsables lui ont intimé l’ordre de le retirer en lui disant qu’il n’était pas malade.

Pour faire travailler dans ces conditions, la direction se retranche derrière l’argument de la "continuité du service", et l’inspection du travail lui a donné raison lors du comité d’hygiène et sécurité. Et si la distribution a été interrompue nationalement le 21 mars, les jours suivants il est prévu que les facteurs fassent plus que leur tournée et remplacent les absents.

En agissant au mépris de la santé des travailleurs, La Poste se comporte comme tous les patrons. Alors, les postiers qui ont exprimé leur refus de venir travailler dans ces conditions ont bien eu raison.

Épidémie de coronavirus :  Témoignage d'une travailleuse de l'industrie aéronautique

Echo d'entreprise
21/03/2020

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Epidémie de coronavirus :  Témoignage d'une travailleuse d'une usine de caoutchouc

Echo d'entreprise
21/03/2020

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Epidémie de coronavirus :  Témoignage de Laurent des bus RATP (Paris)

Echo d'entreprise
21/03/2020

PSA Vesoul :  PSA principal propagateur du Covid-19

Echo d'entreprise
21/03/2020

Tableau cas suspectés au 19 février

Il ne s’est pas passé un jour depuis le 6 mars sans qu’il y ait au moins un cas de personne suspectée d’avoir le Covid-19.

Au total, jeudi 19, ce sont, d'après la direction, 148 personnes qui ont été mis en quarantaine. Dont environ quarante sont fortement suspectés être contaminé. La direction minimise en profitant du fait que les cas suspects ne sont plus testés. On ne sait même pas si les sous-traitants et intérimaires sont comptabilisés dans le tableau donné par la direction. Et l’épidémie continue de progresser. 

Malgré cela la direction maintient l’activité et veut même dépasser les 20 % qu’elle annonçait il y a deux jours.

En temps de guerre, on appellerait cette attitude du sabotage.

Novares. Libercourt (59) :  Le virus et les patrons : deux ennemis à combattre

Echo d'entreprise
20/03/2020

Novares, sous-traitant de Toyota fabrique en flux-tendu des pièces plastiques. Pour le lancement d'un nouveau modèle de véhicule, le travail est de plus en plus dur depuis des semaines.

Le mardi 17 mars, la direction a annoncé 45 jours de chômage partiel car beaucoup d'usines de l'automobile sont à l'arrêt. Mais le 18 mars, le patron a changé d'avis, l'usine restera ouverte. Il cherche à faire le maximum de stocks le temps où les usines d'assemblage automobile ne tournent pas. Comme ça, quand ça redémarrera, ils auront des stocks et pourront faire bosser les travailleurs sur le nouveau projet.

Dans les ateliers, tout le monde se marche sur les pieds faute de place, impossible de garder 1 mètre de distance. Les quelques flacons de gel distribués ont très vite été épuisés et en plus, ils étaient périmés depuis 2011. Les masques distribués, eux aussi très vite épuisés, étaient des masques anti-poussière inefficaces contre le virus. La direction a fait la morale en disant qu'il fallait nettoyer ses outils mais elle ne veut pas arrêter les machines à la prise de poste pour permettre que les outils et les commandes soient désinfectés. Une des société de nettoyage n'a pas été payée, les poubelles ne sont plus vidées, les WC et le réfectoire ne sont plus nettoyés.

Pour leurs profits, en dépit de toutes les préconisations sanitaires, les patrons, veulent continuer à produire et faire des stocks. C’est une attitude irresponsable, voire criminelle. Ce sera aux travailleurs d'assurer leur propre sécurité et aussi de prendre en main la direction des usines pour éviter la catastrophe.