Échos des entreprises

Agglomération de Grenoble :  Les profits avant la lutte contre le coronavirus

Echo d'entreprise
18/03/2020

Photo Travailleur Alpin

Malgré les risques de contamination au boulot et dans les transports, de grandes entreprises de l’agglomération grenobloise continuent de faire tourner leurs usines de production. Face à l’inquiétude des ouvriers qui ont le sentiment d’être les sacrifiés pour les profits et les demandes syndicales pour stopper l’activité, les patrons ne lâchent pas comme ça.

Chez Schneider, à ST Microélectronique et Soïtec à Crolles, sur la plateforme chimique de Pont de Claix et à Becton Dickinson, les directions refusent de fermer. Certaines invoquent des fabrications indispensables tout en refusant d’apporter la moindre transparence. Ailleurs, c’est sous la pression des menaces de droit de retrait que les usines ont fermé comme chez A. Raymond et Caterpillar.

C’est la guerre a dit Macron, mais l’effort de guerre, c’est seulement avec la peau des ouvriers des usines et ceux des sous-traitants.

Hager - Bischwiller  :  débrayage pour de meilleurs moyens de protection

Echo d'entreprise
18/03/2020

Ce mardi, une quinzaine d’employés de l'usine Hager de Bischwiller ont refusé de retourner au travail après la pause de 14 heures. Ils entendaient protester contre l’insuffisance des précautions sanitaires mises en place : sur la chaîne de montage, ils doivent en effet manipuler les mêmes pièces et le même matériel sans gants ni masques, avec des distances de sécurité insuffisantes entre eux.

Après plusieurs réunions avec la direction entrecoupées de périodes de travail, la direction annonçait en fin de journée qu’elle arrêtait la production jusqu'à la fin de la semaine, le temps de prendre des mesures.

Hager, groupe spécialisé dans les installations électriques, fait partie de ces grandes entreprises industrielles familiales allemandes – 11500 salariés dont près de 2800 en Alsace – qui réalise environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. Bref le groupe a largement de quoi financer les mesures de protection réclamées par les travailleurs, et même de payer à 100% les travailleurs à rester chez eux le temps nécessaire. Malgré la crise sanitaire, pour les patrons, la priorité c’est le profit, un virus que seule la mobilisation collective des travailleurs peut combattre.

Solvay - Saint-Fons (Rhône) :  Business as usual (Comme d'habitude)

Echo d'entreprise
18/03/2020

L'usine Solvay chimie de Saint-Fons

     Mardi 17, la direction de Solvay a annoncé que la production allait continuer tant que c’était possible. L’usine produit de la vaniline et divers produits chimiques intermédiaires, donc rien de particulièrement indispensable pour la société.

     Des travailleurs sont donc contraints de venir s’entasser dans des salles de contrôle où ils se succèdent sur les mêmes claviers en équipes successives, sans aucun moyen supplémentaire pour le ménage et la désinfection des salles de travail, sans protection particulière, sauf quelques lingettes. Et comment respecte-t-on les fameux « gestes barrière » quand on est confiné à 7, 8, 9,  10 salariés durant 8 heures en salle de contrôle ?

     Si les capitalistes, avec le nez rivé sur leurs profits, sont incapables d’être responsables, que les travailleurs leur enlèvent la direction des usines !

           

Marignane :  Airbus Helicopters : parole de patron

Echo d'entreprise
18/03/2020

Fabriquer des engins de mort : l'urgence absolue ?

Ce lundi 16 mars, au traitement de surface mécanique, le responsable déclarait pour inciter les ouvriers à travailler : "ce n'est pas pire d'attraper le virus à l'atelier, plutôt qu'en allant acheter le pain à la boulangerie".

Cet atelier utilise des produits particulièrement toxique comme le chrome 6 cancérigène, et un collègue rétorquaiit :" au moins, à la boulangerie, il n'y a pas de chrome6".

Marignane :  Airbus Helicopter : des économies honteuses.

Echo d'entreprise
18/03/2020

Les femmes de ménage étaient ce lundi 16 au matin en droit de retrait.

Elles n'avaient ni gants, ni lingettes, ni masque, et de plus elles étaient, comme d'habitude, en sous-effectif.

Sous la pression d'Airbus, elles ont repris le travail en ayant obtenu seulement des gants. Mais cela atteste ce dédain pour les travailleurs : les économies d'Airbus sur le nettoyage se font au mépris de l'hygiène, qui peut devenir dramatique en cette période de coronavirus.

