Échos des entreprises

Service de réanimation - Ile-de-France :  Saturation totale

Echo d'entreprise
13/04/2020

Après celles de l’Est, les réanimations d’Île-de-France ont à leur tour été débordées.

Le directeur de l’Agence nationale de santé (ARS) disait le 19 mars : « Au-delà de 1 300, les patients pourront toujours être accueillis, mais sur un mode plus dégradé .» Dimanche soir 5 avril, il y avait 2 506 personnes en réanimation.

Dans les hôpitaux les soignants se sont débrouillés comme ils ont pu. Les médecins ont dû choisir entre refuser les patients ayant le moins de chances de survivre à la réanimation, et utiliser du personnel insuffisamment formé et du matériel dépassé ou pas complètement adapté.

Le problème de la saturation des réanimations reste entier, et pour plusieurs semaines. Il semble que moins de patients arrivent chaque jour mais ils s’additionnent à ceux qui sont déjà là, car très peu en sont déjà sortis.

Des collectifs associés à de nombreux syndicats réclament aujourd’hui de réquisitionner l’ensemble des forces industrielles afin de produire les médicaments et dispositifs nécessaires. C'est une nécessité, quitte à contraindre le patronat concerné.

Michelin à Cholet.  :  Voleurs de congés

Echo d'entreprise
12/04/2020

A l’échelle du groupe Michelin, un accord signé entre la direction et plusieurs syndicats (SUD, CGC et CFDT) vient d’entériner le vol de congés aux salariés. Rendu possible par les récentes ordonnances Macron, dans le cadre de « l’état d’urgence sanitaire », l’accord impose aux travailleurs de poser 5 jours de congés annuels et 5 jours de RTT sur la période d’arrêt de la production ouverte le 16 mars. L’accord est gratiné. Il autorise l’employeur à fractionner les congés sans l’accord du salarié, et à fixer les dates des congés sans être tenu d’accorder un congé simultané à des conjoints travaillant dans la même usine.

L’avidité patronale n’est jamais confinée... et ne prend jamais de vacances !

Marcq-en-Baroeul (Nord) :  Carambar, les affaires continuent pour les patrons

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Marcq-en-Baroeul, l’usine de Carambar continue de tourner avec 50% des salariés. Certains sont en arrêt pour s’occuper de leur famille, une grande partie du personnel des bureaux est en télétravail, et d’autres sont malades. Comme une grande partie des chefs n’est plus là, l’ambiance est quand même meilleure et ne plus les avoir constamment sur le dos rend le travail moins pesant.

Une partie des salariés préfèrent continuer à travailler malgré le virus pour avoir une paye complète, plutôt que de voir leur salaire diminué de plusieurs centaines d’euro avec le chômage partiel.

Les patrons sont prêts à faire prendre des risques aux salariés pour leurs profits. Parce que ce qui sort de cette usine, ce sont peut-être des friandises mais c’est surtout de l’argent pour les actionnaires.

Legrand (Limoges) :  Difficile d’être plus hypocrite

Echo d'entreprise
12/04/2020

Comme tous les groupes du CAC 40, Legrand profite aussi de la situation pour se faire de la publicité à pas cher. L’entreprise communique sur ses actions pour « soutenir le personnel hospitalier et les aidants partout dans le monde ». En France, sa fondation va « généreusement » offrir 200 000 € pour les Ehpad. Quelle générosité, ça fait quand même 0,003 % de son chiffre d’affaires de 2019 !

Legrand (Limoges) :  Difficile d’être plus cynique

Echo d'entreprise
12/04/2020

Depuis le 17 mars le travail a cessé partiellement au siège et dans les usines du groupe Legrand. Mais la direction cherche tous les moyens de tirer profit de la situation. Elle attaque autant qu’elle peut les conditions de travail avec une flexibilité imposée jusqu’à fin décembre… 2021 .

Elle a imposé le vol de congés et RTT et, comme cela ne suffira pas, dès le travail repris, les travailleurs devront rattraper 4 jours non effectués sur 5. Cherchant probablement à booster la productivité, elle rechigne à la mise en place du télétravail et refuse des renouvellements de congés pour garde d’enfants.

Benoît Coquart, directeur général, veut faire croire que le but est de « limiter le recours aux aides publiques » et ainsi « participer à l’effort de solidarité économique demandé par le gouvernement »... Mais la direction prépare surtout l’assemblée générale des actionnaires du 27 mai prochain et dans les journaux financiers, elle dévoile sa vraie priorité : « travailler à protéger sa rentabilité et son cash-flow »

Legrand Limoges :  Avec les dividendes déjà accumulés, de quoi protéger les travailleurs !