PSA Vesoul :  Un cynisme sans limite

Echo d'entreprise
18/03/2020

Pixabay

Chez PSA Vesoul, toutes les réunions sont annulées et se font par Skype ou visioconférence.

Par contre les entretiens préalables à sanction ou licenciement sont maintenus. La direction demande aux salariés convoqués de rester à 2 mètres de distance pendant l’entretien !

Quand la colère explosera ce n’est pas à 2 mètres qu’elle devra se tenir.

Coronavirus - Echos de la logistique - Saint Quentin Fallavier (Nord-isère) :  La misère ou la surexploitation

Echo d'entreprise
18/03/2020

Dans la logistique non-alimentaire, pratiquement tous les entrepôts ont fermé et des milliers d’intérimaires ont vu leurs missions interrompues ces dernières semaines ou ces derniers jours. Mais dans l’alimentaire, la surexploitation est de mise avec des équipes 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour ceux livrant les Carrefour ou 45 heures, 50 heures hebdomadaires voire plus chez Aldi avec certains travailleurs qui soulèvent plus de 10 tonnes de marchandises chaque jour. Pendant que des milliers d’intérimaires sont au chômage, quelques centaines de travailleurs triment tels des bêtes de somme. Il est urgent d’organiser une répartition du travail entre tous les bras disponibles. Les salaires de tous, confinés ou au travail, en CDI, en CDD ou en intérim doivent être payés intégralement par les patrons de ces grands groupes, y compris aux intérimaires qui ont perdu leur emploi.

Antollin (Thise) et autres industries Besançon  :  La production dans les secteurs non indispensables doit s'arrêter immédiatement !!

Echo d'entreprise
18/03/2020

Chez Antollin à Thise et Besançon, la production de composants continue. Des salariés sont en confinement, certains depuis 10 jours, le directeur fait prendre la température des travailleurs dans chaque atelier. Pour lui la production doit être livrée à tout prix, pour Nissan, Toyota et d'autres dont les chaînes continuent de tourner. Mais des travailleurs partent, rentrent chez eux, disent qu'il ne faut pas attendre. 

En Alsace, des entreprises d'exploitation forestière ont cessé leur activité, plaçant leur personnel en chômage technique alors que pourtant leurs salariés travaillent isolés en forêt. Dans le même temps, à l'opposé, d'autres patrons continuent de faire travailler leur personnel dans des bureaux et des ateliers à proximité les uns des autres, avec évidement des déplacements dans la journée dans les locaux. A Franois, une entreprise qui répare, modifie des machines, ne travaillant donc pas dans l'urgence dans ce contexte, continue de travailler. Chez Bourgeois découpage, des travailleurs voulaient exercer leur droit de retrait. 

Beaucoup de travailleurs se disent que la production va finir par s'arrêter faute de composants ou parce que les dernières usines de montage automobile vont s'arrêter. Mais ce sera trop tard, le virus aura gagné du terrain. C'est notre bon sens qui doit l'emporter, pas la rapacité des capitalistes. 

Argenteuil :  Les travailleurs de Dassault imposent la fermeture de l’usine

Echo d'entreprise
18/03/2020

Mardi 17 mars au soir, la direction de Dassault-Argenteuil envoyait à tous les travailleurs de l’établissement un SMS pour leur indiquer la fermeture de l’usine. Ce n’était pas de gaîté de cœur, mais en y étant contrainte et forcée par la pression et la grève des travailleurs du site : ils n’entendaient pas risquer leur vie plus longtemps pour les profits de Dassault.

Dès mardi matin, personne n’avait travaillé dans l’usine, à la suite d’un CSE où tous les syndicats, sous la pression de l’ambiance, refusaient toutes les propositions d’aménagement des horaires de travail. Selon la direction, ces aménagements étaient censés assurer la sécurité des travailleurs, mais ceux-ci n’étaient pas dupes et entendaient bien obtenir la fermeture de l’usine.

La direction a cherché à louvoyer et à gagner du temps en proposant notamment que des « volontaires » puissent terminer les avions en partance. Rien à faire, c’est bien la fermeture pure et simple qui a finalement été imposée.

Dassault bénéficiait de l’appui du gouvernement, lequel qualifie la production de jets de luxe ou d’engins de morts comme le Rafale de « production vitale. » Mais ce qui est vital pour les travailleurs c’est leur vie, il n’y avait rien à marchander. Leur nombre et leur détermination ont imposé la fermeture

Julien Wostyn :  PSA Mulhouse : témoignage sur l'attitude de la direction dans le contexte de l'épidémie

Echo d'entreprise
18/03/2020