Echo d'entreprise
12/04/2020

A partir du 13 avril, après la signature d’un accord de « flexibilité » par 3 des 4 syndicats de l’entreprise, la CGT ayant refusé, Legrand poursuit son objectif de faire reprendre, « coûte que coûte » le travail plutôt que d’enclencher une procédure de chômage partiel.

Depuis le début de la crise sanitaire, les dirigeants de Legrand clament que la priorité du groupe est « de protéger la santé et la sécurité de ses collaborateurs ». C'est sans doute de la santé boursière du groupe et de la sécurité de la fortune des actionnaires dont ils parlent !

La preuve, il a fallu de nombreuses négociations pour obtenir la mise à disposition de 2 masques par personnes et la prise de température à l’entrée ! Et comment être en sécurité dans les ateliers de production où les pièces passent forcément de mains en mains d’un poste à l’autre ?

Au final, le but de tout cela est de pouvoir verser aux actionnaires les dividendes de 2019, alors que sur les 2,5 milliards d’euros déjà versés aux actionnaires entre 2010 et 2018, il y a de quoi payer intégralement tous les salaires, toutes les charges fixes en attendant que l’épidémie soit jugulée !

Hôpital de Chaumont :  La débrouille contre l'irresponsabilité

Echo d'entreprise
12/04/2020

À l'hôpital de Chaumont comme partout, les moyens de protection manquent. Dans les services de psychiatrie par exemple, un masque doit être gardé huit heures.

Alors les moyens se développent pour se débrouiller : une initiative a été lancée pour transformer des draps en sur-blouses. L’idée est venue des soignants, qui ont transmis un patron pour la couture, la préfecture a relayé l’appel, les particuliers ont donné des draps et une entreprise associative d’insertion confectionne les sur-blouses à partir des draps collectés.

L’inventivité des principaux concernés est à souligner, mais en arriver à ce niveau de bricolage montre d’abord l'impréparation du système de santé.

Plate-forme Noz (Chaumont) :  Le patron oblige les salariés à lui faire crédit

Echo d'entreprise
12/04/2020

La direction de la plate-forme Noz s'est permis d'invoquer les difficultés actuelles pour ne pas payer en entier les salaires de fin mars, pas même les 70% du brut (84% du net) qu'elle doit payer en cas de chômage partiel.

Elle a prétendu ne pas avoir reçu les aides de l’État. Des salariés ont prévenu la presse, et devant le scandale annoncé, une régularisation a eu lieu jeudi 9 avril... mais seulement pour ceux qui ne se sont pas mis en droit de retrait avant le déclenchement du chômage partiel. Ceux qui ont fait valoir leur droit de retrait ont vu leurs salaires amputés de plusieurs jours indiqués "en absence autorisée mais non rémunérée".

L’État a annoncé des aides au patronat, et indiqué reporter les impôts et cotisations sociales. Mais cela n'a même pas amené ce patron à se dire qu'il pouvait avancer l'argent à ses salariés. Pourtant, même confinés, les salariés doivent bien payer leur loyer et leurs factures en entier !

 

Michelin - Joué-lès-Tours (37) :  Pour les patrons, l’armée d’abord

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Joué comme ailleurs, ce n’est évidemment pas en évoquant  les productions pour l’armée que les patrons de Michelin ont argumenté pour le bien-fondé de la reprise du travail. Pourtant, à Bourges comme à Montceau-les-Mines, c’est exclusivement pour cela que des ateliers dans les usines Michelin n’ont jamais fermé depuis le confinement généralisé. Et d’ailleurs, on peut toujours entendre les avions militaires dans le ciel de l’agglomération de Tours…

Chacun d’eux embarque une technologie dont le coût est équivalent à celui d’un hôpital. De quoi a-t-on un besoin vital aujourd’hui ?

Michelin :  Sortez vos mouchoirs

Echo d'entreprise
12/04/2020

Dans le cadre de leur propagande offensive pour faire tourner à nouveau leurs machines à profits, les patrons ont voulu faire quelques  gestes spectaculaires : ainsi, Menegaux, le PDG de Michelin a proposé de se priver de 25 % de sa rémunération fixe…pour Avril et Mai.

Les chiffres actuels de celle-ci ne sont pas parvenus à notre connaissance, mais pour se faire une idée, en 2018, Menegaux, qui n’était pas encore PDG, touchait en tout 1,2 million pour l’année – dont la moitié seulement dite fixe, et le PDG d’alors, Senard, plus de 4 Millions, dont un quart seulement en fixe. Après ce cadeau emblématique, il devrait donc  rester au PDG actuel entre 30 et 60 000 euros pour boucler les mois d’Avril et Mai ; ça devrait aller…

Par contre, il serait question qu’au titre du partage des sacrifices, on fasse sauter toutes les augmentations individuelles des salariés cette année. Voilà de quoi motiver encore plus ceux qu’on oblige à sortir du confinement.